TOMB V1IK
11^ GOLOA10.
corder avec des marbres véritables des marbres teinls et imités soit en détrempe , soit à huile, soit au vernis ou h Tencaustique; on peut même peindre à même sur le marbre , de manièrer que les parties peintes et imitées ne semblent pas être de la peinture , mAts bien les veines et les taches du marbre lui-même* Quant à l'illusion qu'on peut produire en peignant p par exemple » sur le plancher ou sur le sol , des pièces de monnaie qu'on «nppose tombées par hasard , cette illusion s'obtient par une représentation géométrique , ainsi que celle que produisent les trompe- l'œil, lesquels ne représentent jamais d'objets ayant de la profondeur. On peut encore, pour autre exercice , prendre un double des échantillotis perspectifs ou représentés plus ou moins éloignés , et comparer ces échantillons éloignés au même échantillon situé très-près; par ce moyen on remarquera quel est le degré de décoloration ou d'altération qui a lieu selon la distance des objets ou selon renfoncement des objets dans le tableau.
Enfin , le moyen-pratique de représenter à l'amassète les teintes perspectives . des objets, est excellent pour donner cette idée toute simple que le tableau ou la toile doit disparaitre , et que le matériel doit être tellement magique", que les objets semblent être isolés les uns des autres, et que le regard du spectateur s'enfonce dans l'espace ; en sorte que ceux-là seulement parmi les objets représentes, doivent conserver, dans l'ûnitation , leur couleur géométrique et tous les détails de leurs formes naturelles avec leur dimension, qui seront situés tout contre cette vitre et au niveau du cadre; de manière que , pour les bien imiter , il n'y a qu'à les représenter
■OTBN PBATIQUB Dfi RB^B^SENTBR LES TEINTES. Il5
(«Is qo*il« sont Par ces moyens loul directs, tout sim^ pies , le peinlre sera dispensé de faire des efforts difficiles pour atteindre «pprosimafivement à la dégradation qu'il croit voir dana aes modèles; il n'aura pas Tocil et Tesprit dans une perplexité continuelle , et il ne sera occupé que d'une 9Hnple et directe comparaison. Au chap. 3o3, nou* avons indiqué les moyens qu'if convient d'employer quand on dessine à vue; ici nous ne signalerons pas d'autre procédé de colorier à vue que celui dont nous venons de parler. Ajoutons cependant qu'il y a des vues tellement perçantes , qu'elles ont de la peine à parcourir tout ensemble plusieurs teintes diverses , et b les comparer l quels qua^ soient leur volome et leur plapce. Les paiatres, qui ont celte espèce de disposition ingrate d'organe 9 doivent donc resserrer le cristallin, le voiler en clignant les paupières , fiiiie en sorte enfin que ce soient autant les rapports qui les frappent , que l'éclat de chaque teinte en partianlier.
Quant aux preuves qu'on pourrait donner que plusieurs coloristes célèbres oui usé de ce moyen des comparaisons prises k l'amassète , il est évident que ces preuves sont manifi^stes sur plusieurs tableaux. C'est ainsi que remploi qu'on a fait des mesures et du compas est démontré par certaines figures dessinées» soit par Helbein , soit par Albert-Durer. Je citerai donc de nouveau Paul Yéronèse» peintre très-instruit dans la perspective, lequel , ainsi que je l'ai déjà dit , posait franchement ses traites mesurées. Si donc ce peintre a été si souvent heureux dans l'imitation des ombres et demiH)mbres , c'est , il n'en faut pas douter , qu'il les composait en les confrontant avec la nature par des échantillons qu'il es-
sayait sur l'auiassète. Je citerai » à ce sujet , un célèbre tableau connu sous le nom de la Vénus dolonna , parce qu'il a fait très-long-tems Tornement de la galerie du prince Colonna à Rome. Rien de plus vrai que la demiteinte de Tépaule de l'Amour et de la jambe gauche de Yénus. Cette jambe, ainsi que la cuisse et le genou , sont d'une vérité de demi-ombre remarquable; mais c'est surtout la couleur locale des reins de l'enfant» et de cette cuisse qui est admirable. C'est dans ce tableau qu'on voit qu'il est possible et qu'il est nécessaire de faire que l'ombre ne manifeste aucune couleur étrangère à la couleur géométrique de la carnation , et qu'elle soit simplement une privation de lumière sur l'objet , privation qui n'en dénature point la couleur. Quant aux plis des draperies sur cette même figure de Vénus , ils tournent , s'enfoncent, saillissent et paraissent être de la même couleur sur toutes leurs surfaces : artifice enchanteur qui fait oublier l'idée d'une superficie peinte, et qui nous transporte devant la nature elle-même.
Un peintre vénitien moderne ajouta à ce tableau, pour l'agrandir, deux marches tellement bien représentées ( h l'aide de couleurs broyées au vernis de mastic seul ) , qu'elles produisirent une illusion complète. Voyez ce qui sera dit au chap. 592 de la peinture au vernis en générai.
BEPBÉSENTAT. JM^.GALKS, QUOIQUE SEMBLABLES. 1 I7