‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 34 sur 59 · DE LA MAGNÉTISATION INTERMÉDIAIRE · texte numérisé non relu

DE LA MAGNÉTISATION INTERMÉDIAIRE

« L'action et la vertu du magnétisme animal, avance Mesmer (1), peuvent être communiquées à d'autres corps animés et inanimés. >

Nous désignerons ce mode d'action sous le nom de magnétisation intermédiaire; il résume pour nous les différents auxiliaires du magnétisme, et consiste à faire concourir au soulagement des malades des corps magnétisés faisant l’office de conducteurs ou de véhicules de l'agent curatif. Ce procédé n'était pas étranger aux médecins hermétiques qui, comme le chevalier Dighy et Santanelli (2), imprégnaient leurs magistères du fluide universel répandu dans la nature. Maxwell affirme qu'il y a des corps susceptibles de conserver l’esprit vital qu'on y accumule : « Nam sicut » lapis ferra fortificntur et quodam modo nutritur, ita sont » qui spiritum vitnlein apprehensum custodiunt , donec » alteri curam ipsins commutant (3). »

L'expérience nous a démontré que les corps inanimés peuvent recevoir et propager l’influence magnétique, suivant leurs propriétés moléculaires. Quant aux animaux, nous savons «qu'ils ressentent, ainsi que l’espèce humaine, l’impression du magnétisme, mais nous les croyons incapables de transmettre notre fluide tel que nous le leur avons

(i) Proposition II. (Voy. p. 3io.) (□) Thcntre sympathique,

(3) De meàic. magnet.y cap. i3.

communiqué; il devra nécessairement se modifier en s'assimilant au leur. Cette opinion, du reste, est appuyée sur celle de Bruno (l), qui cherche à prouver que tout individu d’une espèce différente de l'homme « devra, par la communication de son mouvement, troubler plus ou moins le mouvement imprimé par le magnétiseur. » « Je me suis assuré, disait Mesmer, que quelques corps animaux ont une propriété tellement opposée à mon principe, que leur seule présence détruit tous les effets du magnétisme animal (2). » Bruno (â) et le docteur Despine (4) appuient cette allégation en déclarant que le chat est, de tous les animaux, celui qui contrarie le plus l’action magnétique. Les chiens, surtout ceux à longs poils, sont d’un contact moins défavorable. Sans vouloir apprécier ici l'action du fluide des animaux sur l’homme, nous agirons avec une sage réserve en nous abstenant de leur usage comme corps intermédiaires eqtre le magnétiseur et ses malades.

1® Par les arbres. — La magnétisation par les végétaux, ou phytomagnétisation, offre de grands avantages, si nous nous en rapportons à l'expérience des magnétiseurs qui ont eu recours à cette méthode. « Après l'homme et les animaux, dit Mesmer (5), ce sont les végétaux et surtout les arbres qui sont les plus susceptibles au magnétisme animal. » Deleuze (6) regarde ce procédé comme le plus puissant et le plus salutaire pour renforcer l’action du magnétisme. « Mon arbre, écrivait Puységur (7), est le meilleur baquet possible; il n’y a pas une feuille qui ne

(i) Principes et procédés, t. I, p. 1 94-

(а) Observ. sur le magnét., par d'Esloo, p. i5.

(3) Ouvrage cité, 1. 1, p. 191.

(4) Observ. de méd. prat ., p. 45, 57, 63.

(5) Aphor. 3o4.

(б) Hist. crit. du magnét., t. I, p. las.

(7) Mémoires pour servir à l'établissement du magnétisme animal , 3* édition, 1820, p. 26.

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communique la santé. » Le docteur Roullier décrit (1) les effets salutaires que l’on retire de la magnétisation des végétaux, dont la circulation vitale se trouve, suivant lui, renforcée parle magnétisme, et dont la végétation devient plus vigoureuse.

Le choix d’un végétal n'est pas indifférent, d’après le témoignage des praticiens; ils donnent la préférence, parmi les arbres, à l’orme, au frêne, ail tilleul et au chêne. « Le noyer, malgré un préjugé vulgaire, avance Roullier (2), n’a point été nuisible; mais il faut bien se garder de faire toucher à des malades le figuier, l’if, le laurier-rose, etc. » Parmi les arbustes utiles, on place au premier rang le myrte et l’oranger.

Les plantes n’étant généralement considérées que comme dépositaires du fluide vital, rentrent dans la classe des corps inanimés dont nous allons nous occuper. Si nous n'insistons pas davantage sur l’utilité de la phytomagnétisation, c’est que la direction de nos études ne nous a pas permis d'apprécier la valeur de ce procédé, qui ne doit, du reste, exercer d’influence que sur des somnambules ou des malades d’une grande sensibilité magnétique. L’examen approfondi des traitements du marquis de Puvségur, à Buzancy, ne nous permet pas de rattacher uniquement à l’influence de son arbre magnétisé les nombreuses guérisons que l’on y a constatées; il faudrait alors récuser i’efficacité de la chaîne et de la magnétisation directe dont on faisait, usage pour la plupart des maladies (3). Nous accorderons aussi clans ces effets une juste part à la puissance de l'imagination,nécessairement très excitable chez de pauvres infirmes dont la foi robuste envisageait cette médication nouvelle comme le terme de leurs souffrances. L’instinct d’imitation

(l) Exposition physiologique, p. S~ ■

(j) Exposition physiologique, p. 5>).

(3) Mesmer, aphor. 3of. — üeleuze, ht t. prof., p. 81. — Pnységnr, Mémoires, p. 47-

ne devait pas non plus être sans effet sur des personnes dont le nombre s’élevait quelquefois à plus de cent trente.

