‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 129 sur 142 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

CONSIDÉRATIONS QÉNÉRALBS SUR LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE PROCÉDÉS MATÉRIELS DE PEINTURE.

Une de« plua belles parures de Tuoiyers est sans contredit la couleur qui éclate si dirersement de toutes parts » et qui nous réjouit sur tant d'objets exposés à nos regards. Les efforts constans de l'industrie » dans tous les siècles et chez tous les peuples pour rq>roduire cet éclat et ce charme des couleurs, est une preuve du grand plaisir qu'elles procurent. Parmi tous les admirateurs des couleurs de la nature , c'est le peintre qui porte au plus haut degré son enthousiasme; c'est lui qui sent le plus Tiyement, qui compare avec le plus de justesse , qui distingue le mieux toutes les nuances. C'est lui enfin qui par son art parvient non-seulement h répéter avec le plus d'exactitude l'éclat particulier de chaque teinte isolée et aperçue sur chacun des objets de la nature, mais encore h répéter les combinaisons, à l'aide desquelles certains spectacles naturels sont convertis en un concert harmonieux, an un tout chromatique* propre à enchanter les regards. Quelle émulation ne doit donc pas exalter l'âme ar-

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dente des jeuDes artistes, lorsqu'ils s'efforcent de rivaliser avec Téclat , la splendeur , la suavité de ces couleurs de la nature? II est aisé de concevoir leurs regrets, Iors> que leur palette reste au-dessous de leur brillant modèle; il est aisé de concevoir leur ivresse» lorsqu'aidés par quelques matières plus éclatantes que les autres, ils se flattent de monter leurs tableaux à cette énergie chromatique de la nature I Un jeune artiste , qui ne possède que les ressources de la peinture à huile , gémit de cet interminable obscurcissement qui » voilant de plus en plus ses tableaux , ne permet pas une analogie frappante entre le spectacle imité et le spectacle animé et tout vivant de la nature. Excité par d'aussi justes regrets , irrité dans cette lutte, où il reste au-dessous de sa rivale, ce peintre enthousiaste s'écrie : O nature I tes couleurs éclatantes , la fraîcheur délicieuse de tes roses et de tes verdures , ou l'aspect si pur de tes cieux , nous sont donc interdits ! Notre art n'est aujourd'hui qu'un sombre travestissement de tes parures ! L'artiste orgueilleux , qui se croit ton rival , n'offre aux yeux que de tristes ressemblances de tant de merveilles ! Toptes les matières que tu lui prodigues pour l'aider dans l'imitation de ton coloris , il les enveloppe dans une opacité visqueuse que le tems rembrunit ! L'huile de la peinture les couvre d'un voile monotone . et l'éclat des tons n'est indiqué que par de ténébreux contrastes. Qui vous rétablira peinture lumineuse et brillante des beaux tems de la Grèce ? Qui vous rendra votre

puissance et vos charmes? Vains regrets! jamais les

organes tendres et délicats de l'enfance; jamais l'âoie sensible et innocente des jeunes filles ne sera réjouie par les couleurs de nos tableaux : la vie , l'éclat , la fraîcheur

