COULEURS HATÊBIBLLKS. — LES ROUGES
gnation caractéristique ou chromatique, qui puisse aider dans la pratique du coloris.
Quoique l'on rencontre quelquefois des ocres rouges qui , mêlées avec du blanc , composent une teinte presque rose ; et bien que l'art en produise ( tel est le rouge artificiel connu sous le nom de rouge-mars ) , il est évident que l'ocre rouge ou brun-rouge contient phs ou moins de jaune , et qu'il est fort différent du rouge élémentaire, tel, par exemple, que celui qui est produit par la garance. Nous allons parler d'abord de ces rouges de fer plus ou moins mêlés de jaune; puis nous parlerons du vermillon , du minium , etc. , couleurs qui appartiennent aussi à la classe des rouges jaunâtres, mais non expressément à la classe distincte et déterminée des orangés.
La calcination qui rougit les ocres jaunes est très-facile à obtenir; cela n'exige pas l'emploi d'un haut degré de calorique : la moindre torréfaction suiEt. On a youlunous faire considérer, comme un heureux hasard pour la peinture , la découverte d'une ocre rougie par le feu; mais, . dès que l'on a imaginé de faire cuire la brique , la tuile et les vases d'argile , on a possédé l'ocre rouge , et la peinture a dû aussitôt s'emparer de cette couleur.
H. Bouvier préfère l'ocre rouge native à l'ocre rouge artificielle; il croit qu'il faut se méfier de l'ocre rougebrun ou brun-rouge qui pousse au rouge. La même raison qui doit rendre méfiant , au sujet de l'ocre de rue , subsiste peut-être au sujet du brun-rouge, qui se fait avec celte ocre de rue. Parlons de l'ocre rouge artificielle.
» 11 est un rouge résultat, dit M. Pelouze, de la distillation du nitre par le sulfate de fer pour en obtenir l'eauforte. Ce résidu pulvérisé et lavé à l'eau chaude , pour en
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extraire le sulfate de potasse formé, est d'une couleur très-intense , mais qui tire quelquefois un peu au yiolet , soit à cause de la violence de la chauffe qui a désoxidé en partie le fer, ou plutôt à raison du sel marin contenu dans le nitre impur soumis à la distillation , et qui a pour effet constant de violacer Toxide de fer.
» ^n peut encore se procurer un rouge assez beau en calcinant le sulfate de fer lentement et sans trop élever la température sur la fin de l'opération , ce qui pourrait désoxider le fer et violacer le produit. Il faut ensuite mouliner, laver et sécher la matière. C'est le procS^é qu'on emploie pour obtenir le rouge à polir les glaces, etc.
> Pour la peinture, le produit sera beaucoup plus beau , et d'un emploi plus facile , surtout en détrempe , si, au sulfate de fer , on mêle le quart de son poids d'alun. Les deux sels fondent d'abord dans leur eau de cristallisation , et c'est un moyen de les bien mélanger avant la calcination.
» Ce procédé donne un rouge qui a beaucoup de ressemblance avec celui qu'on vend à Paris sous le nom de rouge de mars. On peut en varier les nuances à volonté , par des dosages d'alun différens , et en poussant plus ou moins la calcination. Dans tous les cas il faut le bien laver.
9 Le même procédé donne ce que de certains fabricans de couleurs annoncent sous le nom A^orangé de mars»
» Le rouge de Prusse , d'Angleterre , les rouges-bruns ou bruns-rouges ne sont également que des résidus de la calcination du sulfate de fer , plus ou moins prolongée et à des degrés de température variés. Le fabricant, en tâtonnant un peu pour obtenir cet effet , sera bientôt le maître de produire h volonté la nuance qu'il désirera. »
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Le cinabre ou vermillon.
Parmi les rouges-jaunâtres , on doit placer le cinabre ou le vermillon > qui n'est autre chose que le cinabre pul vérîsé, et embelli quelquefois par certaines matières rouges.
Le cinabre est fort différent du minium, et cependant les anciens appelaient minium ce que nous nommons cinabre. Le minium provient du plomb : il est très-dangereux; le cinabre provient du mercure combiné avec le soufre; et bien qu'il soit perfide, surtout lorsqu'il se trouve mêlé avec d'autres oudes de la palette » on s'en sert tous les jours. Sa vivacité et sa force sont les causes de cette préférence.