« Pour magnétiser un arbre, explique Deleuze (1), on commence par l'embrasser pendant quelques minutes; on s'éloigne ensuite, et l’on dirige le fluide vers le sommet et du sommet vers le tronc, en suivant la direction des grosses branches. Quand on est arrivé à la réunion des branches, on descend jusqu'à la base du tronc, et l’on finit par magné* tiser la terre h l’entour, pour répandre le fluide sur les racines. Quand on a fini d'un côté, on fait la même chose en se plaçant du côté opposé. Cette opération, qui est l'affaire d’une demi-heure, doit être répétée quatre ou cinq jours de suite. On attache à l'arbre des cordes pour servir de conducteurs. »

Cette méthode était celle de Mesmer, qui , d'après sa Théorie des pôles , insiste seulement sur la position que doit

Expérience do baquet, d'après une estampe de 1775,

observer le magnétiseur. Il se servait ordinairement d’une tige de fer ou d’une canne.

(l) Deleuze, Inst. prat. surit magtt. anim., 1 853, noav. édit., p. 69.

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Par le baquet. — Dans les traitements magnétiques, on donnait le nom de baquet à une grande caisse de bois, d'une forme arrondie, qui contenait des bouteilles remplies d’eau magnétisée, et disposées symétriquement sur une ou plusieurs rangées; les iuterstices étaient comblés par du verre pilé, de la limaille de fer, ou autres corps auxquels Mesmer attribuait certaines vertus, suivant leur densité. On remplissait ensuite la cuve d’eau, à une hauteur suffisante pour couvrir les bouteilles (1). On faisait aussi des bacpiets sans eau, en remplissant l’intervalle des bouteilles avec du verre, de la limaille, du mâchefer et du sable. Des conducteurs métalliques, adaptés à ces réservoirs, servaient à établir des courants, que l’on dirigeait ensuite sur les organes malades (2).

Nous n’entrerons pas dans de plus grands détails sur ce moyen thérapeutique dont l’utilité ne nous est pas démontrée, devant les immenses ressources de la magnétisation directe et les avantages de la chaîne magnétique.

Par la chaîne. — On appelle chaîne magnétique la réunion de plusieurs personnes se tenant mutuellement les mains et se touchant même par les pieds ou les genoux, sous la direction d’un magnétiseur (3). Quand la chaîne se compose d’individus sains et bien portants, exerçant leur influence sur un on plusieurs malades, elle porte le nom de chaîne communicative (k). On désigne sous le nom de chaîne active cellequi est formée de malades agissant respectivement les uns sur les autres (5). Ce dernier procédé, auquel Mesmer avait généralement recours, devait contribuer singulièrement au développement des crises, souvent contagieuses

(l) Inst, prat., p. 80.

(ï) Aphor. apG et 297,

(3) Deleuze, Hist.crit., t. t, p. lit,

(4) Mesmer, aphor. 598. — Deleuze, Inst, prat., p. 8g.

(5) À. Gain hier. Trait, prat., p. 1 34-

PROCÉDÉS MAGNÉTIQUES. Ml

parmi les assistants. Nous condamnons ce genre de médication, persuadé que toute émanation morbide ne peut favoriser une guérison; et si par hasard elle a produit d'heureux résultats, nous devrions encore en rejeter l’emploi, d’après les dangers quelle présente.

La chaîne communicative deviendra, sans contredit, un précieux auxiliaire du magnétisme entre des mains prudentes et exercées. Malheureusement, il n’est pas toujours facile de rencontrer les conditions indispensables pour appliquer fructueusement cette méthode. Pour que la chaîne soit salutaire (1), il faut que ceux qui la composent soient constamment unis d’intention avec le chef qui la dirige; il faut, en outre, éviter d'y admettre des personnes malsaines, ou celles qui, par indolence ou curiosité, pourraient contrarier l’action du magnétiseur. Lorsque l'on parvient à rencontrer des individus dont le dévouement pour le malade n’est pas douteux , on peut compter sur un succès presque certain. Aussi ne comprenons-nous la supériorité de celte médication qu'au milieu des familles unies par les liens d'une sincère affection. • Il est difficile, surtout dans les villes, remarque Deleuze (2), de composer une chaîne de gens qui soient uniquement occupés de se guérir ou de guérir les autres ; et les incrédules, les personnes qui cherchent à critiquer, surtout les gens malintentionnés, en troublent les effets. » C’est indubitablement ce qui arrivera avec des mercenaires ou des personnes d’une foi chancelante.

Dans toute circonstance d’ailleurs, où l'usage de la chaîne communicative paratt indispensable, nous lui préférerons la magnétisation directe de plusieurs individus unis d'intention avec le magnétiseur. Ce genre de pratique nous a généralement réussi, surtout chez les malades dont l’organi-

(i) Deleuze, inil. prat ., p. 90.

(a) HUt. criL , t. I, p . 121.

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sation semblait réfractaire à l’action d’un seul magnétiseur. Le merveilleux parti qu’en a tiré notre confrère Esdaile assure à ce procédé un emploi général.

Par diverses substances. — La plupart des corps inertes nous paraissent être d’excellents réservoirs magnétiques ; mais nous devons choisir ceux qui sont susceptibles de la plus haute saturation de fluide. Si tous conservent l’influence du magnétisme, il convient cependant de rejeter ceux qui, par les propriétés qui leur sont inhérentes, pour* raient porter préjudice à l'état du malade. Il serait difficile d’en faire l’énumération, car tel objet dont le contact est désagréable pour un sujet sera propice pour un autre. Ainsi le fer et le verre, qui, selon Mesmer (1), produisaient les meilleurs effets, ont donné des résultats opposés entre les mains d’autres magnétiseurs (2). line de nos malades nous a présenté un exemple bien frappant d’une vive répulsion pour le verre. Chaque fois qu’elle était obligée de porter un verre à sa bouche pendant son état de crise magnétique, elle ressentait un agacement qui se serait promptement traduit par des convulsions, si l'on n’avait eu le soin de l’éloigner rapidement : cette sensation devenait supportable lorsque le verre était magnétisé. Le cuivre et les métaux d’alliage fatiguent souvent les malades d’une grande susceptibilité nerveuse (3). L’argent même leur a parfois causé de l’aversion (U).

« Après le verre, qui est le meilleur conducteur, avance Mesmer, on emploie le fer, l’acier, l’or, l’argent, etc., en préférant le corps le plus dense. » Nous constaterons que les métaux, outre leur grande perméabilité au magnétisme,

(i) Aphor. 340-393.

