CHAPITRE
DE QUELLE MANIÈRE ET EN QUEL ÉTAT LES MONUMENS ANTIQUES NOUS SONT PARVENUS.
Les monumens antiques, qui, après avoir résisté à l'effort des siècles, sont restés debout au milieu des ruines de tant d'empires anéantis, brillent encore aujourd'hui d'un vif éclat; la sculpture et quelquefois même la peinture en font l'ornement. Dans l'Inde, dans l'Egypte, en Grèce, en Italie, en deçà des Alpes même, on trouve de majestueux débris dont la contemplation élève puissamment les esprits. L'art antique était un colosse admirable, dont les fragmens épars ne cessent de produire l'étonnement et la vénération. Tous les jours les artistes philosophes cherchent à monter leur imagination à l'unisson de ce diapason consacré, et à s'identifier avec les types illustres qui attestent la gloire des plus célèbres nations.
Les temples de l'Egypte sont encore tout émaillés des vives couleurs de la peinture ; leurs sculptures presqu'impérissables offrent aujourd'hui la même richesse qu'aux tems si reculés où ces immenses édifices furent admirés pour la première fois. Dans l'Indostan, dans la Perse, des monumens imposans arrêtent le voyageur, le surprennent par leur conservation. Mais c'est sur le sol de l'antique Grèce que l'architecture et la sculpture étalent toute leur jeunesse et leur beauté. Aussi les moindres débris de l'art attique sont-ils recueillis comme de véritables trésors, et de même que le plus petit astre du firmament