‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 36 sur 59 · DIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIXIÈME LEÇON

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES. — LES MAGNÊTISTES ONT PRES- SENTI LE MONDE SPIRITUEL. — OPINIONS DE CIIAI1PIGNON, DE BILLOT, DE DELEUZE, DE CHARDEL ET DE SWEDENBORG. — RÉCITS DE FAITS SURNATURELS. — MÉDECINE DES ESPRITS. — APPARITIONS, RÉVÉLATIONS. — LES ESPRITS SE RENDENT VI- SIBLES. — SOULÈVEMENT ET TRANSPORT DE CORPS SOLIDES.

• Oui, l‘âme et la raison »’ «prient d'un commua accord : Eulrc Dieu «t I homme il y a une série d’être» graduellement «n> issu ni en intelligence. L'ime humaine n’est pas le dei nier terme de lu création; il existe de pur* esprits, et au-dessus de ces créatures célestes plane de toute ^distance qui sépare le créé de ftneréé, l’Être éternel, l'Être qui est parce qu’il est!...

(Docteur C&AttPicifon.)

Messieurs ,

Jeviens de vous ouvrir la route du merveilleux ; j’ai échelonné les faits de magnétisme de manière à ne point trop choquer vos esprits, en vous rendant compréhensibles les faits simples produits par notre agent. J’ai jeté des doutes sur tout ce qui paraissait surnaturel, et j’ai blâmé des recherches qui vous eussent paru inspirées par une sorte de déréglement de la raison. Cette conduite m’était commandée par le besoin de vous convaincre d’abord que le magnétisme était ; mais, pour ne point mentir à la vérité, et vous croyant assez forts pour supporter plus de lumière, je viens aujourd'hui appeler votre attention sur les découvertes nouvelles qui ressortent bien évidemment des principes enseignés par Mesmer.

Quelle que soit l’étrangeté des nouveaux phénomènes,

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gardez-vous de les nier sans an préalable de l’examen. La nature ne nous est point connue, nous ne savons rien de nous-mêmes, et croire que Dieu a borné ses créations à ce que nos yeux voient, et l’homme même, m’a toujours paru une croyance inspirée par la vanité des connaissances humaines. Le scepticisme naît de l’ignorance, il est le compagnon de l’orgueil, et vous avez vu combien d'hommes de mérite s’étaient trompés dans leur jugement sur nous, au sujet même de la vérité qui nous a d’abord occupés. Soyez donc circonspects dans votre jugement; attendez que de nouveaux faits se produisent au grand jour, que vous soyez témoins ou agents de leur production. Mon sentiment me dit qu’ici les narrateurs sont de bonne foi , qu’ils ont vu ce qu’ds décrivent et attestent , et qu'enfui le magnétisme existant rend possible la découverte que l’on annonce.

J'ai vu moi-même trop de choses merveilleuses pour craindre ici un aveu. Des portes se sont ouvertes et fermées sans qu’il me fût possible de saisir l’agent inconcevable qui paraissait obéir à une volonté humaine. Les tables se sont mises à décrire des cercles, à aller et venir, et se sont levées d’elles-mémes, sans aucun contact humain. Un roulement sourd, puis éclatant comme le son du tambour, avait pour point de départ des meubles animés. J’ai obtenu des manifestations où la tromperie n'était point possible, où mon imagination ne pouvait agir, et enfin je me suis assuré par le témoignage de mes sens, bien en éveil, qu’il n’y avait point d'illusion; qu’une force, mystérieuse encore, agissait en dehors de nous, et que, loin de réver ces faits, la nature nous offrait au contraire une de ces réalités saisissantes jetées dans le monde pour confondre la raison humaine, en l’avertissant que tout un monde existe en dehors de nos sens, ou que tout au moins des agents, des forces inconnues ont une action sur l élre humain et peuvent entrer en com* munication avec notre àme, nous servir ou desservir, et, au

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milieu de mensonges inexplicables, nous révéler parfois d'iucontestables vérités.

Vous le voyez, Messieurs, j’aborde de front ce que l’on n’ose encore avouer, dans un certain monde, celui des beaux esprits, et je me déclare convaincu. Oui, en dehors de nous, je le répète, des agents existent, ayant pouvoir et pensée, et je dis plus encore, le magnétisme est l'aimant qui agit sur ces mystérieuses créations et nous donne la possibilité de les connaître.

Mon devoir ici n'est pas seulement de vous dire : Je crois; je dois vous citer d’autres témoignages. Je vais prendre ceux-ci dans une foule d’écrits. L’ordre en semblable matière n’est pas possible aujourd'hui; la vérité est éparse; mais c’est sur l’ensemble que vous fixerez votre jugement.

J’emprunte donc mes récits aux journaux américains. Je ne vous donnerai que des extraits; mais ces pièces produites, ces faits articulés, sont contrôlés par un de nos amis, Jos. Barthet, dont la probité ne laisse en lui nulle place au mensonge, et il a trop de lumière et de bon sens pour s’être laissé duper.

Mais, avant ces descriptions de faits merveilleux, permettez-moi de vous faire connaître l’opinion de quelques magnétistes touchant cet ordre de phénomènes; vous allez voir qu’avant ces découvertes, l’esprit de beaucoup d’entre nous les avait pressenties. Ce mérite, il est vrai, a sa valeur; mais ce qui est dans tontes les croyances, dans toutes les religions, dans l’histoire de tous les peuples, doit être vrai, et doit un jour, tôt ou tard, recevoir une sanction scientifique.

Ouvrez l’ouvrage du docteur Charpignon (l),vous y trouverez les lignes suivantes :

(i) Cilla rpifjnon, Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme, a* élût., 1848, 1 vol.in-8. — -Cet ouvrage mérite une attention toute partirulière, et nous ne saurions trop en recommander la lecture.

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« Relativement aux apparitions, voici ce que nous pensons :

» Il n’est pas très rare d’observer des individus susceptibles du somnambulisme magnétique, qui reçoivent dans le silence de la nuit, ou dans lerecueillement d'une méditation solitaire, l'apparition de leurs magnétiseurs. Ils possèdent bien leurs sens, ils sont bien dans leur état normal, et l’image qui se présente devant eux est tellement nette, tellement semblable à lavérité, qu ils ne sont presquepas troublés, tant il leur semble naturel de voir près d'eux celui qu’ils voient parfois tous les jours. Ils parlent à ce fantôme, l’entendant répondre, et ce n’est qu'après sa disparition, après quelques instants de réflexion, qu’ils se persuadent qu’ils ont eu une vision. Bien d’autres exemples analogues existaient, et existent encore sans que le magnétiseur y ait la moindre part. Ce phénomène se montre parmi les organisations douées de cette disposition extatique que mille causes peuvent développer. La centralisation vitale qui fait l'individualité se brise, et tout l'étre n’est plus qu’un foyer de sensibilité exquise qui se trouve mis subitement en rapport avec des objets qui ne pouvaient affecter le moi lorsque des lois de sensations ordinaires devaient s’effectuer.

» La magnétisation excite ces tendances d’épanouissement et de relations infinis; cependant on n’observe ln réalisation de ce phénomène que chez les extatiques magnétiques, c’est-à-dire chez les individus prédisposés organiquement à cette crise physiologique et jouissant de sentiments uffectifs très développés.

* Il est probable que le premier mobile d'une apparition est la pensée que forme l’un des deux individus à l’égard de l’autre. Aucune pensée ne peut s’élever dans l’homme sans donner lieu à un dégagement de fluide magnétique; ce dégagement rayonne plus ou moins autour du foyer qui l’engendre, selon que la concentration de la puissance est plus

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ou moins forte et plus ou moins prolongée. L’état du fluide est en rapport avec le genre de l'idée si elle est alfective, instinctive; le fluide participe au caractère essentiel de la puissance de la pensée. Ces lois expliquent seules les communications des désirs et des passions. Lu effet, les systèmes nerveux assez sensibles pour ressentir l’effet magnétique du rayonnement qui s’opère dans leur sphère d'attraction, s'impressionnent subitement, selon la pensée qu’engendre l’étre qui est le centre d'action. Plus l’expansion sensitive sera grande, motus les distances auront d’empire sur l'affaiblissement de I effet sympathique, eu sorte qu’il se trouve des êtres qui ont une telle expansion vitale, que la pensée d’une personne sympathique produit sur eux l’effet dont nous parlons. Si à ce moment leur pensée s'occupe de rapports qui tendaient a favoriser lu réceptivité magnétique qui rayonne vers eux, la contiguïté se trouve établie en principe, et la faculté créatrice de leur esprit achève la forme dont les éléments se trouvent eu cux-mémes.