(a) Puyséfjnr, Mémoii-es, p. 4*4- — “ Despine, Observ. de mêd. prat., p. et i33. — Deleuïe, Hist. crit t. II, p. 1 4«. — Docteur Oharpifjnon, Physique du magnét., p. 3o^. — Annales du magnét., nft 35.

(3) Théorie du somnambulisme, par Tardy de Montra vrl, p. 70.

( (,j) Detpine, Observ. de méd. prat., p. 4>-

PROCÉDÉS MAGNÉTIQUES. fi 13

provoquent des sensations très variables, suivant l’irritabilité du système nerveux ; cependant l’or et le platine semblent faire une exception : l’observation nous a toujours démontré que l’or produit, chez le plus grand nombre des malades impressionnables, une sensation fort agréable (1). Souvent il a suffi pour remédier à l’épuisement des forces. Mademoiselle Estelle, somnambule du docteur Despine, éprouvait à peu près les mêmes effets du platine; cependant elle préférait un objet d’or, surtout lorsqu’il n'était pas ciselé (2). La plume, la soie, les fourrures, la résine, la paille, la cire d’Espagne, ont le plus souvent déterminé une fâcheuse influence.

Parmi les étoffes, le fil et la laine sont les meilleurs condensateurs du fluide magnétique, et cette propriété n'offre aucun préjudice â leur conductibilité. Ces étoffes favorisent singulièrement la transmission du fluide. Le colon n’est pas non plus un mauvais conducteur; mais la soie présente des obstacles quelquefois invincibles, soit à cause de sa faible perméabilité, soit à cause des sensations nuisibles qu elle engendre. Quant à l'action du fil et de la laine comme réservoir magnétique, nous avons toujours eu à nous louer des résultats que nous en avons obtenus.

La couleur des objets développe chez certains malades un saisissement désagréable; nous citerons surtout le noir, le rouge et le violet (3), en faisant observer toutefois que ce phénomène est fort rare.

(i) Despine, ouvrage cité, p 4', 41 * 3! 53,67, i*6, a53. — Essai sur la théorie du somnambulisme, par Tard y de Monlravel, p. 70. — Exposé des cures, etc., par M. Mialle, t. I, p. jj. — Charpignon, Physiologie du magnétisme, p. 1 4 ■

(a) Les anciens connaissaient-ils cette propriété de l’or? II est certain que les anneaux d'or jouissaient autrefois d’une grande valeur contre les charmes, les enchantements et les morsures des serpents. (Voy. Leloyer, Histoire des spectres , p. 8»6.)

(3) Despine, ouvrage cité, p. 61, 64, 69.

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AU

Nous passons rapidement sur les diverses propriétés des corps inertes, parce quelles échappent à l'analyse et qu’elles ne sont réellement perceptibles que pour le plus petit nombre des somnambules. Ces corps peuvent donc, dans la plupart des cas, servir de dépositaires et de conducteurs de l'agent magnétique; ils câlinent les douleurs, entretiennent le sommeil ou le somnambulisme, et régularisent la circulation. On magnétise avec avantage un mouchoir, des bas, des vêtements, etc.; des aliments magnétisés sont digérés facilement; mais, de tous les corps connus, l’eau est infailliblement le meilleur réservoir pour condenser et propager le fluide magnétique : c'est pourquoi nous allons lui consacrer un article particulier.

Par [eau. — Dans tous les temps et chez tous les peuples, on a cru l’univers peuplé d’esprits, les uns bons, les autres mauvais, et l’on regardait les maladies dont la cause échappait aux investigations des hommes comme un effet de la colère des dieux ou des artifices du démou. Les premiers païens ayant une tendance à diviniser tous les corps nécessaires à la vie, l’eau fut un des premiers éléments auxquels ils adressèrent leurs prières : Neptune fut pour eux le dieu animé. Par la suite, les prêtres soumirent l’eau à une consécration particulière, sous le nom d 'eau lustrale, ün eu conservait à la porte des temples pour que chacun pùt se purifier par un lavage, afin de se rendre les dieux favorables et d’échapper aux embûches des esprits nuisibles.

L’eau d'expiation des Hébreux, que l’on appelait encore eau de séparation (1), se préparait avec de la ceudre d’une jeune vache rousse, que l’on sacrifiait avec une grande pompe religieuse. Cette eau servait de purification pour les souillures du corps et de l’esprit De là sans doute l’origine de l’eau bénite de l’Église romaine, que l’on apprêtait avec du sel et le concours des prières et des exorcismes. Sur la fin (i) Nombres, chap. X».

du iv* siècle, l’eau bénite était considérée comme un excellent moyen de mettre en fuite le malin esprit. Cet acte pieux était accompagné d’une formule de prières qui variait d’après la nature de l’objet que l'on se proposait (1). Si l’on en croit saint Thomas d'A<|uin (2), l’eau bénite avait le privilège de guérir les maladies que l’on attribuait alors aux obsessions du démon, telles que les hallucinations, l'hystérie, la catalepsie, etc., sur lesquelles notre eau magnétique produit certainement des effets avantageux. Alexandre I*r, sous le pontificat duquel parait remonter la découverte de cette pratique, recommandait au clergé de bénir l’eau salée, avec l'intention de détourner des chrétiens les phnniômes et les illusions de Sajan (3). l’aladius, évéque de Cappadoce, écrit dans la Vie de saint Macaire, qu'on amena à ce pieux solitaire une jeune femme qui se croyait changée en jument. Saint Macaire la fit plonger dans de l’eau bénite, et cette hallucination se dissipa. Théodoret (4) rapporte plusieurs exemples de guérisons obtenues par l’eau bénite. « L’evesque » Malachie, assure Lelover ^5), guérit une femme phréné- » tique liée de cordes, commandant qu’on b plungeast en » l’eau qu’il avoit béniste. Odillon, abbé de Ctuny, remit » certain chevalier en son bon sens, en l’aspergeant d’eau » bénite. »

Faut-il s’étonner qu’en des temps où de nombreuses épidémies se présentaient aux yeux du vulgaire sous la forme de véritables obsessions, le monopole de la médecine, uniquement concentré entre les mains des prêtres, se soit ressenti des préjugés et des convictions de l’époque? Non; et, sans porter atteinte aux intentions de la Providence, nous

(1) Antiquités romaines, par Al. Adam, 1. 1, p. 71.

