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que l'imitation vraie exige très-souvent les calculs d'une certaine exagération. Au reste les expressions employées par Paul Lamazzo au sujet de cette science chromatique, possédée par Tiziano, ne sont pas équivoques, et la marche que suivait en ce point ce célèbre coloriste y est assez clairement indiquée.
Ainsi celte nécessité d'exagérer ou de modifier les couleurs en peinture.» n'atitorise aucun mensonge, aucune laideur; en sorte qu'on ne doit ni, comme les parodistes de Watcau , de F. Barroccî , de G, de Crayer, étaler des couleurs vives semblables au son aigu des fifres ou des violons criards, ni tomber dans les ténèbres monotones et laides des imitateurs de Rembrandt; ténèbres dont le père Castel semblait se rappeler l'effrayante laideur, lorsqu'au sujet du bruit épouvantable de quelques orgues énormes de nos églises, il dit: c Un vent sourd, une es- »pèce de râlement enterré se font entendre dans des » tuyaux de trente-deux pieds, etc. »
Je m'en tiens à ces observations, et je n'opposerai plus qu'une seule phrase aux prétentieux qui font parade de certaines couleurs, comme les laquais font parade de certains mots qu'ils répètent à contre-sens, et que souvent ils estropient. Cette phrase est de Quintilien : « On s'ima- » gine , dit ce rhéteur , que l'art manque s'il ne frappe j» d'abord la vue; pour moi, au contraire» je tiens qu'il » cesse au moment qu'il devient si^ remarquable , et notre I» vanité est ce qui nous trahit. » (Ins. Orat. lib. fv. es.)
«OTEN-PRATIQUB DE BBPRÉSENTER LES TEIISTES. I I I