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cureronl donc» sar ces procédés , de bonnes et d'efficaces leçons.
Ainsi il est. essentiel, dans toute cette question , de ne pas confondre la facilité stérile, qui ne dépend que d*uno main adroite , avec la &cilité expressive qui dépend du sentiment Celui qui est Traiment né peintre vivifie tout ce qu'il représente; il exprime avec aisance des objets » des idées que d'autres, nés moins heureusement que lui , ne peuvent rendre que faiblement et avec peine. Ce talent vivifiant s'acquiert peu, et l'on doit dire que c'est la nature qui le donne , quoiqu'une étude sévère et constante y conduise jusqu'à un certain point C'est cette même espèce de fiicilité, d'où résulte une touche heureuse et éloquente, qui , étant enviée par les peintres sans talent , devient presque toujours dans leurs mains une parodie infructueuse et une Affectation. On les voit donc remuer et diriger la brosse avec prétention, se donner beaucoup de peine poor paraître faciles, singer enfin assez bêtement des touches qui , chez les peintres habiles , n'ont pu nat- Ire que de leur sentiment. Cette prétention, si commune aujourd'hui, est réellement détestable; et, bien que certaines gens à préjugés répètent que, sans le beau pinceau , un ouvrage médiocre serait insupportable , j'avoue, qu'un pinceau à prétention, dans un ouvrage qui n'a rien de gracieux , rien d'expressif, me semble un mécanisme ridicule et tout-è*fait misérable.
- Parmi les exemples qui peuvent servir à prouver que ta dextérité dans la touche n'est pas une condition aussi importante qu'on se plaît à le dire , on en trouve un dans les tableaux que Poussin a exécutés à un âge assez avancé. Kn effet , en voyant ces tableaux, on ne saurait penser
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que le talent de ce grand homme fût alors affaibli. Si donc le Déluge et les Sept Sacrçmens sont des chefs-d'œuvre , malgré la main âgée du grand peintre qui les produisit , c'est que cette main était guidée par le savoir perspectif et par une tête qui n'avait point vieilli. Il n'en est dimc pas d'un peintre comme d'un danseur ou d'un maître d'escrime ou d'écriture; en effet le lalenl de ceux-ci vieillit avec leur corps.
Les grandes pensées , les touches justes et expressive^s peuvent se faire admirer , bien qu'elles n'offrent ni pétulance , ni hardiesse de main. Raphaël , Léonard de Vinci , Sassoferrato , en sont encore la preuve. Ainsi , bien que chaque peintre soit reconnaissable à son faire comme chaque écrivain l'est à sa plume , ces différences ne seraient pas si fiiciles à distinguer, si tous les peintres ne pensaient qu'à se conformer à la vraie théorie qui doit diriger l'exécution , car dans ce cas ils auraient tous un pinceau imitateur , plus ou moins animé; pinceau qui ajoute toujours au plaisir que procurent les belles images, celui de les voir faites simplement et comme par une magie de l'art. Enfin , s'il est vrai que le métier ou le pinceau doit avoir de la beauté , puisque la peinture est un art noble et élevé » et qu'on attend tout autant d'adresse et d'élégance de la main d'un artiste que de celle d'un artisan, autant d'un vrai peintre que d'un pbintureur, ce beau pinceau cependant ne doit pas devenir l'objet principal , mais bien l'objet secondaire de l'artiste. Au reste ,celui-ci doit bien se garder d'imiter la touche d'autrui ; et il doit beaucoup s'attacher à conserver celle qui lui est propre et naturelle , car autant de mains qui font usage du pinceau , autant de manières de le conduire et
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(le le toucher. Malgré tout , un peintre qui possédera la vraie théorie de son art acquerra toujours, comme disait Poussin » une assez belle manière de peindre.
Oui , le métier doit toujours être subordonné au génie. Cette grande vérité , dont on ne tient guère compte aujourd'hui , ne devrait jamais être oubKée. Dans le plus grand nombre de nos productions., le métier brille et le génie ne jette point d'éclat : la main devient ambitieuse et l'esprit est sans courage. Tout le mérite consiste dans le travail de l'outil : c'est la brosse qui parait , qui domine partout; c'est elle qui masque les pensées, qui nous dis- Irait du but que nous voulions d'abord apercevoir. La brosse , la vivacité des touches , leur éclat pétillant sur les objets indiiTérens , ia recherche et la pompe dans Texpression des minuties , tout cela étourdit , occupe , distrait les spectateurs qui manquent d'une solide théorie; enfin j'oserais dire que le peuple juge presque toujours de la beauté d'un ouvrage de peinture comme il juge de la beauté d'un feu d'artifice.
Jeunes peintres élevez vos idées , montrez-vous poètes , et déguisez l'ouvrier; faites voir les efTorts, les élans de Tâme , et cachez les peipes de la main : on a pitié des sueurs de l'artisan , on admire les efforts du génie. Que peut-il se passer dans votre esprit , dans votre cœur lorsque vous en absorbez toutes les forces pour la perfection du métier? A quelle hauteur morale pouvez- vous vous élever, lorsque toute l'activité de votre intelh'gence est portée vers l'exécution , et lorsque , devenus les esclaves du mécanisme / vous ne pensez qu'à rivaliser avec les adroits ouvriers? On l'a dit avec raison : «Malheur à Far- » tisto dont le mérite n'est senti que par les gens du
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» métier! Heureuse l'école, dit encore un auteur déjà 0 cité , où l'on aura détourné les élèves de Tadoration » trop commune pour celte adresse exclusive; et où tout *> ce que la pratique manuelle a d'utile ne servira qu'au » savoir et à la pensée ! »
11 serait supertlu , ce me semble » de chercher à expliquer, à définir ici ce que c'est que la netteté, la légèreté de la touche ; ce qu'on doit entendre par un pinceau délicat et délié; ce que c'est qu'une touche ferme et vigoureuse ; enfin ce qui caractérise la liberté , la facilité et même la grâce du pinceau : assez de modèles de ces qualités particulières sont offerts à la contemplation. Il doit donc suffire de donner ici une idée nette de ce que doit être la résolution ou la certitude de la touche, et de plus de ce qu'on doit entendre par soin et par propreté*
Par résolution, certitude et franchise de touche, oo doit entendre d'abord la sécurité , qui est le résultat du savoir perspectif et de la connaissance intime de chaque objet, de chaque forme soumise à la représentation. Cette connaissance de la perspective et de la forme, et même de la couleur de chaque objet représenté, procure déjà à la touche cette sûreté de main que le peintre peut conserver jusque dans l'âge le plus avancé. C'est cette connais* sancc ou ce savoir qui fait que la touche est résolue et assurée, quelle que soit l'expression de mollesse, de douceur ou de fermeté qu'il convient de donner aux difi*érens objets. D'ailleurs les travaux préparatoires d'un peintre studieux ont dû être assez multipliés et assQ^ bien enten* dus pour que son pinceau improvise , pour ainsi dire , sur le tableau. Le peintre , sachant donc par cœur son sujet , n'a plus qu'à s'exprimer librement, hardiment et avec