‹ Traité complet de la peinture (volume 5)Chapitre 88 sur 174 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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dernes qu'on en a faites et qu'on a voulu rendre aimables, font valoir celte savante et antique qualité ! Cependant, malgré cette image des mœurs, malgré la grâce et l'agilité de ces jambes élégantes, malgré cet excellent goût de draperie, je reconnais, non un original des plus belles périodes de l'art, mais une précieuse copie faite dans le commencement de son déclin. Et, quand même cette figure serait un original, on doit dire à son sujet, qu'un statuaire peut dans toutes les époques et en tout pays faire briller une verve ardente, une imagination exaltée et expansive; mais que c'est dans le bel âge des Grecs seulement, c'està-dire, lors des merveilleuses écoles grecques, qu'on a olFert les véritables modèles que peuvent produire la sculpture et la peinture parvenues à leur perfection.

Chez les Romains le retour vers l'antique sévérité devenait donc de plus en plus dilTicile. L'art de produire beaucoup avec peu était perdu ; cette force, obtenue par les grâces toutes naturelles , n'était plus à la portée des artistes, et ils durent faire dans les écoles d'alors un mélange singulier de l'ancien style et d'un goat somptueux, lourd, recherché, insipide quelquefois et sans éclat \

* C'est avec une grande satisfaction que j'ai remarqué la même opinion chez le célèbre David, l'homme le plus compétent sur ces matières. Il regarde aussi la Yénus Médicis, plutôt comme an portrait de courtisane que comme une image déifiée de Yénus ou comme un archétype grec du i^r ordre. UApollon du Belvédère ne lui paraît pas non plus le morceau le plus admirable de l'antiquité : il y reconnaît le goût des artistes du tems d'Adrien et l'assaisonnement qui fut imaginé pour suppléer à cette force de simplicité grecque si naïve et si savante. En conversant avec ce chef illustre de l'école du 19^ siècle, sur ces belles questions, en présence des chefs-d'œuvre du musée de Paris, je tenais compte de ses remarques sur plusieurs signes caractéristiques du style grec dans les sta-

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Pour finir l'examen de la période qui nous occupe ici, citons encore quelques artistes : Sopylon et Dionysius, peintres établis à Rome, jouissaient d'une grande réputation. Les Pinacothèques étaient remplies de leurs ouvrages; ils excellèrent dans le portrait. Dionysius, qui ne représentait que des figures d'hommes, était appelé pour cela Anthropographe, Cependant ces deux artistes voyaient payer un plus haut prix que les leurs, les tableaux en miniatures deLala deCysique, femme peintre, qui exécutait des portraits de femmes avec beaucoup de célérité. Je remarque cette préférence, parce qu'elle semble indiquer encore le déclin de l'art.

Pasitèle de la grande Grèce, mais établi à Piome où il fut reconnu citoyen Romain, était un artiste savant et studieux. Outre ses ouvrages en or et en ivoire, et outre le Jupiter colossal en ivoire qu'il fil pour le temple de Métellus, il paraît qu'il apporta des perfectionnemens dans l'art des modèles en Argile. Pasitèle composa cinq livres précieux sur les chefs-d'œuvre qui se trouvaient dans le monde entier On le surnomma Aiitodidactos^ c'est-à= dire, qui s'instruit soi-même, parce qu'il n'avait paâ*^eu de maître. On prétend qu'il fit les premiers miroirs en argent. Il cisela sur argent le portrait du jeune Roscius, qu'une flamme céleste environne dans son berceau. On croit aussi qu'il s'occupa d'encaustique. Cet artiste célèbre, dont on voyait beaucoup d'ouvrages à Rome, n'exécutait

tues du Discobole, du Méleagre, etc. Que ne dols-je pas à ce célèbre maître dont je me suis fait un devoir de recueillir les hautes leçons, soit dans son e'cole, soit dans ses entretiens particuliers !

^ Outre Pasitèle, qui e'crivait ans avant J.-C, Pomponius Atlicus fit à la même époque un ouvrage sur les portraits des grands hommes.

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rien sans Tavoir modelé d'après nature. Un jour qu'il étudiait un lion, il faillit périr et devenir la proie d'une panthère échappée de sa loge.

Arcésilaiis, plasticien, fut aussi très-vanté, et on payait cher ses ouvrages : Lucullus et Octavîus y mirent un très-haut prix. Mais ce qui nous importe ici, c'est de savoir que les artistes recherchaient beaucoup ses proplasmata ou ses modèles en terre cuite.

Strongylion, sculpteur grec à Rome, excella non-seulement dans la représentation des chevaux et des bœufs, mais dans celle de la figure humaine. On admirait à Rome, outre ses muses célèbres et cet enfant de bronze auquel on donna le surnom de Brutus, parce qu'un Brutus l'avait possédé, on admirait, dis-je, son Amazone aux belles jambes appelée pour cela Eucnèmos; elle était de bronze; Néron, a qui elle appartenait, la faisait transporter à sa suite dans ses voyages.

Nous ne parlerons pas de tous les artistes qui ornèrent de leurs ouvrages les palais des empereurs, tels sont Cratérus, Hermolaiis, etc.; citons seulement, et pour terminer, Tiinomaque deBysance, qui s'illustra par un talent probablement bien remarquable, car les poètes célébrèrent ses peintures, et Jules César, dictateur, paya la somme de 80 ialens ou 4^2 000 francs, deux de ses tableaux : l'un représentait Ajax furieux; l'autre, Médée massacrant ses enfans. Son chef-d'œuvre était une Gorgone. On vit aussi de lui Oreste, Iphigénie, le coureur Lécythion, etc., tous ouvrages cités par Pline avec éloges. On peut donc dire que ce peintre soutenait à cette époque la haute réputation de l'art de la Grèce, et qu'il contribua par son pinceau à prolonger la gloire de cette contrée fameuse.

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