‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 92 sur 104 · PE0CÉDÉ9 MA^TÈBIBLS · texte numérisé non relu

PE0CÉDÉ9 MA^TÈBIBLS

On a déjà combattu ropinion du médecin Ramazzîni , qui à tort attribue la mort prématurée de certains peintres à Teffet malfaisant des émanations des substances qu'ils emploient dans leur art. On lui a répondu que le grand nombre de peintres morts fort âgés démontrait le contraire de son assertion , à laquelle on a opposé surtout la longévité de celui de tous les peintres qui a le plus manié de couleurs et même jusqu'à son dernier jour , celle du célèbre Tiziano» qui mourut âgé de quatre-yingt-dix-huit ans, et qui serait devenu probablement centenaire si la peste qui régnait à Venise, en 1576» ne Teùt enlevé à son art. ^ Nous indiquerons de plus l'ouvrage de Buchner» sur la Colique deç peintres , et celui de Palais (Benjamin). Paris, i8s5, 1 vol. in-8*; chez Méquignon.

Il conviendrait peut-être d'ajouter ici que l'état nerveux, dans lequel se trouve un grand nombre de peintres, ne provient pas d'une cause physique , mais d'une cause morale. Cette cause , c'est l'incertitude dans laquelle les laisse leur éducation artistique imparfaite , et par conséquent le peu de force, de résistance qu'ils ont à opposer aux idées fausses , aux préjugés et au despotisme de la mode , qui constamment contrarient leur bon sens naturel ainsi que leur tendance d'artistes vers les résultats élevés et transcendans du génie. Cette ignorance où ils sont du positif de leur art , si imparfaitement , si irr^ulièrement enseigné dans les écoles , les laisse donc toute la vie dans une fausse position, et les réduit à la nécessité douloureuse de travailler plus par singerie et à tâtons que par conviction et à l'aide du savoir.

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