» Les apparitions entre personnes vivantes peu vent donc s’expliquer physiologiquement, sans être forcé de recourir à l’intervention d un être surnaturel, comme le fait le docteur liillot pour les faits suivants :

« M. R..., directeur de notre Société theosophique, dit cet auteur, était à Marseille. Virginie, somnambule de la Société, le vit paraître chez elle pendant qu’elle étau dans I état semi-magnétique. Il ouvrit la porte de la maison et la referma; il s avança près d’elle et lui louciiu la main. 11 lui exposa l étal maladif dans lequel il se trouvait et lui recommanda de s'occuper de lui quand elle aurait une parfaite clairvoyance, la priant de lui taire écrire ce qu'il y avait à faire pour sa guérison. Les prescriptions lui lurent envoyées.

> Lu 1824, durant les vacances, le même M. R... quitta sa belle-sœur et monta à su chambre vers les dix heures du soir; elle alla aussi dans la sienne pour se coucher. A peine

COURS HE MAGNÉTISME

fut-elle clans son lit, qu’elle le vit entrer dans sa chambre, portant une lampe à la main, et il lui dit :

» — Il faut renvoyer votre domestique.

» — Pourquoi?

» — Renvoyez-la; demain nous causerons de cela.

» Et il se retira.

» Madame R... entendit son beau-frère descendre de sa chambre et y remonter.

» Le lendemain, elle attendit qu’il reprit l’entretien. Cette visite nocturne supposait que la chose était urgente, et cependant il ne lui en disait rien. Enfin l'après-midi, étant seule avec lui, elle lui dit :

» — Qu'ave/.-vous donc à me dire de ma domestique1?

» — Pourquoi me faites-vous cette demande?

» — Comment, reprit-elle, hier au soir vous êtes venu dans ma chambre, après que j’étais couchée, pour m’en parler, et maintenant vous ne m’en dites rien?

» M. R... l’assura qu’il n’avait pas bougé de son appartement, et ils reconnurent l’un et l’autre que c’était une apparition qu’elle avait eue. Cependant l’explication eut lieu, et quelque temps après la domestique fut renvoyée. »

» Ces étonnants phénomènes s’expliquent très bien, d’après notre manière de voir, sans que l’on soit forcé a croire à des apparitions réelles et substantielles; mais les faits d’apparition de morts à des personnes vivantes, comme par exemple celui rapporté par Deleuze, ne peuvent plus s’expliquer par la théorie que nous avons émise, et, à moins d’invoquer les hallucinations, ce qui n'explique pas tous les cas, il faut dire avec tous les spiritualistes, la chose est possible.

» La doctrine de l’Eglise catholique enseigne, du reste, que les individus qui ont les dispositions inorales nécessaires, et même sans cela quelquefois, peuvent être favorisés d’apparition d’êtres spirituels.

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» Les entants dont !a nature a pu prendre toutes les conditions physiologiques dont nous avons parlé, et que nous avons reconnues comme favorables au développement des facultés extatiques, sont plus aptes à ces communications. Il semble que Dieu réalise sa parole d’amour pour cet âge et qu’il aime à laisser jouir ces jeunes créatures de la vie du ciel. Ces communications célestes dès l'enfance sont une preuve manifeste de la prédestination à la sainteté. Émericli, celte jeune Allemande dont la vie a été un sacrifice contiuuel à l’amour de son Dieu, crut longtemps que tous les enfants voyaient les anges ; elle n’en parlait pas, parce que les autres ne lui en parlant pas, elle les croyait discrets et voulait les imiter.

» Il est rare que les enfants qui jouissent de cette faveur restent sur la terre; ils meurent presque toujours, et suivent leur père ou leur mère qui leur apparaissent souvent. Lorsque la Providence les appelle à quelque mission parmi les hommes, leur vie est un tissu de douleurs et d’amertume. La souffrance les suit jusqu'à la mort, et ils sont toujours adorateurs de cette croix qui les identifie plus intimement avec Jésus le crucifié. »

Ce serait par trop sortir de notre sujet que d’entrer dans de plus longs développements sur les apparitions, et de citer des exemples de ces intéressants phénomènes de psychologie métaphysique; revenons donc au magnétisme. Le docteur ordinaire de Mâcon s’exprime ainsi :

« L’extase et le magnétisme prouvent l'action des intelligences supérieures immatérielles sur tous les êtres matériels de la création.

» C’est à ces êtres immatériels, à ces anges invisibles que toutes les somnambules sans distinction attribuent leur lucidité...

» Nous avons eu à notre disposition trois crisiaques d’éducation, d’âge et de sexe bien différents. Tous trois se

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sont accordés à reconnaître qu’ils avaient pour guides des esprits supérieurs. Des preuves tangibles de l’existence et de l'influence de ces esprits nous ont été maintes fois données.

» Voici l’opinion d’une extatique :

• Une série d’intelligences existe du polype à Dieu. L’homme estlechnluonqui unit les intelligences inférieures, associées à la matière, aux intelligences supérieures immatérielles ; de l'homme à Dieu se trouve une série semblable à celle qui existe du polype à l’homme, c’est-à-dire line série d’êtres éthérés plus ou moins parfaits, jouissant de spéciulités diverses, ayant des emplois, des fonctions variés.

» Voici maintenant comment nous avons pu constater la vérité d'une telle opinion :

» Le premier sujet magnétique que nous ayons observé ne répondait jamais à une de nos questions sans dire : Je vais consulter l'autre. Tout naturellement nous dûmes demander quel était cet autre; on nous répondit : C’est le génie chargé de me guider, de m’éclairer. F.t.en effet, ce sujet acquérait, en somnambulisme, des facultés, des connaissances qui lui étaient étrangères à l’état de veille et qui ne pouvaient appartenir qu’à un être supérieur.

» Après six mois de magnétisations répétées plusieurs fois par jour, ce sujet m'annonça qu’il allait changer de génie et arriver à une lucidité supérieure ; qu’il serait fou à lier pendant vingt-quatre heures, et que j’eusse à le faire surveiller pour éviter quelque malheur. Je serai fou, ajoutat-il, parce que mon aine me quittera pour entrer en rapport avec le nouvel être qui doit me guider ; ce nouveau génie est très versé dans la connaissance des plantes, et il m’initiera à sa science : ne me prévenez pas à mon réveil de ce que je viens de vous dire, afin que j’ignore la folie qui me menace et qui m’effraierait.

» Au jour dit, la folie survint avec une insensibilité de

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tout le corps telle que le crisiaque se frappait les membres contre les meubles, au point de briser meubles et membres sans éprouver la moindre sensation. La folie passée et le nouveau génie étant entré en fonctions, mon sujet m'indiqua la vertu de plus de cent plantes diverses ; celles qu’il ne pouvait nommer, il les désignait de manière à ne pouvoir se tromper; étant éveillé, il n’en connaissait pas dix. »

Dans le troisième chapitre de son ouvrage {Magnétisme surnaturel ), le docteur Charpignon dit encore ce qui suit :

« La science et la croyance au inonde surnaturel ont été et sont encore presque toujours deux étals antagonistes de l’intelligence humaine. Toutes deux cependant ont racine dans l’esprit de vérité. Pourquoi donc n’ont-elles pu s’allier et que l’une tend à étouffer l'autre chez la plupart des hommes? N’est-ee pus parce que le savant, habitué à toucher la matière et à comprendre le mécanisme de ses lois, perd peu à peu l'idée des choses invisibles et surnaturelles, et finit par ne plus croire à ce qui sort de la sphère du raisonnement et des lois physiques? N’est-ce pas aussi parce que les hommes de foi, les hommes à croyances mystiques, forts de leurs convictions, négligent trop, en général, l’étude des lois physiques, et, qu’entraînés par un manque de connaissances assez exactes, ils avancent et soutiennent des faits qui semblent incompatibles avec des lois connues, et qui, parfois, viennent à être controuvés par l’expérience pratique? »

« Le rationalisme et le mysticisme ont chacun des limites que l’esprit humain ne saurait franchir sans tomber dans le délire; mais l'un et l’autre ont des bases réelles, bases qui peuvent et qui doivent même se confondre en une seule. L'âme humaine qui seul le vrai, n’a-t-elle pas commencé par aimer? Et l’amour, c’est la croyance, c’est la foi. »

