CHAPITRE
DU CLIMAT CONSIDÉRÉ COMME CAUSÉ DE LÀ Ï>ER- FECTION DE LA PEINTURE ÇHEZ LES GRECS.
On a compté pour beaucoup le climat parmi les causes favorables à l'art grec. Personne ne conteste l'influence qu'il a en général sur l'imagination ; mais a-t-on eu raison de supposer que le climat de la Grèce fût partout aussi délicieux qu'on s'est plu à le répéter? Une objection assez forte contre cette opinion sur la prétendue influence du climat, c'est que chez les modernes elle ne leur a été d'aucun secours. A Naples, n'a-t-on pas vu les Jordans, les Solimène et les Seb. Conca; à Malte, le chevalier Calabrèse ; et l'Espagne ainsi que le Midi de la France ont-ils produit de plus habiles artistes, quant au goût et au sentiment du beau, que les contrées du Nord? Car la vive imagination deVelasquez, de Spagnoletto, de Morillos, n'a pu les faire atteindre, malgré l'heureux climat où ils ont vécu, à la beauté et à la perfection des ouvrages grecs. D'ailleurs en admettant cette cause, il faut admettre des nuances, des gradations; il faudrait que les nuances ou les degrés du génie concordassent avec les degrés de douceur ou d'excellence du climat : ces suppositions répugnent. On serait donc embarrassé de prouver que ce sont les habitans des plus doux climats qui ont été supérieurs aux autres dans les arts. Mais je dois traiter cette question au ch. 1 15; il sufiit ici de rappeler que, sous le rapport du climat, les Grecs ne furent point les seuls privilégiés.
CAUSES PRÉTENDUES DE l'eXC, DE l'arT CH. LES GRECS. 209