RÉFLEXIONS SUR LE RAPPORT DE
» Cette expérience personnelle, je viens la leur offrir, monsieur le Président. Je propose de faire voir, sur des personnes que j’ai actuellement à ma disposition , des faits concluants en faveur du magnétisme. Ce moyen me semble plus rapide et plus sûr que celui qui consisterait à magnétiser successivement plusieurs membres de l’Académie , comme on a proposé de le faire (1).
» Ma croyance au magnétisme n'est point le fruit de l’enthousiasme ou d’un examen superficiel, mais de plusieurs années d’expériences et de méditation. Convaincu d’aillenrs que ces faits, quelquç merveilleux qu’ils paraissent d’abord, n’ont rien, lorsqu’on y réfléchit, de contradictoire à la physiologie bien comprise, qu’ils viennent l’éclairer, au contraire, et fournir à la thérapeutique de précieuses ressources, j’ai pensé qu'en appelant sur eux l’attention des médecins dans un cours public, je servirais la science, la médecine; et je ne crois pas moins les servir encore aujourd'hui en offrant à l’Académie les moyens de s’éclairer de nouveau sur ce sujet, si elle le juge convenable.
» J’ai l’honneur, etc. »
L’Académie, après une courte délibération, désigna pour commissaires les ennemis les plus déclarés du magnétisme, les Roux, les Bouillaud, les Cornac, les Dubois (d’Amiens), etc.
Pauvre monsieur Berna! vous voilà au milieu de vos pairs; tout à l'heure ils vont vous fustiger d’importance, et comme un écolier rebelle, vous sortirez de l’école tout meurtri : votre chute vaudra à vos persécuteurs des honneurs, des décorations, une faveur, enfin, qu’on accorde au mérite;
(i) 11 fallait, au contraire, procéder ainsi, faire ce que précédemment j’avais fait, mettre dans l'état magnétique un des membres de la commission les prendre daus leur propre piège.
COURS DK MAGNÉTISME.
et vous, mon très cher, honteux et confus, vous jurerez , un peu tard, qu'on ne vous y jrrcndra plus.
Bref, Messieurs, un rapport eut lieu sur les expériences de M. Berna. Ce fut M. Dubois (d’Amiens) qui le rédigea : ce médecin saisit cette occasion de montrer son génie inventif; il crucifia le magnétisme, le mit sur la claie et l’abandonna aux chiens. Peut-être même M. Dubois était-il allé trop loin; l’Académie ne dédaigne point le scandale, mais en tant seulement qu’il ne franchit point l’enceinte des débats, et pour me servir d’une expression vulgaire, on lave son linge sale en famille. .
On pouvait, d'ailleurs, connaître d’avance le jugement qui seraitporté sur le magnétisme, l’opinion de M. Bouillaud était connue. Ce même homme n’avait-il pas écrit, dans un Dictionnaire de médecine, quarante-cinq pages de plaisanteries sur ce qui lui semble les ridicules, les absurdités, les extravagances, les tours de passe-passe magnétiques (1).
Le président de cette commission s’était écrié avec colère: Il faut en fuir avec le magnétisme.
Le secrétaire n’avait-il pas déclaré, dans une profession de foi, qu’il se met en état d’hostilité contre les magnétiseurs.
Je m’arrête. Messieurs ; il faudrait publier, pour votre édification, trop de pièces et de discours, vous donner en entier d’abord tout ce que M. le docteur Berna a publié pour sa Justification. Mais si vous voulez être au courant de toute cette affaire, il faut lire le rapport de notre antagoniste déclaré, M. Dubois (d’Amiens), et la réponse que M. le docteur Husson crut devoir y faire, fies documents sont essentiels, ils sont d’ailleurs officiels, et doivent trouver leur place dans toute bibliothèque magnétique.
Tenant peu de compte des faits positifs, négligeant à dessein tout ce qui pouvait mettre sur la voie de la vérité, dénaturant ce qu’il ne peut détruire, mentant enfin à fins-
(i) Dictionnaire de médecine et chirurgie pratiques, t. XI, p. 299.