‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 13 sur 127 · VERNIS SERVANT A RETOUCHER. 7I · texte numérisé non relu

VERNIS SERVANT A RETOUCHER. 7I

l'huile blanchie, dont vous augmenterez le volume, en y ajoutant deux fois autant de mastic préparé.

» Cette composition ressemblera à la neige, surtout pour la consistance : si la quantité de sel de salurne est bien proportionnée, vous trouverez le lendemain un peu d'eau détachée autour de la masse; le défaut de sel de saturne empêcherait trop long-tems le vernis de sécher ; s'il s'y trouvait trop abondant , il sécherait trop vite et jaunirait ensuite. Pour mieux s'assurer de la proportion, on pourrait , la veille , détacher une petite partie de la masse en l'étendant avec le doigt : par ce moyen, on reconnaîtra le lendemain si elle se trouve plus collante que le reste de la masse; si elle commençait déjà à sécher, on y ajouterait une partie égale d'huile et de mastic , et on broierait l'ensemble avec le contenu sur la palette.»

Aucune de ces recettes n'est bien entendue. La présence de la cire me paraît d'abord funeste , et j'ai fréquemment remarqué que son association avec l'huile faisait extrêmement jaunir les couleurs. Quant à l'emploi de l'essence de térébenthine, je la crois dangereuse, en ce qu'elle doit jaunir, étant ainsi retenue et résinifîée sous la pellicule huileuse de ce vernis cireux, très-prompt à se sécher. Le mastic n'est point non plus la résine qui , combinée avec l'huile , puisse jaunir le moins.

Voici comment il faut concevoir cette question. 11 s'agit d'abord de restituer la transparence et de détruire les ternissures; or un frottis de copal liquide étalé très-mioce avec le pouce suffit : il est bien plus efficace que tous les vernis. Aussitôt que ce frottis de copai est sec , on peut repeindre à huile comme précédemment, et sans cire ni résine; la couche restera brillante. Si l'on juge à propos

de repeindre avec des teintes très-riches et très-diaphanes, on emploiera pour gluten deux tiers d'huile seulement et un tiers de copal fondu dans l'huile volatile de cire , et ce sera avec ce gluten qu'on broiera et qu'on mélangera les couleurs. Au chap. SgS nous expliquerons la manière de faire ce mélange. Si l'on n'a pas du copal très-blanc , et que la place ternie et à retoucher soit fraîche et lumineuse, on emploiera la résine-élémi au lieu de copal , mais on associera , autant que possible , de ce dernier.

Avant de se décider à ôter les ternissures avec le vernis servant à retoucher, il faut bien s'assurer si la place terne est sèche, et même il faut la saupoudrer de sel de saturne ( acétite de plomb ) broyé très-fm. On peut laisser cette poudre séjourner pendant la nuit sur l'embu ; le lendemain on la lave bien avec de l'eau chaude, on laisse sécher et on repeint : il importe de ne pas aspirer cette poudre métallique.

On peut dire qu'en général l'emploi du copal fondu dans des huiles volatiles , ou lentes ou promptes à s'évaporer , est excellent en ce qu'il peut servir soit à retoucher, soit à rendre le lustre et à donner de la transparence ou de la force aux fonds , soit enfin à vivifier toutes les couleurs. C'est parce que le procédé nécessaire pour dissoudre le copal dans les huiles volatiles et sans huile ûxe, n'est pas encore bien connu que la peinture à huile reste privée du secours et de l'énergie que cette substance peut si facilement lui procurer.

LES VERNIS EN GJiNJiRAL. ']!)

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