« Dans cet état, l’intelligence ne saurait formuler sa

croyance, et elle n’examine pas ce qu'elle aime. Mais la possession, longtemps continuée de l’objet aimé, modifie le sentiment vif de l’amour, et le convertit en un autre plus sérieux qui ose examiner ce que l’amour avait surpris. — L’examen, c’est la science. — La science sonde ce que la foi lui a transmis; elle se fait son égale; celui-ci ne lui commande plus, c’est elle au contraire qui va la dominer, et, pour beaucoup d’intelligence, la réduire à néant. Telle estgénéralement la marche que suit la raison, quand, séduite par l’éclat de ses propres forces, elle veut discuter et comprendre les choses métaphysiques. Dans la naissance du sentiment orgueilleux qui s’élève dans l'esprit de l'homme, se trouve la force qui brise la foi et le lien sympathique par lequel lame tient au inonde spirituel. »

L’intelligence de l’homme doit respecter certaines limites dans les hautes régions de l'idée, et se croire impuissante à les franchir. Elle doit accepter des croyances que les témoignages des siècles lui ont transmises ; elle doit se soumettre à la foi qu’une révélation primitive a déposée parmi le genre humain.

a Pourtant, il faut le reconnaître, lu raison a été entraînée dans son incrédulité par les exagérations du mysticisme. En fouillant les annales des mystiques, on est frappé de leur langage; il est ardent, passionné; ils émettent des idées qui semblent absurdes à la raison sévère, sans prendre la peine de les commenter; ils croient, eux, et cela leur suffit; ils parlent avec la conviction de la foi; ils disent voir l’invisible; ils produisent ce qu’ils racontent, et ils ne soupçonnent pas qu’on puisse douter. Mais combien de causes diverses peuvent produire un même phénomène ! L’étude du magnétisme ne nous a-t-elle pas mis sur la voie de bien des secrets qui jadis semblaient se rattacher à des causes surnaturelles, et la science de Mesmer n’a-t-elle pas porté an mysticisme le coup le plus terrible? La raison, la science.

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ne sout-elies donc pas bien excusables de se faire les antagonistes de toute la doctrine qui va puiser ses mobiles d’action dans un monde surhumain, dont chaque jour l’empire semble ébranlé par les découvertes de la science humaine ? »

Voilà bien ce que nous avancions, en commençant ce chapitre : la science et la croyance au monde surnaturel sont deux antagonistes; mais, hàtons-nous de le dire, c’est pas suite des exagérations qui ont surgi des deux côtés. Il est possible, suivant nous, que la science et la foi fassent alliance, et alors l’esprit humain se trouve au niveau de sa perfectibilité terrestre.

Deleuze,dans sa correspondance avec le docteur Billot (1), s’exprime ainsi : « Le seul phénomène qui semble établir la communication avec les intelligences immatérielles, ce sont les apparitions. Il y en a plusieurs exemples, et comme je suis convaincu de l'immortalité de l’âme, je ne vois pas de raison pour nier la possibilité de l'apparition des personnes qui, ayant quitté cette vie, s’occupent de ceux quelles ont chéris, et viennent se présenter à eux pour leur donner des avis salutaires. Je viens d’en avoir un exemple, le voici : Une demoiselle somnambule qui avait perdu son père, l’a vu deux fois très distinctement. Il est venu lui donner des avis importants. Après lui avoir donné des éloges sur sa conduite, il lui a appris qu’il allait se présenter un parti pour elle, que ce parti paraîtrait convenable, et que le jeune homme uc lui déplairait point, mais qu’elle ne serait pas heureuse avec lui, et qu’il lui conseillait de le refuser. Il ajouta que si elle n’acceptait pas ce parti, un autre se présenterait bientôt après, et que tout serait conclu avant la fin de l’année. C’était au mois d’octobre.

(i) Billot, Recherches psychologiques sur la cause dés phénomènes extraordinaires observés ches les modernes voyants, ou Correspondance sur le magnétisme animal, 2 vol. in-8, t. f, p. 137.

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« Le premier jeune homme a été proposé à la mère: mais la fille, frappée de ce que son père lui avait dit, a refusé.

» Un second jeune homme qui arrivait de province, a été présenté à la mère par des amis; il a demandé la detnoise Ile, et le mariage a été arrêté le 30 décembre.

» Je 11e prétends pas donner ce fuit comme ifrie preuve sans réplique de la réalité des apparitions, mais du moins il la rend vraisemblable, d’autant plus que l'on sait qu’il existe d’autres faits de ce genre.

» Au reste, soit qu’on admette ou qu’on nie la réalité des apparitions, on ne peut en contester la possibilité, lorsqu'on est, comme vous et moi, convaincu de l’immortalité de laine; quant à l’apparition des personnes vivantes, on en a plusieurs exemples. O11 l’explique par l’action du magnétisme entre deux individusqui sont parfaitement en rappor t, et dont l’un est ordinairement somnambule. »

Chardel, dans sa Psychologie physiologique , revient souvent sur la question d’un monde spirituel. Voici l’extrait d’un des chapitres (1) :

« Tout ce qui, dans l’homme terrestre, n’est pas purement organique, a son principe dans l'homme d’esprit, et n'en est qu’une traduction physique. Les affections, dit Swedenborg, se peignent sur la figure; la parole exprime la pensée, et les actions manifestent la volonté. Cependant l’âme, emprisonnée dans la vie, oublie bientôt sa propre nature, et ne voit de réalité que dans les relations nouvelles (ju’elle doit aux organes du corps.

» Toutes les sciences se renferment dans ce cercle ; mais, après la mort, I àtnen aperçoit plus que le monde spirituel : lu fortune et la santé, objets incessants des soins de la vie, cessent de l’occuper.

(1) Chardel, Estai de psychologie physiologique, 3* édition, i844i p. 386.

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» D'autres intérêts la sollicitent par leur actualité, et la terre lui devient étrangère.

» Nous ne saisissons ici-bas que les rapports matériels; car nous vivons dans la vie du corps. Mais tout change dans l'autre monde. Nos àmessontalors immédiatement affectées par des objets nouveaux, et nos pensées prennent une autre direction.

» L’ange, dit Swedenborg, pense d’après les objets spirituels, et l'homme d’après les objets naturels : aussi les rapprochements individuels sont-ils rares, quoique, entre les deux mondes, les communications soient incessantes et si naturelles, qu’elles se confondent avec la sensation de la vie et restent inaperçues.

» Le soleil spirituel luit pour toutes les âmes incarnées et non incarnées ; il répand sur elles l’élcment de la sensibilité, et l’on a vu qu'elles se l’approprient dans un travail qui se fait à l’occiput. C’est par là que les influences nous arrivent de l'autre monde (1), et l’on peut facilement reconnaître, lors de l’invasion du sommeil, que la volonté de l’homme qui s’endort, se retire vers cette partie de la tête.

» Swedenborg assure que l’action divine opère par cette voie sur l’homme esprit.

» L’influence du monde spirituel ne va pas, dans l’état normal, jusqu'à impressionner directement le cerveau ; elle s’arrête aux plexus, et il n’en résulte que des émotions plus ou moins senties. Néanmoins elle peut, quand nous dormons, produire des sensations fantastiques, mélangées de souvenirs.

• Aussi peu de personnes parviennent à l’âge mûr sans avoir été émues et préoccupées par des songes. J’en pourrais citer une' foule d’exemples; car les phénomènes de ce genre ne sont pas rares (2).

(i) Les incarnations suivent la même route.

(a) J’avais conduit un malade aux eaux de Néria; il y mourut subite-

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» Quelquefois, en état de veille, l’influence des esprits sur l'homme terrestre se manifeste par des paroles prononcées dans la vie de celui à qui elles s'adressent; elles agissent alors directement sur le cerveau comme cellesde nos rêves. « On entend en soi, dit Swedenborg, les paroles des anges, » et hors de soi celles des hommes.» Cette révélation est remarquable; car, en effet, il seinbleque les paroles des êtres spirituels, qui n’ont pas d'action sur l'air, ne peuvent se faire entendre à l’homme qu’en réagissant par la vie sur son cerveau. Alors celui auquel elles s’adressent est le seul à les entendre; il en est de même de toutes les communications avec les esprits, qui se font toujours par l’intermédiaire de la vie spiritualisée. On lit dans la Bible (Daniel, chap. tx) :

« Moi, Daniel, je vis seul cette vision, et ceux qui étaient » avec inoi ne la virent point. » Toutes les réactions de laine sur l’organisation s’exécutent de même par la voie intérieure. C’est par cette raison que l’homme endormi entend seul les paroles de ses rêves.

