‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 69 sur 127 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

J-ja peinture à fresque , ainsi nommée du mot italien fresco (frais), parce qu'elle s'exécute sur un enduit encore frais , a cela de particulier , quant à son matériel , qu'elle pénètre l'enduit du mur, et qu'elle le colore des mêmes teintes qui ont été apposées à sa surface. On attribue pour cette raison une grande solidité à ce de procédé de peinture , qui , en effet , est aussi durable que le subjectile lui-même , sur lequel sont appliquées les couleurs qu'on lui confie. L'altération de la fresque ne provient donc en général que du changement qu'éprouvent les matières colorantes par l'effet du tems.

Les modernes ont beaucoup peint à fresque : premièrement, parce que le procédé à huile sur mur offre des résultats fort altérables : secondement, parce que la peinture en détrempe est souvent d'une moindre durée que la pein-

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ture à fresque : troisièmement, enfin, parce que le procédé encaustique ayant été perdu , certains maîtres ha biles produisirent , au xv^ siècle , des peintures fameuses exécutées par le procédé à fresque.

Florent Leconte a répété inconsidérément que ce fut Cimabue qui inventa la peinture à fresque, et qu'il en fit l'essai sur la façade de l'hôpital délia Porcellana , à Florence. Cette assertion toute florentine n'est point fondée: le procédé de la fresque est antique; mais les Grecs et les Romains ne l'ont point employé , ainsi que l'ont fait les modernes , pour les compositions à figures , ou pour des peintures complètes et achevées. Il n'est pas à supposer d'ailleurs que , possédant l'encaustique , procédé par le quel on avait exécuté dans les écoles primitives grecques des peintures publiques, telles que celles du Pœcile et du Lesché , les anciens aient fait usage de la fresque , dont les moyens sont bornés , et qui n'offre à l'artiste que peu de facilité pour perfectionner son ouvrage , peinture qui , d'ailleurs, ne se prête guère, comme on sait, aux délicatesses de l'imitation , ou aux prestiges du coloris.

Les modernes , au contraire , éclairés sur l'inconvénient du procédé à huile , procédé très-altérable , surtout lorsqu'on l'applique sur les murailles ^ employèrent, pour les peintures de leurs édifices , non la détrempe , qui n'a qu'une moyenne solidité, surtout dans les lieux humides , mais la fresque , plus facile même à traiter que la détrempe. Néanmoins, si les modernes eussent connu le procédé encaustique de l'antiquité , ils n'eussent jamais confié à la fresque leurs compositions et les formes expressives sorties de leur génie. Mais Raphaël , Michel- Ange, Corrégio , etc. , avaient opéré de cette manière,- ils

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