‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 52 sur 104 · COULEURS HATÊBI£LL£S. LES BLEUS · texte numérisé non relu

COULEURS HATÊBI£LL£S. LES BLEUS

quelques autres tirés^u règne végétal, comme celui qu'on exprime des bluets ou de fleurs analogueSé

1 Voici une autre épreuve , qui prouvera si l*outremer est mélangé de bleu de Prusse ou de bleu de cobalt » ou de tous les deux ensemble : prenez un échantillon de l'ou- Iremer qui n'a pas pu se dissoudre entièrement à l*eau-

forte , et qui a conservé de petites particules d*un bleu

foncé pendant un quait d'heure et plus; mettez-le dans une cuiller de fer déjà rougie au feu; attendez que la couleur soit elle-même rougie à blanc; enëuite laissez-la refroidir^ et examinez «a vQc attention votre petit échantillon , s'il est mélangé de cobalt » il se fondra comme du verre, et vous oflrira de petites boules bleu foncé et polies; s'il est mélangé 4^ bleu de Prusse, vous le connaîtrez à de petites particlues rousses ou jaune*obscur; car le bleu de Prusse se change en une espèce d'ocre foncée , calcinée à feu découvert.

1 Quant à l'outremer véritable, il doit rester d'un bleu aussi vif et aussi pur qu'avant la calcination^ en sorte que vous pourrez reconnaître Mproximativemçnt combien le mélang(d ei^ contient ; mais qu'il y en ait beaucoup ou peu, n'importe, n'acheter pas cette couleur falsifiée; elle gâterait vos teintes , surtout dans les carnatioBs ou dans les cieb. » <«

Enfin , pour reconnaître la présence du bleu de Prusse dans les bleus de lazulite et de cobalt qui auraient été falsifiés avec cette couleur, faites digérer, pendant une* heure environ, une pincée d'outremer, ou de bleu de cobalt, dans un peu d'eau de chaux clarifiée. Si, d'une part, l'eau de chaux prend une couleur citrine » et |i , de l'autre, il se produit un précipité de couleur d'ocre , c'est

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un signe certain de la présence du bleu de Prusse dans ceux de lazulite et de cobalt

Bleu de cobalt.

« Le bleu de cobalt, dit M. Bourgeois (édition deWatin) , est une couleur d'une nuance pure, brillante et fixe, qui 9 vu la modicité de son prix comparée à celui de Foutremer , remplace maintenant celui-ci dans un très-grand nombre de cas» Il pourrait même être employé avec autant d'avantage que l'outremer dans les peintures les plus délicates , s'il n'avait pas le défaut , et c'est le seul , de paraître , vu le soir à la lumière d'une chandelle , d'une nuance tirant sur le violet; inconvénient qni change nécessairement alors le rapport des tons que l'artiste a voulu exprimer.

• Les meilleures qualités de mine de cobalt nous viennent de Suède , et particulièrement de Tunaberg. Il en existe une mine très-riche dans la vallée de Gisto , en Espagne ; mais cette mine n'est^oint exploitée.

• Pour extraire la couleur bleue que donne, cette substance minérale, on suit à peu près les opérations que nous allons décrire. ^

» L'on grille d'abord la mine de cobalt, jusqu'à ce que l'arsenic, qui s'en échappe sous la forme ^'one fumée blanche, soit presqu'entièrement évaporé; puis on la met dissoudre dans un matras, avec une suffisante quantité d'acide nitrique , étendu de cinq à six parties d'eau* On fait évaporer la liqueur presque jusqu'à siccité; on la redissout da||s une suffisante quantité d'eau ; on la filtre , puis oa verse une dissolution de phosphate do soude , jus-

COULfiUBS MATÉRIELLES. — LES BLEUS. SdQ

qu'à ce que Toxide de cobalt soit complètement séparé de la liqueur qui le tenait en dissolution. On laye plusieurs fois ^ et Ton recueille sur un filtre le précipité , dont on prend une partie encore humide, que l'on combine avec sept à huit parties d'alumine réduite en gelée. Ensuite on laisse 9 si Ton vent, sécher ce mélange, avant de l'introduire dans un creuset, que l'on chauffe par degrés jusqu'au rouge-cerise , et jusqu'à ce que la couleur soit parfaitement bien développée.

' » On peut encore obtenir ce bleu en< substituant au phosphate de potasse une combinaison de cette dernière substance avec l'arsenic, arsentate 4e potasse; mais, dans ce cas, il faut doubler la quantité d'alun en gelée, par rapport à celle de cobalt.

» Par ce dernier procédé , les bleus sont plus ou moins frittes , ce qui les fait paraître aussi riches en principes colorans que ceux de la première espèce , quoiqu'ils n'en contiennent en effet que la moitié.

Autre indication. — • Prenez , dit M. Pelouze , de la nune de cobalt de Tunaberg , en Suède ; faites-la griller dans un petit fourneau de Maquer; remuez fréquemment pendant la calcination , et continuez de remuer jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus du toi# de vapeurs arsenicales et sulfureuses.

» Faites bouillir légèrement la mine, ainsi grillée et pulvérisée, dans un matras de verre , avec un excès d'acide nitrique faible. Après avoir décanté le liquide surnageant, faites-le évaporer presque jusqu'à siccité, en vous servant d'une capsule de porcelaine, ou mieux, de platine. Délayez le résidu dans de l'eau bouillante , et filtrez pour séparer l'arseniate de fer. Versez la solution filtrée et

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claire dans une solution de sous-phosphate de soude. Il se précipitera du phosphate de cobalt insoluble.

• Ce précipité , violet d*abord , est susceptible de devenir rosé par |o séjour sous Feau. Lavez-le exactement sur un filtre^ et rassemblez-le tandis qu*9 est encore humide et gélatineux. Mêlez-le le nlus exactement qu'il sera possible avec huit fois son poids d*alumine en gelée. Ne cessez pas de triturer jusqu'à ce que la pâte ait acquis une teinte parfaitement uniforme. Etendez ensuite le mélange sur des planches dans une étuve. Lorsque la matière sera devenue dure et cassante , broyez-la h sec dans un mortier , et exposq^-la ftu feu daos un creuset de terre recouvert. Tenez à la température du rouge-cerise pendant une demi-heure. Retirez alors le creuset du feu , et l'opération est finie.

• Voici le procédé pour obtenir l'alumine gélatineuse dont nous venons de parler» et qui est indispensable pour le bleu*

9 Prenez de l'alun bien pur , exempt de fer» au point que le prussiate de potasse n'en bleuisse pas la solution. Dissolvez-le dans une quantité d'eau chaude, au moins triple de celle qui est nécessaire pour cette dissolution » et précipitez par ranmionia#en excès, en agitant vivement. Laissez ensuite en repos pendant assez long-tems. Enlevez alors le liquide à l'aide du siphon. Remplacez-]^ par une égale quantité de nouvelle eau pure. Répétez les lavages jusqu'à ce que l'eau en sorte parfaitement limpide. Plutôt un excès qu'un défaut de lavage. Filtrez ensuite le résidu » qui restera en gelée sur le filtre.

» Vous n'obtiendrez l'alumine en gelée et bien lavée , qu'en observant strictement ce qui vient d'être prescrit. •

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