CONSIDÉRATIOKS càKÉRALfiS. 5od

CD sont bannis h jamais; Tabord de nos plus gracieuses peintures ne fait plus sourire; la joie du coloris est perdue; elle a fui sur les enluminures et sur les tissus des fabriques; l'orgueil des Gobelins triomphe, ses étalages attirent tous les yeux. En vain le dessin des grandes écoles oppose sa fière majesté; les hommes préfèrent les plaisirs de leurs sens , et la naïve et fraiche couleur du Giotto doit l'emporter sur les savans calculs de Bologne ou de Venise. Oui elle est inexprimable l'avidité des peintres coloristes» pour tous les moyens qui peuvent augmenter la force et l'éclat de leurs teintes; leur a-t-on indiqué , croient-ils avoir découvert quelque perfectionnement qui doit ajouter un plus grand degré de splendeur et d'énergie aux couleurs de leur palette , aussitôt leur vive imagination devance les résultats. Un peintre » préoccupé de ces perfectionnemens , de ces moyens conservateurs , n'a plus de repos qu'il n'en ait tenté l'application; dès-lors il se croit devenu un rival redoutable de la nature. Déjà il voit les ciels de ses tableaux tout resplendissans de lumière , et la vie des carnations ne lui semble plus être une beauté inimitable. Il évoque les coloristes célèbres qui ont illustré les écoles , il provoque les peintres de son teuis. Oui , se dit-il , ils tressailleront à la vue de mes nouvelles peintures; je veux que des charmes inconnus jusqu'ici attirent tous les regards, attachent tous les cœurs... Reviens parmi nous, s'écrie-t-il , immortel Lorrain ! peintre délicieux des vallées ombragée embaumés d'od s'élèvent des ieu parmi nous ! une nouvelle carrier leurs vives et durables t'attende] matin, poète des paisibles crépu

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les feux de l'horison et Tazur tendre des cieux briller sur des palettes éclatantes Hâte- toi, les roses et les verdures sourient déjà sous nos brillans pinceaux; ton cœur tressaillera de joiel... Peintre des danses sacrées et des jeux naïfs des amans, viens teindre des feux du couchant les joues chastes des jeunes filles qui célèbrent , dans tes tableaux, ou Diane toujours vierge, ou Bacchus dont les

divins transports sont si joyeux Hâte-toi: l'éclat de la

blanche génisse que l'on réserve aux dieux , viens l'orner des reflets azurés du nord, et des teintes pourprées du soleil qui s'abaisse derrière les montagnes l...

Cet enthousiasme , dira un observateur de sang-froid, est le résultat de véritables préjugés. Combien de tableaux ne connaissons-nous pas , où toutes les richesses du coIotIs sont étalées, où toute la vivacité, tout le piquant des teintes , sont portés au maximum d'intensité ! et cependant tous ces charmes n'opèrent point de prodiges , ma^ré les efforts de la palette : la nature triomphera toujours? Oui, nous en convenons, la nature triomphera , et elle triomphait malgré les grâces du coloris d'Euphranor et d'Apelles; mais ces mêmes critiques ne sauraient se faire une idée de la puissance poétique du coloris à laquelle concourre l'éclat même des matières , leur transparence, leur fraîcheur, etc.; ils n'ont pas l'idée de certaines qualités optiques qui font de la peinture un spectacle, pour ainsi dire, inaccoutumé, qualités qui suspendent l'âme en attachant les regards, et dont je ne puis mieux comparer le résultat qu'au charme produit par ces voix extraordinairement belles , et dont les sons enchanteurs nous affectent pour la première fois ; car on croit , en écoutant ces sons ravissans , se reconnaître un

CONSIDÀHATIONS GÉNÊHALES. Soy

sens nouveau eljiiM|u'aIor8 ignoré, ou une faculté nouvelle de percevoir. C'est ainsi qu'un coloris, autant délicieux qu'il peut l'être , par la beauté et la puissance des matières, et par les élans de la poésie pittoresque, serait un spectacle aussi enchanteur que nouveau et inattendu.

Maintenant indiquons brièvement les divers procédés matériels de peinture qui ont été employés tant chez les anciens que chez les modernes. Dans des chapitres particuliers nei^s traiterons de ces divers procédés.

