COMMIS
en grand sont l'image ou la copie directe des couleurs des objets ; tandis que, dans la représentation en petit par une esquisse » les couleurs sont affaiblies. C'est donc sur des échantillons faits à part que l'on doit arrêter la teinte générale des principales surfaces aperçues des objets ; et ces échantillons > auxquels on pourra se fier » serviront à l'exécution de tout le tableau. A l'aide de l'esquisse on peut adopter ce qui est beau et vraisemblable; à l'aide des échantillons particuliers et mesurés on peut &ire vrais ces mêmes objets bien chobis > .
Emploi d'une échelle de réduction chromatique , ou échelle perspective abrégée des teintes et des tons^
L'échelle abrégée des couleurs est la même qu'on a pu employer pour la perspective linéaire. Nous en avons expliqué la construction dans le tom. vi, pag. 285 ( voy. la fjg. 223)^ Cette même échelle étant donc tracée sur un des côtés Axï, tableau » il sera facile , en y examinant les réductions de dimension selon les enfoncemens , de connaître les réductions ou les altérations des couleurs selon ces mêmes enfoncemens. Dans le même tom. vi, pag. 285 ( du Dessin ] , nous avons proposé d'associer à l'échelle linéaire abrégée une bande de couleurs dégradées • selon le même point de distance et le même point de vue
1 Cet échantillons particuliers peuvent être déposés par grands morceaux sur une toile oîi l'on aurait tracé grossièrement les figures oa objets voulus par le tableau , et il en résulterait une mosaïque composée des principales teintes. Ces grandes teintes plates, déposées carrément, et représentant grossièrement tout le sujet, frapperaient l'œil et l'esprit du peintre bien plus que si ces échantillons étaient épars , sans ordre , et jetés qk et là.
APPLIG^T. D£$ BkCLBS PRicéOE5TB$ A UN TABL. iSy
qui auront servi à cimstruice cette même échelle* On peut 9 si Ton veut , Caire figurer les trois couleurs élémentaires sur trois bandes parallèles, et y joindre même les trois couleurs bioaires , ce qui ferait six bandes de couleurs verticales. Chacun agira en cela selon ses besoins et à sa guise; mais il est certain que ce moyen est excellent pour faire comprendre tout d'abord le degré d'altération scénographique des couleurs , degré manifesté aux grands intervalles ou aux enfoncemens dans le tableau. Nous avons conjecturé que les anciens usaient d'un semblable moyen; et une indication offerte par la peinture antique des Noces Aldobrandines sert à fortifier cette conjecture (voy. tom. VI, pag. 179). Dans tous les cas, ce précédé technique est aussi naturel qu'il est ingénieux; cette échelle chromatique peut être un guide excellent' pour maintenir Tartisle dans les priiK^ipaux rapports chromatiques de son tableau , et cela, soit qu'il ne Fapplique qu'à une esquisse peinte , soit qu'il s'en serve pour conduire même tout son tableau.
Au reste , à l'aide d'une échelle chromatique , on peut se rendre compte des fautes commises dans quelque pein* ture que ce soit ; et cette échelle rend le même service que l'échelle linéaire de réduction, à l'aide de laquelle on peut faire retourner au géométral les étendues ou dimensions perspectives. Ainsi on peut, en usant d'une échelle scénographique des couleurs , échelle construite d'après le point de distance et le point de vue adoptés dans la peinture que Ton veut soumettre à cette épreuve; on peut , dis-jo , s'assurer soit de la vérité et de la convenance des couleurs géométriques des objets , soit de la justesse de modification scénographique qu'on leur a fait
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subir; en sorte que las erreurs chromegrapbiques peuvent se reconnaître et se juger à Taide de celte échelle, tout aussi positivement que les erreiics linéaires. Cette condition dans la pratique du coloris peut être regardée aujourd'hui comme une eqièce de découverte.