‹ Traité complet de la peinture (volume 5)Chapitre 60 sur 174 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DE L'INFLUENCE QUE L'ORGANISATION PHYSIQUE ET L'ORGANISATION MORALE DES GRECS ONT PU AVOIR SUR LEUR PEINTURE.

ENTENDRE cerlaîiis critiques, tous les Grecs naissaient fins et délicats; ils étaient doués par la seule nature d'un goût exquis et tout particulier; leurs organes étaient plus parfaits que ceux d'aucun autre peuple, et leur imagination, ainsi que leur intelligence, surpassait celles des autres hommes...... Mais quelle prévention! Quelle excuse pour le mauvais goût à venir ! Combien serait décourageante cette comparaison , si le résultat n'en était pas démenti par les faits et par le bon sens ! Autant vaudrait dire que leurs qualités étaient toutes acquises, et que tout un peuple peut naître statuaire, peintre ou poète. Comment expliquerions - nous , après cela, les progrès des arts , leur état d'enfance et de grossièreté , s'il fallait reconnaître et admettre un talent inné indépendant des efforts de l'étude et de l'éducation ? Qu'on mette en avant et que l'on fasse valoir dans cette question leur excellente organisation et leur fécond génie, en les comparant h une terre fertile et favorable aux semences précieuses qu'on lui confie; qu'on assure qu'il ne manquait rien à ces heureux Grecs, sous le rapport des facultés : ces vérités expliqueraient une des causes de leur supériorité dans tous les arts. Mais attribuer à un privilège obtenu avec la vie ce qui n'a été chez eux que le fruit d'une culture

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