‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 57 sur 104 · VIOLET · texte numérisé non relu

VIOLET

Couleur binaire composée de rouge et de bleu purs.

Mélanges.

On ajoute la syllabe âtre à une couleur» lorsqu'elle participe d'une autre couleur.

JAUNE BOUGBATBB.

JAUNE BLBUATBB.

BOUGE JAUNATBE.

BOUGE BLBUATBB.

BLBU JAUNATBE.

BLEU BOUGEATES.

On ne peut pas dire indifféremment bleu-rougefitre ou rouge-bleuâtre» car» le mélange égal du bleu et du rouge composant le violet» toute autre teinte est le résultat d'une couleur élémentaire dominante» dans laquelle est mêlée » à un faible degré» une autre couleur. Or» pour exprimer cette teinte composée» il faut d'abord que la couleur élémentaire dominante soit désignée par son nom propre »

COUL. MATiB. — TOGABULAIBB CHBOMATIQUB. 3g 1

puis il faut faire suivre ce nom de celui de la couleur associée» et ajouter la syllabe dire, afin d'exprimer que cette couleur est mêlée à la dominante à un faible degré.

OBAirci-BOUGBATBB.

C'est-à-dire orangé imparfait» dans lequel le rouge domine sur le jaune.

On ne peut pas dire roiïge-orangefitre , puisque la ré*gularité du langage force à dire rouge-jaunfitre.

OBANCi-JAUNATBB.

C'est-à-dire orangé imparfait» dans lequel le jaune domine sur le rouge.

Il serait absurde de dire orangé-bleuâtre» puisque l'addition du bleu à l'orangé produirait un achromatisme ou un gris» dans lequel ressortirait toujours l'orangé» orangésale.

VEBT JAURATBB.

C'est-à-dire dans lequel le jaune domine sur le bleu.

TBBT BLBUATBB.

C'est-à-dire dans lequel le bleu domine sur le jaune.

11 serait absurde de dire vert-rougeâtre » puisque le rouge joint au vert produirait le gris avec excédant de vert » vert sale.

VIOLET BOUGEATBB.

C'est-à-dire dans lequel le rouge domine sur le bleu.

399 PBOCiDiS MATiftlBLS.

VIOLBT BI^BVATBB*

C'est-à-^re dans lequel le blea domine 8ur le rouge.

On ne peut pas dire yiolet-jaunâtre , puisque le jaune joint au yiolet produit rachromatisme , et dans ce cas le gris.

D'après le principe évident de rachromatisme» il serait absurde de dire orangé-verdâtre ou yiplâtre » vert-orangeâtre ou yiolâtre» violet-orangeâtre ou verdâtre.

Tonê ou dôgriê d^inUnsUi lumineuêê.

Blanc Gris-clair.

Gris.

Gris foncé.

Noir.

Ces mêmes tons, appliqués aux teintes ou aux couleurs t s'appellent ainsi qu'il suit :

Très-clair.

Clair.

Demi-foncé.

Foncé.

Très-foncé.

COUL. M^TÈB. — VOGABULAIBB GHAOHATIQUB. 3g3

Termes additionnels ou expressions signifiant de plus

les tons Joints aux teintes.

Le nombre des couleurs ou teintes qui viennent d'être dénommées s'élève à dix-huit; or» ces mêmes couleurs ou teintes pouvant être, ou claires ^ ou foncées» on demifoncées* etc., le Vocabulaire chromatique doit comprendre absolument toutes ces additions. Ainsi il Sàut ajouter à ces dix-huit couleurs des expressions particulières; c'està-dire, qu'il fiiut reconnaître dix -huit couleurs très* claires , dix-huit couleurs claires, dix-huit demi-foncées, dix-huit foncées , et dix-huit très-foncées , ce qui compose en tout quatre vingt-dix dénominations.

Et comme il y a des couleurs qui sont si peu prononcées qu'on les regarde plutôt comme grises, on blanches, ou noires , il faut ajouter, dans la nomenclature, l'indication de ces couleurs. On dira donc couleur d'un gris-jaunfitre , rougefitre , bleuâtre, ou bien orangeâtre, verdâtre, ▼iolâtre; et puisqu'il y a évidemment le gris clair, le gris , le gris foncé , et le noir et le blanc , on doit ajouter à l'indication de tous ces divers tons l'indication de la teinte de laquelle ils participent : ainsi les quatre-vingt-dix couleurs doivent encore être multipliées par ces cinq couleurs dites grises , blanches , noires , grises claires, grises foncées, ce qui quintuple le nombre des quatre-vingt-dix dénominations , et porte le nombre total des dénominations du Vocabulaire chromatique à quatre cent cinquante.

U serait utile, pour compléter absolument ce Vocabulaire, et pour ajouter dans certains cas à la clarté de l'expression ou du langage , d'employer » au sujet de cerf

394 PBOCiDàS MATÉRIELS.

laines couleurs , le mot énergique et le mot faible. Le mot terne ne couTiendrait pas , puisqu'il a son équivalent dans les mots gris-rougefitre , gris-bleufitre » etc. Il y a donc des couleurs très-faibles dont l'analyse chromatique est la même que celle des couleurs très -énergiques. C'est ainsi que certaines substances se décolorent k la lumière» sans changer pour cela de caractère chromatique, mais seulement en perdant leur énergie.

A l'aide de ce Vocabulaire , on exprimera par les mots tous les caractères des couleurs quelles qu'elles soient; aucune n'échappera au langage , au moins parmi les couleurs sensibles à la vue; car celles qui sont si peu apparentes qu'on les distingue à peine, ne sont plus soumises aux dénominations du langage.

Nous ferons remarquer que nous ne nous sommes pas contentés de donner un Vocabulaire des couleurs » mais

que nous avons donné (chap. 447» ^^'* ^'» P^S* '^^} '^^ mesures des couleurs» on, pour mieux dire, les doses qui les composent; en sorte que deux peintres , habitant l'un Paris» l'autre Rome» peuvent désigner par écrit la composition qui doit produire telle ou telle teinte , en supposant toutefois que l'espèce de mètre ou de diapason chromatique est le même pour l'un et pour l'autre peintre.

Pprmi les quatre cent cinquante dénominations que nous venons d'établir , il n'en est pas une de superflue » et même il est k croire que ce sont celles qui frappent le moins l'esprit qui sont le plus fréquemment nécessaires dans le langage ordinaire relatif aux couleurs. En effet» on a plus souvent occasion de parler d'objets dont les couleurs sont grises » colorées par quelques teintes » que de citer des couleurs franches et entières.

PEINTURE AU VBBN18. SqS

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