‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 18 sur 127 · MOYENS DE DESSICATISER LES HUILES. (JO · texte numérisé non relu

MOYENS DE DESSICATISER LES HUILES. (JO

ensuite reposer celte huile pour qu'elle s'éclairicisse; on reconnaît que l'huile est assez dessicalisée , lorsqu'après un séjour de vingt-quatre heures dans un petit vase ouvert on la trouve couverte d'une pellicule '.

Plusieurs moyens dessicatifs analogues à celui-ci ont été employés. Ainsi, en faisant bouillir de l'huile de lin avec un huitième de litharge , ou avec de l'émail ou de l'azur en poudre , ou encore avec de la couperose blanche (sulfate de zinc) , ou encore avec du sel de saturne (acétite de plomb) , on parviendra à rendre l'huile dessicative.

Voici une manière toute particulière pour atteindre ce but: elle a été inventée par M. Grandi. La Bibliothèque britannique, novembre 1807, n"* 285, 286, en a fait mention. Ce procédé a été approuvé à Londres par la Société pour l'avancement des arts. Prenez des os de pieds de mouton, concassez-les, et faites-les bouillir dans l'eau pour les débarrasser de leur graisse; mettez-les ensuite dans un creuset, calcinez-les à feu ouvert, et broyez-les en poudre. Faites avec ces cendres d'os pulvérisés et un peu d'eau une pâte consistante, que vous roulerez en forme de boule. Faites rougir celte boule dans le feu; plongez-la aussitôt, pendant une heure, dans une quantité d'huile de lin crue et suffisante pour la couvrir. Quand tout est froid , versez l'huile dans des fioles , ajoutez-y un peu de cendres d'os, laissez reposer, et dans vingt quatre heures vous aurez de l'huile claire et prête à être mise en œuvre.

Le blanchiment des huiles est une condition fort dif-

1 Cette pellicule se forme aussi sur les tas de couleurs; mais cet inconvénient n'aurait pas lieu , si l'on y introduisait une certaine quantité d'huile volatile de cire.

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férente de la dessication. Les peintres, ayant désiré n'employer que des huiles incolores, se sont occupés des moyens de les décolorer, et ils n'en ont pas. trouvé d'autre que celui du contact de la lumière solaire. Aussi les voit-on exposer leur huile dans des bouteilles blanches et étroites , dans lesquelles ils ajoutent de l'eau et quelques matières argileuses , secouant de tems en tems ce mélange, jusqu'à ce que l'huile ait perdu sa couleur; mais l'exposition de leurs tableaux à la lumière produirait le même effet. Ils n'obtiennent donc , par ce procédé ou par celui qu'ils emploient en exposant au soleil , dans des vases plats de plomb , de l'huile versée jusqu'à la hauteur seulement d'une ou deux lignes, ils n'obtiennent, dis-je, qu'un degré d'épaisissement qui peut par fois les gêner. D'ailleurs il n'est pas sûr , je le répète , que la séparation et la perte du mucilage qui se combine avec l'eau et qu'entraînent les matières absorbantes , soient favorables au caractère glutineux que doit avoir l'huile employée pour la peinture.

Voici le procédé employé pour la purification des huiles, par M. Hermstaedt : ce procédé se trouve indiqué dans l'Esprit des Journaux. On mêle successivement un quart d'once d'huile de vitriol avec six onces d'eau de rivière; on met ce mélange dans un vase de verre pouvant contenir deux litres , et l'on y verse une livre d'huile. On secoue fortement le vase pendant quelques minutes, jusqu'à ce que le mélange devienne laiteux; et l'on continue de secouer souvent pendant vingt-quatre heures : ensuite on bouche la bouteille, et on la laisse reposer pendant huit jours. Au bout de ce tems, on obtient une huile claire , presque sans goût et sans odeur , et propre à être

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«employée dans la cuisine et dans les arts mécaniques. Le llegme , séparé et coagulé par l'huile de vilriol , surnage dans l'eau en forme de pellicules blanches , qu'on peut séparer et peser, en sorte qu'il est facile de déterminer assez exactement le degré de pureté de l'huile.

Maintenant offrons quelques réflexions sur l'effet chimique relatif à la dessication de l'huile, et laissons parler Tingry. « On a remarqué, dit-il, que les substances qui » sont les plus propres à rendre les huiles siccatives sont » précisément celles qui contiennent le plus d'oxigène » (base de l'air pur) , et qui sont les plus susceptibles de » l'abandonner en faveur de Thuile , avec laquelle elles » sont fen contact : c'est , en terme de chimie , le résultat » d'une alTmité réelle et élective. C'est ce qui a lieu par » l'emploi des oxides métalliques; ils abandonnent en fa- » veur de l'huile, l'osigène qui leur ôte le brillant métal- » lique , et qui leur donne la forme pulvérulente : c'est » une espèce de combustion. L'oxide , privé alors de cet >» oxigène , reprend sa première forme métallique ,* c'est » ce qu'on remarque dans la partie restante d'une huile » rendue siccative par la litharge : il en est de même » lorsqu'on emploie le céruse , le blanc de plomb , le » massicot , les sels de plomb , etc. »

L'influence directe de l'oxigène , sous l'état de gaz et uni à l'acide muriatique , qui a avec l'oxigène une grande affinité , est accompagnée des mêmes effets. Tingry en fit l'expérience , en dirigeant dans un long tube très-étroit et rempli d'huile un courant très-ménagé de gaz acide muriatique oxigéné.

Il employa aussi , dans les mêmes vues, l'eau sous l'état de neige, en mettant en contact intime les molécules de

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