‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 4 sur 142 · S£8 PRINCIPES SONT DÉMONTRABLES · texte numérisé non relu

S£8 PRINCIPES SONT DÉMONTRABLES

coloris 9 puisque tous les jours on applique cette science à la perspective linéaire.

Quand des ignorans nous disent : Jouvenet voyait jaune; Boucher, sur ses vieux jours ^ voyait violet : de telles réflexions sont absurdes. N'est-ce pas comme si Ton disait : Caracci voyait lai^ et rond » Mantegna et Albert-Durer voyaient long et étroit, ou bien tel menuisier, tel ébéniste voit trop grand, trop petit , trop oblique; à quoi donc leur servent» répondra-t-on, leur compas» leur règle et leur niveau ? Que l'on choisisse mal , que l'on ne sache pas approprier au sujet le coloris » que l'on, n'obtienne pas un beau coloris^cela se conçoit jusqu'à un certain point (et cependant par notre théorie du beau» nous prouvons que les règles de la beauté» appliquées au coloris» sont démontrables et très-pratiquables); mais ce qu^on ne conçoit pas c'est qu'on fasse de grossiers contresens en coloris» et que l'on prétende ne devoir consulter que ses'yeux et nullement la perspective. C'est absolument l'histoire de la grammaire et de l'orthographe » dont la nécessité et l'utilité seraient niées par certains écrivains; il y en a donc qui se croient justifiés par la célébrité d'autres écrivains qui » ayant possédé un grand talent » n'ont fait néanmoins que de^mauvais ouvrages , (aote de se conformer aux règles essentielles du langage*

Oui » le coloris est démontrable : la justesse des teintes, leurs rapports et proportions sont mesurables ; leur altération , modification ou degrés d'énergie » tous leurs mélanges enfin » sont de même mesurables et démontrables. Si on peut expliquer pourquoi certaines teintes sont plus belles dans l'ombre que dans la lumière » et quel changement il fiiut obtenir dans la situation des objets pour que

Page 1