Nous parlons ici seulement du cinabre natif; et sans mélanges de minium et de cochenille, mélanges qui constituent le vermillon , dit vermillon de La Chine* En achetant le cinabre en aiguilles» on risque moins qu'en l'achetant en état de vermillon. On prétend qu'en le porphyrisant avec de l'urine, il acquiert plus d'énergie; mais si l'on j réfléchit , on verra qu'il en a bien assez , et qu'il est fort inutile de le rendre orangé par un moyen qui d'ailleurs peut le rendre altérable. Quelques personnes préfèrent au cinabre natif, qu'on trouve dans les mines de mercure, le cinabre de Hollande; on croit qu'il change moins que le premier , lorsqu'on le mêle avec le blanc.
> Le cinabre, dit M. Yalmont de Bomare, est en quelque sorte, la mine de mercure la plus connue, et qui, par une mécanique accidentelle et naturelle , a été coni-
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binée dans des cavités souterraines » avec un quart de son poids , et même plus , de souffre plus ou moins pur; ensuite sublimée par des feux locaux aux voûtes des mines oii cette substance se trouve. Du moins le procédé dont on se sert en chimie , pour en faire d'artificiel , fait présumer que les choses se passent ainsi.
Ainsi le cinabre n'est que du mercure minéralisé par le soufre. Quoique les anciens l'aient connu sous le nom de minium , il ne faut pas le confondre arec notre mînium , qui n'est qu'une chaux rouge de plomb.
Lorsque le cinabre est en masse , les parties dont il es t formé sont disposées en aiguilles ou stries de couleur rouge; en certains endroits , on croit apercevoir une couleur grise et brillante; mais, quand il est bien divisé» et bien broyé sur le porphyre , sa couleur rouge devient de la plus grande beauté.
Le cinabre qui se trouve dans le commerce est une production de l'art, que l'on doit à l'industrie des Hollandais. Ce n'est pas que les chimistes de toutes les nations ne sachent faire du cinabre; tous l'obtiennent en sublimant du soufre avec du mercure; mais on semble avoir abandonné jusqu'ici aux Hollandais cette opération en grand.
Voici les détails que donne sur cette manipulation l'auteur du Traité de la peinture au pastel.
c II faut d'abord faire fondre» dans un creuset, une » livre par exemple , de soufre en poudre avec quatre ou » cinq livres de mercure. On mêle bien ces deux ma- » tières. Quand elles commencent à se combiner, elles B s'enflamment. On couvre le creuset pour étouffer la » flamme , après l'avoir laissé durer deux ou trois minutes:
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la matière est alors ce qu'on Bomme de l'étbiops. On la tire du creuset , on la pulvérisç , on la tient près du feu pour renlretenir presque brûlante. On prend un grand matras de verre , on le place dans un bain de sable , et l'on met dans le cou du matras un entonnoir qu*on lute bien. On passe par l'ouverture de l'entonnoir une baguette de verre » afin de pouvoir de tems en tems remuer l'éthiops ; mais cette baguette porte un bourrelet ou noyau de lut» en forme d'anneau coulant, pour fermer tout passage à l'air , et faciliter le moyen d'introduire de nouvel éthiops dans le matras» car il ne faut le mettre que par parcelles. On chauIFe doucement le vaisseau; on augmente le feu jusqu'à faire rougir le fond du matras. A mesure que l'étbiops se sublime , on en ajoute de nouveau par l'entonnoir^ qu'on referme aussitôt; et l'on entretient le feu , jusqu'à ce que toute la matière se soit convertie en cinabre ptr la sublimation. »
Il faut choisir le cinabre en belles pierres , fort pesantes » brillantes , à longues, aiguilles et d'une belle couleur roug^. Le minium , quoique plus orangé , lui ressemble; mais en prenant le cinabre en pierre» on ne peut èlre trompé.
