CHAPITRE
DE L'EMPLOI DU SlIfUS POUR CONNAITRE LES DEGRÉS D'OBLIQUITÉ DES SURFUCBS AU LUMINAIRE, ET POUR Y FAIRE CORRESPONDRE L'ÉNERGIE DES TEINTES MESURÉES DANS LE RAPPORT DE CES DEGRÉS D'O- BLIQUITÉ.
Lj'bmploi dn sinm, servant à connaître les degrés d'obliquité àts surfaces au luminaire » a été expliqué au chap. 4^;^ , tome vu , pag. 29 1 : nous y renvoyons le lecteur. La réduction ou décoloration des teintes coïncide . avec la réduction des tons ; et le moyen du sinus , à Faide duquel , connafssant la réduction d'une ligne, on connaît la mesure dcf la réduction du ton , s'applique également aux teintes. Cependant il est à remarquer que les couleurs claires ayant besoin , pour être manifestées , de moins de lumière que les couleurs sombres , une surface jaune , exposée au luminaire soûs le même angle d'obliquité qu'une surface bleue , ne se décolore pas précisément dans la même proportion que c6tte surface
MOTBII DE MESOBER LES TEINT. J^EB SURF. OBLIQ. AU LUM. 69
bleue» Celte ohaerralion » que f ai déjà faite ailleivs , je la rqprochâs ici pour préTenir l'objectioii de quelques puristes , qui pourraient rendre mé&ms sur notre doctrine en y signalant cet ouUi. Je dois donc dire , à ce sujet » qu'il est fiicile de vérifier cette très-petite différ rence^el d'en tenir compte» s*il le &ut» dans fopération^
Dans les exercices relatifs aux n^esures ou degrÀ de décoloration des teintes par l'èflet de leurs degré» d'obliquité , il importe extrêmeoient d*epérer avec exactitude , et sartottt de se garantir de l'influence des r^ets. Mais toute personne qni aura compris cette question , procédera avec cette réserve , et imaginera toutes kt précautions qui contribueront à k justesse de ces recherches. La situation de k lame de l'amassète , ainsi que la situation de l'osil et de k aurfrce étudiée dans ses obliquités successives , importe aussi bcaueoup poiir k r^ularité de ces exarciees»
Disons donc, peur rentrer dans ràbwervation pcécédeale , que Ton remarquera , dans l'expénknce faite sur les obliquités de la couleur ^une, que la teinte moyenne» c'est-à-dire k teinte qui est aussi différ^ite ou éloigAée de l'extrême jaunorclair que de l'extrême jaune-hrun » ne convient pas exactemMit pour exprimer k modification qu'éprouve la surface placée au 4&* degré. En efibt la surkce jaune, posée exactement à ce degré d'obliquité, n'offire pas exactement la teinte moyenne qui existe entre lîextrême clair et l'oxlréme brun , mais elk est un peu plus claire , c'est-à-dire un peu plus rapprochée d^ l'extrême ckir^jaune. Cette différence provient donc de ce qu'il kut moins de lunûère pour développer le jaune qu'il ^'en kutpour développer les deux autres couleurs.
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et surtout le bleu. On peut remarquer à ce sujet que les couleurs très-lumineusôs semblent porter, commq avec elles 9 leur lumière particulière , ainsi que le font les corps phosphorescens , tandis que les couleurs moins claires ne font que réfléchir le degré de splendeur qu'elles reçoi> vent du luminaire qui les éclaire » et sans qu'elles en produisent elles-mêmes.
Une des importantes leçons que reçoit relève dans cette opération des comparaisons faites sur les obliquités des surfaces colorées» c'est celle qui lui démontre combien est grande et par quels mélanges matériels s'obtient la décoloration ou l'altération, ou la corruption et la rupture de ces teintes obliques au luminaire. En eflet , il se voit obligé , pour composer les teintes obliques qu'il compare aux teintes les plus perpendiculaires au luminaire , d'introduire des couleurs absolument étrangères à la teinte géométrique soumise à ces obliquités. C'est ainsi que la surface claire-bleue , qui n'est composée que de bleu de Prusse et de blanc, doit être composée dans ses obliquités , de rouge et de jaune ; en sorte que la teinte, dans l'obliquité extrême , ne doit offrir que du noirâtre presque aussi rouge que bleu. Si les élèves , au lieu de so mettre à imiter la nature sans être instruits où éclairés par ces premières notions de chromatique , faisaient ces études avec méthode et application , on ne les verrait jamais, lorsqu'ils veulent, par exemple, représenter un habit bleu , employer, du bleu très-énergique pour les teintes'^'ombre. Mais comme on n'apprend rien de toutes ces leçons dans les écoles , on dit de ceux qui commettent ces iautes , et d'autres semblables , qu'ils manquent d'organe , de sentiment , et d'aptitude au coloris. .
HOTBfC DE HESUBBB LES TEIR T. DES SUBF. OBLIQ. AU LCM. 7 1
Au reste ces études ou ces recherches ne doivent pos se Cuire sur une espèce de substance seulement , mais sur les obliquités des surfaces de toute espèce de matières et de contextures; et cette diversité familiarisera avec les diverses altérations colorées , qui sont le résultat de la différence des substances placées au même degré d'obliquité. Les corps raboteux , plucheux , etc. » vus obliqua ment» offrent donc leur décoloration dans une proportion di£Q^nte que les corps unis ou polis ; ceux-ci , lorsqu'ils sont chatoyans , tels que certains bois façonnés , certains albâtres , font voir de grandes différences , quoique posés sous le même angle au luminaire, dès lorsqu'ils sont présentés plus ou moins renversés. Les corps demi-diaphanes, tels que les chairs, ofirent aussi des rapports particuliers de décoloration , et chaque espèce de chair a même sa manière de se décolorer. Or comment prétendre à une imitation exacte de ces nuances , si Ton n'a pas bien observé avant tout le géométrique des corps , et si l'on n'en a pas considéré la couleur sous toutes sortes de jours et dans toutes sortes d'air? etc.
Je ne crois pas que des réflexions aussi vraies soient reçues avec indifi^nce par les peintres; et , bien qu'elles puissent dépiter ceux qui colorient de lazzis , et qui détestent le positif de l'art , parce qu'ils n'aspirent qu'à la singerie ou au fantastique de leur propre imagination , elles feront impression , j'espère , sur les hommes sensés qui , avides de science , recherchent les principes ou les causes» et ne voient dans un art tel que celui de la peinture que la plus belle fonction , que le plus noble exercice de l'esprit humftiiL
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