CHAPITRE
DE LA NÉCESSITÉ D'ÉTABLIR UNE DISTINCTION ENTRE LE GÉOMÉTRAL ET LE PERSPECTIF DES TEINTES DANS L'OPÉRATION. — DE CE QU'ON DOIT ENTENDRE ICI PAR TEINTE GÉOMÉTRALE, TEINTE GÉOMÉTRIQUEET TEINTE PERSPECTIVE.
vjiÈTTK questioa , te trouvant à peu près traitée par ce que nous ayons dit précédemment au chapitre analogue traitant du clair-obscur (pag« 870 ) , il nous reste pe» de chose à exposer ici«
C'est toujours l'idée du géométrique dea couleurs de l'objet y et non Tidée seule de son apparence, qu'il &ut communiquer par la peinture ; or il importe pour cela de savoir d'abord comockent sont ces couleurs géom^iquement , avant de savoir et de fiiire voir comment elles paraissent , ou comment elles sont perspectivement.
Je dois faire remarquer de nouveau le rapport fort curieux et la belle connexion qu'ont entr'elies les diverses parties de notre théorie. Eu effet» le géométrique des teintes ne se rapporte-t-il pas au géométrique des formes» et si l'on peut mesurer au compas la longueur d'un doigt, ou sa grosseur y à l'aide d'un compas courbe» ne peuton pas mesurer les teintes en en prenant directement h Tamassète un échantillon sur elles-mêmes » et sans autre moyen que la comparaison immédiate. Quant à Forthographie linéaire , elle correspond au géométral ou h l'orthographie des couleurs et des tons. Ce qui a été dit
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jusqu^ici doit faire aisément comprendre qu'une teinté géométrale ou orthfographique n^esl autre que la (einté géométrique vue ortbographiquement , ô'est^à-diré rué par rayons droits, soit que cette teinte ouf sfffface se présente en face de FœU , soit qu'elle se pt^sentè obliquement 9 soit qu'elle se tr<yuve plongée dans un air obscur ou clair, soit enfin qu^elte se trouve développée ou éteinte ou colorée même parle luminaire. Maison faisant abstrac^ tiofide fair interposé, delon Tetifoneenfient auquel peut être située cette surface, on peut donc répéter cette teinte orthographique à l'amassète , en tenant celle-ci dans une position parallèle à la vitre ou tableau , et en Tenfonçant à lé place mêm€i où cette durfaée estenfdm^ ^ en sorte que Ton ne considère et Ton ne répète que Feffet de la position plus ou moins oblique de la feinte au laminaire , et aucunement TefTet de son enfoncement 6\i distance aériemie, noil plus que Tobliquifé visuelle résultant de la vision par rayons coniques , convergent à Fœil. Quant à la teinte perspective , elle se trouve clairement définie par ce que nous disons à présent àvéme , en démontrant qu'elle il'e^t auf te que la teiâtè géométrale , à laquelle on ajoute Tdir qui se trouve interposé entre elle et Tœil par Teffet de renfoncement dU éloignement dé cette tetttte ou suvfitce. On y ajoute aussi llnflueuce de roblJqaité visuelle , ou , si Ton veut , perspective.
Cette dtstînction oitre la teinte géométrique , la teinte géométrale ou orthographique , et la teinte perspective (oa p6nr mieux dire scénographique ) , est une distinction indispensable. Le géométrique d^une ternte se rapporte à la connaissance de la couleur propre d'un objet. Le géométral ou l'orthographique se rapporte à la vision
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conveutioDiielle par rayons droits : c'est ainsi que les architeclcs et beaucoup de jjraphisies représentent par ce procédé les objets selon leurs mesures, et cette manière de représeuterorthographiquement ou géométralement » peut s'obtenir mathématiquement pour le coloriste comme pour le graphiste» puisqu'il s'agit de réduction ou modification de teintes , de même qu'il s'agit en graphie de réductions d'étendue dans les raccourcis qu'ufTrent les aspects géométraux. Enfin la scénographie des teintes n'est autre chose que la modification finale par la distance ou par l'air interposé.
Ceci étant suffisamment expliqué » ajoutons une idée analogue h celle que nous avons émise au sujet des lignes : c'çst que le souvenir d'une couleur qu'on a vue de loin est corrompu par l'idée de cette même couleur vue et connue de près. C'est ce qui fait qu'il en coûte aux commençans pour rompre leurs couleurs» et pour ne pas représenter» par exemple» très-v^ert un feuillage vu à deux cents pas » ou bien à peindre par des nuances rompues et sacrifiées les plans ombrés des carnations vives et rosées : or ces répugnances peuvent être modifiées par l'étude analytique des teintes. Au reste » il ne conviendrait pas de détruire entièrement ces répugnances»* car il existe un principe premier qui exige que l'idée du géométrique des teintes des objets soit toujours conservée dans la représentation; et cette idée que le peintre conserve du géolnétrique , est d'un grand secours pour lui au milieu des embarras de l'exécution. C'est ainsi qu'ayant reconnu que le propre du corps qu'il veut imiter est » par exemple , la clarté, le lumineux dans la teinte, il évitera d'exposer ce corps sous un jour ou dans un air qui le
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décomposerait , et qui le ferait paraître obscur dans l'ombre 9 et par conséquent contraire à ce qu^il est réellement et à ce qu'il doit sembler à tout le monde. Ici on aperçoit combien la qualité optique et chimique des matières employées par le peintre est favorable qu défavorable \ la justesse de représentation.
Il convient d'avertir que toutes les opérations analytiques , que nous allons indiquer dans les chapitres suivans » sont des exercices imaginés pour connaître le co loris» et non une méthode qu'il faille absolument pratiquer poup faire un tableau , puisquV>n peut simplifier infiniment tontes ces opérations dans l'exécution. Ce sera au peintre » instruit de ces principes analytiques » à opérer selon son intelUgence et son désir d'être exact. C'est ainsi que pour le des^ » il a été le maître de se dispenser de certaines opérations préparatoires» auxquelles il a pu suppléer par sentiment et par instruction. Cependant si l'ar^ tiste n'a jamais fait ces études analytiques» il se trouvera , répétons-Je , dans le cas d'un écrivain qui » fiiute d'avoir passé par les écoles ou les rudimens» en serait» pour ainsi dire , h inventer la granmiaire et à imaginer l'orthographe.
Passons aux moyens de représenter géométriquement les teintes des objets placés sous tel luminaire » ou sous tel air que ce soit; puis nous nous occuperons de les considérer et de les représenter orthographiquement , ot enfin perspectivement,
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