‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 32 sur 59 · LETTRE. — A MONSIEUR DU POTET · texte numérisé non relu

LETTRE. — A MONSIEUR DU POTET

Votre satisfaction, mon citer maître, égalera la nôtre, quand vous apprendrez de quels succès sont couronnés mes soins et mes efforts pour la guérison de cette pauvre malade de Grainville-Ymauville, que nous visitâmes ensemble pendant les courts instants que vous passâtes chez nous l'été dernier. Cette cure, commencée dans un de ces élans de charité qui nous sont inspirés par le ciel, semblait une entreprise bien téméraire à tout le monde, même à ceux qui uvaieut le plus de confiance dans la puissance magnétique. Je ne saurais dire où j’avais puisé tant d’assurance, et cet espoir de réussir qui se changea pour moi en certitude quand je vous vis le partager. Quel bonheur ressentit toute cette famille, épuisée de veilles et de sacrifices pécuniaires, quand elle entendit ces paroles sorties de votre bouche , cette prédiction échappée de votre âme et que chaque jour écoulé depuis lors concourt à réaliser: « Prenez courage, Eugénie, vous touchez aux termes de vos souffrances, la vie va rentrer dans vos membres paralysés ; mettez votre confiance en Dieu et dans les efforts énergiques de l’homme qui se dévoue pour vous sauver! »

Depuis six ans, vous le savez, cette pauvre fille, paralysée des bras, des cuisses, des jambes et de la vessie, n’avait pas quitté .son lit; la mort semblait lui remonter d’en bas vers le tronc, en même temps qu elle assiégeait le cerveau par trente-cinq ou quarante crises journalières d’épilepsie, accompagnées de salivations spumeuses, de convulsions dans ln tète et le cou où se concentraient les restes de la faculté de mouvement, et suivies d’évanouissements semblables à

line entière cessation île la vie. Et, pour compléter le tableau, privation totale de sommeil, impossibilité d’avaler et de prendre la plus légère nourriture durant des mois entiers; torpeur morale, interrompue quelquefois par des larmes, desombres pensées ou un désespoir profond. Telle était, depuis six années, la série des désordres et des souffrances qu’endurait ce pauvre corps, malgré tous les efforts de la médecine. Les médecins ne s'étonnaient que d'une chose, c’était de voir persister cette triste existence à laquelle, selon eux, chaque crise aurait dû mettre fin

Eh bien! mon cher maître, après deux magnétisations, la malade dormait des nuits entières d'un sommeil naturel et paisible; en moins de quatre mois, les attaques d'épilepsie avaient disparu, la vessie faisnit ses fouctions. Le cinquième mois, la sensibilité et le mouvement étaient revenus dans le côté droit et s’annonçaient comme très prochains dans le côté gauche. L’affaissement moral avait disparu pour faire place au sentiment d’une douce espérance; la faculté de lire, de converser, évanouie depuis deux ans, reparaissait dans toute sa plénitude; l'eau dont les tissus étaient remplis disparaissait peu à peu par absorption; l'enflure de la face et celle du ventre diminuaient sensiblement.

Voilà le point où nous sommes arrivé, par les efforts énergiques d'une volonté puissante, par d'abondantes émissions de fluide vital répétées deux fois par jour, pendant les trois premiers mois; mais, je vous l’affirme, sans l’emploi d'aucune substance médicinale, sans autre secours de la chirurgie qu'une saignée tous les vingt-cinq ou trente jours, ainsi que l'habitude eu était prise des longtemps.

Four le cas où vous jugeriez utile à la propagation du inaguétisme, comme moyen thérapeutique, de faire connaître celte cure dans tous ses détails, je vous transmets ci-après l'extrait de mon journal.

COUKS DE MAGNÉTISME.

Origine cl cours de la maladie. — Eugénie Morel, fille de l’instituteur de la commune de Grainville-Ymauvilfe, est née en mai 1818, et est âgée aujourd’hui de trentetrois ans.

