‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 8 sur 127 · PEINTURE A HUILE. REPEINDRE ET TERMINER. ÔQ · texte numérisé non relu

PEINTURE A HUILE. REPEINDRE ET TERMINER. ÔQ

certain glutineux propre à confondre les nouvelles couleurs avec celles du dessous; en second lieu le caractère diaphane de ce vernis frotté sur le tableau , et mêlé ensuite dans les couleurs , en restituant la transparence aux teintes du dessous , favorise celle des nouvelles teintes qu'on appose. Ces deux raisons le font donc admettre volontiers. Cependant, pour le premier cas, un léger frottis d'huile suffirait; et, pour le second cas, il n'y a que les demi-ombres ou bien les tons fuyans qui requièrent ce moyen transparent : car les surfaces parallèles au spectateur et proches du cadre en ont beaucoup moins besoin. Si donc ce vernis à retoucher ne jaunissait pas, peu importerait qu'on en frottât l'ébauche ; mais il change, il jaunit et s'obscurcit , en sorte qu'il ne fait bon effet qu'au moment qu'on l'emploie. D'ailleurs il reste long-tems mou , et si l'on vernit un tableau où l'on en a beaucoup employé, on risque de le voir se gercer : ce qui est arrivé souvent aux tableaux de Prudhon, qui en employait abondamment. Il est vrai qu'on en compose de meilleurs les uns que les autres , mais en général il faut s'en méfier, et bien connaître la composition de ce vernis avant d'en faire usage. Au chapitre 674 nous donnerons la méthode de composer ce vernis.

Avant de repeindre un tableau il importe beaucoup de ratisser, de polir l'ébauche ; une lame faite et emmanchée exprès, est presque nécessaire ; celle d'un rasoir n'est pas très -commode. Hagedorn a ouï dire à un élève de Yander-WerfF (Barthélemi Douwen) que son maître polissait ses tableaux avec les joncs qu'emploient les ébénistes pour polir leurs ouvrages de marquetterie ; il a voulu parler non-seulement du bois de ses panneaux et de

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ses préparations en détrempe , mais aussi des couches de sa peinture.

Une autre précaution à prendre c'est de bien dégraisser l'ébauche et de la disposer ainsi à recevoir le deuxième travail. Je n'omettrai pas de dire qu'il importe, avant d'ébaucher sur des toiles ou des panneaux préparés à huile, de les laver avec de l'esprit-de-vin mêlé d'un peu d'essence vive, telle que l'aspic, le citron, etc. Par ce moyen , l'on use la couche huileuse qui est venu faire audehors pellicule , et Ton en débarrasse la peinture. Pour que les couleurs adhèrent bien sur les places très-liuilées du dessous, on emploie le frottement d'une tranche d'oignon ou d'ail ; on emploie aussi de la farine de haricots qu'on frotte sur tout le tableau , qu'on lave ensuite avec soin.

Lorsqu'on veut frotter d'huile la partie qu'on va repeindre , il importe de n'en déposer que très-peu , c'està-dire précisément autant qu'il en faut pour bien lier la nouvelle peinture à la première. A cet effet, on mêle de l'eau avec l'huile, et l'on produit une éQ:iulsion qui remplit cet objet ,* l'eau étant évaporée, il ne reste que très-peu d'huile sur la surface qu'on veut retoucher. Le mélange de la sahve avec l'huile produit promptement une émulsion sur la palette en remuant cette mixtion avec le pouce.

Enfin , quelques praticiens croient qu'en couvrant le tableau d'une couche de blanc d'œuf battu , mêlé de sucre candi , puis en enlevant ce vernis et en en couchant un nouveau , que l'on enlève encore , on parvient à dégraisser la toile et à la débarrasser du superflu de l'huiie qui a pu se porter h la superficie.

Je ne manquerai pas , en parlant de l'embu , d'indiquer

PEINTURE A HUILE. REPEINDRE. GLACIS. Gl

îe moyen d'une couche fme de copal pur, déposée au pouce sur l'endroit qu'on veut retoucher.

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