(a) Sent. Disting. 6.

(3) Leloyer, Hitt. des spectres, p. gaa.

(4) Mist. ecclésiastique, liv. V.

(5) Ouvrage cité, p. g?5.

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croyons pouvoir affirmer qu'upe eau consacrée avec la volonté formelle de rendre la santé à de pauvres hallucinés a dû, dans bien des cas, agir à fiThianière de notre eau magnétisée, abstraction faite des Influences de lu médecine J imagination.

Le mystère dont les anciens ont constamment entouré toutes leurs découvertes laissera probablement toujours planer un doute sur l'origine de la médecine magnétique ; mais les progrès de la science nous permettent de -nous affranchir aujourd'hui des témoignages de l'antiquité. Il n’y a personne, dans la pratique médicale du maguétisme, qui ' n'ait eu à se louer de l'efficacité de l’eau magnétique (1). Mesmer en faisait un fréquent usage (2^; il s’en servait même avec avantage sous forme de bains locaux. « L’eau, dit le docteur d’Eslon, est le corps qui se charge le plus de fluide; il doit être très propre à porter et propager le magnétisme (3). » C’est aussi l’opinion de Deleuze (&), qni soutient qu'il est toujours utile de faire boire de l'eau magnétisée aux malades. « L’eau magnétisée, ajoute-t-il, a cet avantage, quelle ne peut faire de mal, qu’elle passe facilement, et que les malades la boivent avec plaisir... J'ai vu cette eau produire des elfets si merveilleux que je craignais de me faire illusion, et je n’ai pu y croire qu’après des milliers d'expériences. » Le marquis de Puységur (5) accordait une grande confiance à l’eau magnétisée, et ses somnambules lucides étaient d’accord pour la conseiller dans l’hydropisie, de préférence 4 la magnétisation directe. Le docteur Roullicr (6) considérait l’eau magnétique comme le

(i)Les magnétiseurs spiritualistes récusent l'existence du fluide magnétique; nous indiquerons par la suite les motifs de cette exclusion.

(а) Aphor. 3ao.

(3) Aphor. ai.

(4) //<*«. cric, 1. 1, p. 134.

(5) Mémoires, etc., p. 107.

(б) Ouvrage cité, p. 53-54.

l'ItOCÉIltS MAGNÉTIQUES. 417

meilleur accessoire du magnétisme ; il déclare l'avoir toujours employée avec succès. L’auteur de la Théorie du somnambulisme (1) constate que cette boisson a souvent suffi pour rappeler la sanlé. Knfin, tous les magnétiseurs fluidistes dont on peut invoquer l'autorité, Mialle, du Potet, Charpignon, etc., sont du même avis sur les effets salutaires de l'eau magnétisée. Pour notre part, nous sommes heureux d’avoir trouvé l’occasion, dès le début de notre carrière magnétique, d’en pouvoir apprécier l'importance, car nous • avons rarement négligé son emploi, et notre confiance dans ses vertus curatives est inébranlable aujourd’hui (2).

Le procédé le plus simple pour magnétiser l’eau consiste à tenir entre les deux mains le vase qui la contient et à diriger sur le liquide de longues insufflations. Cette méthode est plus prompte et plus active que les passes ou les courants; cependant il faut, dans quelques circonstances, s’en rapporter aux prescriptions des somnambules lucides, qui pourront apprécier, beaucoup mieux que le magnétiseur, l’opportunité des passes, des courants ou de l'insufflation. Il y a en outre souvent des questions de convenance qui obligent de recourir aux passes.

Suivant Deleuze (3), on magnétisera une carafe d’eau en deux ou trois minutes et un verre d'eau en une minute. Nous pensons que le temps nécessaire pour ce genre de magnétisation doit être subordonné aux effets qu on veut réaliser, à l’idiosyncrasie du sujet ou aux forces du magnétiseur.

C'est particulièrement dans les affections internes que l’eau magnétisée sera pour le malade une puissante ressource, et surtout dans les lésions, malheureusement si fré-

(l) Pj(>e i3 de l'avant- propos.

(a) Voy. le tome IX de ce journal, p. i , et 5ç, pour la démonstration de l'existence du fluide.

(3) Inst, pratique, p. 73.

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quentes, où le diagnostic du médecin est presque toujours problématique. L’influence de celte médication se dirigera naturellement sur les organes altérés et n'agira que comme un simple adjuvant des forces éliminatrices de la nature. Son action sera plus douce et plus uniforme que la magnétisation directe; elle suppléera aux soins du magnétiseur; on pourra même l'utiliser à l’insu de quelques malades, prévenus défavorablement contre le magnétisme.

Par la salive. — La salive de l’homme a joui pendant longtemps d’une grande réputation dans le traitement des * maladies. Aristote (1) regardait la salive comme le meilleur préservatif contre la morsure des reptiles venimeux. Lucrèce (2) lui attribuait la propriété de faire périr ces animaux. Pline assure (3) que l’homme porte le contre-poison des serpents, qui redoutent l’efTet de notre salive comme celui de l’eau bouillante. Il ajoute (U) que cette sécrétion est un remède favorable contre les dartres, l’inflammation des yeux, les chancres, etc.

D’après l’expérience de quelques médecins modernes, on aurait retiré d’excellents résultats de l'emploi de la salive dans la préparation des médicaments. Ce genre de trituration est connu sous le nom de médecine iatraleptique. Nous sommes éloigné certainement de partager la crédulité des anciens sur les effets de la salive ; mais nous ne pouvons raisonnablement rejeter son influence curative dans le traitement des plaies (5), soit qu’on en cherche l'explication dans la nature de ses propriétés médicamenteuses, soit qu’on la rattache aux émanations du fluide vital qu’elle

(l) Hist. anim lib. VIII, chap. xxix.

(a) De natura rerum , lib. IV, p. 35.

