‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 11 sur 104 · DES VERNIS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES VERNIS EN GÉNÉRAL

X uisQUB nous traitons ici de la peinture seulement , il suflSt de développer les circonstances relatives aux vernis que requiert cet art , et non celles qui concernent tous les vernis imaginés par l'industrie , pour ajouter le lustre à certains objets , et pour concourir également à leur conservation. Cette distinction semble nécessiter deux expressions caractéristiques , et cependant nos vocabulaires ne nous offrent que le mot vernis : admettons donc ce mot , qui est fort ancien » pour signifier tous les vernis en général . quelle que soit leur destination » en y ajoutant une épithète distinctive , telle que gommeux , résineux , huileux , etc. ; puis nous emploierons un terme particulier pour désigner le vernis des tableaux.

Dans l'antiquité on donna le nom d'atramenlum au vernis des tableaux; Apelle» le plus célèbre des peintres, ajouta encore h sa, réputation par celui qu'il inventa pour polir et glacer finalement ses ouvrages. Pourquoi ne ferions-nous pas revivre ce nom adopté par les latins pour la chromatique de la peinture ? et pourquoi ne distinguerions-nous pas cet atramentum chromatique des vernis de toute espèce que l'industrie peut imaginer tous les jours?

Nous parlerons donc en général de tous les vernis; mais nous commencerons par traiter de Tatramentum en par-

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ticulier : auparavant il convient d'exposer des aperçus distinctifs sur cette matière.

Le caractère d*UD vernis c'est d'être poli et diaphane : le poU seul n'est pas un vernis. On polit le marbre , le bois , l'ivoire ; mais ce poli brillant ne vernit pas. Un vernis s'applique , se superpose » etc. ; la pluie vernit les ardoises des toits ; le soleil , en séchant l'eau , les dévernit : la gomme , le sucre , les résines deviennent des vernis lorsqu'on les fond et qu'on les liquéfie; aussi y a-t-il mille espèces de vernis. Cependant l'art de la peinture oblige l'artiste h donner h son vernis certaines qualités que requiert le coloris sous le rapport de l'eflet optique» et sous le rapport même de la conservation du tableau.

Les matières qui s'offrent à l'industrie pour composer les vernis étant de différentes espèces, c'estd'après elles que l'on doit distinguer les vernis. Aussi on peut, je crois» classer séparément les vernis gommeux , les vernis résineux , et les vernis huileux , auxquels on peut joindre les vernis gommo-résineux» les gommo-cireux» les bitumineux» etc. Puisque les sirops » le miel» certains sels » la liqueur qui découle des tuyaux de poêle , la glu» le gluten des limaçons » le mucilage diaphane » luisant et insoluble à l'eau » qui recouvre le corps des poissons» enduit qu'il serait utile d'analyser, etc. » puisque ces substances» dis-je » déposent aussi une lame brillante et diaphane » on peut encore les considérer comme vernis ; on donne de plus ce nom aux vernis vitrifiés de la porcelaine et de l'émail » etc. Toutes ces différences ne motivent-elles pas assez l'emploi du mot atramentum » affecté exclusivement au coloris de la peinture ?

Malgré ces nombreuses distinctions» on est assez d'ac-

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eord sur la nécessité de ne reconnaître que deux espèces principales de Ternis : ce sont les vernis à la résine et les vernis à l'huile-résine. Quant aux vernis gom* meux , Isur peu de solidité qui provient de ce qu'ils ne résistent» pas à Thumidité, ne permet pas de les confondre avec les vernis proprement dits.

Les vernis résineux se font en rendant fluides les résines par l'addition d'un liquide volatil. Les vernis à huilerésine se font en rendant fluides les résines par l'addition d'ane huile fixe. Ces vernis à huile-résine sont bien plus tenaces, bien plus durs, bien plus souples et bien plus h l'abri de l'humidité, que les vernis résineux obtenus sans addition d'huile fixe ; mais cette addition d'huile fixe les jaunit et les brunit.

Quant aux vernis gommeux , ils se font en rendant fluides les gommes, les colles ou mucilages, par l'addition de l'eau. Us sont donc plus facilement solubles que les premiers.

