OE LA TRAISEMBLANGE D8 LA TOUCHE
On découvre , à Taide de l'analyse de la peinture, que la question du vraisemblable explique bien des iaules et bien des qualités» dont , sans cette analyse on ignorerait la source et le principe. On s'aperçoit donc , en réflécbissant avec attention, que la vraisemblance de la touche aide beaucoup à Timitation des caractères naturels des objets, qu'elle iavorise l'illusion , qu'elle rend aisées et faciles les perceptions et les idées excitées par les représeAtations do la peinture , et qu'enfin , à justesse et à beauté ^les de touche dans deux tableaux qui imiteraient le mémo objet, celui qui sera tpuché avec vraisemblance produira un plus puissant résultat.
Deux peintres ont- ils à imitw la transparence, la vivacité des eaux, k luisant des métaux^ la légèreté et la finesse des linges et des gazes, la douceur des. cbe-* veux, etc.; l'un aura manié le pinceau avec la plus grande justesse • la plus grande &cilité. et précision , et sera cependant vaincu par le second , qui aura su s'aider du vraisemblable; car, les eaux rapides et transparentes , celui-ci les touchera avec un sentiment vivifiant qui ajoute à la vérité de l'image; il exprimera, à l'aide d'un pinceau vague , et , pour ainsi dire , insensible ou immatériel , les masses limpides et plus ou moins brunes de ces eaux; et ces masses contrasteront avec les touches
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qu'il aura rendues plus vives , plus neUes , plus prolongées , s'il le faut , ou plus courtes que ne l'indiquait le modèle. Quant au métal oii se mireiit de tous côtés , soit les bruns , soit les éclats des objets » soit la splendeur du jour , ce même peintre saura l'imiter par un travail que rendra très-exppessif la vraisemblance du pinceau. Enfin , si le modèle offre quelque chose qni semble trop mou » trop trouble ou indécis, il saura le corriger par cette même vraisemblance de touche et par un travail ferme et délicat ; aussi pourra«-t<Non dire que ce métal reluit véritablement , que cet or brille et lao«e des édats de lumière, etc. Les plis de ce linge léger «eront aussi touchés par ce peiatre avec plus de finesse et de légèreté que &'il n'eût pensé qu^h copier scrupuleusement son modèle ; cette gase , il la peindra par un glacis si pur, si égal , il en rendra les piis ou les ourlets par un pinceau si net et si agréable; enfin la touche sur les cheveux sera si douce, si unie, si molle, si vive, ai légère, selon les caractères qu'il fallait exprimer , qu'oQ sera tenté , soit de soulever ces voiles et ces draperiee , soit d'agiter ces cheveux avec le soufile , soit d'en sentir au toucher la douceur. Pourquoi l'habile peintre de fruits ajoute-t-il, par la douce fusion de soo pinceau , ce velouté ou ces teintes pourprées à cette pêche un peu nue , un peu décolorée , qui lui sert de modèle? Pourquoi sur ce grain de raisin dépoae-*tnil , avec délicatesse et réserve , cette poudre légère ou cette fleur que le toucher a enlevée à certaines parties de son modèle? Pourquoi enfin va-t-il épurant, fondant , adoucissant , frappant nettement , vivement de son pinceau telle ou telle place de sa peinture, si ce n'est pour ajouter ce vraisemblable qui aide à la nature, qui
SA BEAUTJ^ OU COlfVBNAlIGB. 1C7
e$i pltts que U- v^ité» et qui enime et vivifie le langage îmila(e«r canpioyé par la:peiiilure?
Maîa je m'arrête; il ma suffit d'arar éreillé rattention sur ce potttt, o*est4iHlire d'avoir, a«:auiet de la touche , finit 1 appKcatioa de la règle du vraîseBiblable , règle qui « selon moi , est d'une très-grande importance.