(3) Hist. nat ., lib. VII.

(4) IMtf, lib. xxvm.

(5) On sait que dans plusieurs pays on tire un parti avantageux de la salive de jeunes chiens que l’on habitue à lécher les plaies des malades.

contient. De nouvelles expériences résoudront sans doute cette question.

Par la musique. — Si nous faisons entrer la musique au nombre des accessoires dtt magnétisme, c'est qu’elle nous parait exercer de puissantes déterminations sur la cure des maladies. Les anciens, qui en ont toujours signalé les bienfaits, ne la considéraient pas seulement comme un simple délassement de l’esprit, ils lui assignaient encore de hautes qualités médicatrices. Les pythagoriciens (1) avaient l'habitude, après leurs travaux, de s'endormir au bruit des symphonies; la musique soutenait le courage des guerriers. C’est à Pytbagore, si l’on en croit Jainblique (2), que nous sommes redevables de l’introduction de la musique dans la thérapeutique. Le philosophe grec reconnaissait plusieurs genres d’harmonie, les uns pour calmer les perturbations du corps, les autres pour apaiser les désordres de l’esprit. Homère (3) écrit que les Grecs ont tiré un grand parti de la musique dans le traitement des affections pestilentielles. Les Lacédémoniens, au rapport de Plutarque (6), se préservèrent des ravages de ces affreuses maladies parle même moyen. « Chez les Grecs, Timothée, l’inventeur du genre chromatique ou passionné, calma les fureurs d’Alexandre; le Thébaiu Isménias guérit des gouttes sciatiques, en s'accompagnant de la cithare; Talés de Crète, avec les sons touchants de sa flûte, délivra Lacédémone d’une épidémie qui commençait à y répandre la mort et le deuil (5). Auiu-Gelle (6) parle de l influence de la musique

(i) Hist. cril. Je la philosophie, 1. 1, p. 67.

(а) Vita Pjrihaÿor., cliap. xxv.

(3) Iliade, liv. I.

(4) OEuvres mêlées, 974.

(5) Philosophie corpusculaire, p. 1 44-

(б) AuiU attiqucs, liv, IV, chap. xxui.

OOUIIS DK MAGNÉTISME.

comme d’nn traitement fort usité de son temps contre la sciatique. .

Déinocrile, dans son Truité de la peste, affirme qu’il y a plusieurs maladies qui ne résistent pas aux effets de la svmphonie. Apollonius de Tyanes (1) rapporte la guérison de la folie, de l'épilepsie et d’autres affections parle secours de celle méthode. On n'a jamais révoqué en doute les bienfaits de l'harmonie sur les hallucinations du roi Saül (2). L'historien Josèphe (3) prétend que Dieu découvrit à Salomon plusieurs sortes de mélodies, suivant la nature du mal que l’on voulait dissiper. Elien (U) nous apprend qu’Escuiape avait le don de guérir par les chants. Théophraste, Coelius Auréiien (5) et beaucoup d’autres observateurs de l'antiquité, partageaient cette opinion sur l’efficacité de la musique.

Dans l’histoire du moyen âge il n’existe que des vestiges bien incertains de l’influence de la musique sur le traitement des maladies ; ce n'est guère qu’au milieu du xvt" siècle que cette méthode curative a trouvé des promoteurs. Cardan (6) fait ressortir l’acl ion des différents accords sur le système nerveux de l’homme. Bodin (7) rapporte que la musique suffit pour nous délivrer des obsessions du démon. Deiancre (8) cité des observations à l'appui de ces croyances. Pierre Leloyer (9) consacre uu chapitre à la démonstration de ces faits. « Lu musique, avance cet historien, excite et réveille l’âme, délecte les sens et leurs or-

(i) H Ut. admir.

(а) Samuel , I»\. I, chap. xvi, vers, a 3.

(3) Antiquités judaïques , liv. VIII, chap. II.

(4) De valetudine tuenda , Iib. I, chap. vilf.

(5) Des maladies chroniques , liv. V, chap. i.

(б) De la subtilité , liv. XIII, p. a yG.

(7) Démonomanie , liv. III, p. 3oa.

(8) De C incrédulité^ p. 27.

(9) Hist. des spectres . p. 838.

ganes, hausse les esprits tnélancholiques et déprimez contre terre, assoupit et endort les passions et perturbations, guérit ou du moins charme de ses sons ce que la râtelle accumule en elle de noires et bilieuses humeurs, et puis à la longue les dilate et les divertist et allège les maladies. »

Ce ne fut que vers la fin du xvu* siècle que l’harmonie devint un accessoire de la médecine magnétique. Le père Kircher (1) s’attacha à démontrer que la musique agit sur lame et les organes à l'aide d’un fluide vital. Les tons devaient varier suivant les effets que l’on recherchait. Le célèbre jésuite allemand entre dans de longues considérations sur le traitement de la maladie causée par la piqûre de la tarentule, et cite de nombreuses guérisons. Au livre 18* du même ouvrage, il prétend que les douleurs de la goutte sciatique se dissipent rapidement sous l’empire de l’harmonie. On lit dans les Mémoires de l’académie des sciences, 1707-1708, plusieurs observations tendant à prouver l’avantage de la musique dans l’art de guérir. La Gazette de santé du 18 janvier 1776 enregistre une cure de catalepsie obtenue au sou delà flûte. Pendant une épidémie de danse de Saint-Guy, on ne parvint è arrêter ses progrès qu’au son des instruments (2). Les malades dansaient alors avec fureur, et parvenaient A une transpiration abondante qui leur rendait la santé.

Probablement nous découvrirons un jour de quelle manière l’harmonie des sons influe si favorablement sur la circulation des fluides. Ses bienfaits sur le système de l'innervation ne sont pas douteux pour nous ; elle parait produire sur nos organes un ébranlement qui favorise l’action du magnétisme ou dispose l’âme à d’utiles réactions. Mesmer faisait usage de la musique dans ses traitements; il préten-

(i) Mundimagnetic , j».

(?) Straasi, Epist. ad Digb.