Le procédé le plus ancien et le plus simple que les hommes aient essayé pour peindre , c'est l'entploi des matières colorantes , délayées à l'eau gommée ou collée. L'expérience ayant fait ensuite remarquer que ces mêmes couleurs, après avoir été apposées, se détrempaient et s'enlevaient par l'effet de l'humidité , on imagina de les recouvrir de cire. L'emploi de l'huile ou des bitumes fut rejeté comme étant impropres à cause de leur jaunissement. On imagina aussi d'employer la chaux, malgré l'altération qu'elle produit sur certaines matières servant aux couleurs : la chaux résiste en effet à l'humidité plus que les mucilages. Cependant la présence des mucilages donnant aux couleurs une certaine force , un certain éclat, on chercha parmi les sucs résineux, fluides, et même parmi les gommo-résineux , un gluten qui pût résister à l'humidité , et procurer cette force, ou, si l'on veut, cette transparence qui embellit les couleurs. Le pétrole ou le naphte fut employé. La sarcocolle et l'encens furent considérés cooune des gommo-résineux fort utiles , etc. ; plus tard, les Romains mêlèrent ces gommorésineux avec la cire. Il est reconnu que les Egyptiens , qui employèrent aussi la chaux, peignirent beaucoup à

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gomme et à coile» et surent aussi mêler la cire dans leurs couleurs. Les Persans employèrent le naphte ; les Chinois peignent avec des résines, qu'ils liquéfient à l'aide de certaines huiles , soit fixes , soit yolatiles, que nous ne connaissons pas encore ; et ils fixent souvent ces pein tures sous Terre. Les Persans et les Chinois usaient aussi beaucoup de la couleur détrempée à gomme.

Quant à la fresque , elle prit son origine dans l'usage de peinturer les murs ou endroits encore frais; en sorte que les peintres passèrent de l'emploi des couleurs entières déposée^ à frais , à l'emploi des couleurs rompues , associées et fondues ensemble au pinceau , et apposées aussi à frais. Les ancien$*Romains peignirent à fresque des décors; mais ce n'est pas par ce procédé que sont exécutées les peintures délicates que l'on trouve dans les chambres antiques souterraines. Cette peinture à frais ou à fresque est aussi durable que le mur qu'elle décore » puisqu'elle est incorporée et qu'elle a pénétré dans la masse de l'endroit lors de son état humide ou frais. Le stuc est une sorte de fresque , et il n'est pas improbable que les anciens en aient fait usage même pour des espèces de tableaux : chez nous il n'est employé que comme enduit imitant le marbre , c'est son poli éclatant et sa solidité qui le font surtout rechercher.

Nous ne ferons que mentionner ici la peinture par mosaïque , par incrustation et en tissus.

Indiquons l'encaustique» procédé qui a été pratiqué pendant tout le tems que dura la belle peinture des Grecs, même chez les Romains. L'encaustique, ainsi appelée parce qu'on fixe et qu'on parfond les couleurs avec le feu, est la plus excellente manière de peindre , en ce qu'elle

COIfSIDàRATIORS G^NiRALES. SoQ

est très-solide , très-lumineuse » très-intense , et suflisomment diaphane. Ce procédé se perpétua jusqu'au quatorzième siècle , époque où l'on ne trouve presque plus la cire mêlée dans les couleurs des tableaux » et où l'on se contenta d'employer le mucilage de l'œuf , mucilage auquel on avait auparavant associé la cire.

L'usage de peindre à l'œuf et à la gomme, soit par empâtement» soit par lavis» soit par miniature, cessa d'être le procédé en usage dès que se propagea le procédé à huile. Depuis Jean de Bruges, qui en fut, dit-on , l'inventeur, on continua de peindre selon ce procédé.

Quelques peintres essayèrent , vers le milieu du dixseptième siècle, un genre très-fragile de peinture; ce moyen , appelé pastel , consiste à déposer sur un papier plucheux la poussière de divers crayons de couleur; aujourd'hui ce procédé semble presque abandonné.

Quoique la peinture à huile soit la peinture aujourd'hui usitée généralement dans toute l'Europe, on pratique encore tous les autres procédés que nous venons d'indiquer : ainsi on voit des ouvrages à fresque , à l'encaustique , à colle , à la gomme ou à la gouache , au lavis et en miniature , en mosaïque , en marqueterie , en tapisserie , en pastel , et même en porcelaine et en émail. La peinture translucide en verre , en corne , au vernis , est aussi connue et employée.

