‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 83 sur 104 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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JL'estoiips est une espèce de crayon artificiel composé de papier roulé ou de peau roulée , taillé en pointe el chargé à son extrémité de poussière noire ou colorée, que Ton étend par frottis sur le papier. Les personnes qai mettent une trop grande importance w maniement adroit et précieux du crayon ^ blâment Tusage de Testompe , parce qu'elle produit des démâtons suaTemenfc ei uniment étendus et parfondus , sans que cela exige ni beaucoup d^ dextérité ni beaucoup de lems. Us regrettent le travail qu*on appelle par hachures» au crayon manié, an pointillé, etc.j travail beaucoup plus lent que celui de Testompe,et qui semble réservé comme moyen d'exercice pour les graveurs , qui au fait n'ont k leur disposition que des traits multipliés , plus oi;^ moins fins et serrés, ou bien àm points seméf et disposés avec intelligence. Cependant s'il s'agit du peintre-dessinateur» on doit lui accorder l'usage de tous ces moyens réuqis. Il peut user de l'ealompe pour les dessous , et retoucher nu crayon par-dessus ; il peut pointiller, hacher sur ce travail à l'estompe, y repasser ensuite l'estompe s'il le £eiut , etc. Ainsi les savans et habiles crayonnages de Bouchardon » de Cochin , etc. , ne prouvent point qu'on doive interdire l'estompe aux pein-

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très; il suffit de condamner dans leurs dessins la mollesse, Tindécision et Tinvraisemblance des effets , si c'est à cause de ces dé&uts qu^ik sont condamoal^lça*

On &it des estompes avec du gros papier gris qui happe p retient et dépose bien le noir du crayon ; on en fait aussi avec du papier plus fin» plus collé; on en fait avec du liège » ce qui offre un moyen plus délicat , plus précis 9 plus adouci. Mais Teslompe la plus commode est Testompe faite inpromptu par le peintre lui-même , se^ Ion ses -besoins » avec une bande roulée de papier collé ou non collé* Ces petits rouleaux promptement faits et appelés taniHonê déposent des hachures , si on le veut » ou fondent uniment les tons : on coupe une bande de papier , large de deux pouces vers un de ses bouts , longue de six pouces à peu près , et façonnée de manière qu'elle se perde en pointe. On eommence par rouler ce petit bout bien serré» c'est ce petit bout qui doit frotter et tracer; et en le roulant de biais , il se fortifie étant doublé» triplé» quant è l'épaisseur; il obtient donc assez de consistance pour faire l'effet d'un crayon.

On a vu certains peintres très- industrieux imaginer des moyens expéditifs et très-expressifs pour rendre» avec des instrumens analogues à l'estompe » les effets des nuages , les teintes fuyantes des fonds » etc. Personne n'a le droit de critiquer ces expédions » si » au £iit » ils contribuent à la justesse de représentation : des procédés analogues sont tous les jours admis et justement appréciés dans l'art de la gravure » etc.

624 PBOCÉD&S 1IATÉBI£LS.

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