A l'aridité des vernis résineux on a quelquefois imaginé d'opposer la mollesse de certaines substances , telles que le caout-chouc; les résines molles, telles que la résine-élëmi , la cire, le baume de copahu, etc., etc. Contre le jaunissement des vernis huileux (appelés anssi vernis graç), on a opposé le choix de résines très-blanches, d'huiles très-épurées , etc.; mais on devrait opposer aussi le bon choix des huiles volatiles qui, le plus souvent, en augmentent la liquidité , et qui , telles que l'essence de térébenthine , font jaunir les vernis. ( Quant au choix de l'alcohol ou esprit-de-vÎD, lorsque c'est ce liquide volatil qu'on emploie, ce choix est assez indilTérent.) Contre la perméabilité des vernis gommeux on a opposé le choix

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de certaines colles lentes à se dissoudre dans l'eau » telles que la colle de poisson, etc. , on a imaginé aussi de couvrir ces vernis gommeux d'une lame transparente de cire.

Les vernis résineux se liquéfient donc , soit avec de l'alcohol \ soit avec des huiles volatiles. Ces deux liquides étant évaporés » la lame de résine reste sèche et brillante. Les vernis à huile-résine sont plus ou moins lents à se sécher , cela dépend du caractère dessicatif de l'huile et de s^ quantité» car on aide à la liquéfaction ou fluidité en introduisant dans la composition de ce vernis une certaine quantité d'huile volatile.

Les praticiens distinguent donc les vernis à l'essence et les vernis à l'esprit-de-vin.

Ainsi un bon vernis doit être diaphane» luisant» incolore » imperméable , dur » susceptible d'être poli et d'être enlevé lorsqu'on veut le ren^placer par un autre. Par conséquent il doit être fluide » assez épais ou visqueux , pour être adhérent , assez lent à se dessécher pour être ductile; assez mince enfin pour être comme insensible à la vue et au toucher.

De r A trament

Ce qui a été dit au chapitre de l'Encaustique dans le volume précédent, pages 617 et 211» doit avoir suflisamment préparé le lecteur à comprendre ce que doit être l'atrament du peintre. Rétablir la teinte et le ton adoptés

1 L'alcohol (esprit-de-TÎo) est le prodoit de la diitillatîoo du TÎD.La

première distillation da via donne l'alcohol faible (ean-de-TÏe); les

distillations répétées constituent l'alcohol pur ( esprit-de-vin rectifié);

et celui-ci , traité avec une égale quantité d'acide sulfuri que (acide

/ #i)ii huile de ritriol ) coustituc l'éther.

L£S TERNIS RN céNéRÀL. ^^

et apposés par le peintre ; rétablir et augmenter la transparence de certains passages, accorder ainsi tout le spectacle, et jeter une espèce de glace uniforme sur tout le tableau , glace qui le garantit des poussières et de Thumidite , tel est le but que l'on veut atteindre en couvrant de Tatrament un tableau.

J'ai signalé le besoin qu'on aurait d'un atrament composé de cire » parce qu'il pourrait se lustrer par le frottement, se laver et se réparer partiellement. Je ne répéterai pas à ce sujet ce qui a été dit^ pag. 62 1 et suiv., vol. viii.

La résine la plus usitée aujourd'hui pour composer l'atrament ou vernis à tableau , c'est la résine-mastic. Le choix de cette résine est bon; elle est brillante, assez blanche , et elle jaunit peu ; mais on y ajoute ordinairement de la térébenthine. Cette addition, il est vrai, donne du liant et du brillant au vernis; mais malgré l'attention que l'on peut mettre à la bien choisir , la résine térébenthine jaunit, et on doit toujours l'exclure de l'atrament. On ajoute encore d'autres résines , telles que la sandaraque,la résine-élémi , etc. Il faut employer très-sobrement ces résines dans les vernis qu'on veut avoir incolores. Je pense donc qu'on peut obtenir un atrament suffisamment beau avec un mélange de résine-mastic et de résine-élémi , et je pense que ces résines étant dissoutes et liquéfiées par l'huile volatile d'aspic, par exemple, ou par toute autre qui ne soit point extraite de la térébenthine , que je regarde comme dangereuse , on obtiendra un bon atrament , surtout si on le couvre ensuite d'une lame de cire qui permette de laver et de lustrer de tems en tems la surface du tableau. La résine-copal est encore plus brillante, plus cristallique que les résines-mastic et

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élémi» et si on l'associe à celles- ci» ce vernis pourra s'enlever aisément; mais il faut que le copal soit blanc» même après sa liqué&ction» sinon il ne conviendrait que pour les teintes vigoureuses du tableau.

On dépose ordinairement les lames de vernis avec une brosse plate et large: je pense qu'il conviendrait beaucoup mieux de les déposer à l'aide des mains et surtout du pouce. Par ce moyen» la lame, étant plus mince» serait moins susceptible de jaunir.