COURS OE MAGNÉTISME

(lait communiquer, propager et augmenter son principe magnétique par le sou (1). Le docteur allemand touchait fort agréablement de l harmouicu (2). Il donna par la suite la préférence aux instruments à vent, et la plupart des airs s'exécutaient en ré mineur ; chaque période était mesurée par des poses régulières. Il repoussait l'usage des instruments à cordes, comme contraires aux effets sympathiques, les passions douces s'exprimant par des sons clairs et harmonieux. Dans les traitements de d Es Ion, on touchait du piano avec accompagnement de voies mélodieuses. Cependant le son d'un instrument à vent a quelquefois produit de fâcheuses impressions sur les malades; Mesmer luimême (3) remarque que les sous du cor ont provoqué de violentes crises chez une personne atteinte d une affection nerveuse. Ce phénomène ne peut nous surprendre; ne savons-nous pas qu’autrefois les prophètes faisaient leurs prédictions au bruit d'instruments qui paraissaient les plonger dans les transports d’une sainte fureur? Certains airs guerriers ne sufBsenL-ils pas aussi poursouteuir et animer l'ardeur des combattants?

* Un jour, rapporte le médecin auglais Richard Mead (U), un joueur d’instruments s’était aperçu qu'un chien, qui assistait souvent à sa musique, était tellement affecté d'un certain ton, qu’il aboyait et éprouvait des anxiétés considérables. Un jour, voulant éprouver jusqu'où cela irait, le musicien insista si longtemps sur ce ton, que l'animal, trop sensible, périt au milieu des convulsions. » Qui n'a souvent été frappé de la pénible angoisse que ressentent lu plupart

(i) Mesmer, Proposition 16. — 06s. sur le magnet par d’Eslon, p. i5. (a) Longtemps avant Mesmer, le père Kireher avait utilisé cet instrument, doiil il donne la description [Regnum naturœ magneticum).

(3) slpliorismc 280

(£ Rccuri/Hes œuvtes méd t I. p. 1^8.

des chiens aux sons du corde chasse et de divers instruments ?

Nous n’insisterons pas davantage sur les dangers de la musique, que l'on évitera facilement, suivant les mauvaises impressions qu’elle éveillera. Qu’il nous suffise d’en indiquer les bienfaits, dont la médecine a profité dans ces derniers temps :

« La musique, dit le docteur Ed. Auber (1), après avoir signalé son influence sur le moral, étend aussi son empire sur le physique, sur les solides et même sur les humeurs; elle produit de saluiaires ébranlements ; elle change l’ordre vicieux du mouvement ; elle imprime aux fluides une circulation plus égale, et parvient de cette manière, c’est-à-dire en provoquant une expansion bienfaisante, à débarrasser l’économie des produits daugereux dont les opérations de la vie la surchargent quelquefois. De plus, la musique ralentit ou précipite, ou règle la circulation nerveuse. Toute la difficulté consiste à savoir l’employer à propos, et à saisir habilement l’indication et l'opportunité, car elle peut aussi produire des effets fâcheux. »

On a fait, dans ces dernières années, de nombreuses expériences sur des idiots; leur intelligence a paru se développer sous le pouvoir de cet agent. Comment nos savants se sont-ils résignés à reconnaître la possibilité d’une pareille médication, lorsque leur esprit se révolte devant les témoignages de nos succès magnétiques? Suivant un célèbre praticien (2) : ■ Il en est de U musique pour les aliénés, comme il en est de tout remède pharmaceutique dans le traitement des maladies ordinaires; demander si elle est utile aux individus privés de raison, c'est comme si l’on posait la question de savoir si tel remède évacuant ou tonique

(i) Auber, Hygiène des femmes nerveuses , ou Conseils aux femmes pour les époques critiques de leur vie , a* édit., 1 843, p. 284.

(a) Leuret, Traitement moral delà folie , p. 398,

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est utile aux malades. La folie n’est pas une, elle offre un grand nombre de variétés; il est des aliénés à letat desquels la musique convient, il ne faut pas croire que toute sorte de musique puisse également réussir. A chaque forme de folie ses symptômes, A chaque symptôme ses remèdes. »

Esquirol ne fut pas aussi heureux dans les essais qu’il fit à la Salpétrière; il déclare cependant (1) « que si la musique ne guérit pas, elle distrait et par conséquent elle soulage; qu'elle apporte quelque allégement à la douleur physique et morale; qu’elle est évidemment utile aux convalescents, etqu’il ne faut pas en repousser l'usage. »

Si la musique a compté des succès dans le traitement des affections mentales, faut-il s’étonner quelle ajt triomphé de tant d’affections d’un caractère moins opiniâtre, surtout lorsqu'elle se trouvait associée à l’emploi du magnétisme? Jussieu (2) considérait un instrument de musique comme un excellent conducteur de la puissance magnétique (3).

Puységur, Deleuze, Koreff, Despine, envisagent la magnétisation acoustique comme une ressource très importante dans la cure des maladies. Cette influence offre vraisemblablement beaucoup d’identité avec le magnétisme; mais nous nous abstiendrons de la qualifier, dans l’impossibilité où nous sommes de rendre compte de ses causes et de ses effets. Nous pouvons seulement affirmer que l’harmonie musicale dispose avantageusement le magnétisé aux émanations fluidiques, et quelle développe et entretient les forces du magnétiseur. Ne devrions-nous rapporter cette

influence qu’au pouvoir de l’imagination, que nous l’estimerions encore comme un précieux auxiliaire du magnétisme.

(i) Traité des maladies mentales, t. II, p. 586.

[%) Rapport au roi. 1784.

(3) De f électricité animale, par le docteur Petetin, p. 55 1 .

PROCÉDÉS MAGNETIQUES. 4‘25

Quelques magnétistes, au nombre desquels nous citerons A. Gauthier (1), ont avancé « que les sons qui partent d’un instrument magnétisé font plus d’effet sur un malade que ceux d’un instrument qui ne l’est pas. »

Nous avons fait quelques expériences de cette nature sur des somnambules , qui ont indiqué une différence assez sensible entre les sons des instruments magnétisés et ceux des instruments qui ne l'étaient pas. Le faible intérêt qu’offrait pour nous cette question nous éloigna d’en poursuivre plus longtemps la solution. De nouveaux essais seraient indispensables pour appuyer notre jugement (2).