Jusqu’en 1829, sa santé fut assez bonne; tuais, à cette époque, elle eut une affection intestinale qui dura trois mois, lui laissa de la faiblesse et altéra sensiblement sa constitution. En 1831, elle éprouva une violente attaque de choléra et resta quatorze heures sans connaissance; la convalescence dura cinq ou six jours. En 1833, au mois de juin, elle fut prise d’une hémorrhagie qui ne put être arrêtée qu’au bout de huit jours. C’est de cette époque que date l’invasion de la maladie actuelle.

Eugénie a été traitée pendant dix-huit mois pour maladie de poitrine, ensuite pour maladie du cœur pendant plusieurs aimées, enfin pour maladie de la moelle épinière.

Les saignées mensuelles qui faisaient la base du traitement suivi par les médecins ont été pratiquées sans que lu malade en fût amaigrie ni plus affaiblie, sans que son tempérament en fut dérangé, quoique chaque année sa position se compliquât à plusieurs reprises par des fièvres de quatorze ou de vingt et un jours.

En 1843, au mois de février, les deux jambes furent atteintes d’une paralysie qui, après quarante jours, céda à des frictions de cantharides.

En février 1844, nouvelle paralysie des deux jambes, laquelle disparut au bout de trois mois, par l'emploi d’excitants très actifs en pilules et en frictions.

Au mois de janvier 1846, la jambe gauche est paralysée pour la troisième fois ; en février, ce fut le tour de la jambe droite, et, depuis lors, l’une et l'autre sont restées sans aucun mouvement.

En 1847, d’affreuses douleurs se font sentir le long de la

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colonne vertébrale et clans la tête; on tente inutilement, par tous les moyens connus, de calmer ou de déplacer le mal.

Au mois d’août 1868,1a paralysie envahit le bras gauche, et en septembre le bras droit.

En mars 1869, la cuisse gauche perd la sensibilité et le mouvement; en juin, la vessie se trouve complètement paralysée, et, depuis lors, la malade n’a pu retenir son urine, qui ne cesse de couler à son insu. Le 17 décembre, les attaques d’épilepsie se déclarent, d’abord par de longs évanouissements, ensuite par de terribles convulsions, au nombre de soixante par jour et de vingt pendant la nuit. L'emploi du sulfate de zinc, du bien de Prusseet de diverses autres substances vénéneuses, administrées à doses plus ou moins fortes, ne produisent ni soulagement, ni guérison ; toutefois, au bout d’un an, le nombre des crises est réduit à quarante-cinq ou cinquante dans les vingt-quatre heures. Les médecins, regardant le mal comme incurable, se bornent à l'emploi des calmants, annoncent que la mort est inévitable et prochaine. Ils ne continuent les saignées mensuelles qu’en cédant aux prières de cette pauvre fille et aux larmes de ses malheureux parents.

Ce serait un trop long détail que d’énumérer les quantités de médicaments absorbés par la malade, les substances diverses qui lui furent administrées et les différents régimes auxquels elle fut soumise. Il suffira de savoir qu’elle a été saignée quatre-vingt-cinq fois, et qu’elle a subi cent douze applications de cautères ou de vésicatoires. Et pourtant, les habiles médecins qui suivirent cette interminable agonie sont renommés par leurs succès. Ils firent dans cette circonstance, comme toujours, tout ce que pouvaient leur inspirer leur dévouement pour leurs malades et leur compassion pour les malheurs de la famille Morel ; mais, pourcombattre tant de causes de destruction, ils n’avaient d’autre arme que

COURS DE MAGNÉTISME

la fausse science des écoles et des académies ; la décou- ' verle de Mesmer, ou leur était inconnue, ou ne leur inspirait point de confiance. Combien d est regrettable que les médecins, qui jouissent à juste titre de la confiance du public, ne se hâtent point d'examiner les faits magnétiques et de constater s'il est réel ou si nous nous abusons quand nous disons que Dieu nous a doués d'une vue intérieure qui se manifeste par l'acte magnétique, qu’il a accordé aux êtres souffrants l'instinct des remèdes utiles à leur conservation. Mais puisque les savants ne veulent point admettre les facultés mystérieuses que développe le magnétisme, c'est donc à nous, pauvres desprit, qu'il appartient de travailler au triomphe de la vérité, et de faire qu'il retentisse dans l'univers par les hymnes d'actions de grâces qu’adresseront à l’Éternel des milliers d’indigents arrachés aux souffrances par nos soins et revivant de notre vie.

