CHAPITRE
DB LA VÉRITÉ DE LA TOUCHE , SELON X'ESPÈGE D'OB- JETS QUE REPRÉSENTE LE PEINTRE.
Jl uisQu'oN entend par touche la manière dont le peintre eonduit , dirige et peut manier son pinceau;' il est aisé de comprendre que cette manière doit varier selon le caractère ou l'expression des objets que 1er pinceau représente. On reconnaît volontiers le besoin de cette variété de touche, lorsqu'il s'agit de Fimitation de certains objets fort différens entre eux, tels que les corps mats , veloutés, etc. , et les corps diapTianes', luisans, etc. ; tels que les corgs presque immatériels , c'est h dire tes fumées, les nuages , par exemple , et les corps rpdes et pleins d'aspérités, comme sent les rochers, certaines écorces, etc. Mais on est porté à a*oire que, lorsqu'il s'agit d'un objet, seul , tel que le corps liumain , p^r exeinple , en peut le peindre d'une touche é^ale , uniforme , et également lisse et polie. Grondant examinoAs seulement une tète vivante , et nous reconnaîtrons que les parties très-variées
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entr'elies de cette tête ne doirent pas être imitées par UD pinceau ou une touche uniforme , mais qu'il est nécessaire d'en exprimer^ par la variété du pinceau , la variété des caractères.
Sur le front d'une tête se présentent donc des parties lisses qui exigent une touche polie , et des parties plus chamoes qui exigent quelque diose de moelleux , de plus souple, de moins ferme. La chair des lèvres n*est point celle do menton; en des parties le sang afflue, en d'autres U 7 en a peu; et » quoique ces difTérences paraissent appartenir seulement au coloris, elles dépendent de la manière dmit le pinceau les exprimera. En effet , les tons sanguins sont aperçus à travers une peau d'un tissu plus ou moins lisse et transparent , et il ne suiSt pas d'imiter l'intensité du rouge et son ton général , mais bien les enlacemens des teintes et leurs superpositions; or tout cela peut et doit être rendu sensible par le pinceau. En un mot , l'épiderme n'est point le même partout; car ou il est mince » ou il a des rugosités : il est tendu ou il est lâche, reQuant et produisant de légers sillons. Or cet épiderme , ce sang, ce tissa graisseux , ce tissu général n'étant point partout le même, le pinceau ou la touche qui concourt h cette représentation ne saurait être égale et uniforme. Telle est cependant celle de certains maîtres qu'on s'efforce de singer. Voyei • par exemple , les imitations faites d'après Vandyck : d'abord les clairs du front y sont empâtés , puis la hraase a promené, d'une manière lisse , les teintes propres de la carnation, même dans les milieux des joues. Arrivés aux. plans obliques ou toumans , ces imitateora ofirent un pinceau dont le travail est de convention ; ce sont des touches méplates , faciles , franches ,