TEINTES SELON LES LIEUX OU SONT VVS LES TABL. I
forcer le tbn et l'accent ne les abandonne jamais , bien qu'ils se proposent souvent rimi talion de certains maîtres dont la palette est très-modérée.
Lorsque ces gens qui ont le verbe haut rencontrent des rivaux qui veulent les éclipser, qu'arrive-t-il ? c'est que les uns et les autres prennent l'habitude de forcer simultanément leur organe : il en est de même des peintres. Tous ceux qui prétendent à la4brce et à l'éclat se font entr'eux une habitude de forcer leurs couleurs et de prodiguer les extrêmes, les contrastes; en sorte que plus d'un concours n'offre qu'une lutte pitoyable de mensonges et de parodies plus ou moins extravagantes. Cependant le principe du beau proscrit toutes les i exagérations fausses et fatigantes, bien qu'il exige la vigueur et l'élévation.
TizianOy lors de sa brillante époque, fut le coloriste par excellence , en cela qu'il était vigoureux et d'un accord charmant , en cela qu'il était fier et très-chaleureux, tout en étant simple et naïf; il était enfin suave et solide à la fois , très-naturel et tout éclatant des plus hautes richesses chromatiques* Quant à Rubens, qui dut sa grande instruction à l'étude des chefs-d'œuvre de Tiziano et de Paul Véronèse, il a prétondu dépasser ses maitres en outrant son coloris : il a visé à la fraîcheur et à la magnificence; mais il est au-dessous de ses modèles en vérité et en beauté. Il semble avoir reproché à Tiziano, à Paul Véronèse, à Giorgione la modération ou Hh rupture de leur vermillon; mais jamais Tizi^^nb n'aurait voulu admettre les rouges éclatans de Rubens, bien qu'aucun peintre ne connût mieux que Tiziano à quels degrés de force et de puissance sont élevés les tons naturels et perspectif; bien qu'aucun peintre ne sentit mieux que lui