‹ Traité complet de la peinture (volume 5)Chapitre 89 sur 174 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

vile PÉRIODE : INTERVALLE DE TROIS CENTS ANS, - CA- RACTÈRE DU STYLE DE L'ART DEPUIS UINFLUENCE DU GOUT ROMAIN SUR LE STYLE GREC, VERS LE COM- MENCEMENT DE NOTRE ÈRE JUSQU'A CONSTANTIN OU AU MOYEN AGE, L'AN TROIS CENT ENVIRON AVANT J.-C.

tSi quelques critiques ont prétendu, au sujet du style de l'art chez les anciens, qu'il n'y avait point de nuances à y remarquer, excepté celles qui résultent des divers degrés de talens des artistes et des avantages de certaines circonstances, en sorte que, selon eux, l'art greoà Rome aurait été le même qu'à Athènes, il s'est trouvé aussi d'autres observateurs qui ont reconnu et admis dans leur critique des nuances distinctes et caractéristiques de l'art, soit qu'il ait été pratiqué dans la Grèce, soit qu'il l'ait été plus tard chez les Romains.

Dans le chapitre précédent, en signalant l'influence que commençait déjà à exercer le goût romain sur le style grec, je n'ai point assigné l'époque déterminée de ces altérations, ni même établi de ces subdivisions de périodes dans lesquelles il serait possible, après un mûr examen des monumens, de reconnaître certains changemens, certains mélanges, certaines combinaisons, et de classer des diflérences et des nuances dans ces styles et ces tems. De même, je crois qu'il conviendra de prendre simplement pour le point de démarcation de cette dernière période.

5l8 HISTOIRE DE LA PEINTURE.

le commencement de noire èvc^ cette époque coïncidant assez bien avec l'élat de l'art lors de cette influence du goût romain. En effet, dans le courant du siècle qui précéda cette nouvelle ère, la voix des Phidias et des Polyclète, retentissait encore, et les seules leçons de ces maîtres étaient sous les yeux des artistes; mais vers la fin et dans le siècle suivant, une multitude infinie de statues, de bas-reliefs, de tombeaux, de décorations sculptées et peintes de toutes manières inondèrent Rome et toute l'Italie , et firent négliger, oublier même les leçons antiques provenant du beau siècle de l'art. Enfin le tems qui efface tout par l'éternel battement de ses ailes, effaçait peu h peu les antiques souvenirs et les préceptes primitifs. Au reste, la critique de l'art devient moins intéressante, moins utile aux élèves, à partir de l'époque qui va nous occuper, bien qu'elle sdît toujours aussi intéressante pour les antiquaires et les érudits.

Comme c'est l'art à Rome que nous allons observer, il faut d'abord et en particulier en reprendre l'histoire depuis son origine en cette ville antique, afin de nous retrouver ensuite à l'époque que nous venons de quitter ; puis dans un autre chapitre nous poursuivrons notre étude des styles jusqu'au moyen âge, en signalant, comme nous l'avons fait juqu'à présent, le caractère de quelques mo~ numens très-connus.

STYLE PRIMITIF DE LAlVV ROMAixN. 7*" PKRIODE. 5î<f

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