‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 17 sur 127 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DES MOYENS DE DESSIGATISER ET DE DÉPURER LES HUILES PROPRES A LA PEINTURE.

VJOMME il importe pour la commodité du peintre que les huiles mêlées aux couleurs ne soient pas trop lentes à sécher , et qu'il importe aussi qu'elles se sèchent complètement, on a cru devoir ajouter à leur caractère

1 Voy. le Dictionnaire de l'Induslne, au mot huile.

MOYENS DE DESSlCATlSlîR LES HUILES. (fi

dessicatif naturel , en leur faisant subir une certaine combinaison. On se sert fort mal h propos à ce sujet du mot dégraisser les huiles, il conviendrait mieux d'adopter le moi dessicatiser. On emploie ordinairement, pour rendre dessicative une huile , ou l'ébulition et la cuisson , ou le contact de certaines substances, telles que l'oxide de plomb demi- vitreux , appelé litharge , l'acétite de plomb ou le sel de saturne, le sulfate de zinc ou le vitriol blanc, etc. On emploie souvent aussi l'un et l'autre moyen. Quelques huiles exigent plus que les autres ce moyen auxiliaire de dessication ; ainsi on doit distinguer les huiles dessicatisées et les huiles naturellement dessicatives. Les peintres ont senti le besoin d'une huile très-dessicative pour certains cas, et qu'on pût ajouter à quelques couleurs mêlées à des huiles naturellement dessicatives, mais à un trop faible degré; une huile enfin qui pût faire sécher les couleurs lorsqu'elles absorbent beaucoup d'huile ordinaire, telles sont les noirs, les laques, etc. Or ils ont adopté l'huile de lin particulièrement dessicatisée ou lithargirisée. C'est à cette huile de lin cuite, lithargirisée et préparée en particulier, qu'ils ont.improprement donné le nom d'huile grasse pour la distinguer de l'huile ordinaire , soit de pavot (dite d'oeillette) , soit de noix , soit de toute autre huile.

Nous allons examiner d'abord la préparation que l'on fait subir à l'huile de pavot, puis nous examinerons la préparation qu'on fait subir à l'huile de lin très-dessicatisée.

q4 procédés matériels.

Moyen de dessicatiser et de dépurer l'huile de pavot,

A deux livres d'huile de pavot ajoutez trois livres d'eau et une once de sulfate de zinc (vitriol blanc) ; mélangez et faites légèrement bouillir le tout jusqu'à l'évaporation de la moitié ou des deux tiers de l'eau; versez ensuite tout ce mélange dans un grand entonnoir de verre. Lorsque la séparation de l'huile et de l'eau est effectuée , laissez écouler l'eau par le bec de l'entonnoir. Au bout de quelques semaines , où à l'aide d'une légère chaleur , l'huile , ainsi préparée , se sépare du reste de l'eau , qui entraîne avec elle un certain mucilage dont l'sxtraction concourt à la limpidité de l'huile , mais qui , ainsi que nous le verrons , est peut-être nécessaire pour donner à l'huile un caractère de gluten et de vernis.

Moyen de dessicatiser l'huile de lin ou toute autre.

Huile de lin une livre , litharge d'argent , céruse calcinée , terre d'ombre , talc en poudre , de chacune de ces substances bien sèches une demi-once; faire bouillir le tout dans un pot vernissé et neuf; enlever l'écume et retirer du feu le tout, lorsque cette écume ou cette mousse commence à devenir rousse et à se raréfier ^ On laisse

1 Quelques personnes, pour reconnaître ce degré de cuisson , jettent dans l'huile soit des morceaux d'oignon , soit une croûte de pain, et jugent que l'huile est assez cuite lorsque l'un ou l'autre commence à roussir.

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