‹ Traité complet de la résection des maxillaires supérieursChapitre 11 sur 24 · I. ABLATION DES BORDS LIBRES ET DES APOPHYSES · texte numérisé non relu

I. ABLATION DES BORDS LIBRES ET DES APOPHYSES

1° Ablation de l’apophyse alvéolaire.

NOTICE HISTORIQUE

Dupuytren (4) enleva deux fois, de 1820 à 1824, une'partie du bord alvéolaire à l’aide de la scie.

Regnoli (2), à partir de 1823, pratiqua la résection totale du bord alvéolaire, et en fit souvent des résections partielles. Pour cela il se servit du ciseau.

Prieger (3), Velpeau (4), Roux (S) et Strempel (6) firent avec

(1) Gensoul, loc. cit p. 9 et 10.

(2) Sulle exstirpazione délié int.-arcade alv. délia sup. et inf.maxeUa. Pesaro, 1825*

(3) liusfs Mag., Bd. XL, S. 391; .

(4) Loc. cil., L II, p. 360.

(5) Gaz. méd. de Paris, lS42j p* 47 R

(6) Loc. cit., p. 20;

succès de semblables opérations à l’aide de pinces tranchantes. Dieffenbach (1) eut également de bons résultats dans plusieurs cas.

Sicherer (2) fit la même opération à l’aide de la scie d’Heim, pour un ostéosarcome: Pitha (3), pour un fibroïde, J. F. Heyfelder (i), une fois pour une nécrose, une fois par un cancer.

1 tT cas. — Johann Lappis, âgé de neuf ans et demi, fut attaqué, à la suite de l’administration d’une forte dose de calomel, d’une nécrose de tout le bord alvéolaire gauche. En mars 1842, l’os nécrosé, dont toutes les dents étaient déjà tombées, fut détruit et enlevé à l’aide d’une pince à os tranchante: De la sorte les parties molles furent respectées. La guérison fut rapide et si complète que c’est à peine si cinq ans plus tard il y avait une légère déformation et une perte de fonctions moins importante encore.

2 e cas. —Peter Eichler, âgé de soixante-six ans, est atteint d’un cancer du maxillaire inférieur et du bord alvéolaire du maxillaire supérieur gauche. Ce bord, ainsi que le bord libre du maxillaire inférieur, fut enlevé avec la pince à os de Liston, et la moitié gauche du maxillaire inférieur désarticulée. Pour se donner accès, »on pratitiqua une incision de la peau le long des bords externes et inférieurs des parties montante et horizontale du maxillaire inférieur.

Après l’opération, le malade se trouva dans un bon état ; mais il mourut le cinquième jour d’une tumeur naissant de la partie postérieure du sternum et environnant les groé vaisseaux, la trachée et le larynx.

Langenbeck fit la même opération chez un homme de trente-cinq ans pour un sarcome situé à droite. Incision de la joue sans division de la lèvre; ablation de l’os avec la scie de Larrey. Hémorrhagie primitive ; deux hémorrhagies consécutives. Réunion secondaire. Renvoyé guéri au bout de quatre semaines.

Wilms extirpa à un homme de cinquante-six ans, pour un cancroïde, la partie postérieure dé l’apophyse alvéolaire avec la pince à os de Velpeau et le ciseau, en faisant l’incision de la joue. Guérison par première intention. Cicatrisation de la plaie de l’os en dix semaines.

(1) Schmidt’s Jahrb., Suppl., Bd. II, S. 266.

(2) Hamb. Zeitschr. f. d. G. med.. Bd. Vil, S. 145.

(3) Prag. Vierleljahrssch., 1849, H. I, S. 131.

(4) Loc.-cit., S. 18 u. 26.

2° Ablation du bord orbitaire.

Toutes les opérations précédentes ont été pratiquées sur le bord alvéolaire ; l’ablation du bord orbitaire est plus rare ; et par suite de son peu de longueur, ce bord n’est jamais enlevé sans qu’on enlève en même temps le bord orbitaire de l’os zygomatique. Le procédé est le même pour les deux opérations. Ôn peut placer ici les cas suivants :

Dietz (1) enleva, en 1834, pour un cancer, la paupière inférieure et le globe . de l’œil, et réséqua à l'aide de la scie-couteau une partie du bord orbitaire inférieur attaquée de carie secondaire.

9. J. F. Heyfelder(2)enleva tout le bord inférieur de l'orbite chez un enfant <dë quatre ans, à.l’aide delà pince à os de Liston et du ciseau, après avoir extirpé une tumeur cancéreuse attenante à ce bord et le globe oculaire dégénéré II divisa les parties molles par une incision en forme de demi-lune à convexité tournée en bas, se terminant à l’angle externe de Fœil droit. Mort par suite de cancer du cerveau.

