NETTOIEMENT ET BÈPARATION DES PEINTURES
et rendrait toujours sensible la réparation. Quand le tout sera bien applati et que Texcédant de la cire sera enlevé, on mastiquera avec du blanc mêlé d'empois : ce mastic adhérera bien sur la cire , sur laquelle la peinture à huile s'attacherait mal. On colorera ensuite par lavis ce blanc selon le ton des alentours , et on repeindra.
Toiles pourries. — Voici les observations fort judicieuses d'un observateur sur quelques causes de l'altéra^ tion matérielle des tableaux. On ne peut pas , dit-il , nettoyer un tableau qu'on ne le frotte » en appuyant plus ou moins; cette action repousse la toile, et la plie; la couleur appliquée dessus plié aussi ; mais se préte-t-elle ? La couleur est d'une ténuité sèche , et en suivant le mouvement de la toile, elle se brise imperceptiblement la pre~ mière fois , mais suffisamment pour faire des intervalles par lesquels l'eau dont on lave les tableaux s'introduit, et va trouver la toile qu'elle mouille ; la toile mouillée se resserre , se rebande , (personne n'ignore cet effet) , et devient plus étroite , plus courte que la couche de couleur qui la couvre; elle la resserre donc, la contraint, et par conséquent l'ébranlé. La toile en se séchant se relâche , la couleur la suit, et reprend sa première situation; mais ce n'est point sans le dommage imperceptible qu'a causé l'extension du frottage et le resserrement delà toile mouillée : la toile mouillée garde long-tems son humidité à cause de l'encollage : l'encollage , très-susceptible de pu*tréfaction, en reçoit quelques atteintes qu'il communique à la toile : les petits filamens de la toile se brisent dans leur longueur , la toile s'affaiblit , s'allonge et s'élargit , elle devient trop grande pour son châssis , il faut la retendre. L'opération de retendre la toile ne se fait pas
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saiu occasioimer des intenralles dans la couleur» iotervaUes déjà préparés par le premier firottement ; c'est alors que les gerçures deviennent visibles; elles le sont encore plus si le tableau souffre un second nettoyage » qui reed Fébranlement de la couleur plus considérable , les gerçures alors s^agrandissent et la toile plus humectée devient plus pourrie; c'est une raison pour éviter I91 nécessité de faire nettoyer les tableaux.
J'ajouterai que c'est aussi une raison pour faire qud~ que cas de la peinture à la cire ^ ou au moins de la cire pour vernir et entretenir les tableaux. Un tableau peint, puis verni à la cire, se nettoie sans que l'eau pénètre dans les couleurs , et aille atteindre la toile pour y faire les ravages qui viennent d'être fort bien expliqués par l'obser^ vateiur que nous venons de citer* Une toile pourrie nécessite l'enlevage.
Toiles bos$eléeê, forcées , distendues^ — Loriqu'une toile a été poussée par quelque corps dur qui en a distendu les fils p et qui a fait des bosses , il faut beaucoup mouiller le tissu et laisser sécher la place mouillée à l'ombre , loin du feu , et en la tenant sous presse. Quelquefois il iaut réitérer cette opération.
Couleurs séparées de C apprêt 9 ou soulevées » gercées en écailles. — Lorsque la couleur est soulevée et isolée de l'apprêt, et que l'apprêt reste adhérent sur la toile, qui toutefois est bien conservée, il s'agit de refixer ces couleurs , de les applanir , et de faire ainsi disparaître toutes les ampoules ou boursouflures. Pour cela il n'est pas toujours nécessaire d'entoiler , c'est-à-dire , de doubler la toile avec une toile neuve , il suffit de procéder de la manière suivante.
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Oo frotte d'abord ces ampoules avec de la bonne colle à entoiler (voyez Tarticle Entoilage) » et à Faide d'une épingle on les perce de petits trous et on remet de la colle sur les ampoules avec un pinceau , tâchant <{u'elle passe par ces petits trous pour pénétrer en dessmis, afin qu'elle puisse servir à recoUer Taitipoule sur l'apprêt; ensuite on essuie la colle et on passe sur l'ampoule un pinceau trempé dans de l'huile de lin, qui sert à la ramollir; alors on prend un fer chaud sur lequel on passe une éponge ou un linge mouillé , jusqu'à ce qu'il ne frémisse plus » afin d'en ôter la trop grande chaleur ; on passe promptement ce fer chaud sur l'ampoule , qui se rattachera à la toile, et s'y trouvera unie comme auparavant. On verra si , avant d'affaisser les ampoules , il est nécessaire de mettrg par derrière une seconde toile pour maintenir la première, et assurer la peinture.
Il arrive fréquemment que la couleur est fendillée » écartée par crevasses, -ce qui provient presque toujours de l'adhérence imparfaite des couleurs sur l'apprêt, de la mol* lesse des couleurs qu'on a mélangées avec un gluten peu dessicatif ; tel est celui qu'on appelle pommade à retoucher, et surtout de l'application trop tôt faite de vernis à la résine ou au blanc d'œuf. Ces vernis , en se séchant, retirent avec eux la peinture encore trop moUe , l'entraînent en sens opposés , et produisent ces sillons souvent fort larges qui endommagent d'une manière iuneste tani de peintures. Il n'est pas facile ée remédier à cet iaconvénient*
On doit d'abord enlever tout le vernis , tout le blanc d'œuf, pour laisser b peinture libre; puis on essaiera de l'attendrir à l'aide du feu et d'une onction d'huile de lin :
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OD passera donc ud fer chaud sur les parties écartées et on essaiera de les disteqdre et de les rapprocher. On appuiera pour les applatir, les allonger» et on laissera refroidir. On revendra une seconde fois en employant le même procédé , et on introduira entre ces gerçures de la bonne colle capable de fixer sur Tapprét ces couleurs amollies et distendues. Enfin on aura recours au mastic pour remplir les sillons qui n'auraient pas disparu.
Toiles séparées de Cappréi. «—Si la toile a quitté Tapprét » et que celui-<:i s'en détache , il faut procéder soit è Tentoilage , soit à Tenleyage. Au moyen de l'entoilage , la colle qui pénètre les deux toiles atteint et y fixe Tapprét; quelquefois ce moyen suffit. D'autres fois » cependant , Tapprét est tellement isolé du subjectile , et celui-ci est si altéré, si détérioré > qu'il faut l'enlever et lui en substituer un nouveau. Parlons d'abord de l'entoilage.
Entoilage. — 11 est bon , pour rendre la vieille toile et la couleur plus douces et moins rebelles » d'exposer pendant plusieurs jours le tableau h l'humidité d'une cave. On colle sur le côté peint du tableau du papier blanc avec un empois léger. Cette première opération empêche que le tableau ne s'écaille dans les mouvemens divers et les frottemens qu'il doit éprouver. D'un autre côté , on a tendu sur un fort châssis à clef une bonne toile neuve, sur laquelle on couche très-également , avec une grosse brosse , de la coUe bien cuite et faite avec de la farine de seigle et une gousse d'ail. On met aussi une couche de cette colle sur le derrière du tableau. Cela étant fait promptement , on pose le revers du tableau sur cette toile neuve. On le frotte avec un tampon de linge , que Ton appuie assez fortement , en partant toujours du centre et