Je viens de dire que la peinture encaustique était la peinture par excellence; j'ai eu souvent occasion aussi de signaler l'imperfection de la peinture à huile , dont l'obscurcissement est pour ainsi dire interminable , il me reste donc ici à démontrer que l'habitude d'employer l'huile pour gluten dans les couleurs, provient surtout de ce

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que nous ne possédons pas un procédé meilleur , toutes les. tentatives en peinture encaustique étant restées jusqu'ici sans résultat convaincant. Il y aurait à prouver aussi que la défense que prennent de la peinture à huile beaucoup d*artisles et de soi-disant connaisseurs » n*a d'autre source que l'amour-propre irrité des projets d'innovations qui, s'ils étaient adoptés, rendraient ces artistes et ces amateurs novices» les uns dans la pratique matérielle de l'art, les autres dans les conférences et les discours ou conversations qu'ils savent si bien soutenir lorsqu'il est question de cetle peinture à huile , question sur laquelle ils sont préparés depuis long-tems. Mais , pour produire ces preuves » ces réfutations, ces démonstrations, il faudrait d'abord exposer tous les caractères de ces deux différentes peintures. Or celte exposition, qui ne peut élre faite que peu à peu , estl'objet des divers chapitres qui Font suivre.* Il convient donc de nous borner ici à quelques raisonnemens seulement. Au reste , ce n'est pas aux lecteurs persuadés par expérience des avantages que nous allons attribuer à la peinture encaustique , et des inconvéniens attachés h la peinture à huile , que nous adressons nos dissertations.

Il est évident que l'état stationnaire de notre peinture, quant au procédé ou au matériel usité depuis trois siècles, provient des deux causes que nous venons de signaler, la vanité et la paresse ; la vanité qui repousse l'instruction , et la paresse qui favorise les routines. L'indignation des routiniers contre les innovations en fait de procédés matériels, devrait cependant s'amortir peu à peu, puisque plusieurs modifications , amenées soit par le tems , soit par l'instruction , s'introduisent tous les jours malgré eux ;

CONSIDÉBATIONS GÊlf ÉfiALES. 5 1 1

en sorte qu'ils auraient mauvaise grâce» ils le sentent trèsbien , de s'irriter contre ces innovations particulières. Non seulement la chimie a introduit des couleurs toutes nouvelles dans la pharmacopée des peintres » mais on a adopté l'usage de certains vernis incorporés dans les substances; déjà on a adopté l'usage des toiles préparées à détrempe; on a osé faire » sans qu'il en soit résulté des moqueries» des essais importans» exécutés à l'huile d'olive : enfin, tous les jours on tente de suppléer à ce qui manque à cette très-imparfaite peinture à bulle; or» pourvu que l'on appelle toujours de ce nom cette peinture» ces innovations seront tolérées » malgré les novateurs; mais il ne faudrait pas s'aviser de dire crûment que l'on devrait abandonner la peinture à l'bulle aux ouvriers enbâtimeos» et que les peintres de tableaux ne devraient employer dorénavant que l'encaustique ; une telle hérésie révolterait presque tous les peintres.

En général » notre amour-propre tend constamment à nous persuader qu'il ne reste plus rien à découvrir après nous. La vanité repousse toute innovation qui » pour être appréciée » nécessite un retour souvent humiliant sur Félat réel de notre savoir : nous craignons de rougir à la fin de cette admiration sans bornes et de ces louanges excessives que nous n'avons cessé de prodiguer comme par écho à des productions que nous ne continuerions peut-être pas de vanter comme excellentes si nous concevions une plus haute perfection : cette idée nous irrite» et nous fait rejeter toute contemplation libérale» qui pourrait élever quelqu'artiste à une hauteur à laquelle nous ne pourrions qu'avec peine parvenir. Ainsi nous trouvons plus conmiode de penser que les choses sont arri-