Quant k la manière d'appliquer ensuite une lame de cire, nous avons vu» vol. viii» pag. 624 et suivantes, comment s'en font l'ustion et le lustrage » et comment la cire peut se liquéfier par l'interdiède de l'eaù.

Une observation importante trouve ici sa place : plus la surface qui est à vernip. est plane » polie et lisse » plus le vernis dont on la couvre peut être mince» plus U reluit et moins il est sujet h jaunir. Or le peintre ne saurait trop unir sa toile et ses couleurs en les ratissant» en les ponçant » etc.

Indépendamment de cette condition » il 7 a celle de l'adhérence du vernis sans incorporation ; en sorte que, s'il arrivait que l'on apposfit l'a trament sur le tableau avant que celui-ci ne fût bien sec » cet atrament pourrait » en se mêlant aux couleurs du tableau » les altérer» et n'être plus susceptible d'être enlevé en totalité. Voici donc un moyen excellent et inconnu « je crois , d'isoler le vernis de la peinture sans diminuer l'adhérence nécessaire.

Gluten intermédiaire propre à empêcher P incorporation des vernis dans la peinture. — Faites bouillir dans un demi-litre d'eau une poignée de graine de Un. — Ajou-

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lez dans Teau un morceau de sucre candi blanc et de la grosseur d'une petite noisette. — Lorsque l'eau est assez visqueuse pour former une faible gelée dans l'état froid , le gluten est bon , et on peut l'employer aussitôt.

Les parties grasses et peu sèches d'un tableau à huile nouTeliement fini ne recevront pas d'abord aisément ce gluten, en sorte que, pour le faire adhérer, il faut un peu de persévérance. On place donc le tableau à plat; on le lave bien , on peut même le dégraisser ayec de la &rine de haricots » et le bien laver ensuite. Enfin on le prépare le mieux qu'on peut à recevoir le mucilage intermédiaire. Lorsqu'on a jeté sur le tableau quelques gouttes de gluten, on les étend avec la paume de la main , et on la passe et repasse assez souvent et jusqu'à ce que, le dessèchement commençant , quelques points commencent à adhérer. Souvent ce gluten se retire sur lui-même , mais on le force , par le frottement et par l'application fréquente de la main, à s'étendre, à se sécher et à adhérer. Lorsqu'on est certain que cette superposition a eu lieu sur tous les points , l'opération est finie , et on peut appliquer sans crainte le vernis. Quel que soit ce vernis , il ne pénétrera pas dans le tableau ni au-delà de la surface encollée, en sorte qu'une seule couche suffira pour donner un beau brillant; plus tard, l'enlevage de ce vernis sera trèsfacile , et la peinture ne sera point atteinte.

Ce moyen est, pour ainsi dire, indispensable, et il doit être toujours employé et précéder la vernissure , lorsqu'il s'agit de peintures fines à huile ou même au vernis.

Le procédé de l'encollage est toujours pratiqué par les vernisseurs qui veulent économiser le vernis et éviter le jaunissement. Les peintureurs le connaissent très- bien;

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mais le mucilage de la colle de parcheoMn est loin de convenir aux tableaux. L'usage du blanc d'œuf ou de la colle de poisson a ses inconvéniens « en ce que ces colles retirent et fout gercer la peinture fraîche et encore molle ; mais notre procédé n'expose à aucun danger.

Je pourrais m'en tenir à ces indications ; mais comme les livres où il s'agit des vernis n'ont traité ce sujet que d'une manière fort confuse » et que les personnes étrangères à cette partie pratique se figurent d'abord qu'il s'agit de conditions très-compliquées » nous ajouterons ici d'autres aperçus» dans l'idée de simplifier toute cette question.

Toutes les substances résineuses et brillantes, solubles et fondues » soit dans les huiles volatiles , soit dans l'aicohol» sont propres à produire un vernis; mais plusieurs résines jaunissent , plusieurs manquent de solidité, parce qu'elles se laissent altérer par l'hi^midité.

L'alcohol détrempe quelquefois les couleurs des tableaux lorsqu'on y étend le vernis; les huiles volatiles sont quelquefois sujettes à jaunir lorsqu'elles ne s'évaporent pas en entier; telle est l'essence de térébenthine; d'autres ont une odeur extrêmement forte et désagréable» telle que l'huile de pétrole, de sassafras» etc.

Tous les vernis huileux sont en effet bien plus solides que les vernis résineux; mais ils jaunissent par l'effet de l'huile» et ils sont fort difficiles à enlever ensuite. On les emploie donc beaucoup pour les meubles» les voitures» etc. On parvient à en faire qui paraissent blancs; mais ils ont toujours un œil jaunâtre ou bien gris verdâtre» si» pour déguiser cette teinte jaune » on a préparé la teinte de dessous» en la maintenant un peu lilas ou gris de lin.