» Les communications ordinaires entre les deux mondes , sont continuelles et communes à tous les hommes; elles se confondent avec la sensation de la vie, et, comme je l’ai déjà dit, elles ont donné naissance à la fable du bon et du mauvais génie. Chacun peut en suivre les traces en soimême, et l’observateur reconnaîtra avec quelle obstination certaines idées reviennent malgré nous. Bien n’est plus difficile quelquefois que de renfermer ses pensées dans un cercle déterminé. Cette difficulté peut, en cas de maladie, devenir insurmontable : elle signule les aliénations mentales, où, comme le doctenrEsquirol le fait observer, les malades ne sont plus libres de fixer leur attention ; ils semblent,

meut, et la nuit suivante il apparut en songe à sa sœur, à deux cents lieues de là. « Ma sœur, lui dit-il, je viens de mourir. — Quel affreux malheur! s’écria-t-elle. — Non, ce n’est pas un malheur, répondit-il ; car je suis mieux ici que sur la terre. *

— Digitizèd byt^ÔOgie

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au contraire, surtout dans les Ivpémanies, obéir à une influence étrangère qui cherche à éloigner d’eux les cœurs les plus dévoués et les pousse à leur destruction. Les Évangiles parient, en vingt endroits, de possession; et malgré le matérialisme de laphilosophie moderne, on doit reconnaître que les lypétnanies offrent des phénomènes analogues.

» Au surplus, il parait que l’influence du monde spirituel peut, par suite d’accidents, passer à l’état de communication directe, et se manifester assez clairement. »

Ces citations sont suffisantes pour vous montrer que les magnétistes, nos contemporains, soupçonnent tous l’existence d’un monde spirituel, et que cette idée ne répugne pas à leur raison.

Voici, sans autre préambule, les faits nouveaux que nous fournissent les journaux américains. Nous en devons la traduction à un de nos estimables collaborateurs, M. A. -S. Morin, versé dans l’étude du magnétisme ; nous avons conservé les quelques réflexions qui précèdent ou suivent ses traductions, les ayant jugées utiles autant qu'intéressantes. Ces récits sont suivis des lettres de notre ami J. Barthet.

manifestations spirituelles aux êtats-unis d'améiuque.

Plusieurs journaux américains sont spécialement consacrés à l'enregistrement et à la discussion des manifestations spirituelles. Le Spiritual lelcgrapli de New-York, dont nous devons la communication à l’obligeance de M. Jos. Barthet, membre correspondant de la Société tlu mesmérisme, contient dans son numéro tlu 11 mars dernier le récit de faits très curieux. Ce sont des matériaux intéressants pour la science. Nous allons soumettre à nos lecteurs, sans commentaire, quelques extraits de ces bulletins merveilleux; il est bien entendu que, manquant des moyens de vérification,

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nous n'entendons rien garantir que l'exactitude de la traduction :

1° M. J. -P. Davis, demeurant à Econoiny.dans llndiana, écrit que Jane Davis, malade d’une fièvre typhoïde, a été parfaitement guérie par les esprits. Malgré tous les efforts de ses amis pour la réchauffer, elle était devenue froide; la respiration avaitcessé, le pouls était devenu insensible. Elle est restée vingt-cinq minutes dans cet étut; ensuite les esprits ont rétabli chez elle la respiration et le sentiment, et lui out complètement rendu la santé dans l’espace de quelques jours.

M. Davis ajoute le récit des faits suivants :

« Les esprits ont magnétisé notre enfant âgé de dix mois, et lui ont donné des médicaments. Ils ont nus un morceau d’alun dans la bouche de ma femme pendant que nous étions uu lit ; ils ont introduit de l’écorce d orange dans la bouche de Jane, et nous étions alors auprès d'elle quatre personnes dont un incrédule.

» Les esprits ont ouvert les portes devant nous, à notre approche, lis ont apporté à Jane de la tourte aux pèches et de l’eau, ont chauffe des pierres au feu et les ont mises à ses pieds. Ils ont apporté ici, d’une distance de U5 milles, un ruban du bonnet du père de Jane, font placé dans un tiroir et ont dit à un médecin de l'Olno, à 80 milles d'ici, ce que c’était. Des chansons ont été chantées au-dessus de nos têtes; les paroles étaient nettement prononcées. Les esprits ont fait exprimer clairement des sentences par la bouche de notre enfant qui n'est âgé que de tlix mois et qui est incapable d'articuler un seul mot quand il ne reçoit pas l'aide des esprits. Ils nous ont fait voir de brillantes lumières dans des endroits obscurs; ce phénomène a impressionné toutes les personnes qui se sont trouvées la. »

‘2° M. Haltes, du Caire, comté d'Unoudaga, Etat de New- York, écrit que, depuis dix ans, il était complètement sourd

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d'une oreille. Ayont entendu parler des vertus curativesdes sources spirituelles de mesdames Chase et Biltingham, il se décida à en faire venir de l’eau. Sur sa demande, ces dames lui expédièrent deux bouteilles d’eau, qui ont été réduites par 1’ ébullition jusqu’au 15*. Le contenu d'une de ces bouteilles avait été puisé à la source positive, et l'autre à la source négative. M. Haltes introduisit dans l'intérieur de l’oreille l’eau négative, en bassinant à froid le côté de la tête et la tempe. Chose étrange, vingt-quatre heures après la première application, la surdité avait entièrement disparu. A l’époque où notre correspondant nous a transmis ces faits, il s’était écoulé quatre semaiues depuis la guérison, qui s’était parfaitement maintenue (1).

3° A une conférence de spiritualistes tenue le 2 mars , le docteur J. -R. ürtow a assuré que le naufrage récent du vaisseau à vapeur le San-Francisco avait été vu dix jours d’avance par M. C.-H. Little, habitant considérable et généralement estimé de Brooklyn. Ce dernier eut spontanément une vision, et il vit l’Océan et un vaisseau démâté luttant péniblement contre la tempête, il sut que c’était le San- Francisco, bien qu'il ne l’eût jamais vu précédemment et n’eût aucun motif pour croire que ce navire fût dans cette position. 11 précisa les détails de l'événement; entre autres choses, il vit sur le pont un homme dont la contenance était calme et courageuse, et il l'entendit distinctement dire aux passagers alarmés : « Nous sommes dans un grand danger, mes amis; mais nous avons encore l’espoir d’être sauvés. Si quelques-uns seulement d'entre nous obtiennent, leur salut, il y aura encore lieu d étre reconnaissants. » Cet épisode est la seule partie de la vision de M. Little qui li ait pas été vérifiée, et le journaliste déclare qu'il la publie, afin qu elle

(i) On peut rapprocher cette guérison de celles qui s’obtenaient, à l'époque des convulsionnaires, au moyen de l’eau du puits du cimetière de Saint* Médard.

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puisse être confirmée ou infirmée par les renseignements recueillis auprès des hommes de i'cc]iiipage <|ui ont échappé au naufrage.

It’ M. G.-H. Clapp, de Hoston, raconte, entre autres faits concernant les tables, que la fille du docteur Dilliugham, âgée de neuf ans, a passé dernièrement dans le monde des esprits. Peu de jours avant sa mort, elle avait promis à notre correspondant qu’elle viendrait s’asseoir sur ses genoux la première fois qu’il viendrait chez son père. Quelques jours après l’événement, M. Clapp étant allé chez le docteur Dillingham, se mit à table avec la famille. Sa main fut mise en mouvement par un agent qui s'annonça comme étant l’esprit de la petite fille; elle se rappelait sa promesse et se disposait à la remplir. Alors la table, sans aucun contact apparent, se leva vers le genou du père et répondit aux questions en frappant devant lui; puis, sur la demande qu’on lui en fit, la table se transporta vers la mère de l’enfant, toujours sans moteur visible, et alla presser notre correspondant avec tant de force que, pendant quelque temps, il ne put lui faire quitter sa position.

5° line dame de Willintnshury, de notre connaissance, très intelligente et nullement superstitieuse, nous a raconté dernièrement le fait suivant : Il y a quelques années, revenant d’une noce à une heure avancée de la nuit, au moment oit elle allait se mettre au lit, elle vit sa mère, qui demeurait à plus de 200 milles de là, qui se pencha sur son lit, fixa sur elle des regards pleins de tristesse et baignade larmes son visage. Au bout de quelques instants, l’apparition s’éloigna, glissa par l'endroit d'où elle était venue et s'évanouit. La dame déclara qu’elle était parfaitement éveillée, quelle vit très distinctement toute cette scène et quelle n’avait aucune raison pour croire que sa mère dut mourir cette nuit. Elle apprit bientôt que sa mère était morte la veille, au commencement déjà soirée, en témoignant beau-

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

coup d'inquiétude relativement à ses filles. Ces sentiments avaient été exprimés par la physionomie de son esprit lors de son apparition.