Il est d'un rouge à peu prèsécarlate quand il est broyé. Les peintres à huile craignent cette couleur » et sont persuadés , les uns , qu'elle ne résiste pas à l'air » les autres » qu'elle noircit. Cependant le même auteur du Traité de la Peinture au pastel assure qu'il n'est pas à craindre qu'elle change , même à l'huile » pourvu qu'elle ne soit pas mêlée de minium. « Il est constaté , dit-il , que le » mercure, dans l'état de cinabre» ne se prêle à Faction TOME IX. 19
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» (l'aucuD dissolrant , parce qu'il est défendu par le sou* fre , et ne conserve aucun caractère salin. Qu'on l'expose à la vapeur du foie de soufre , ou qu'on en verse dessus 9 il n'en reçoit pas la plus légère impression. Quelle vapeur assez putride pourrait donc l'altérer , s'il résiste à cette épreuve ? Presque tous les peintre» à l'huile, ceux de LoQdres surtout, prétendent qu'il noircit. Je le crois bien. C'est pour l'ordinaire du vermillon qu'ils emploient , c'est-à-dire un mélange de cinabre et de minium , qu'on a même lavé peut-être avec de l'urine , comme le prescrit un petit livre composé sur la miniature , ce qui ne peut que disposer encore plus ce mélange à s'altérer. Or comment ne noircirait-il pas dans des villes chargées d'autant d'exhalaisons fétides que Londres et Paris ? » On dit que , pour reconnaître si le cinabre est altéré par le minium , il suffît de le mettre en digestion avec du vinaigre. Alors la couleur changera; le vinaigre perdra son acidité / et prendra un goût sucré et nauséabond. Si l'on fàh l'essai sur une petite quantité de cinabre , il ne fiiut employer que peu de vinaigre pour reconnaître plus iacilement le minium. Dans le cas où l'on craindrait de goûter la dissolution qui aura été faite par le vinaigre, il faudra rapprocher , par l'évaporation , la dissolution , ensuite en verser quelques gouttes dans un verre d'eau de puits. Si l'eau se trouble et devient laiteuse , c'est une preuve certaine que le cinabre contient du minium. Quant aux autres terres métalliques qu'on aurait pu ajouter pour augmenter la couleur, elles ne pourraient pas être reconnues par cette expérience.
« Le cinabre artificiel , dit M. Pelouze , s'obtient par
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▼oie de sublimation : voilà pourquoi il se présente sous forme de masses plus ou moins épaisses « coneaves d'un coté , convexes de l'autre , et pourquoi il a l'aspect aiguillé dans sa cassure. Avant d'être pulvérisé , sa nuance est le rouge-brun, mais il devient très- vif et très-éclatant« lorsqu'il cesse d'être en masse.
9 Nous nous dispenserons, comme hors de notre sujet, de parler des nombreuses sophistications qu'on lui fait éprouver au moyen du minium , de la brique , du colcothar, etc.
» Parmi les nombreuses descriptions qui ont été données ées manufactures de cinabre en Hollande , ce qui semble de meilleur . est ce qu'en a dit le pharmacien Tuckert, qui a été à portée de les examiner avec le plus grand détail. Nous rapporterons donc les principales données du mémoire qu'il a publié sur cet intéressant sujet. Un Français instruit, H. Payssé, qui a aussi visité les fabriques hollandaises, a confirmé pleinement l'exactitude des assertions de H. Tuckert. Voici ce qu'a dit celui-ci:
c On prépare d'abord l'éthiops (sulfure noir de mercure) en mêlant ensemble cent cinquante livres de soufre et mille quatre-vingts livres de mercure bien pur , et exposant ensuite ce mélange à un feu modéré , dans une chaudière de fer , plate et polie , d'un pied de profondeur sur deux pieds et demi de diamètre. Jamais ce mélange ne s'enflamme , à moins que l'ouvrier n*ait point encore acquis l'habitude du travail nécessaire.
» On broie ce sulfure noir ainsi préparé, afin d'en remplir £icilement de petits flacons de terre de la contenance de vingt-quatre onces d'eau ou environ , et l'on remplit
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d'avance trente ou quarante de ces flacons pour s'en servir au besoin.
9 Après cette préparation , on a trois grands pots ou vaisseaux sublimatoires, faits d'argîle et de sable très-pur; ces vases sont enduits d'avance d'une coucbe de lut, afin qu'elle ait acquis la plus grande sécheresse lorsqu'on veut les employer. On pose ces pots sur trois fourneaux garnis de cercles de fer, et adossés contre une voûte élevée et capable de résister au feu. Les vaisseaux sublimatoires peuvent être de diverses grandeurs ; les fourneaux sont construits de manière que la flamme circule librement autour» et qu'elle environne les vaisseaux aux deux tiers de leur hauteur.
