ÉCHANTILLON PRIS SUB LES TEIKTES DES OBJETS. S
Nous supposons aussi que l'objet , dont on prend Téchanlillon , est d^une teinte accessible à la palette. ( Plus tard nous parlerons des teintes inégales » quoique semblables. ) Faisons remarquer que , pour obtenir plus de similitude, il convient que Tamassète soit d'une teinte semblable à celle de la toile préparatoire ou subjectile qui recevra cette teinte , et cela à cause de l'effet de la transparence matérielle qui a toujours lieu. Aussi une lame d'ivoire est préférable dans ce cas à une lame d'acier , à moins que la toile préparée ne soit de cette même teinte de l'acier.
Enfin revenons à dire que connirftre le géométrique c'est déjà beaucoup , mais que trè^souvent c'est à tort que l'on croit connaître ce géométrique par le seul sentiment. En effet , ce n'est que par une mesure et une comparaison immédiate qu'on connaît la teinte réelle d'un objet; de même qu'on ne connaît , que par les mêmes moyens seulement, ses dimensions, la position de ses sur* Cices, leurs rapports, etc. Répétons donc que c'estj'idée du géométrique des objets que les arts imitateurs sont chargés de perpétuer; et que l'artiste qui imite ne saurait conmiuniquer cette idée, s'il ne la possède pas lui-même. Au reste , comment I9 communiquerait-il aisément , puisque ce géométrique est presque toujours altéré , modîfié , déformé par l'aspect perspectif qui dénature les lignes , les tons et les couleurs ?
Terminons , en disant qu'il faut toujours partir de la véritable couleur de l'objet dès l'ébauche , et non d'une couleur arbitraire , dans l'espoir que , les rapports étant observés , le résultat paraîtra vrai. Si la première donnée nVsil pas vraie , le résultat ne le sera jamais. La première
impreasion que fait une tête peinte doit donc être analogue à la première impression que ferait cette tête si elle était naturelle; et si une certaine exagération doit être ajoutée, afin de sauver l'effet défayorable de quelque jour et de quelqu 'emplacement trop sombre ou trop éclatant , cette exagération n'est qu'une condition à part , dont on ne doit tenir compte qu'après coup , et qui doit être , ainsi que toute espèce d'embellissement » surajoutée à la teinte yraie et prise sur l'individu. Ainsi, il n'est pas vrai de dire que l'on doive déterminer la teinte des fonds en même tems qu'on commence à peindre l'objet , parce que, si le fond est bien en rapport avec la peinture de l'objet , cela fera regarder cet objet peint comme juste , quoique souvent il ne le soit pas , et qu'il ne le paraisse plus dès lors que tous les objets seront réunis sur le tableau. Je conclus qu'il est plus naturel et plus sage de rendre d'abord avec justesse et exactitude la teinte propre et géométrique de cet objet.