6° A la conférence des spiritualistes, tenue à New-York le 28 février dernier, M. Young montra une ardoise sur laquelle un nom et plusieurs autres mots avaient été écrits sans aucun appareil visible.

7° M. Andrew Firster, de Carlton, rend compte de la manière la plus avantageuse des cures opérées par madame Rogers, médium, demeurant dans le Michigan. Il cite notamment sa femme, qui avait un cancer invétéré, et son jeune fils qui souffrait de fièvres intermittentes. Plusieurs médecins avaient fait inutilement tous leurs efforts pour les guérir; les prescriptions du médium ont parfaitement réussi. Aussi, dans le pays, a-t-on en elle une confiance illimitée.

La fille de M. Firster, âgée de huit ans, étant à table avec d autres enfants, est devenue tout a coup médium-écrivain, et a composé un livre sous l’action des invisibles, bien que, dans son état ordinaire, elle ne sache pas écrire.

Addition aux extraits du Spiritual Telegraph.

M. Samuel Herro, d’Alamo, comté de Montgommery (Indiana), écrit qu’il y a dans son pays huit ou dix médiums plus ou moins développés, parmi lesquels on remarque sa femme, par l intermédiaire de laquelle les esprits donnent des communications en faisant mouvoir sa main dans la direction des lettres de l’alphabet, même quand elle a les yeux bandés.

Un jeune homme du voisinage remarqua que sa montre était arrêtée, et que l’aiguille des minutes était détachée et se trouvait sous le verre de la montre. Il attacha la montre à un clou dans la chambre, en prenant lu précaution que

coins m. MAGNÉTISME.

personne ne put y entrer; peu de temps après, il trouva la montre en mouvement, et l'aigmlle remise à sa place.

Po'éme épique sur le ciel étoilé.

Ce poème remarquable, composé de quatre mille vers, vient d’être publié. Il a été écrit en entier par T. L. Harris en vingt-six heures seize minutes, l'auteur se trouvant mis en transe par les esprits en présence d’un grand nombre de témoins honorables. L'histoire de la littérature n’offre pas de faits plus merveilleux. Le poète Stuart en fait le plus pompeux éloge sous le rapport de la conception, des pensées et du style.

Nous l’extrayons du journal l 'Univers spiritualiste.

Hartford, comté de Trumbull, Étal de l'Ohio, 8 janvier 1855.

A Monsieur S. W. Siuith, esq.

Cher Monsieur,

Les faits rapportés dans Y affidavit ci-après de M. John Richard sont ici de notoriété publique, et peuvent être appuyés par des preuves capables de dissiper toute espèce de doute. Vous serez libre d'en faire tel usage que vous jugerez convenable.

Votre respectueux serviteur, W. J. Bright.

État de l'Ohio, comté de Trumbull.

Par-devant nous, W. J. Brigbt, juge de paix du comté, s’est présenté en personne John Richardson, lequel, après avoir dûment prêté serment, a déposé comme il suit :

MANIFESTATIONS SP1BITUELLES. 499

« Je suis domicilié à Pamytiuniany, cointé de Mercer; j’ai vécu à quatre milles à l'est du centre de Hartford (Ohio) ; j'habite ma résidence actuelle depuis neuf mois. Il y a cinq semaines environ, mon attention fut éveillée par un sifflement très aigu et très bruyant qui paraissait sortir du coin d’un petit cabinet de ma maison. Vinrent ensuite des coups très forts et très distincts, pareils à ceux que pourrait pro- * duire une personne en faisant crier ses articulations. La porte de ce cabinet est fermée pur un bouton de bois qui tourne sur le bord de la porte. Ce bouton tourna fréquemment, et la porte s'ouvrit, sans qu'il y eût aucun agent visible. Cela fut suivi d’une voix qui paraissait humaine, voix forte et claire, qu'on aurait pu entendre de 40 verges (200 mètres).

» Cette voix, après avoir poussé plusieurs cris perçants, descendit à un ton plus bas, à peu près pareil à celui de lu conversation, et commença à s'exprimer d’une manière simple et naturelle, assurant la famille que nous ne serions pas brûlés, nous engageant à n'avoir aucune crainte, et nous assurant que nous ne courions aucun danger. Ces manifestations étant tout à lait inexplicables pour moi et pour ina famille, nous examinâmes toute la maison pour découvrir, si c’était possible, la cause de ces faits nouveaux et étonnants, mais nous ne trouvâmes, dans la maison ni aux environs , personne autre que les membres de ma famille.

» Nousentendimesavec étonnement la répétition dessilflements qui eurent lieu une douzaine de fois, et une voix nous informa que la conversation venait des esprits de deux frères qui nous dirent s’appeler Henry et Georges Force, déclarèrent avoir été égorgés il y a onze ans, nous firent le récit de cet événement tragique, et insistèrent pour qu’on s’adressât aux voisins, afin qu'ils entendissent cette révélation. John Banny, Henry Moore et une douzaine d’autres

COURS DR MAGNÉTISME

furent alors appelés, et nous pûmes très bien remarquer la différence de voix des deux esprits.

» Trois jours après le commencement de ces manifestations, ma femme m’apporta à la maison un plat de jambon, le posa sur la table, et alla à l'autre bout de la chambre. Le plat lut alors enlevé par un agent invisible a une distance de * quatre à six pieds, et jeté sur le parquet. Une autrefois, un seau d’eau fut enlevé de la table sans l’action d’aucune main humaine, transporté à six pieds, et l’eau répandue à terre. Puis une grande table de salle à manger se mit à tourner, quittu sa position et fut transportée vers le poêle à une distance de six pieds. Tout cela eut lieu sans qu’il y eût personne auprès de ces objets. La même table fut une autre fois renversée sur le côté; plusieurs fois, elle se mit à danser pendant que notre famille était assise à l’entour pour manger. Une fois, les plats, les couteaux et les fourchettes furent lancés à l’autre extrémité de l’appartement, et les plats brisés en mille morceaux.

» Dans une autre circonstance, la voix ordonna à madame Richardson d’enlever les plats de la table, ce qui fut fuit aussitôt, et alors la table se baluncn violemment dans tous les sens, et le mouvement se prolongea quelque temps, de sorte que les plats n’auraient pas pu s’y maintenir. On les plaça dans un baquet posé à terre; niais plusieurs d’entre eux s’échappèrent du baquet, furent lancés dans la chambre et mis en pièces. Nous cherchâmes à préserver les mets, en les serrant dans un buffet dontnous fermâmes les portes : mais elles furent ouvertes avec violence, et les plats s’envolèrent l'un après l’autre avec la rapidité de l’éclair. Un autre jour, tin sucrier et un plat posés sur la table, auprès «Je la«|uelle il n’y avait personne, furent lancés à travers la chambre, et brisés contre le mur le plus éloigné. Ce manège continua jusqu’à ce que toute la vaisselle de la maison fût détruite.

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES. 501

» Plusieurs fois les tiroirs d’une commode d'une chambre à coucher furent enlevés, puis pose's avec soin sur le lit. Un grand cuvier à lessive, étant sur le fourneau, a été rempli d eau, élevé en l’air; penchée d’un côté, l’eau est lancée A six pieds et répandue sur le parquet, et tout cela sans que personne intervint. Souvent la théière a été enlevée du réchaud et jetée à terre. Une cafetière contenant du café à filtrer a été enlevée du foyer, lancée il travers la chambre et jetée sur le parquet. Souvent, pendant que madame Richardson faisait cuire dans le four du poêle des galettes de sarrasin, la plaque de tôle où elles étaient posées a été enlevée de la même manière, et jetée à travers la maison ; plusieurs fois les galettes qui cuisaient ont été enlevées du four, et ont disparu entièrement.

» Une fois la voix, parlant à ma femme, annonça que l’esprit cuirait des gâteaux pour Georges, enfant qui mangeait à table. Madame Richardson s’éloigna du four : alors la pâte préparée pour pétrir des gâteaux fut enlevée de la terrine posée près du four et transportée sur l’assiette de l’enfant qui était à table. La voix proposa alors de cuire un gâteau pour ma fdle Jane qui était à travailler dans une autre partie de la maison. En conséquence, ce gâteau fut fabriqué de la même manière que le précédent, transporté à travers l’appartement et mis dans la main de la jeune hile.

