LE FINI PERSPECTIF ET LE FINI GÉOMÉTRIQUE
subalternes , quant au convenable , au vraisemblable et au beau. Ils savaient aussi très-bien selon quelle méthode il fallait commencer l'ouvrage; eo sorte que quand bien inême l'ouvrage eût resté seulement commencé, il fut trouvé l'être selon la véritable règle » et l'ordre prescrit par l'importance des opérations » c'est-à-dire d'après l'importance relative des divers objets, subsistait quoique tout Fouvrage iïkt peu fini. Ce n'étaient point la délicatesse ni le travaU recherché dans une figure mal mise ensemble, mal en mouvement, qui les occupaient d'abord , mais bien ce mouvement et la juste et convenable construction de éette figure; avant de soigner les détails d'une coiffure « ils s'attachaient à en disposer avec intelligence les masses. Dans les ébauches de leurs statues , il n'y a de bit que ce qui devait d'abord être fait , et l'on peut dire que dans toute l'antiquité, c'est à dire jusqu'à l'extinction de l'art , ils ont toujours procédé méthodiquement en partant du principal pour arriver à l'accessoire; c'est ainsi que leur gloire n'a point péri« Le faux esprit ne les a jamais troupes; il eut semblé honteux à ces honmies de génie de délaisser les idées premières et fondamentales pour passer sans mesure et par caprice à celles qui sont subordonnées et accessoires ; enfin on peut dire, à ce sujet, que leur méthode et leur sage réserve sont dignes de toute notre admiration. Quant à l'attention, à l'intérêt qu'ils savaient attirer sur l'objet principal , on sait avec quel art la pose , le costume , l'aspect des vétemens , la place et la disposition, le soin même de l'outil, sont ménagés sur cet objet, sur cette figure; et cela dans tous leurs bas-reliefs, dans toutes leurs médailles et dans toutes leurs peintures !
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Par figures mieux finies et fiules avec plus de beauté, 00 doit entaodre mieux exprimées que d'autres par le dessin • par le clair-obscur , le coloris et la touche; par plus d'expression on d'imitation des mœurs, des passions et des caractères; plus frappantes enfin que les figures subalternes. Et souvenons-nous , quant à la valeur des accessoires par rapport aux figures, qu'à travail égal, les figures, les têtes , les bouches « les yeux, semblent toujours moins finis que les objets immobiles et inanimés,
La vraie définition du fini nous apprend encore une chose qu'il importe de remarquer » c'est que des accès* soires, quoique moins étudiés et moins bien rendus que les objets principaux , ne sont pas toujours, par cela seul, assez sacrifiés et subordonnés , et qu'ils peuvent , malgré celte négligence « jouer untrc^ grand rôle optique dans tout le sujet En effet un siège peut n'être qu'indiqué et cependant firapper la rétine plus vivement qu'il ne le ferait dans la nature relativement aux chairs, aux mains, aux yeux, etc. Ainsi, pour sacrifier les aoceasoires, il ne s'agit pas de les représenter mal, et de les ébaucher sans indiquer leur caractère par k perspective et les plans, mais il faut aussi choisir pour ces objets -des ions moins intenses , des teintes moins énergiques , et ne pas exposer ces objets sous des aspects qui oiIrent« ou des lignes trop aiguës ou trop ressenties , ou des luBoôères trop contrastées, trop vives, ou des reflets trop apparens, sous des aspects «nfin qui soient plus puissans, plus fermes, plus éébrouiUés que ceux qui résultent des fonmes de la figure ou de l'objet principal. U importait donc de ikire remarquer ici que la force de sensation que fait éprouver telle ou telle partie du tableau , donne à croire que cette
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partie est trop finie » bien que souTont elle ne soit qu'in> diquée avec justesse.
Enfin exprimer par des touches et des teintes pleines de vérité, d'éclat et d'énergie, toutes les draperies d'un tableau et tous les accessoires, et n'exprimer les chairs et leurs formes que par des teintes plates, froides, sans magie, sans cette justesse ingénieuse qu'on sait employerpour les objets subalternes , c'est Ëiire un contre-sens, c'est appuyer également sur tous les mots du discours , c'est doimer autant d'effet aux partitions secondaires d'un concert qu'à la partition principale, c'est tenter de détourner nos pensées du vrai centre de contemplation qui eat la figure humaine. Oui, ce que le spectateur demande au peintre, c'est l'imitation du caractère, du tempérament, de l'action enfin du personnage représenté, parce que c'est ce personnage qui est l'objet intéressant, Vfsbjet susceptible vraiment d'une grande beauté; et quand le peintre ne loi offire , ne lui lait remarquer que des étoffes brillantes , des omemens , des dorures , des acceaaoiret inanimés; quand un tel peintre cherche à étourdir, à distraire le spectateur par des grands mots vides de sens ou par un babil déplacé, celui-ci a le droit de regarder ce moyen comme un subterfuge insultant pour soai intelligence et pour sa sensibilité.
Far tout ce qui précède , on peut concevoir combien il eat frcile de s'embrouiller et de confondre les points esaentîek dans toute la question importante qui vient de nous occuper dans ce chapitre.
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