5l2 PROCilUâs MATÉRIELS.

yées au point excellent où elles doivent rester, et que des projets de perfectionnement ne sont que des songes ridicules , que de vérifier de sang- froid la valeur de ces projets y afin de reconnaître s'il reste encore beaucoup d'efforts à faire pour atteindre le vrai but. Tout optimiste se met donc fort à son aise, et il voit toujours la majorité se ranger dans son parti , tandis qu'on redoute en général l'esprit actif et clairvoyant qui suggère des projets de réforme, et qui cherche à nous replacer à un degré dont nous n'apercevions pas d'abord l'infériorité. . Lorsque des gens naïfs ont reproché aux peintres l'obscurité générale, ainsi que le peu de candeur de leurs couleurs, ceux-ci ont souri de pitié; des noms imposans sont aussitôt sortis de leur bouche , et la renommée de quelques artistes fameux leur servit à étourdir les critiques, qui souvent par faiblesse rougissaient de leurs aveux , et de leur exigence. Quoi ! répond-on à un pareil novateur, croyez-vous donc qu'on puisse mieux colorier aujourd'hui que ne l'ont fait le Titien, Rubens ou Yandick? Pensez-vous donc qu'il y ait une autre route à suivre dans les procédés techniques du coloris que celle de ces hommes fameux? Oh voyez-vous que leurs couleurs pèchent contre la force , contre l'éclat , contre la délicatesse; et quel tourment chimérique vous obsède?... Non, jamais les hommes ne surpasseront de pareils modèles : l'expérience doit vous l'apprendre tous les jours. Restez donc où il faut en rester, et n'importunez pas les peintres par de stériles regrets. . .

Mais est-ce bien là le langage de la sincérité et de la raison? n'est-ce point plutôt la logique de la vanité et de la routine ? Les artistes voudraient que le public ne vécût

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que d'admiration , de surprise et d'extase, sans qu'il réfléchU sur la perfectibilité des choses» et sans qu'il s'élevât jamais au-dessus des comparaisons vulgaires et limitées. Tiziano» il est vrai» doit être mis au premier rang : son coloris est naturel par l'effet de la science et du sentiment; mais à quel degré a-t-il porté cette vérité ? Â-t-il donc fixé vraiment les limites du coloris? Ses teintes (au moins telles que nous les voyons aujourd'hui ) sontelles aussi naïves , aussi franches , aussi lumineuses que celles de la nature? sont-elles autant diversifiées dans leur harmonie , et aussi nettement caractérisées ? Enfin est-il vrai qu'il ait réellement reproduit dans son coloris la vivacité, les charmes , et toutes les variétés de la carnation , et ne reconnalt-on pas, dans ses tableaux , les bornes et l'altération de ses moyens matériels?

Les ciels de Claude Lorrain « les ombres légères de ses terrains , ses feuillages sont-ils exprimés tels qu'il les voulait rendre? Vanhuysum lui-même n'est-il pas resté beaucoup trop en-deçà de l'éclat naturel des fleurs, des fruits, et des brillantes couleurs des objets qu'il s'attachait à représenter?... Non, répondra-t-on, mais ces peintres sont admirables puisqu'ils ont atteint les limites de l'art. Les couleurs de la palette ont leur maximum d'intensité et de beauté ; elles sont soumises aux effet du tems , et c'est cet état de choses qu'il faut reconnaître , et auquel il faut se soumettre soi-même, etc. , etc. II est aisé de s'apercevoir que , dans cette réponse , on confond la perfectibilité de l'art avec celle de l'artiste; en sorte que tout ceci se réduit à cette simple question : Les couleurs de la peinture à huile étant moins éclatantes que celles de quelques autres peintures , il ne convient pas d'exiger des

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