Procédés magnétiques de M. du Potet.

Dès le moment qu’on adopte l’hypothèse d’un agent, les procédés doivent avoir pour but unique sa transmission rapide. Les magnétistes ont compliqué ce qui doit être extrêmement simple : ils ont cherché plutôt dans leur imagination que dans la nature, et se sont de plus en plus éloignés de celle-ci ; il faut donc y revenir, et suivre autant que possible les leçons qu'elle nous donne.

Mon premier soin, je puis dire ma première élude, fut de comparer les méthodes enseignées par tous les auteurs, de varier l’expérimentation afin d’obtenir des résultats comparatifs et d’en tirer de justes inductions. Ce fut un travail laborieux et difficile; maris il me donna bientôt une supériorité marquée sur les magnétistes mes contemporains, en me permettant d’agir là où ils n’obtenaient rien, et de suivre une opération magnétique dans son développement

(i) Traité pratiqué , p. 190.

(1) Ces dernières recherches nous viennent de M. le docteur Perrier, partisan éclairé du magnétisme, et ont été insérées dans le Journal du magnétisme, t. X, p. yo5.

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successif. Ma marche étant éclairée, je savais où j'allais, et le magnétisme, dès lors, n'était plus pour moi une chose vague autant qu'incertaine, mais au contraire un principe fixe, un levier d’une puissance incommensurable qu’un enfant pouvait cependant faire mouvoir.

J’étudiai particulièrement les propriétés de l’agent magnétique, le dégageant lui-même des attributs de convention, car, s'il est le véhicule naturel qui transmet nos idées et nos sentiments, il a un mode d'action qui lui est propre. Je reconnus les erreurs commises, les fausses idées émises, et les phénomènes qu’il m’arrivait de produire avaient dès lors un caractère déterminé et indélébile.

Voici, sans autre préambule, les procédés qui me sont personnels :

Lorsque le patient peut s’asseoir, nous le mettons sur un siège, et nous nous plaçons en face de lui sans le toucher. Nous restons debout autant que possible, et, lorsque nous nous asseyons, nous tâchons toujours d’étre sur un siège plus élevé que le sien, de manière que les mouvements du bras que nous avons à exécuter ne deviennent pas trop fatigants.

Lorsque le malade est couché, nous nous tenons debout près de son lit et l’engageons â s'approcher de nous le plus possible. Ces conditions remplies, nous nous recueillons un instant et nous considérons le malade avec attention. Lorsque nous jugeons que nous avons la tranquillité, le calme d’esprit désirable, npus portons une de nos mains, les doigts légèrement écartés et sans être tendus ni roides, vers la tête du malade, puis, suivant à peu près une ligne droite, nous la descendons ainsi jusqu’au bassin et répétant ces mouvements (passes) d’une manière uniforme pendant un quart d’heure environ, en examinant avec soin les phénomènes qui se développent, phénomènes que nous avons

transcrits plusieurs fois dans cet ouvrage et qu'il est inutile de répéter ici.

Notre pensée est active, mais n’a encore qu’un but, celui de pénétrer l’ensemble des organes et surtout les régions où gtt le mal que nous voulons attaquer et détruire. Quand un bras est fatigué par cet exercice, nous nous servons de l'autre, et notre pensée, notre volonté, constamment actives, déterminent de plus en plus l’émission d’un fluide que nous supposons partit des centres nerveux et suivre le trajet des conducteurs naturels, les bras, et par suite les doigts. Je dis supposons, quoique pour nous ce ne soit point uue hypothèse. Notre volonté met bien évidemment en mouvement un fluide d une subtilité extrême : il se dirige et descend en suivant la direction des nerfs jusqu’à l’extrémité des mains, franchit la limite de la peau et va frapper les corps sur lesquels on le dirige.

Lorsque la volonté ne sait pas le régler, il se porte par irradiation d'une partie sur une autre qui lui convient ou l’attracte ; dans le cas contraire , il obéit à la direction q uiTui est imprimée et produit ce que ^^s. exigez de lui, quand toutefois ce que vous voulez est dans le domaine du possible.

Nous considérant donc comme une machine physique et agissant en vertu des propriétés que nous possédons, comme nous l’avons dit, nous promenons sur les trois cavités splanchniques nos membres supérieurs, comme conducteurs de l’agent dont le cerveau parait être le réservoir ou tout au moins le point de départ, eu ayant soin que les actes de volonté accompagnent nos mouvements.

Voici une comparaison qui rendra notre pensée plus compréhensible:

. Lorsqu'on a l’intention de lever un fardeau, on envoie par la volonté la force nécessaire aux extrémités, et cette force, ce principe de mouvement obéit, car si elle ne s’y transport

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tait point, nous ne pourrions rien : de même pour magnétiser.

Les effets dont le développement plus ou moins rapide et marqué, fruit ordinaire de toute magnétisation, apparaissent dès lors en raison de l’énergie, de la volonté, de la force émise, de la durée de l'action, et surtout de la pénétration de l’agent à travers les tissus humains.

Nous avons toujours l’intention que les émissions magnétiques soient régulières, et jamais nos bras, nos mains ne sont en état de contraction; ils doivent avoir toute leur souplesse pour accomplir sans fatigue leur fonction de conducteur de l’agent.

Si les effets qui résultent ordinairement de celte pratique n'ont pas eu lieu promptement, nous nous reposons un peu, car nous avons remarqué que la machine magnétique humaine ne fournit pas d’une manière continue, et selon notre désir ou notre volonté, la puissance que nous exigeons d’elle. Après cinq ou dix minutes de repos, nous recommençons les mouvements de nos mains (pusses), comme précédemment, pendant un nouveau quart d'heure, ious cessons tout à fait, pensant que le corps du patient saturé du fluide que nous supposons avoir émis.

Cette pratique si simple, si facile à suivre, si inoffensive en apparence, fournit pourtant la matière des plus grands résultats.

