DES PLAFONDS ET DES COUPOLES
v^/ue l'artiste qui aurait une coupole à peindre, ne fasse pas la lecture de ce chapitre, car il n'y apprendra rien pour l'objet qu'il se propose; je déclare même de suite ma grande aversion pour ces tableaux en coupole, et je prétends que la barbarie seule a pu admettre un genre si défavorable à l'art, un genre si déplaisant pour les spectateurs, si contraire en un mot au bon goût et au sens commun.
Yitruve, qui s'est plaint du mauvais goût introduit dans les arts lors de leur décadence, ne parle ni de coupoles ni de peintures de coupoles. Chez les Romains, il est vrai, les plafonds ornés de peintures, offraient des décorations par compartimens dans lesquels on plaçait des figurines;
mais elles y étaient représentées sous le même aspect que dans tous les tableaux en général, et jamais elles n'étaient vues en raccourci et en dessous.
Selon Lanzi, ce fut Mélozzi qui imagina le premier, vers, l'an i45o, de peindre une coupole. Je pense que Lanzi a voulu dire une coupole sur laquelle les figures étaient peintes en raccourci, car on ne peut pas comprendre autrement cette assertion de Lanzi, puisqu'on appliquait bien avant Mélozzi, des figures sur des absides ou niches, sans adopter de point de vue pris d'en-bas.
Si donc on demandait aujourd'hui pour quelle raison on peint des figures, des sujets d'histoire sur des coupoles, on n'aurait d'autre raison à donner que la routine ou bien le désir d'ajouter une difficulté de plus à l'art du peintre, comme s'il n'en offrait déjà pas assez.
Qu'on orne de couleurs l'intérieur de certaines coupoles; qu'on imite par la peinture les ornemens de l'architecture; qu'on y place telle décoration que l'on voudra, pourvu qu'elle n'offre point l'image coloriée de la figure humaine, je ne crois devoir ni blâmer ni approuver ce goût ou cette invention : une telle question sort de mon sujet et se rapporte à l'art de l'architecture. Mais qu'on prétende devoir exécuter des peintures d'histoire et représenter des figures humaines sur une superficie concave, ellyptique, souvent même irrégulière, et cela, dans l'intention d'imiter la nature, de décevoir la vue, ou dans l'intention de plaire ou d'étonner, c'est ce qui me paraît absolument absurde. Car, d'abord on ne plaît point aux yeux par ce moyen , et en second lieu cette prétendue surprise est toujours ajournée par le public qui doute si Fart a vaincu une grande ou une faible difficulté, et qui