» Dans ces diverses circonstances, la conversation entre les deux voix et les autres personnes a continué et continue encore journellement, en même temps qu’ont lieu les manifestations dont j’ai parlé, et plusieurs autres semblables. Ces conversations et ces divers phénomènes ont été observés presque tous les jours par moi, par les membres de ma famille et par une foule de personnes^qui sont venues chez moi pour en être témoins.

"J’ajouterai que l’esprit ou la voix donne pour motif de la

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destruction de mu vaisselle et de mon mobilier, la nécessité de convaincre le monde de l’existence des esprits. »

Signé John Richardson.

Attesté par serment, et signé devant moi, le 8 janvier 1855.

Signé W. J. Bright, juge de paix.

Élisa Jane Richardson , après avoir dûmeut prêté serment, déclare :

a Je suis la femme de John Richardson quiafai t Y affidavit ci -dessus. J’ai été témoin de toutes les manifestations certifiées par mon mari dans sa déclaration et de beaucoup d’autres faits, tels que le chaut des voix et l’écriture sans aucun acte humain. »

Signé Élira Jane Richardson.

Affirmé par sermentet signédevaut moi,ieS janvier 1855.

Signé W. J. Bright.

James H. Moore, après avoir dûment prêté serment, déclare :

« J 'ni été témoin de plusieurs des phénomènes rapportés par John Richardson tlans son affidavit, tels que la conversation avec les voix, les mouvements des tables, etc. «

Signé James H. Moore.

Affirmé par sermentet signé devant moi, le 8 janvier 1855.

Signé W. J. Bright, juge de paix.

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

Manifestations spiritualistes.

Extrait d'une lettre (le M. P. B. Randolpli, datée de Hartford

(Connecticut), du 5 mars dernier, adressée au Christian

Spiritualist du 17 mars.

« Les faits t|ue je vais raconter ont eu lieu dans celte ville et peuvent être attestés par les citoyens les plus recommandables de Hartford. Je m'abstiens de nommer le prêtre chez lequel ils se sont passés, persuade (pie la publication de son nom n'ajouterait rien à l'authenticité; mais je me réfère au témoignage de MM. Clieney, Metler et Stoddard. * ^

» M. D. Hume, médium, fréquentait cette maison, et un prêtre qui s’y trouvait exprima le désir que les phénomènes dont on avait beaucoup parlé se manifestassent en sa présence. Il réitéra souvent ce souhait. Un soir qu’ou demandait à voir des esprits, aussitôt un bras magnifique et une main s'élancèrent de dessous la table, et non-seulement ils furent vus distinctement de toutes les personnes présentes, mais on put les saisir et les palper. La salle était parfaitement éclairée au gaz, et chacun put s'assurer que ce qu'il voyait et touchait était bien un bras et une main. Bien plus, on m’assure qu'une forme entière d'esprit apparut et fut parfaitement visible pour toutes les personnes de la société, et cela à la lumière du gaz.

» Comme d’habitude, j^m'abstiens de tout commentaire et j’avoue mon incompétence.

» Rien n’est entêté comme les faits, et je me réfère à Ward Clieney pour de plus amples détails. »

Publications spiritualistes.

Le nombre des organes périodiques du spiritualisme s’accroît de jour en jour. Parmi ceux qui se so^^tablis récenr

COUKS DK MAGNÉTISME.

ment, nous remarquons The public Circle, revue mensuelle publiée à New-York : on y trouve des relations fort intéressantes de ces faits si étranges et si variés qui occupent l’attention des populations américaines, et des communications importantes obtenues par les medium.

Voici une expérience que rapporte M. Conklin. A une séance tenue chez lui, les divers membres de la société écrivirent sur des feuilles de papier les initiales de personnes mortes desquelles on désirait avoir des communications. Le médium en prit quelques-unes et écrivit des communications annoncées comme venant des personnes dont les initiales étaient écrites sur les papiers, et elles fu^mt jugées très satisfaisantes. ^

Pour juger de la pénétration des esprits, on remit à un médium un colfre s’ouvrant au moyen d’un cadenas muni d’un cercle à permutations, dont une seule permet l’ouverture. M. James Bruce, deWilliamburgh, fit cette expérience. Son coffre avait cinq cercles mobiles, chacun composé de vingt viroles, chaque virole portant une lettre. Il faut, en tournant les anneaux, composer un mot pour la formation duquel chaque anneau donne une lettre; il est impossible d'ouvrir, à moins de composer précisément le mot convenu. L’appareil en question comporte trois millions deux cent mille combinaisons de lettres, de sorte que celui qui cherche a, pour chaque essai, une chance de succès contre trois millions deux cent milie chances d’insuccès. Un plaça l’appareil dans la chambre du métfium pendant une semaine environ ; puis, au milieu d une conversation sur divers sujets avec ses deux sœurs, le médium entra tout à coup en transe et dit : « Efforçons-nous, mes amis, dans toute notre conduite d’imiter la simplicité des enfants ; par là nous ouvrirons le cuivre, par là aussi nous ouvrirons les cœurs. Que le cadenas s’ouvre à l'enfant. ■> En même temps il forma la combinaisoi^^ü. 1. I.. D. (enfant), et le cadenas s’ouvrit.

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

Un savant, qui est à la recherche des phénomènes du spiritualisme, arriva peu de temps après que ces faits s’étaient passés. Désirant vérifier par lui-même, il ajusta l'appareil pour un nouveau mot et se retira. A peine était-il sorti que le médium fut invité à retrouver la personne pour que le coffre fût remis à sa garde. Il courut après elle; ne la trouvant pas dans la rue, il alla au bureau du Christian Spiriiualist, et enfin, l'ayant trouvée après plusieurs démarches, on tint une réuuion de dix-neuf personnes notahles; plusieurs communications eurent lieu, et elles se terminèrent par celle-ci :

« Amis, nous vous avons donné bien des preuves de l’individualité et de la présence des esprits, et ces témoignages n'ont pas porté de fruits. Sachez cependant que, si nous intervenons, ce n’est pas pour satisfaire une vaine curiosité, mais pour le bien de la cause. — Sophi.

» Signé Georces Fox. »

Le mot sophi ouvrit le cadenas.

Extraits du Spiritual Telegraph (numéro du 28 octobre).

M. Jonathan Beau, de Montville (Maine), rapporte le fait suivant :

il se trouva dernièrement en relation avec une dame médium qui lui était complètement étrangère et qui ne connaissait rien dé lui ni de sa famille. Un esprit s’empara d'elle et s'annonça comme étant le fils de M. Bean, qui était parti douze ans auparavant pour le monde des esprits. Celui-ci dit à l’esprit : « Si vous êtes réellement mon fils, donnez-m’en une preuve en désignant dans cette chambre quelque chose qui lui ait appartenu. » 4ja dame médium éprouva une grande agitation; elle vint à M. Bean, secoua les mains au-dessus de ses épaules et de sa poitrine, puis elle saisit son vêtement, et sa main se porta dans une pochç

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où elle prit lin couteau qu’elle désigna comme étant l'objet cherché. Ce couteau avait effectivement appartenu au fils de M. Bean, il y avait plus de douze ans, etnul autre que lui ne connaissait cette circonstance.

Dans un autre cas dont M. Bean a aussi été témoin, un médium a spécifié le père décédé d’un jeune homme qui consultait: elle a fait le geste de piler du mortier. Le défunt avait été maçon, ce qui était ignoré du médium.

Une antre fois, M. Bean évoqua l’esprit du juge Croshy. Ce personnage présentait, de son vivant, cette particularité, qu’il était paralysé du bras droit, qu’il écrivait de la main gauche, le côté droit du papier étant tourné vers lui, et qu'il traçait ses lignes dans une direction perpendiculaire à son corps. Rien de tout cela n’était connu du médium. L’esprit du juge prit possession de cette dame, qui écrivit une communication en procédant d’abord comme il est d’usage, puis elle annonça qu’elle allait écrire comme le défunt. Alors elle tourna le côté droit du papier vers elle, prit la plume de la main gauche et commença à écrire des lignes perpendiculairement à son corps, exactement comme le juge avait l’habitude de le faire.