» Lorsque les vaisseaux sublimatoires sont posés sur leurs fourneaux, on y allume le soir un feu modéré, que l'on augmente jusqu'à faire rougir les vaisseaux. On se sert , à Amsterdam , de tourbe pour ce travail. Lorsque les vaisseaux sont rouges , on verse , dans le premier , un flacon de sulfate noir de mercure, ensuite dans le second, puis dans le troisième : on peut dans la suite en verser deux, trois, et peut-être davantage à la fois; cela dépend de la plus oq moins forte inflammation du sulfure de mercure. Après son introduction dans les pots , la flamme s'en élève quelquefois à quatre et même six pieds de hauteur; lorsqu'elle est un peu diminuée, on recouvre les vaisseaux avec une plaque de fer d'un pied carré et d'un pouce et demi d'épaisseur, qui s'y applique parfaitement. On introduit ainsi, en trente-quatre heures, dans les trois pots, toute la matière préparée; ce qui fait pour chaque pot , trois cent soixante livres de mercure , et cinquante livres de soufre , en tout quatre cent dix livres. Toute la
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matière une fois introduite » on continue le feu dans un juste degré» et on le laisse éteindre lorsque tout est sublimé; ce qui exige trente-six heures de travail. On reconnaît si le feu est trop fort ou trop faible» par la flamme qui s*élè?e lorsqu'on ôte le couvercle de fer. Dans le premier cas , la flamme surpasse le vaisseau de quelques pieds ; dans Tautre » elle ne parait pas , ou ne fait que toucher faiblement rouverture des pots. Le degré de feu est bon si , en enlevant le couvercle » on voit paraître vivement la flamme» sans qu'elle s'élance à plus de trois ou quatre pouces au-dessus de l'ouverture.
9 Dans les dernières trente-six heures » on remue tous les quarts d'heure ou demi-heures» la masse, avec une tringle de fer » pour en accélérer la sublimation. Les ouvriers s'y prennent avec tant de hardiesse que j'en fus étonné » et que je craignis chaque fois qu'ils n'enfonçassent les vaisseaux.
9 Après que tout est refroidi » on retire les vaisseaux avec les cercles de fer» qui empêchent qu'ils ne crèvent» et on les casse. On trouve constamment dans chaque pot quatre cents livres de sulfure de mercure sublimé; ce qui fait douze cents livres pour les trois » et » par conséquent» dix livres seulement déporte pour chaque.
» Il ne s'attache point de sulfure de mercure subliméaux plaques de fer» puisqu'on les ôte continuellement» excepté yen la fin de l'opération » où l'on ne touche plus aux vaisseaux. Ces plaques ne souffrent pas le moindre dommage. »
Il parait évident » par cette série d'opérations, dont l'exactitude a été garantie par plusieurs visiteurs modernes des fabriques , et très-dignes de foi , que le tour de main
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attribué aux Hollandais» ne consiste que dans la division par petites parties du sulfure noir de mercure , et dans la précaution qu'ils ont de n'introduire le sulfure noir par projection dans les pots , que lorsque ceux-ci sont rouges de feu.
On a aussi proposé de fabriquer le cinabre par la voie humide : tel est le procédé indiqué par Karchoff. C'est un sujet digne d'attention. Si le succès répondait aux tentatives , ce serait un fort heureux résultat.
Le minium ou oxide rouge de plomb.
Si l'on facilite à l'oxide jaune de plomb (massicot) une division plus grande dans ses parties » ce qui s'opère par une accumulation de calorique » il prend une couleur rouge plus ou moins développée, et produit l'oxide rouge de plomb (appelé vulgairement minium). Il n'y a rien à dire sur la qualité de cette couleur» sinon qu'elle est extrêmement préjudiciable; cet oxide se trouvant très- voisin de la réduction» c'est-è-dire» de l'état de métal.
Comme l'emploi de ce rouge a rarement lieu dans les tableaux» nous ne nous étendrons pas beaucoup à son sujet; nous ne ferons que répéter ce qu'on lit dans l'Encyclopédie » sans entrer dans aucuns détails sur les procédés plus nouveaux.
c Pour fabriquer le minium » on prend de la céruse » c'est-à-dire» du blanc de plomb dissous par le vinaigre. On la met dans un fourneau de réverbère » de manière que la flamme puisse rouler sur elle : on donne d'abord un feu modéré pendant quelque temps ; ensuite on l'augmente tout d'un coup » lorsque la céruse est changée en
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une poudre grise » et Ton donne un degré de feu qui soit prêt à faire fondre la chaux de plomb. Pendant cette opération » on la remue sans cesse , et lorsqu'elle est devenue d'un beau rouge, on la retire. Dans cette opération, c*est la flamme qui donne à la chaux cette belle couleur rouge , et cette chaux augmente considérablement de poids.
