TOME VIII. H
*2i)0 DIFFÀRENS GENHR9 EN PEINTURE.
la grandeur de son nez, la couleur de ses cheveux, etc. , un tel peintre, dis-je, sera-t-il justifié parce qu'on rabaissera le genre auquel il fait appartenir son ouvrage? Mais ces premières et fausses distinctions eu ont amené d'autres , et l'on a adopté les classifications de peintres en petit, de peintres en miniature, peintres de plafonds , etc. Tous les défauts par lesquels on convint de distinguer ces prétendus genres ne furent plus à la fin des défauts , mais des manières caractéristiques. En effet le peintre en miniature ne se croit point tenu au dessin ; il estropie ses ensembles, et dessine très-mal les bustes et les mains. Le peintre en lavis , charmé de ses petites touches , de se^ petites hachures à prétention , et de ses teintes sans justesse , sans perspective aérienne , s'en va badinant avec son pinceau» et manière, selon le goût du jour, ses lignes, ses formes et ses expressions. Le peintre au pastel est tout praticien. Les nobles idées de la peinture ne le concernent pas ; on le voit , la conscience bien tranquille , faire par centaines de plats portraits d'auberge et de vrais magots; il lui suffit en effet, puisqu'il n'est que peintre en pastel , de bien manier ce genre. Souvent son encadreur l'entretient dans cette doctrine. Aussi expédle«t-il ses portraits à la douzaine , et occupe-t-il tous les doreurs de bordures à la pacotille. Allez donc lui parler de poésie, de caractères, d'affections morales, de philosophie, etc.; essayez de faire rougir cet artiste» il vous répondra qu'il est très-louable puisqu'il travaille dans son genre.
Selon Diderot « les peintres de genre et les peintres » d'histoire n'avouent pas nettement le mépris qu'ils se » portent réciproquement; mais on le devine. Ceux-ci » regardent les premiers comme des têtes étroites , sans