Traitement magnétique. — Le 2 U juin, jour de Saint Jean, à neuf heures du soir, première magnétisation d’une demiheure, qui procure quatre heures de sommeil pendant la nuit. A dater du 25, deux magnétisations par jour, d'une heure environ, à deux heures et à neuf heures du soir. Bientôt il en résulte cinq à six heures de sommeil toutes les nuits. La malade fait preuve tout d’abord d’une grande sensibilité magnétique. Le magnétiseur excite facilement des commotions en dirigeant ses doigts en pointes sur diverses parties du corps de la malade. Bientôt elle devient lucide et déclare qu’elle voit de [eau dans la moelle de l'épine de son dos; qu’il faut lui appliquer deux cautères au-dessus des épaules ; quelle a du sang dans l'estomac, de l’embarras dans le ventre, un grand tremblement dans le cœur; qu'il ne faudra pas tarder à la saigner.

Plusieurs fois les médecius avaient eu la pensée d’employer les cautères, mais l’état de la malade, toujours cou-

chée sur le dos, s'opposait, selon eux, à leur application, qui aurait pu amener de graves accidents. Ils regardent cette prescription somnambulique comme une réminiscence de ce que la malade a entendu dire autour d'elle et se refusent de l’accomplir.

Vers le 10 juillet, la lucidité se développe : Eugénie voit au loin, chez ses frères, instituteurs établis au delà de Rouen, à plus de quinze lieues; chez le vicaire de sa paroisse, au domicile de son magnétiseur, etc.; elle précise l’heure; elle indique le nombre de personnes admises dans sa maison pendant son sommeil et de celles qui en sortent. Elle voit un couteau enfoui dans le verger depuis plus d’une année, elle indique l'endroit où il est, et son père l'y retrouve en présence de plusieurs témoins. A la fin du mois les passes, toujours dirigées sur l’abdomen et sur les membres sans mouvement, font éclater des crises entièrement semblables à celles de l'épilepsie à son début, mais sans écume à la bouche. Ce corps, privé de mouvement, se dresse par l’impulsion magnétique, retombe violemment sur les coussins qu’on a soin de lui opposer, se dresse de nouveau etcontinue à s'agiter ainsi jusqu'à ce que le magnétiseur intervienne pour rétablir le calme et décider le réveil. Endormie, la malade indique le temps qu'il faut la laisser en crise, les aliments dont on doit lu nourrir; elle ne vent pour boisson que de l’eau magnétisée, qui devient purgative à la volonté du magnétiseur et selon l’instinct de la malade.

Déjà les vraies attaques d'épilepsie ont diminué de moitié en nombre et en durée, la vessie commence à mieux fonctionner; mais la lucidité s'affaiblit, la malade ne voit (tins au loin, elle n'a de perceptions somnambuliques que pour ce qui concerne son état et ses organes. Le sommeil naturel a disparu , elle passe ses nuits entières sans dormir. Le 14 août, dans le sommeil magnétique, elle annonce que

COURS DF. MAGNÉTISME

le 26 sa lucidité reviendra, et qu’à dater du même jour elle aura de bonnes nuits.

Magnétisée le 27 août par M. du Potet, elle déclare de nouveau qu’elle a de l'eau dans la moelle de l’épine dorsale, qu’il y faut des cautères, qu'elle sera encore deux mois sans ressentir ses jambes, et qu’elle pourra s’en servir dans sept ou huit mois.

Au 1" octobre, les résultats suivants sont constatés : cessation totale des attaques d’épilepsie et des évanouissements, disparition de la bave écumeuse, guérison complète de la vessie, amplitude de l’organe de la voix qui avait perdu de sa force dès longtemps; l’estomac cesse d’éprouver les dégoûts et les caprices qui rendaient si difficile l’alimentation de la malade; lu physionomie devient plus mobile, elle s’illumine d’une lueur de l’espérance qui a pénétré dans cette âme si cruellement éprouvée.

