CHAPITRE
DU MOYEN DE COMPARER ENTR*EUX LES RAPPORTS D'É- NERGIE DES TEINTES DU MÊME TON, ET DE DIVISER ET SUBDIVISER LES THINTES A VOLONTÉ,
On coDfiprendra aisément , diaprés ce qui a été dît au sujet de la division des tous, chap. 4^0, qu'il est facile de diviser les teintes , ou les degrés d'énergie ou de coloration d'une teinte , en la considérant depuis sa plus haute énergie jusqu'à sa plus grande décoloration. Une teinte rouge peut donc être rendue moins rouge , quoique du même rouge , puis moins rouge encore , et enfin si peu rouge qu'à peine cette couleur soit sensible. Or on a besoin souvent de désigner et de' répéter ces degrés compris entre les deux extrêmes , Texlrême énergie et l'extrême décoloration; et il faut savoir faire ces divisions avec r^ularité.
Dans ces exercices , nous considérerons ici deux es pèces de divisions ou de dégradations : la division d'une teinte qui se décolore sans changer de ton , et la division d'une teinte qui se décolore en changeant de ton. Parlons du premier cas.
Le premier cas que nous distinguons ici est peut-être une supposition , et les phyrfciens prouveraient probablement qu'une surface, dont la teinte s'est décolorée, a certainement changé de ton» puisque cette décoloration ne saurait avoir lieu sans une décomposition de la lumière de laquelle résultent les couleurs; mais peu importe
6a coLoms.
ici cette observation. Nous proposons un exercice utile au sujet d'un cas optique» qui peut avoir lieu, à peu de chose près, comme nous Fexposons. Ainsi , ayant posé un échantillon carré , d'une couleur quelconque , sur une toile incolore, nous opposons à cette teinte un autre échantillon qui est Texlrême de l'autre. A (fig. 5 16) est donc un échantillon bleu , composé de cobaU el d'un peu de blanc , et B est un échantillon gris du même ton que A 9 mais très-légèrement coloré en bleu« Il s'agit donc de trouver la teinte moyenne ou d'entre-deux. Cette teinte sera G , qui est aussi éloignée ou différente de A extrême que de B, autre extrême» et qui reste toupurs dans le même ton. Pour obtenir le quart D , il faut placer ou tenter sur l'amassète un échantillon aussi différent de G que de A on que de B , si c'est yers cet extrême B qu'on veut se rapprocher. Get échantillon D sera donc le quart de l'intervalle ou de la différence* On obtient par le même procédé tous les autres degrés. Quant au tiers, nous avons vu , chap. 4^0 , pag. 287 , comment on peut Tobtenir. Ges exercices sont , on le conçoit, indispensables pour former l'organe des commençans, en les habituant aux comparaisons et aux mesures.
Mais comme dans ces opérations , nécessaires h l'imitation, on ne désassocie jamais le ton de la teinte, il faut savoir pratiquer ces exercices sur la teinte et sur le ton k la fois. Nous pouvons encore supposer pour exemple qu'il s'agisse d*une couleur foncée, telle cpe l'écorcc de marron , et qu'à cette couleur extrême on oppose la couleur de la fleur de capucine, ou le maximum orangé que puisse produire la palette , et qu'on veuille trouver la couleur moyenne entre ces deux extrêmes , puis la cou-
TBIHTR DES SURFACES OBLIQUES AU LUHIZIAIRE. 65
leur moyenne entre la moitié de eette moitié, pais encot^ le demi-<{uart , le sixième, etc. Cette méthode, on le Toit, n'est pas pins étrange, ou n'est pas moins nécessaire que celle des musiciens , fui divisent leurs octaves en sept notes ou tons > et les tons en moitié , quart , etc.
C'est parce qu'on n'a pas eu recours à ce moyen si simple, que les plus sa vans en perspective aérienne n'ont pas pu pénétrer dans la théorie pratique de la chromatique«