‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 9 sur 127 · DES GLACIS · texte numérisé non relu

DES GLACIS

iS ous avons dit , au Dictionnaire, qu'un glacis n'est autre chose qu'une couche très-mince et très- unie de couleur plus ou moins fluide ou glutineuse. Cette définition est juste , Lien qu'elle n'explique pas complètement le mot glacis, qui a été adopté assez inconsidérément; aussi dois-je dire tout de suite ici que le mot frottis le remplacerait très-Lien. Un glacis peut se faire avec du Liane , qui est une couleur mate ; aussi les Lons peintres à gouache peignent -ils Leaucoup par glacis. L'idée de glace, de lustre, de vernis, ne doit donc point s'associer aLsolument à l'idée de frottis. Pour peindre les gazes , les fumées, on emploie des couleurs mates, mais leur peu d'épaisseur laisse apercevoir les couleurs du dessous. Les Italiens ont assez Lien exprimé cette condition du coloris par le mot velatura, voile, gaze. Les Français, par le mot glacis entendent, il est vrai, la superposition d'une teinte dont l'effet serait celui d'une glace colorée ; mais, je le répète, le peintre» dans le cas où il s'agit d'imiter des mousselines, des gazes, des fumées Llanches , des opales , etc. , donne plutôt l'idée d'une glace dépolie que d'une glace pure et très-diaphane. L'exprès-

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sion glacer, glacis, n'est donc bien employée que lorsqu'il s'agit de teintes translucides et luisantes; et l'expression italienne velatura ( voile ) convient lorsqu'il s'agit de superposer des couches de couleurs quelconques excessivement minces et légères.

Le mot glacis signifierait plutôt vernis : on dit glacer la pâtisserie , la vernir avec du sucre fondu , avec de l'œuf, etc.; enfin le terme frottis, qui, ainsi que bien d'autres, manque à notre vocabulaire artistique, est général, et s'applique aussi bien aux teintes très-diaphanes qu'aux teintes mates, légères, très-minces et apparaissant par cette raison demi-diaphanes. Au reste , nos peintres emploient tous les jours le mot frottis, mot qui n'ayant été créé que parce qu'il manquait à la langue de l'art, doit être considéré comme terme technique en peinture.

Puisqu'un glacis peut quelquefois être comparé à une lame extrêmement mince de verre coloré, lame diaphane, qui , faisant corps avec les couleurs qu'elle recouvre, leur restitue une force et un éclat que le plus ou moins d'embu ou de terne avait détruit, il faudrait toujours que les glacis ne fussent exécutés qu'avec des glutens, qui pussent rester translucides et très-purs; mais c'est avec de l'huile que nos peintres les exécutent; or ces huiles en séchant se ternissent , perdent leur transparence, et de plus, brunissent avec le tems. Le copal, mêlé d'un peu d'huile, serait donc la véritable matière qu'il conviendrait d'employer pour glacer et relever les tons et les teintes d'un tableau.

Passons maintenant à une espèce de controverse qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours au sujet des avantages et des inconvéniens des glacis. Il y a des peintres qui les

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