M. Bellows, de Sag-Harbor, a rapporté le fait suivant à la conférence de Dodworth-Hall, le 8 octobre 1 854. Après s’étre beaucoup occupé de manifestations spirituelles, il se trouva en vovage à Springfield (Massachusetts): il se décida à y rester quelque temps afin de se mettre en relation avec quelque médium connu dans cette ville, il n'v était jamais venu auparavant et n’y connaissait personne.il se promena près’ de la place, se demandant à lui-méme comment il pourrait trouver un médium. Pendant qu'il se livrait à ses réflexions, il se sentit poussé intérieurement à aller vers un jeune homme qui était assis sur un banc et à s’asseoir à côté de lui. C’est ce qu’il fit : il s’établit ensuite une conversation dans laquelle M. Bellows exprima le désir d’observer le spi-

MANIFESTATIONS SPIRITEELLES. 507

ritualisme, et demanda an jeune homme s’il pourrait l’adresser à quelque medium de Springfield. Il se trouva que son interlocuteur était un spiritualiste domicilié dans la ville, et il le conduisit chez M. Bangs, où il lui dit qu’il rencontrerait un médium. Ils furent reçus par un domestique qui les fit asseoir, puis aussitôt M. Bangs arriva et leur fit cette question : « L’un t\e vous d’eux a-t-il connu une personne du nom d'Eliza Bellows? » M. Bellows, qui était tout à fait inconnu du maître de maison ainsi que de toute la population de la ville, répondit qu’il avait eu une soeur de ce nom qui était morte depuis plusieurs années. Au même instant on entendit des coups violents frappés avec une sorte d'enthousiasme et qui semblaient la réponse à ce qui venait d’étre dit. Le nom d'Eliza Bangs avait été ptoféré au moyen des coups, juste au moment où M. Bangs était entré dans la maison. Nous demandons comment M. Bangs a pu recevoir en cet instant précisément la communication du nom de la soeur décédée de M. Bellow, ou si un esprit qui la connaissaita voulu l'annoncer;aucune supposition de clairvoyance ou d’o|>ération intellectuelle ne peut rendre compte de ce fait.

Les miracles modernes. — La lettre suivante a été adressée aux directeurs du journal par M. G. H. Dewolfe, de Bangor :

« Étant à New-York il y a quelques semaines, je m’entretins avec M. Partridge, madame S. P. Johnson, M. de Bangor, clairvoyant et médium guérissant. M. Partridge me dit qu'il fallait des faits bien établis, qu'il serait important de leur donner de la publicité, etc. A mon retour à Bangor, je recueillis des renseignements sur les cures opérées par M. Johnson : je commence à en publier le récit, que je continuerai. Si elles se fussent passées à l’époque du Nouveau Testament, elles auraient été qualifiées de miracles, non seulement par les hommes de ce temps, mais encore par les

COUHS UK MAGNÉTISME.

croyants d’aujourd hui qui acceptent l'inspiration des écritures.

» t° M. John Tibbets, âgé de quarante ans. fils de Henry Tibbets, de Bangor, machiniste, inventeur de la machine à hauteetbassepression, avait été longtemps malade d'une fièvre typhoïdequi l'avait mis dans le plus tristeétat, et on l'avait déclaré atteint de consomption. Il dépérissait rapidement, et les médecins avaient annoncé sa fin prochaine. Madame Johnson fut appelée auprès de lui; et avec l’aide des esprits, elle le guérit rapidement, si bien qu’après vingt-quatre heures le mulade put se lever, qu'au bout de trois jours il alla à cheval, et qu’en une semaine il fut parfaitement rétabli et put aller en ville vaquer à ses affaires.

» 2° Cas de choléra. — William Johnson, marchand de meubles à Bangor, fut pris dans la nuit de vomissements et d’évacuations al vines; n’ayant aucune confiance dans les médecins, par suite de la perte de plusieurs de ses enfants et de ses amis, il refusa énergiquement leur assistance, pensant que la maladie était déjà un ennemi assez redoutable, sans y ajouter le fléau des docteurs ; il persévéra dans ces sentiments tant qu'il put parler. Il survint une respiration laborieuse, comme celle d’un asthmatique, le sang se porta aux ongles, et toute la peau devint pourpre. Sa femme ne crut pas devoir obéir plus longtemps à ses prescriptions, et elle lui demanda s’il fallait appeler l'un des docteurs H...» S..., P...; comme il ne pouvait plus parler, il remua la tête à chaque nom en signe de dénégation, et il fit un signe pour indiquer la demeure de madame Johnson, et exprima qu’il fallait se hâter. A midi, madame Johnson arriva; elle entra immédiatement en crise : en cinq minutes, le malade fut guéri de ses crampes et de ses douleurs; au bout de vingtsept heures, il put aller à cheval, et le second jour, il reprenait ses occupations ordinaires.

» Les boiteux marchent. — M. Joseph Saunders, de Ban-

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

gor, ouvrier en constructions navales, à;;é d'environ soixantecinq ans, était attaqué, depuis dix ans, d’éruptions scrofuleuses au mollet, ce qui le faisait beaucoup souffrir, et l’empêchait souvent de marcher. Dans les trois dernières années, lè mal s’était aggravé, avait pris un caractère cancéreux, et donnait de vives inquiétudes. Tous les efforts des médecins et des chirurgiens avaient été infructueux. Il se détermina à recourir à madame Johnson. Tout le gras de la jambe offrait l'aspect d'une masse de pourriture, la jambe entière était horriblement enflée et enflammée. Sous la direction des esprits, elle fit des applications qui, eu trois semaines, procurèrent une amélioration notable, et en trois mois la guérison fut complète.

» U° Guérison d’un cancer. — Madame Capt John Saunders, de Bangur, était atteinte, depuis plusieurs années, d’un cancer à la poitrine qui avait pris un développement alarmant, et qui menaçait sa vie. Les médecins furent d’avis qu’une opération chirurgicale était la seule ressource. Elle était sur le point de s’y soumettre. Sur ces entrefaites, elle devint médium-écrivain , et les esprits indiquèrent madame Johnson comme devant la guérir, bien qu elle ne sût même pas que cette dame fût médium. Les esprits la poussèrent à aller chez un certain voisin oit elle devait rencontrer madame Johnson. Elle s’y rendit de son côté. Madame Johnson avait été invitée pareux è s’y rendre; mais, comme elle était très occupée, elle négligea de se conformer à leur direction. Elle fut de nouveau poussée à aller immédiatement pour une personne grandement malade qui avait besoin de son aide. Elle s’y rendit, tomba en crise : une seule imposition des mains fit cesser l'enflure et l’inflammation, et le cancer disparut pour ne pas revenir. Cette cure date de trois ans.

* 5° Le capitaine Saunders, mari de la dame dont il vient d’être parlé, avait presque perdu un œil, à tel point que, de-

puis six mois, il ne pouvait avec cet œil prendre la hauteur du soleil, et il y avait à craindre qu’il ne perdit entièrement l’autre œil. Madame Johnson, en une seule séance, par l'aide des esprits, lui rétablit la vue dans un parfait état. »

Extraits du New-England Spiritualist (numéro du 18 août

« Une réunion de plus de deux cents spiritualistes a eu lieu la semaine dernière à Ileading (État de Massachusetts). (1 s’y trouvait des personnages fort distingués. M.Gonstantine, de Lawrence, ci-devant ecclésiastique de la secte des baptistes, orateur d’un talent remarquable, a raconté que plusieurs faits éclatants avaient excité son attention et l’avaient déterminé à étudier les phénomènes du spiritualisme. Ayant entendu faire le récit de faits qu'il jugeait alors impossibles, il déclara de la manière la plus positive qu’il ne pouvait croire à l’existence d’un agent capable de produire de tels résultats. Au même instant il fut saisi par une force invisible qui l’enleva du siège où il était assis, le transporta par-dessus ce siège et le déposa doucement à terre, après lui avoir ôté ses chaussures. Un de ses souliers, s'échappant de son pied , alla frapper le plafond de la salle, et ensuite tomba lentement à terre. Frappé d’étonnement, il demanda si le fait pouvait se répéter : comme il se disposait à remettre un de ses souliers, le pouvoir invisible le lui arracha avec une telle violence, que les tirants en furent déchirés et lui restèrent dans les mains. L’ecclésiastique réfléchit profondément sur l'origine de ce pouvoir, et fut ainsi amené à reconnaître l'intervention des esprits. »

Expériences à Worcester.

