‹ Traité complet de la peinture (volume 5)Chapitre 33 sur 174 · PEINTURE CHEZ LES ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

PEINTURE CHEZ LES ÉGYPTIENS

que nous ne pouvons pas expliquer, mais non à une conformation étrange qu'il serait ridicule de supposer.

Quant aux mœurs des Egyptiens, on ne saurait nier qu'elles aient été d'une grande influence sur leurs arts. (( La division par castes, dit Millin , et par professions, » était aussi une des principales causes du peu de progrès » des Egyptiens dans les arts. L'homme qui avait, par » exemple, les dispositions les plus décidées pour les » arts, ne pouvait s'y livrer, s'il n'était pas originaire de » la classe des artistes ; et de même le fds d'un artiste 7> était obligé de suivre la carrière de son père, quelque » peu de disposition qu'il pût montrer pour cet art. » Pareil usage subsiste encore aujourd'hui chez les Chinois, Enfin le peu d'estime dont jouissaient en Egypte les artistes, qui étaient comptés dans la dernière classe du peuple, dut contribuer aussi à empêcher les progrès de la peinture.

Au surplus, mettons de côté ces milliers de figures répétées comme signes hiéroglyphiques, historiques ou symboliques ; choisissons dans les productions égyptiennes en peinture ou en sculpture celles qui se rapprochent le plus des productions de l'art égynétique ou du très-ancien style grec ou toscan; enfin ne voyons plus des Egyptiens dans toute cette question, mais bien, je le répète, les commencemens très-intéressans de l'art grec, les premiers rudimens de la sculpture et de la graphie, et enfin les notions primitives qu'il nous importe surtout de ressaisir.

Rappelons une comparaison. Ceux qui ont vu les meilleurs ouvrages de Jean Belin et de Pérugin, sont motns surpris en admirant les ouvrages de leurs élèves^

ïiziano et Raphaël : de même le style grec de la haute et sévère antiquité ne nous semhie plus un effort merveilleux et soudain des artistes d'Athènes, mais bien un perfectionnement de qualités acquises avant eux. Car enfin Minerve n'apporta pas les arts aux Grecs comme un présent inconnu à l'humanité; et s'il est vrai qu'elle ne les fit pas naître chez eux dans un état de perfection, et tels qu'elle naquit elle-même toute armée du cerveau de Jupiter, il n'en est pas moins reconnu qu'elle les initia dans les premiers mystères de leurs prédécesseurs et qu'elle leur montra d'une main bienfaisante les efforts et les secrets des peuples qui les avaient antérieurement cultivés. Mais, pour bien juger l'art des Egyptiens, il faut avoir examiné, non un grand nombre de figures, mais les meilleures, non un grand nombre de signes, tout mystiques et insignifians pour l'art, mais les figures où l'art est le plus remarquable.

Les qualités qu'on doit distinguer dans la peinture des Egyptiens, sont donc pardessus tout, une simplicité qui les a souvent élevés jusqu'à la grandeur sesthétique et pittoresque; une certaine clarté forte dans les pantomimes, clarté qui appartient autant à l'art qu'à la nature, qualité précieuse dont les Grecs semblent avoir reconnu tout le prix ; de plus un ordre optique dans la disposition, ordre qui chez eux tient trop, il est vrai, de la symétrique régularité, mais que les Grecs surent varier plus tard délicatement, tout en le conservant. On doit remarquer aussi dans les meilleurs monumens égyptiens qu'ils étaient loin de négliger la pondération, sur laquelle ils avaient même des idées très-exactes, ainsi que sur tout ce qui lient à la géométrie et à la statique en général ; ils ol)ser"

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