Le magnétiseur essaya plusieurs fois, et avec un plein succès, à agir sur la malude il travers des cloisons qui n’arrêtaient ni n'affaiblissaient l’effet magnétique; pour suppléer les cautères demandés avec tant d’instance par la malade, le magnétiseur, après une magnétisation palmaire de la région dorsale, appliquait au-dessous des épaules deux cautères fictifs, au moyen de deux doigts de sa main pressant en pointe de chaque côté de l’épine : il en résultait promptement la chaleur d’une brûlure que la malade ressentait après être réveillée, et dont elle souffrait plusieurs jours de suite.

Le 1 5 octobre, la malade, endormie, annonce que, le 27 , la sensibilité renaîtra dans le côté droit; le 25, interrogée de nouveau, elle recule ce terme jusqu'au 3 novembre, par compensation mentale des jours où elle n’avait pas été magnétisée. Elle annonce en outre que, le 10 novembre, le mouvement renaîtra à droite, quelle remuera le bras et la jambe, mais faiblement.

• PUOCKDÉS MAGNÉTIQUES.

Le 3 novembre, à une heure après midi, Eugénie éprouve un violent tremblement qui dure trois quarts d’heure; c'est en ce moment que la sensibilité apparat!, c'est depuis lors quelle sent lorsqu'on touche son bras et sa jambe droite. Le 10 novembre, le même phénomène se renouvelle pour le retour de la faculté du mouvement : à midi et demi, un grand tremblement se déclare, une heure après la malade remue le bras et la jambe du côté droit.

Le retour de la sensibilité et celui du mouvement avaient été précédés par de violentes douleurs dans les os et dans les jointures; pendant plusieurs jours, les épaides et lu région lombaire ont été le siège des mêmes douleurs qu'au début de la maladie. Ne pourrait-on pas comparer le magnétisme à un esquif qui aurait reçu la sauté à son bord, et qui, la reconduisant comme un souverain détrôné aux lieux dont elle fut bannie, remonterait avec elle le courant du mal et lui ferait toucher successivemeut tous les rivages où elle régnait jadis?

Ainsi donc, tout ce que la inulade avait annoncé dans le sommeil magnétique se réalise à jour fixe. Pour les voisins, la somnambule est infaillible, ils furent tous témoins de ses prédictions; elle leur a donné rendez-vous pour leur serrer la main, ils y viennent en foule, pleins d’une douce émotion et de reconnaissance pour les dons de la Divinité.

Le 12 novembre, la malade, endormie, annonce les faits suivants : Le mouvement du bras droit sera entièrement libre le l*r décembre, ainsi que celui de la jambe; elle pourra tenir un livre et tourner les feuillets. Cinq jours plus tard, elle se servira de sa main pour porter la nourriture à sa bouche. La sensibilité reviendra à gauche dans les premiers jours de décembre, et le mouvement le 15 du même mois. La guérison complète sera encore longue, elle exigera au moins un an. Il y a toujours de l’eau dans la moelle épinière, il faudra des cautères, on n’a que trop tardé. Vers la fin

COURS DE MAGNÉTISME

de décembre, on pourra la tirer du lit et l'asseoir sur un fauteuil ; mais elle se trouvera mal les premières fois. Elle marchera le 1" avril dans sa chambre, mais bien peu; au mois de mai, elle pourra se promener dans le jardin, mais avec l’aide d’un bras. Dans le mois de janvier, il faudra continuer les magnétisations, mais de deux jours l’un, à peu près; les époques de la saignée pourront être plus espacées.

Voilà, mon cher maître, le narré fidèle de tout ce qui s’est passé depuis le 2 6 juin jusqu’à ce jour, 18 novembre. Les personnes charitables qui désirent soulager les êtres souffrants, et de préférence, comme cela doit être, les indigents, pourraient peut-être en tirer quelque utilité. C’est à nos frères en charité que je dédie cet exposé; s’il leur sert de guide, il les confirmera dans la volonté de faire le bien, puisqu'il prouve qu’on ne doit pas désespérer de réussir, alors même que la maladie est ancienne et remonte à plusieurs années.

