CHAPITRE
COMMENT ON REPRÉSENTE LA TEINTE DES SURFACES QUI APPARAISSENT OBLIQUEMENT PAR L'EFFET PAR- TICULIER DE LA VISION PERSPECTIVE OU SCÉNOGRA- PUIQUE.
Ija différence qui distingue l'aspect orthographique de l'aspect scénographique est la même quant à l'obliquité ou au raccourcissement apparent des surfaces, et quant à l'affaiblissement apparent de leurs couleurs. Les surfaces, placées aux extrémités latérales du tableau» sont les plus obliques, lorsqu'elles sont vues perspectivement , d'un seul point et par rayons scénographiques convergens à ce même point; et, par cette obliquité» elles deviennent plus ou moins différentes en apparence de ce qu'elles étaient , lorsque leur aspect orthographique, particulier avait lieu, c'est-à-dire par rayons droits, l'œil étant censé se transporter successivement au bout de chacun de ces rayons droits. Cette considération ou cette différence doit donc être comptée et répétée quant aUx couleurs de ces surfaces» lesquelles couleurs il faudra modifier selon cette nouvelle obliquité. Si donc cettç
TEIRTB8 MODIFIÉES SELON l'oBLIQUITB SG^NOGRAPH. 8iJ
modification est presque insensible sur les sur&ces , qui sont peu éloignées ou écartées du rayon principal tendant au point scénographique, elle est vraiment de quelqu'importanœ quant aux surfaces et à leurs couleurs placées de cdté dans le tableau.
Nous avons dit ailleurs que la cause de l'afiaiblissement chromatique qui existe en apparence sur les surfaces présentées obliquement à notre œil, avait lieu par l'elTet du serrement des rayons qui se réfléchissaient de chaque point de ces surfaces pour parvenir à notre vue. Ici nous croyons pouvoir fiiire observer que cette pression» ou cet embarras réciproque des rayons , a lieu doublement dans la vision conique ou scénographique. En effist , les layons réfléchis par les surfaces , considérées orthographiquement» sont moins pressés que les rayons réfléchis par les mêmes sur&ces vues scénographique-* ment, puisque la forme conique des noyons convei^ens à Toeil, procure un serrement déplus. Il résulterait de cette observation , si elle est juste , que la différence qui existe optiquement entre la teinte géométrale et la teinte scénographique , a lieu non-seulement parce que robliquité perspective ou scénographique doit être ajoutée à la teinte orthographique, moyennant une décoloration par la teinte évanouissante aérienne , laquelle décoloration a lieu par le serrement des rayons réfléchis vers Tœ!! par cette surface qui se présente obliquement , mais parce qu'à TefTet de ce serrement de rayons par cette obliquité» se joint Teffet du sei^ment des rayons par leur direction convergente à Tœil» serrement qui va en augmentant graduellement jusqu'au point visuel. Je laisse à ceux qui auront du plaisir à se rendre compte de ces sortes de cas
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optiques , à éclaircir eux-mêmes cette questioa» et k satisfaire en ceci leur curiosité en général et leur aridité pour l'étude du positif ile Tart
On aperçoit ici combien une couleur» pour être yraie en peinture » doit réunir de conditions diverses , et eombien celui-lk est loin de la rérité qui croit sa teinte exacte, parce qu'elle ressemble beaucoup à la couleur géométrique et yue de près de l'objet qu'il représente éloigné ou situé obliquement.
Le peintre , en frisant ces sortes d'études , reconnaîtra de nouveau que les obliquités sont plus ou moins sen~ sibles à la vue» selon que le ton et la teinte de là surface oblique est en analogie avec le ton et la teinte évanouissans. En effet » les plans obliques d'une robe d'un ro^o clair paraîtront perspectivement roses , si la couleur évanouissante aérienne est rose; mais si cette couleur aérienne est verdâtre , ces plans obliques de la robe rose paraîtront gris. Si la robe est verte et Tair rose » les plans obliques de cette robe verte sembleront gris; mais si la robe est bleue et que l'air soit jaune» ces obliquités seront vertes , et il en sera ainsi des autres. Il y a donc des choix d'étoffes et des choix d'air qui sont plus ou moins ^propres à rendre sensibles les obliquités ou les formes dç certains vêtemens ; c'est pour cela que sous certains jours on distingue plus ou moins bien le nu soùs les draperies. A cette question vient se joindre celle du vraisemblable ou du choix favorable à la vraisemblance.
Pour exprimer mathématiquement la mesure d'obliquité visuelle» il faut ajouter à la teinte ou couleur géométrale ou orthographique déjà connue et répétée par un échantillon , autant de la teinte d'air qu'il y a d'obliquité vi-
TEINTB8 MODIFIÉES PAR l'aIR AMBIANT COLORÉ. gi
suelle; or, pour coanaltre quelle esl cette quantité, il but voir ftur le plan de combien de degrés ou de portions de degré celle suriace connue , et dont la position est fixée sur le plan » est oblique par rapport à la ligne conTiM*gente» qui Ta aboutir au point de rue ou point scénograpbique : ainsi autant de différence d'étendue » autant de diffi&rence de teinte; différence qu'on obtient par Taddition de la teinte évanouissante d'air* Ce sera à l'aide du sinus qu'on reconnaîtra ce degré d'obliquité o^i cette quantité de réduction; puis» à l'aide des deux teintes, l'une du géométralt l'autre de l'air» on répétera cette même altération ou modification. Ce qui a été exrpliqué k ce sujet au cbap. 4^^» tkoo» dispense de rien ajouter à ce que nom venons de dire ici.