MOULAGE SUR NATURE
mais elles ont besoin d'un tems bien moins long pour être parfaitement cuites , car la chaleur, en les pénétrant, les fait ouvrir comme les feuillets d'un livre, et les surfaces multipliées qu'elles offrent alors, hâtent leur cuisson, ce qui rend le gyps d'une blancheur éblouissante. Ce plâtre superflu doit être réservé pour les médailles seules ; les autres travaux le consumeraient en pure perte , ainsi que nous le verrons tout à l'heure.
Si l'on est forcé de prendre le plâtre cuit chez le plâtrier, il faut, pour toutes sortes d'ouvrages, le choisir en pierre ; celui qui est en poudre , a été endommagé par l'air, ou bien il résulte quelquefois du battage de vieux plâtres qu'un ouvrier peu scrupuleux mêle avec du plâtre neuf. Dans les morceaux qu'on prendra , ceux qui auront composé le milieu de la fournée seront préférables ; et l'on sera assuré de leur parfaite cuisson si lorsqu'on en casse quelques-uns , on n'y rencontre point de ces particules brillantes et pesantes à la-fois , dont nous avons parlé au sujet du plâtre cru. D'ailleurs, la pierre de plâtre cuite doit être légère et très-blanche dans les fractures ; et en ne choisissant pas de trop gros morceaux , on sera presque toujours certain de sa bonne qualité.
Le plâtre doit être nettoyé avec soin , pour n'offrir rien de sale dans les empreintes ; à cet effet , on le gratte avec un couteau , et on enlève tout ce qui a été noirci par la fumée. Il y en a bien peu dans celui qui a été cuit au four du boulanger; mais celui qui vient du plâtrier est noir et roux à plus d'une ligne de profondeur.
Lorsque votre plâtre est nettoyé , il doit être broyé , et cette opération s'exécute assez commodément en l'écrasant avec un morceau de planche sur une marche de pierre.
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H faut éviter de s'occuper de cette opération dans un tems humide, carie plâtre en souffrirait toujours quelque chose, et d'ailleurs il serait moins de garde.
Leplâtre bien écrasé se passe au tamis de soie; puis on en remplit des bouteilles bien sèches, en l'entassant pour qu'il n'y ait point de vide , et il se conserve une année entière, si toutes les précautions que nous venons d'indiquer ont été bien observées.
Quelquefois on ajoute de l'eau de colle très-chaude, afin de donner plus de dureté au plâtre. On s'est aussi occupé des moyens de le consolider; mais jusqu'ici on n'a pas , à ce qu'il paraît, réussi, bien qu'on soit parvenu à faire des empreintes en pierres factices , et que les résultats en soient fort satisfaisans.
Le renflement qu'éprouve le plâtre, après qu'il a été coulé, est une des imperfections de ce genre d'ectype; mais eile est inévitable : on n'a point encore assez éclairé les artistes et les praticiens sur ce point. Le renflement du plâtre a lieu et sur le moule et sur l'épreuve. On peut imaginer les différences qu'il doit y avoir entre l'originalmarbre et la copie en plâtre , si celle-ci est sortie d'un moule fait sur un surmoule^, c'est-à-dire si l'épreuve a subi l'altération et le renflement successif de trois moules et de deux épreuves , plus l'altération qu'elle a subie ellemême. Les sculpteurs sont les premiers à sentir l'importance de ces altérations; aussi recherchent-ils avidement les originaux , ou au moins les premières épreuves , et se méfient-ils beaucoup des surmoules.
Il est facile de colorer les empreintes, en colorant l'eau qui sert dans le coulage. Une foule déplantes et d'autres substances peuvent être employées dans ce cas; c'est
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ainsi qùerépine-vinette, le safran pour ie jaune , l'indigo pour le bleu, les bois de Brésil et de Fernambouc pour le rouge, celui d'aune pour la couleur de chair, peuvent être utilement employés.
Après avoir considéré l'étendue que cette main occupera sur la table qui doit supporter le moule, étendez avec une spatule du plâtre qui commence à prendre, et mettezen un pouce et demi environ d'épaisseur; et de longueur la mesure de la main , plus un ou deux pouces ; aplatissez cette couche, et avant qu'elle ne soit trop prise, superposez une autre couche d'un demi-pouce, laquelle couche sera composée de plâtre sensiblement coloré soit avec un peu de poudf*e d'ocre, soit avec toute autre : placez aussitôt et faites enfoncer dans ce plâtre mou la main jusqu'à la moitié de son relief ou de son épaisseur. Auparavant elle aura été frottée suffisamment d'huile d'olive mise au pinceau. Dès que le plâtre commencera à durcir, on s'occupera de couper ou tailler ce plâtre de manière qu'il n'arrive qu'à la moitié de l'épaisseur de la main; on le nettoiera bien tout autour des doigts , afin que la seconde pièce qui va poser sur celle-ci rencontre une surface plane. On fera quelques trous de repère sur cette même surface,* et, quand elle sera suffisamment durcie on la huilera aveô soin , afin que le plâtre de la pièce supérieure n'adhère nullement à cette première moitié du moule.
Pour former l'autre moitié, apposez du plâtre coloré de même que celui du dessous et de la même épaisseur , de manière qu'il couvre entièrement la main. Ensuite augmentez l'épaisseur de cette surface, ou moitié de moule , avec du plâtre semblable à celui qui a été employé dessous. De celte manière la main sera parfaitement em-