LES VERNIS EN ciRÉRAL. 8l

Les Chinois^ les Japonais recueillent dans leur pays des résines inconnues à l'Europe; ils y mêlent quelquefois des huiles fixes que nous ne connaissons pas non plus. Enfin tousjes sucs résineux^ depuis la colophane jusqu'au copal ou à l'ambre le plus blanc, peuvent produire des vernis.

Pour les meubles » tels que les bijoux, les boites, les étuis , etc. , on emploie pour vernis les gommes , le blanc d'œuf , le sucre candi , etc. Ces substances liquéfiées h l'eau ou à l'alcohol produisent de beaux vernis; mais ils ne se conservent qu'autant qu'on les tient à l'abri de l'humidité. Nos gommes indigènes ne valent pas les gommes de l'Afrique , de l'Amérique et de l'Inde.

Quant aux petits vernis résineux appliqués sur quelques objets de luxe, la sandaraque et l'esprit-^e -vin entrent particulièrement dans leur composition. Lorsqu'on veut des vernis colorés en rougeâtre, on emploie des résines de cette couleur: telles sont, par exemple, la gommelaque et le sang-dragon.

La gomme-laque , ou, pour mieux dire, la résine-laque, est une substance recueillie dans l'Inde ; elle doit sa couleur rouge foncé à des insectes du pays , et dont elle renferme des détritus. On en distingue trois qualités, savoir: en bâtons , en grains , en .^écailles ou en feuilles. La résine-laque en bâtons est plA colorée que les autres. Dans le commerce on distingue dé plus dans la laqué en feuilles la blonde et la brune.

La résine sang-dragon découle d'un arbre des Indes : on en connaît quatre espèces. Celle des Canaries estpréférar ble. Cette résine, dont nous reparlerons en traitant des cou leurs rouge-jaunfitres, nous parvient en larmes enveloppées dans des feuilles.

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Deux onces de résioe-laque » quatre onces de sandaraque , deux onces de résine-mastic , une once de résineélémi y fondues à un feu doux dans un litre d'alcohol , auquel on ajoute ensuite , avant le refroidissement , deux onces de térébenthine « composent le Ternis de;i lutliiers. La résine-laque a une grande ténacité.

Je parlerai du moyen d'enlever les vernis lorsqu'il sera question du nettoyage et de la réparation des tableaux. Quant aux moyens de fondre , de liquéfier et de confectionner les vernis , ces moyens sont extrêmement simples, et s'il ne s'agissait pas» soit d'économie qui fait substituer des matières communes aux matières fines , soit de solidité , lorsqu'il s'agit de vernis industriels» rien ne serait si facile que la fabrication de bons vernis. Deux substances seulement se fondent difficilement; ce sont le copal et le succin ou l'ambre. Nous avons indiqué la manière de fondre le copal. Quant à l'ambre jaune (c'est Félectrum des anciens ; les modernes l'ont appelé encore karabé) , celte espèce de bitume concret est très-solide et très-dur; et ce n'est guère que par l'intermède d'une huile fixe qu'on parvient ordinairement à le fondre. On croit que l'huile volatile rectifiée d'a^halte peut aussi le dissoudre. Je ne m'en suis point occupé , parce que son extrême solidité ne m'a pas ^ru nécessaire pour l'atrament du peintre» parce que la teinte ambrée est très-ostensible dans les morceaux les moins colorés de cette espèce de résine» indiquée» comme je l'ai déjà dit» dans de très- ^ciens écrits sur la peinture.

On désirerait maintenant trouver ici quelques indications sur le poliment des vernis; mais ce poliment» qui n'est guère usité que pour les vernis à huile-résine dits

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yemis gras , est facile à concevoir. Un linge en tampon , du tripoli très-fin et de l'eau , usent et polissent très^bien le Ternis. J'ai déjà indiqué ce moyen en traitant de l'encaustique*

Je terminerai ce chapitre par un extrait d'un ouvrage récemment publié , et qui est intitulé rOrnemaniste. (Il fait partie de l'Encyclopédie populaire, 1838.)

