DE LA REPRÉSENTATION DES ARBRES
vioviiB les arbres jouent un rôle principal dans les paysages, comme ils sont les héros de ces sortes de tableaux, et comme d'ailleurs ils sont ce qu'il y a de plus difficile à traiter, le paysagiste doit faire une étude particulière et sérieuse de ces sortes d'objets, c'est ainsi que les peintres de tableaux à personnages doit faire une étude particulière et constante de la figure humaine. U n'entre point dans
/)04 BfFPÉBBNS OENRBS BN PEINTORE.
notre pian de discourir ici sur la nature des arbres , sur leurs variétés» sur leurs divers caractères particuliers, etc. , assez de sources soni ouvertes aux artistes qui ont besoin de ces sortes de connaissances. Bornons-nous donc ^ quelques observations.
' L*unité de caractère devant être évidemment manifestée dans la représentatioû des arbres divers, cette unité doit se retrouver jusque dans leiïrs mouyemens ; ainsi la manière dont les branches d'un chêne , d^un orme, d*nn platane , etc. , se déploient, se renversent, se plient , se penthent même par Tefifet du vent , doit être îexattëment imitée. Or cette exactitude d'imitation ne peut avoir lieu qilte quaûd la 'construction du tronc de l'arbfe et de ses branches est conforme à la nature: le squelette d*un arbre doit donc être d'abord étudié et représenté ainsi qu'on doit étudier d'abord le squelette d'une figure ; par ce moyen , le peintre ne sera pas exposé h travailler de routine , et il diversifiera dans ses images la manière dont chaque arbre porte ses tiges et ses rameaux , la manière dont se terminent leurs extrémités , et comment se dessine ordinairement leur silhouette sur le ciel. Un paysagiste qui a acquis des connaissances en physique 6t< en histoire i^aturelle fera voir que tous les arbres cherchent l'air , et qu'ils se dirigent en conséqoQivce , chacun à- leor ttïanièl*e , dns feépate où leufs maMéa ie trouvent placées. Il donùera aux feuilles qui sont {iroches ds la lerre plus d'ampleur, plus de force et de ton ; il distinguera la teinte toujôulf'S un peu plus grise du ééssDus des feuilles, il imitera sur te trône la variété des éooreefe , celle des mousses qui s'y attachent ; enfin , ^éê études imitatrices autant été si jirstes, qu'au pre-
PAYSAOfiS. — BJSPB^SBl^TATIOFI OBS ABBBES. ^OO
mier coup d'œil le spectateur recoi^ottra l'espèco de chaque arbre , et que le botaniste retrouvera , ep examinant ces tableaux, ce qu*U a lui<4nâine observé déjà sur la nature.
A ces réflexions générales et convu^s, auxquftUes on en pourrait joindre une infinité d'autres assez inutiles» ajoutons un conseil nouveau , dont Tartiste studieux pourra tirer un grand profit.
Si noua avons assez clairement démontré» dans difiérens chapitres de ce Traité» l'utilité» et la nécessité de séparer le géométral du perspectif» et même le géométrique du géométral; ceux qui auront étudié ces mêmes chapitres seront fi^appés de l'avantage qu'on peut retirer de ce principe , lorsqu'on l'applique à la représentation des arbres » des plantes » et de bien d'autres objets qui composent les paysages. L'élève observateur doit donc calquer d'abord ces objets» en les considérant géométriquement et tels qu'ils sont» ou bien encore orthographiquement ou tels qu'ils paraissent sans altération perspective. Ainsi il doit» par exemple» prendre une feuille de chêne , de bouleau» de maroqnier ou tout autre» la poser h plat et en prendre le calque» pour mettre ensuite cette feuille en perspective » ou plutôt pour la représenter sous toutes sortes d'aspects orthographiques. De plus^ il en répétera la couleur avec l'amassète» et il pourra faire ainsi nu recueil précieux de toutes ces études directes» et de comparaisons immédiates; il répétera de même les écorces, les mousses » les pétales des fleurs » les feuilles des plantea » etc. » et il pourra dessiner à la vitre beaucoup de ces silhouettes en particulier » ainsi que des silhouettes générales d'arbres tout entiers.
4o6 diffArens gbnbes en pbintdrs.
Cette étude divertissante et sûre n'est-elle pas la plus simple et la plus facile? Quelle Tariété le peintre n*exprimera-t-il pas dans le feuille par ce moyen I Combien cette étude rendra choquante à ses yeux la routine qui , tous les jours, produit tant de paysages faux et insignifians par leur manque de naïveté ! Qu'à ces exercices il ajoute le perspectif, qui change peu le géométral des lignes que produit le feuillage ; qu'il calcule» d'après l'échelle scénographique, les affaiblissemens par l'air et par la touche : qu'ensuite il grouppe et replie ces fei^illes; et en peu de temps il imitera les arbres avec un grand succès.