» Une autre manière de faire le minium » c'est de faire fondre du plomb pour le convertir en une chaux , ou poudre grise, qui se forme perpétuellement à la surface. Lorsque le plomb est entièrement réduit en chaux , on écrase cette chaux sur dès meules pour la réduire en une poudre très-fine. On met cette poudre dans un fourneau de réverbère, ob on la tient pendant trois ou quatre jours, en observant de la remuer sans cesse avec un crochet de fer, jusqu'à ce que la matière ait pris la couleur que l'on demande. Il faut aussi bien veiller à ne point donner un feu trep violent , qui ferait fondre la matière et la mettrait en grumeaux. »
Voici encore ce que dit Watin : t On prépare le minium dans de grands fourneaux de réverbère, dont Taire est l^èrement concave, et sur laquelle on étend le plomb qu'on destine à cette opération. Puis, au moyen de foyers construits et situés, de côté et d'autre, presque au niveau de l'aire, on fait fondre ce plomb qui , au bout de quelques instans, se couvre d'une couche d'oxide jaune, qu'on enlève , et qu'on réunit sur les bords de l'aire avec un crochet en fer , à long manche , nommé ringard. C'est ce premier oxide qui est connu dans le commerce sous le nom de massicot. On réitère cette opération jusqu'à ce que tout le métal soit passé à ce premier degré
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d'oxidatlon. Ensuite on jette cet oxide dans des tonneaux remplis d'eau bien nette, que Ton agite pour séparer, au moyen des différences de leur pesanteur spécifique » les parties du plomb encore à l'état métallique d'avec celles qui sont déjà oxidées.
1 Tout le massicot étant ainsi séparé du plomb , on le fait égoutter et sécher , et on le remet à nu sur l'aire du fourneau, ou dans de larges caisses de fer blanc. On le tient ainsi, pendant trente à trente-six heures, à une chaleur modérée et moindre que celle du rouge-brun. Enfm , lorsque cet oxide est arrivé à la nuance qu'on désire lui donner, on le retire du fourneau; et, après l'avoir laissé refroidir , on Ip passe par un tamis de toile métallique, i
Bien que le sang-dragon soit une résine, j'ai pensé que sa couleur rouge-jaunâtre devait lui fiiire trouver place ici. Le sang-dragon est un suc gommeux , sec » friable , de couleur rouge comme du sang caillé. 11 se tire par incision d'un grand arbre des Indes , appelé par Glasius draco-arbor ou arbre- dragon. Le plus beau et le meilleur est celui qui coule le premier en petites lames claires , transparentes , friables , de couleur très-rouge : il est très-rare ; celui qu'on trouve plus communément est enveloppé en forme d'olives dans les feuilles de l'arbre même » ou dans des feuilles de roseaux. Il faut le choisir net , pur , résineux , sec , friable , et fort rouge. On apporte de Hollande du sang -dragon faux, en petits pains i^lats , cassants , d'un rouge foncé et luisant. II est fort inférieur à l'autre. On emploie le sang-dragon dans les vernis rouges et dans les vernis à dorer.
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— Des rouges^bleuâtres. —
Parmi les couleurs rouges employées dans la peinture, nous ne connaissons guère que les préparations de garance, qui , quelquefois , offrent une teinte dans laquelle on distingue sensiblement du bleu associé au rouge dominant ou élémentaire de cette plante. Les matières colorantes rouges , plus bleuâtres que la garance , appartiennent à la classe des violets ; c'est ainsi que la giroflée rouge , appelée quarantaine, passe peu à peu , en se flétrissant, de Tétat de rouge pur, qui est sa teinte ordinaire, à l'état de rouge-bleu. Le Vocabulaire français oUre le mot zinzolin pour exprimer une couleur rouge d'un violet tendre.
Il est à propos de répéter ici que le pourpre des anciens n'était point violet, mais rouge élémentaire , et tel que celui de la garance ou de la rose de Provins , etc.
Quant aux couleurs végétales , qu'on n'ose guère employer en peinture à cause de leur fugacité, et qui offrent une teinte rouge bleuâtre, il en existe un grand nombre. Le bois de Brésil , le bois de Gampêche , les baies de sureau et autres fournissent cette couleur mixte, qu'il importait de distinguer ici.