Je ne saurais, en finissant, m’empêcher de faire un retour sur moi-même pour constater, une fois de plus, par quelles voies impénétrables s'accomplissent les desseins de la Providence. Après s’être servie de moi pour conduire à l’ennemi et à la mort tant de braves soldats, elle a voulu que, frappé par votre parole, éclairé par vos écrits, je consacrasse les dernières années d’une vie de périls et d’angoisses, et ce qu’elle m'a laissé de forces, à ranimer des existences presque éteintes ; encore a-t-il fallu, pour que cette voie de compensation d’un peu de bien pour beaucoup de maux me fût ouverte, que la justice des hommes sortit de son prétoire et fiât rendue dans une arène politique, au foyer de l’intrigue des rivalités et des haines de partis.

P.-S. Je vous adressai, avant-hier matin, un long détail de faits magnétiques relatifs à Eugénie Morel, de Grainville- Ymauville. Voici un fait nouveau qui m’a paru mériter de

faire suite aux autres etd’étre porté à votre connaissance.

Aujourd’hui, à quatre heures, je trouvai toute celte pauvre famille consternée. En voici la cause. Hier, à huit heures du soir, Eugénie s’était trouvée fort inal à son aise ; on s’aperçut bientôt qu’il n’y avait plus de sensibilité dans Ja jambe droite et que la faculté de mouvement dans le bras du même côté était de beaucoup diminuée. La malade, fort inquiète, avait peu dormi, ses parents n’avaient pas fermé l’œil. Je me hâtai de questionner Eugénie dès que le magnétisme eut produit son effet et que je fus parvenu à lui desserrer les mâchoires. Voici notre dialogue :

D. Comment vous trouvez-vous?

B. Pas trop bien.

D. Que sentez-vous d’extraordinuire?

B. Beaucoup de roideur dans le bras droit et dans la jambe.

En ce moment je touchai son bras droit, dont la rigidité était extrême, il est à remarquer que, depuis que ce bras a reconquis la sensibdité et le mouvement, il ne participait point aux raideurs et aux tremblements qui continuent dans la partie gauche.

D. Quelle est la cause de ce changement?

B. Une forte pression.

D. Que faut-il faire pour y remédier?

B. De fortes frictions.

D. Cet accident returdera-t-il votre guérison?

B. Oui.

D. De combien de temps?

B. De huit jours.

Voici l’explication. La mère Morel avait la veille, après mon départ, et vers les cinq heures et demie, posé sur les pieds de sa fille, pour les tenir chauds, une espèce d’oreiller,

coins DE m vi.nF.tismk.

un gros coussin bourre de grosse laine et qui m’a paru devoir peser 2 ou 3 kilogrammes. Ce coussin était reslé sur les pieds de la malade jusqu'à neuf heures du soir; la pression avait donc dure près de quatre heures, elle avait refoule la sensibilité et sans doute contracte les nerfs du mouvement, qui n’avaient retrouvé de la vie que depuis le 10 du mois, c’est-à-dire depuis huit jours. J'ai fuit placer tout de suite sur le lit une espèce de dôme de cerceaux qui garantira les jambes île toute espèce de choc ou de pression. Un pareil fait peut éclairer sur les précautions à prendre en pareil cas, comme sur les soins que réclament les êtres dont les organes sont en train de ressusciter.

Voici, mon cher maître, un second post-scriptum au narré de la cure d’Eugénie Morel :

Hier 21, h cinq heures du soir, elle a été examinée dans l'état de sommeil magnétique, par les médecins, qui ont reconnu que l’amélioration de la santé générale, la disparition des désordres nerveux, permettaient le traitement de la maladie épinière par l’emploi tles cautères, annonçant qu’ils en poseraient deux dimanche prochain.

La malade, endormie, a répété devant le médecin tout ce qu’elle n’a cessé de dire sur son état et sur les voies de sa guérison.

On lui demanda si, en la magnétisant deux fois par jour, sa guérison irait plus vite, elle répondit :

« Presque pas, cela n’en vaut pas la peine; il y faut du temps. *

Mille amitiés.

Général Cubières.

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