‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 119 sur 142 · DIFFÉRENS GENRES EN PEINTCRE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENS GENRES EN PEINTCRE

a commencé par orner de sculptures les vaisseaux de Marseille.

1 Comme les navires des anciens étalent peu consldérables» ils étaient aisément construits , et Ton en avait un grand nombre. Les Grecs alliés conduisirent douze cents voiles contre la puissance de Priant La flotte de Xerxès, h la bataille de Salamine, était de 1207 trirèmes, sans compter les bâtimens inférieurs; et celle des Grecs » qui fut victorieuse, était de 078 vaisseaux, sans compter aussi les petits bâtimens. Des états médiocres avaient en guerre plus de vaisseaux que n*en armeraient aujourd'hui la France et même l'Angleterre.

» La construction étant imparfaite, les naufrages étaient fréquens. Un passage de Ménandre , conservé par Athénée 9 fait présumer que la perte approchait beaucoup du tiers des bâtimens. c Sur trente vaisseaux , dit ce poète » comique et par conséquent satirique , il n'y en a pas le I tiers qui fasse naufrage ; sur autant d'hommes qui se » marient , il n'y en a pas un qui se sauve. 1 Cependant on avait toujours, comme du tems d'Hésiode, la précaution de ne mettre en mer que dans la belle saison. Il n'est pas vraisemblable que le roman grec qui porte le nom de Chariton, ait été écrit avant le cinquième sîède de notre ère , et l'auteur nous représente Chéréas , qui , conduit par l'Amour, a l'audace de s'embarquer avant le retour du printems.

» Dans les batailles, on élevait des remparts autour des vaisseaux, afin que les soldats pussent combattre comme des troupes assiégées que protègent les murs de leurs villes; et, pour que les navires ressemblassent encore mieux à des forteresses, on y élevait aussi des tours à la

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poupe, à la proue et même sur les côtés. Elles étaient connues dès le tems de Thucydide , plus de quatre cents ans ayant notre ère : si elles eussent été solidement établies sur les bâtimens , elles auraient mis obstacle à la navigation : mais on embarquait les pièces toutes préparées et parfaitement assorties; il ne s'agissait plus que de les monter dans le besoin. Quelquefois on di'essait de ces forts au centre même du vaisseau , comme on le voit sur le bas*relief du duc d*Âlcala : il fiiUait alors baisser le mât; mais cette manœuvre parait avoir été ordinaire dans les batailles. De tous les vaisseaux que représente ce basrelief» aucun n'est maté, quoique tous ne soient pas chargés de tours. Apollonius nous apprend aussi que l'on baissait le mât toutes les ibis que l'on cessait d'aller à voiles.

» On combattait sur mer avec des traits , des pierres , des &ulx. On se servait de grappins pour accrocher le vaisseau ennemi; on baissait un pont qui unissait les deux bâtimens , et l'on se battait alors comme sur terre. On (kisait tomber sur le navire qu'on attaquait des masses de plomb capables de le briser; on y lançait , à l'aide des balistes » de grosses flèches ardentes , enveloppées d'étoupes soufirées. Une machine nommée asser faisait le même effet que le bélier; c'était une poutre attachée au mât comme la vei^e , et qui était armée de fer aux deux extrémités. Quand les vaisseaux étaient accrochés , on faisait jouer cette machine , qui écrasait les hommes et perçait quelquefois le bâtiment.

> Le dauphin» non moins redoutable» était une masse de métal » à laquelle on donnait la forme d'un dauphin. Elle était suspendue à la vergue » et on la faisait tomber

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sur le nairire ennemi par un mouvemenl semblable à celui d'une bascule.

» Les anciens avaient des vaisseaux à voiles et sans rames; on en voit un de cette espèce sur la colonne Théodosienne , qui a été copié dans VAniiquité expliquée de Montiaucon. Quoique nous ayions tâché de décrire en détail la fortaie et la construction des bâtimens antiques , les artistes qui auront besoin d'en représenter dans leurs ouvrages , ne pourront se dispenser de jeter les yeux sur ceux qui leur sont offerts par la colonne Trajane; on les retrouve dans VAntiquité expliquée, et dans les Costumes de Dandré-Bardon : mais ces morceaux ne les instruiront que sur la forme générale. Il s'en faut bien qu'on y reconnaisse la précision que les anciens cherchaient avec tant de soin dans la représentation de la figure humaine. On voit dans la colonne Trajane des vaisseaux h deux rangs de rames» qui peuvent à peine contenir trois hommes , et dont le château , destiné au commandant , ne recevrait pas même un enfant. On voit un vaisseau à trois rangs qui » par conséquent» indépendamment de la carène , avait trois ponts les uns au-dessus des autres , et qui n'a pas même la hauteur d'un homme. La barque de la colonne Théodosienne est censée aller à voiles, quoique cependant on n'y voie pas de voiles, et l'artiste a oublié de donner à ce bâtiment un gouvernail. En un mot, toutes ces représentations de vaisseaux antiques doivent être plutôt regardées comme de légères indications que comme de véritables imitations; mais ces indications, quelque défectueuses qu'elles soient, doivent, faute de mieux, être consultées par les artistes. » On peut encore avoir recours pour cette même question

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au Dictionnaire des Beaux-Arts de Millin. On y consultera avec fruit les mots Ghénisque , Navires , Marines , Naumachie , et surtout le mot Galère.

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