• Une composition très-remarquable par le succès qn'on

• en obtient et la combinaison parfiiite des ingrédiens » » est celle offerte depuis près de yingt-cinq ans au public^ » par M"** Gosseron , sous le nom de Couleurê luddoni^ t qiuMs quai de l'École» n* lo, à Paris. On ne saurait

> donner trop d'éloges à l'entreprise de cette ^lame , qui

• aura d'autant plus de succès que la conoaissanee s'en

> répandra davantage dans le public. Une seule circons-

> tance pourrait ralentir l'emploi des couleurs locîdonit queSp c'est l'élévation du prix, qui surpasse un peu

> celui des vernis ordinaires.

B Nous avons examiné par des moyens asses certains » le véhicule dans lequel M"*** Gosseron délaie ses couleurs.

> Notre intention n'est pas de publier cette analyse; mais 3 nous croyons être utiles en faisant connaître une com -

> position k laquelle nous avons été conduits par nos re-

> cherches sur les moyens à eq||^loyer pour suppléer , à • meilleur marché, à toutes les préparations offertes jos-

> qu'ici , et dans lesquelles on a voulu éviter l'huile et

> l'essence , avec les inconvéniens qui sont inhérens à leur » emploi.

9 On sait depuis long-iems que les corps gras , et ia

> cire en particulier, devi^uient miscibles à l'eau par » l'intermèdç de la gomme , de la gélatine , et que cet

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» effet est d'ailleurs singulièrement accéléré par la pré. » sence de la proportion la plus minime d*alcali , et par » celle de l'alcohol. C'est en partant de ces données que » nous avons tenté la composition d'un vernis exempt > d'huile et d'essence. Toute la difiiculté ne consistait » plus que dans le dosage exact qui devait donner une H- » queur susceptible d'une prompte dessicalion, et sus- 9 ceplible surtout de perdre, dans la dessication qui fait 9 évaporer tout l'alcohol, la miscibililé à l'eau ; condition » sans laquelle il n'y aurait pas de vernis utile dans la » plupart des emplois.

> Nous ne rapporterons ici que celui des nombreux » dosages fui neus a le mieux réussi. L'on pourra juger B que cttte composition offre.- un excipient des couleurs ,

> qui n'est pas plus cher que les matières ordinaires em- » plo jées pour les mêmes usages , et qui sont accompa- » gnées de tant de mauvaise odeur et de désagrémens.

» Prenez une livre de belle cire blanche bien pure. » Faites-la fondre dans un vase vernissé ou dans un poêlon t. de cuivre bien net. Ajoutez par petites parties, et en 9 agitant continuellement avec une spatule en bois , une » lessive faite avec deux onces de sous-carbonate de soude » cristallisé , dissous dans un den^i-litre d'eau pure , dans » laquelle on aura éteinte et délayé préalablement une » demi-once de chaux nouvellement cuite. Cette lessive

> doit être tirée bien à clair.

» A mesure qu'on versera de cette lessive sur la cire 9 fondue , le mélange se boursouflera , et il en résultera » un savon peu soluble à cause de la petite proportion • d'alcali qu'il contient. Il faudra , en agitant sans cesse , 9 faire cuire ce savon, et évaporer presqu'en totalité l'eau.

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On recQnnaltra que le savon est bien cuit, lorsqu'en laissant tomber une goutte de la spatule sur Fongle , la matière se figera instantanément , et offrira une écaille demi-transparente et presque de Taspect de la cire. » On aura fait dissoudre à part une once de belle gomme arabique et une demi-once de belle colle de Flandre blonde » dans de l'eau chaude en quantité suffisante. Le savon étant bien cuit, on versera la solution gommogélatineuse dessus, par très-petites portions; et en agitant continuellement, les matières s'Incorporeront peu à peu. On continuera la cuisson à feu très-doux pour évaporer la prçsque totalité de Thumidité. • On ôtera le poêlon de dessus le feu , et lorsque la matière sera à moitié refroidie , on y incorporera peil à peu , et toujours à l'aide de l'agitation continue , un litre d'alcohol, c'est-à-dire d'esprit-de-vin % de Montpellier; et on la mettra en bouteilles, que l'on bouchera exactement , pour s'en servir au besoin. Les quantités d'ingrédiens indiqués ci-dessus produiront, si l'opération a été bien conduite , et les évaporations faites à propos, environ un litre et demi de liqueur, qui remplace , à s'j méprendre , le vernis lucidon^ue. > Pour l'emploi , on pourra suivre exactement le pro^ cédé indiqué dans le prospectus des couleurs Incidoni^ ques de M™* Cosseron. • ^

On trouvera des notions diverses sur les vernis , dans les auteurs suivans: Gstaeparius, Gutle, Hakert, Tingry;, et Watin. Leurs ouvrages se trouvent indiqué» dans notre catalogue, vol. i".

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