PEINTURE CHEZ LES ÉGYPTIEINS
sité OÙ les prêtres mettaient les artistes de répéter éter • nellement les mêmes signes consacrés, et cela pour r'estreindre au culte seul les avantages de la peinture, fut ce qui les força à abandonner l'art, pour ne plus opérer qu'en praticiens et en ouvriers, et probablement pour opérer vîte. Recueillons ici un mot de Pétrone : « Le » sort de la peinture, dit-il, ne fut pas plus heureux en » Egypte, parce que l'on osa réduire cet art si grand en )) pratique abrégée, pictarœ quoqtie non alias exitus » fait y postqtiani yE gyptiorum audacia tam magnœ artis )) compendiariam invertit, » « Une figure, dit encore M. » Denon dans son Voyage en Egypte, n'exprimant rien par » le sentiment, elle devait avoir telle pose, pour signifier » telle chose. Le sculpteur avait le poncis, et ne devait se » permettre aucune altération qui aurait pu en changer le » vrai sens. » Il est assez vraisemblable aussi que les prêtres se réservaient presque toujours l'invention des figures, et que l'exécution seulement était confiée à des mains subalternes. Cependant on rencontre souvent sur les monumens égyptiens des productions originales qui prouvent, comme nous l'avons dit, que l'imagination des peintres et des sculpteurs ne fut pas toujours captive.
Ainsi, ce que tout le monde n'a pas su recueillir, c'est le positif et le technique de l'art des Egyptiens, et nonseulement notre pénétration est en défaut à l'égard de leurs procédés en peinture et en sculpture, mais nous ne concevons pas même leurs moyens mécaniques de construction dans les travaux immenses qui avaient pour résultat des colosses. Les voyageurs les plus instruits se demandent dans leur étonnement, en présence de ces masses, comment elles ont pu être extraites, transpor-
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lées et élevées sur pied. Ils se demandent, en examinant le soin et la finesse du travail de quelques-unes de ces sculptures, comment on a pu fabriquer un acier assez dur pour tailler des substances contre lesquelles se brisent aujourd'hui nos plus solides outils.
Disons en passant que, s'il ne s'agissait que de démontrer qu'ils employaient comme nous les carreaux linéaires pour répéter leurs modèles, nous en trouverions la preuve ostensible dans un fragment ainsi ébauché au treillis, et qu'on a publié dans le grand ouvrage français de la commission d'Egypte.
Quant à l'influence que peut avoir eue sur l'art la structure physique des Egyptiens, toutes les conjectures des écrivains paraissent sans fondement; car les momies d'Egypte les plus anciennes offrent de très-belles formes de squelettes, et l'on peut remarquer dans les cabinets de belles mains et de très-belles têtes embaumées. Les Egyptiens d'aujourd'hui ont-ils cette même conformation ? les voyageurs semblent le confirmer \ Un voyageur moderne, M. Cailleaud, vient de remarquer en Nubie, sur quelques monumens construits par les Pharaons, des figures de reines dont les hanches sont d'une largeur démesurée ; mais on n'en doit rien conclure au sujet de la conformation qu'avaient les habitans chez lesquels furent exécutés ces temples et ces figures. Ces particularités dans les proportions tiennent à des raisons
* Les Egyptiens ne pouvaient pas avoir cté si diffërens des Ethiopiens qui descendirent des hauteurs de Sienne et d'Elcpbantine, et qui peuplèrent TEgypte : les Ethiopiens, au rapport de Scylax, étaient les plus grands et les plus beaux hommes de la terre ; ils choisissaient pour chef celui qui était doue' de la plus belle taille.... quelques-uns avaient jusqu'à cinq coude'es.