TOME IX
La peinlure sur verre, ou pour mieux dire, la peinture sur vitre , s'exécute par l'emploi des verres de coulenrs , assemblés ou joints à côté les uns des autres avec des liens de plomb. Ces verres , teints de diverses nuances, sont, selon les cas, chargés de traits ou hachures parallèles, obscures, mises au pinceau, et servant à exprimer soit les ombres, soit les profondeurs obscures , telles , par exemple, que les plis des étoffes ou des draperies , etc. ; ils sont de plus chargés de traits ou de hachures claires , servant à exprimer les rehauts ou les lumières; et cet effet s'obtient en usant une partie de l'épaisseur du verre, et en éclaircissant ainsi son intensité par l'effet de la transparence lumineuse. Souvent ces traits creusés sont colorés, après coup , d'une teinte différente de celle de la masse du verre employé. Outre les verres teints et ainsi modifiés, conformément aux formes et aux effets de clairobscur, on emploie^, pour exécuter la peinture sur verre, des verres blancs, qu'on peint au pinceau, et qu'on destine aux carnations , aux mains , aux pieds , etc. Sur tous les anciens vitraux, ces têtes, ces mains sont exécutées sur des verres incolores ou presque incolores; les peintres de ces tems n'ayant pas trouvé de couleurs diaphanes pour les c-irnation^ mises au pinceau , et les essais qu'ils firent pour le rouge des joues ou des lèvres ne produisant de loin que des tons mats et bruns : c'est cette peinture au pinceau qu'ils appelèrent peinture d'apprêt , car ils appelèrent plutôt vitrerie l'ancien procédé , qui consistait dans l'art d'assembler par pièces de rapport ou par mosaïque toutes sortes de verres teints , de les teindre , comme on disait alors, dans la masse, et de les joindre avec des rubans de plomb.