Partridge (cf. The Lancet, 1852, vol. II, p. 176) fit dans un cas, pour un enchondrome, la résection du bord osseux.

Les indications pour l’ablation des bords libres du maxillaire supérieur sont : leur nécrose, leur carie, des tumeurs de bonne nature qui leur sont attenantes. L’abla- < tion même des tuméurs de mauvaise nature qui ne s’étendent pas en dehors de ces bords libres peut donner des résultats excellents. Toutefois il faut bien savoir qu’on n’obtient qu’une guérison palliative, et que tôt ouiard on ; sera obligé de pratiquer une opération plus considérable.

OPÉRATION

Premier temps. — Dénudation de l’os. — L’ablation des

(1) Ried, lôc. cit., p. 143.

(2) Loc. cit., p. Il:

points -libres du bord alvéolaire n’exige ordinairement aucune division des parties molles. Au contraire, pour rendre accessible le bord orbitaire inférieur, il faut, suivant l’étendue du mal, pratiquer une incision droite ou courbe partant de l’angle externe de l’œil ou parallèle à la paupière inférieure, sur l’extrémité ou sur le milieu de laquelle on abaisse une longue incision perpendiculaire.

Deuxième temps. —Ablation de l’os. — Lorsque le mal n’a pas fait déjà tomber les dents, on peut les arracher sur la limite de la lésion. La partie osseuse malade peut être enlevée par une incision en forme de ou de i—>, ou de V, pratiquée; dans les parties saines, à l’aide du ciseau, d’une petite scie, ou préférablement de pinces à os tranchantes. Lorsque le mal a une circonférence assez considérable ou que les os sont très durs, l’ostéotome trouve alors son emploi.

Le pansement et le traitement consécutifs sont les mêmes que dans les autres résections du maxillaire supérieur. '

3° Ablation de l’apophyse nasale.

Vogel raconte, d’après Paget ( loc. cit., p. 98) une résection de l’apophyse nasale et de l’os nasal, pour une tumeur graisseuse attenante à ces deux os. Langenbeck, pour parvenir à enlever des tumeurs des fosses nasales, a réséqué trois fois l’apophyse nasale du maxillaire supérieur.

1. Une femme, âgée de cinquante ans. Carcinome des parties internes du nez. de l’apophyse nasale, des os nasaux et des cornets supérieur et moyen, à gauche. Résection le 2 novembre 1854. Application du fer rouge. Perte de sang insignifiante. Erysipèle de la face et réunion par première intention, seulement partielle. Guérie le 17 novembre, et renvoyée sans difformité.

2. Enfant âgé de quatorze ans. Enchondrome de l’os ethmoïde avec participation à la maladie de l’apophyse nasale gauche et de l’épine nasale postérieure. Opération le 14 novembre 1848. Réunion par première intention. Troubles du côté du cerveau.

Renvoyé guéri au commencement de décembre.

3. Femme âgée de soixante-huit ans. Polype des fosses nasales. Opérée trois fois par Chelius, trois fois par Langenbeck. Ce dernier lit en juin 1854 la résection de l’apophyse nasale et enleva radicalement le polype muqueux. Guérison durable.■

Langenbeck fit l’opération de la façon suivante :

L’incision de la peau, commencée au-dessous de l’extrémité interne des sourcils, continuée en ligne courbe sur le dos du nez et de là en bas a la naissance de l’aile du nez, est prolongée, autant qu’il en est besoin, dans le pli du visage qui se trouve en avant de la joue. Après la formation de ce lambeau, on incise le cartilage du nez à son implantation sur l’os, on introduit par cette ouverture au-dessous de l’implantation du cornet inférieur, une scie de Larrey, courte, mince et solide, et on la conduit le plus près possible de cet os y obliquement en haut et en dehors, vers là région du sac lacrymal, puis de là directement en haut, en comprenant dans la section une partie de l’os unguis; enfin on se dirige vers la racine du nez et de là en bas, pendant qu’on incise l’articulation avec l’os nasal ou qu’on la scie.Dn peut encore conduire la dernière Jncision de bas en haut, pendant qu’on réapplique la scie en bas. Alors l’apophyse, nasale du maxillaire supérieur et une portion de l’os unguis, une partie de l’os nasal et du cornet inférieur se trouvent détachées, de sorte que tout l’intérieur de la cavité nasale, les sinus sphénoïdaux et la partie inférieure du corps du sphénoïde sont accessibles à l’inspection et aux instruments. L’hémorrhagie est peu considérable, et la destruction du canal et du sac lacrymal ne trouble aucune fonction importante.

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