On entre ici dans ledomaiue de l'application du magnétisme au traitement des maladies : c’est le plus vaste sujet d’étude que l’on puisse imaginer; c’est toute une thérapeutique nouvelle, un art et une scieuce sublimes. Avec le concours de l'agent magnétique on peut guérir, non tous les malades, mais toute espèce de maladies. Il augmente les forces médicatrices, provoque les crises favorables; il donne aux faibles ce qui leur manque, un surcroît de puissance. Toute sécrétion supprimée peut être rétablie, les

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douleurs les plus vives peuvent être adoucies ou détruites; il parait être enfin le principe régulateur de la santé,l’agent universel saisi par les anciens sages, car rien dans la nature n’approche de ses vertus.

Qu’on ne croie point que nous exagérons notre exposé : six cents ouvrages, écrits par des auteurs différents, sont là pour convaincre les plus incrédules des merveilleux effets de cet agent dans les maladies, et, sans parler du sommeil lucide, qui surpasse dans certains cas toutes les lumières des médecins, réduit ainsi à sa plus simple expression, tout magnétiste expérimenté peut, au lit du malade, sans le secours d’aucune drogue pharmaceutique, surpasser le plus habile médecin : celui-ci donnera des remèdes de son choix, l’autre n’en a qu’un, mais il est la vie. Quand les hommes seront convaincus qu'ils ont eu eux un rayon de la puissance divine, celui-là même dont se servit Jésus et tous les apôtres, ce que d’ailleurs ces derniers ne cachaient point, exigeant seulement chez les autres hommes qui voulaient opérer les mêmes œuvres les vertus que leur avait inspirées Jésus, la plusgrande partie des maux disparaîtra de la terre.

Si la vérité que nous enseignons aujourd'hui fut longtemps ignorée du plus grand nombre, cela tient à la méchanceté humnine, à la barbarie; les bûchers s'allumèrent trop souvent au souffle du mauvais génie , et les castes sacerdotales donnèrent dans tous les siècles et chez toutes les nations l’exemple de leur mauvais vouloir. Souvent on vit les hommes de Dieu devenir dénonciateurs, juges et bourreaux; les crimes dont ils se faisaient les complices perpétuaient l'ignorance, et ce qui survit actuellement des vérités antiques, on le doit à cette sorte de tolérance providentielle qui permet l'examen. Nous devons nous féliciter de vivre dans ud temps de doute ; la fausse foi, l’hypocrisie nous eût, il y a deux siècles seulement, fait brûler ou pendre en

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place publique pour la plus grande gloire de Dieu et celle de tous les saints du paradis.

Zélé pour le bien de l'humanité, nous avons pris la dé» feuse du magnétisme, parce que nous avons reconnu qu’aucune découverte ne pouvait produire d'aussi grands résultats, et ce u est pas seulement comme moyen de guérir quelques maladies qui affligent notre espèce, mais c'est que de la connaissance de cet agent découlent de nouvelles croyances et de nouveaux principes, qui nous émanciperont immanquablement d'une foule de vieilles erreurs qui n’ont pour base que l’ancienneté et I ignorance de quelques lois de la nature.

Je m’arrête, Messieurs, je borne mes réflexions, je crains de vous paraître enthousiaste du magnétisme, lorsque je ne suis qu'un admirateur troid et impartial de ses merveilles. Mais, lorsque vous aurez vous-mêmes magnétisé et obtenu quelques phénomènes et que vous aurez reconnu les elfets de votre puissance, vous jugerez que je suis resté, dans mes aperçus, bien en arrière de ce que l’esprit découvre de nouveau dans le magnétisme; et vous ditez alors, avec moi, qu il est maintenant impossible d'écrire sur la physiologie, lu philosophie et la médecine, si au préalable ou n’a pas étudié les phénomèues dout je vous ai entretenus , car le moindre de ces faits renverse les théories et les raisonnements sur lesquels sont appuyées toutes ces sciences. Mais déterminerons-nous les savants à étudier le magnétisme? Nous en doutons : ils continueront de broyer des demi-vérités avec des mensonges.

Messieurs, vous avez pu le remarquer, j'ai beaucoup vu, et je crains cependant d avancer. Je recule au contraire, je redoute les expériences et les résultats fâcheux qui peuvent en être les suites. J'aime à croire que vous imiterez ma ré»

serve, et que, voyageurs prudents, en abordant un inonde nouveau, vous réglerez vos démarches sur ce que vous dictera plutôt votre conscience que votre esprit investigateur ; car c'est sur des êtres humains que la puissance que je vous livre va s’exercer.

Prenez-y garde, Messieurs, dans le magnétisme la folie est à côté de la plus sublime raison, ou plutôt de l’éternelle vérité.

Mais croyez que s'il est possible d’arracher à la nature quelques-uns de ses secrets, celui qui les possède ne peut pas toujours s’en promettre avantage; toutes les lois de la nature ne sont pas pour la conservation de ce qu’elle a produit. Je m’arrête, je ne veux pas pénétrer dans la route qui conduit à la puissance du bien et du mal. Pour développer les nouvelles lois qui découlent des nouveaux phénomènes du magnétisme, il faut une organisation supérieure; l'esprit humain le plus étendu peut seul les embrasser, souvent il s'effraie et recule devant l’examen, et laisse aiors triompher la nature; elle a tout fait pour nous cacher ses mystères, sachant que l'homme en ferait une arme redoutable qu’il emploierait à sa propre destruction.

« Celui qui connaît les lois régulatrices de l’univers, et qui veut changer celle qui le régit, en se rendaut indépendant du principe suprême, ressemble à Promcthée, qui , après avoir dérobé le feu du ciel, nourrit dans son propre sein un vautour dévorant. »

Votre magnétisme de puissance en action développe :

Un sens animal,

Un sens spirituel.

C’est du premier seul que vous devez d'abord vous occuper; mais, quand la force morale vous sera venue, vous vous élancerez comme nous dans le monde merveilleux, pour y découvrir les divins secrets qui donnent à l liomme la puissance presque infinie et font éclore en lui la sagesse.

hM COURS DR MAGNÉTISME.

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