‹ Traité complet de la peintureChapitre 22 sur 114 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DE LA PEINTURE MODERNE PROPREMENT DITE, DEPUIS LÉONARD DE VINCI ET MICHEL-ANGE, VERS LE MILIEU DU QUINZIÈME SIÈCLE, JUSQU'A NOS JOURS.- CONSI- DÉRATIONS SUR L'ESPÈCE DE CRITIQUE QUE NÉCES- SITE CETTE HISTOIRE.

our bien juger l'art des modernes, il ne suffit pas de ne le comparer qu'à lui-même, c'est-à-dire de comparer seulement l'éclat qu'il jeta lors du i5e siècle à l'état de légradation où il se trouva réduit dans le 1 8e : il est nécessaire au contraire, pour porter un jugement général et juste, de comparer l'art des modernes, considéré au tems de sa plus grande perfection, avec l'art des anciens tel qu'il fut lui-même lors de sa plus belle époque et avant son dépérissement sous les derniers empereurs. Cependant les écrivains ne quittent guère la première manière de comparer, et, en prouvant que Raphaël, par exemple, est le plus habile parmi les modernes, ils semblent vouloir avancer qu'il a été au moins l'égal d'Apelle ou de Protogène; de même qu'en mettant Michel -Ange au premier rang, ils donnent à croire qu'il est réellement le plus grand de tous les statuaires qui aient existé, même depuis Phidias. Ces assertions en faveur de l'art des modernes ne sont ni satisfaisantes ni justes : au moins devait-on laisser indécise cette comparaison et ne prétendre qu'à l'examen pur et simple de l'art moderne exclusivement.

Transportons-nous dans un avenir de mille ou deux mille ans; ne voudrions-nous pas à cette époque, com-

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