Le cercle était composé de neuf personnes. Après plusieurs communications, on en obtint une ainsi conçue :

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES. 511

« Soyez tranquilles et passifs, et nous agirons autant que les conditions le permettront. » Ces conditions furent remplies, et voici ce qui se passa. D'abord une coquille marine, qui était sur la cheminée à sa place ordinaire, tomba à terre et glissa sous la table. La sonnette se fit entendre pendant que toutes les personnes du cercle étaient eu contact par les mains, les pieds et les genoux. La coquille fut placée par le pouvoir invisible entre les pieds d’une personne qui, à la soirée précédente, avait vu se poser au même endroit un pilon et une sonnette.

Ensuite ou éteignit les lumières; toutes les personnes formèrent la chaîne par les mains, et l’on eut la plus étrange manifestation qui ait encore été observée : le médium fut enlevé avec sa chaise au-dessus de la table, transporté tout autour, puis déposé doucement à terre à l’autre extrémité de la salle. Pendant son ascension, il fut élevé tellement haut que les personnesquiavaientles mains dans les siennes furent obligées de se tenir sur la pointe des pieds pour ne pas lâcher prise, il fut évident pour tout le monde que le médium n’avait aucun support matériel ; lui-mëme en eut conscience pendant tout le temps que dura l’opération. Pendant qu’il était suspendu en l’air, ses pieds se balançaient à plusieurs reprises et frappaient les personnes qui lui tenaient les mains, de manière quelles purent parfaitement vérifier comment les choses se passaient. Les esprits manifestèrent par des coups nombreux et bruyants leur satisfaction d’avoir réussi dans cette entreprise.

Dira-t-on que le médium était enlevé par ses voisins? Ceux qui les connaissent, savent il quoi s’en tenir sur cette imputation. D’ailleurs, chacune de ces personnes avait une main enlacée dans celles des autres membres du cercle. Que supposer encore ? que c’est une supercherie, un jeu de lu nature, une diablerie? Avant de vous pronoucer, examinez.

Le docteur Taylor, de Clevelnnd, annonce qu’il a découvert un appareil pour obtenir, à peu de frais, par la décomposition de l’eau, une brillante lumière et une chaleur considérable, et que c’est aux esprits qu’il est redevable de cette importante découverte. Il va prochainement mettre le public à même de la juger.

Le spiritualisme en Amérique.

J’ai déjà fait connaître de nombreuses manifestations spiritualistes. Voici de nouveaux faits que je viens deconslater avec toute la sévérité que le sujet comporte et que les circonstances ont permise. Je ne toucherai qu’aux points principaux, pour être bref autant que possible ; je n’ai guère l’espoir d’étre cru, surtout de ceux qui ne me connaissent pas; mais j’indiquerai les lieux où peut se faire la vérification de ce que j’avance, et les voyageurs au moins seront à même de se prévaloir île l’avertissement. N’aboutirais-je, d’ailleurs, qu’è faire naître des doutes, je me considérerais comme suffisamment dédommagé. Des faits aussi étranges, aussi contraires au peu que nous savons des mystères de la nature visible et invisible, ne peuvent guère être acceptés sur parole, et à plus forte raison ne le sont-ils point lorsque les comptes rendus ne sont pas signés de leurs auteurs. J'ai lu des récits de personnes soutenues en l'air, sans appui visible, et ceux qui racontaient ces merveilles n’avaient pas eu le courage de se faire connaître, tant ils craignaient sans doute le ridicule. Mais qu’est-ce donc que le ridicule, si ce n’est l’arme des sots?...

A Buffalo, chezM. Brooks, nous avons placé le piano, le clavier contre le devant de la cheminée, le dessus de l’instrument levé sur le support, à une inclinaison de 60 degrés environ : c’est un grand piano carré, très lourd, même pour un homme fort. Sur la cheminée, vers le milieu du piano,

manifestations sfiriti’ELLf.s.

se trouvait une pendule qui s’ouvre par-.levant : elle était fermée. Nous nous sommes assis nu côté opposé de la salle qui est petite, à trois ou quatre pas du piano, nous tenant tous par les mains, excepté le médium, mademoiselle Brooks, âgée d’environ vingt ans, et d’une faible santé, qui est restée debout, adossée à la partie postérieure du piano, vers le milieu de l’instrument, et nous faisant face par conséquent. Il est certain que, de ce point, elle ne pouvait atteindre aux cordes ni aux touches du piano, et moins encore à la pendule, et il est certain aussi qu'elle n'a pas bougé de cette place tant qu'n duré la séance, qui a eu lieu dans l'obscurité; mais je tenais les oreilles suffisamment attentives, n’étant d’ailleurs qu’à deux pas du médium, et celle-ci ayant presque constamment parlé ou chanté. Tandis qu'elle chantait, le piano l'accompagnait, mai, je dois le dire, souvent avec un bruit étourdissant, et quelquefois pianissimo, mais du moins la mesure et le rhytbme étaient observés. Les cordes étaient souvent pincées ou plutôt frottées , un grand nombre successivement et avec une extrême rapidité, et quelquefois frappées par les touches, ce que l’on distingue d'ailleurs à l'action des étouffoirs, et de cette dernière façon le clavier a plus d'une fois été parcouru presque en entier. Dans les intermèdes, le piano répondait à mes questions par des coups à ébranler le parquet, c'est-à-dire que l'une des extrémités de l’instrument était soulevée et retombait de tout son poids, et ces coups se succédaient parfois avec une rapidité incroyable... Le timbre de la pendule a de même été employé pour nous répondre, puis la sonnerie a été lâchée en plein ; bientôt le timbre a été étouffé, puis le marteau retenu en l’air, ensuite le balancier arrêté, puis enfin remis en marche... L'invisible nousayant fait sesadieux par les raps , M. Brooks a éclairé la salle, et alors nous avons trouvé que la pendule était fermée comme avant la séance, le dessus du piano fermé tandis qu'il avait été laissé ouvert,

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et enfin le clavier disloqué d’un bout à l’autre , toutes Us louches hors de leurs articulations et reposant au fond de la caisse, les bouts extérieurs formant zigzag, les uns sortant trop, les autres pas assez.

4 Buffalo encore, chez M. Devenport, nous avons assisté à des séances répétées, tant dans l'obscurité qu’en plein jour. Ne pouvant tout consigner ici, je ne citerai que ce qui a été le plus irrécusable, laissant en réserve, entre autres choses, l’ascension de l un des médium avec sa chaise jusqu’au plafond, à une hauteur de onze pieds et demi, que je n’ai pu suivre que de l’oreille, le médium ayant parlé lors de sa montée, frappé de lu tête le plafond, et parlé encore dans la descente, qui s’est annoncée par le bruit de la chaise en frappant le plancher; cette séance ayant eu lieu dans l’obscurité et le fait n'ayant pas été constaté à ma satisfaction (je me trouvais à quelques pas du sujet, et nous nous tenions tous par les mains)... Les médiums sont deux garçons, filsde M. Devenport, dont l'un nu pas encore seize ans, et dont l’autre en a quatorze. Assis vis-à-vis l'un de l'autre à une table ronde qui doit peser quuranie ou cinquante livres, leurs mains à plat sur la table, celle-ci a été soulevée : ces soulèvements se sont renouvelés lorsque je me suis assis dessus, puis M. Launyer, puis tous deux ensemble, ce qui, en dernier lieu, formait un poids total de trois cent soixante livres environ. Pour que l’on ne put pas objecter que les enfants auraient pu faire effort avec leurs genoux, j’ai placé mes mains sur ceux de l atné pendant que M. Launyer était debout sur la table, entre le centre et ce même médium (cela se passait en plein jour), et j’affirme que la table, qui a été complètement soulevée, n’a pas été autrement touchée que par la paume des mains superposées, comme je l'ai dit ci-dessus. Nous étions seuls à cette séance qui a été improvisée : c’était un dimanche, vers midi... Un autre jour, avec diverses personnes, toutes se tenant debout et les mains

MANIFESTATIONS SPIHlTtTELLES. 515

seules touchant le dessus delà table, celle-ci encore a été soulevée.

A Philadelphie, chez M. Maxwell, le médium, miss Maxwell, étant près de In table, mais ne la touchant pas, non pins qu’aucune autre personne, cette table, qui était très lourde et que j’avais préalablement irainée sur le tapis, a été violemment inclinée jusqu'à 60 degrés environ, et ce mouvement a été répété plusieurs fois. Je suis monté sur la table et j’ai observe attentivement les personnes plus encore que la table; M. Lannyer surveillait encore mieux. Personne n'a touché la table, et pourtant, si elle n'a pas quitté le parquet cette fois, du moins a-t-elle été fortement ébranlée, avec des craquements que tous ont entendus, et j’ai parfaitement senti un petit balancement comme résultant des tentatives d’un individu qui ne serait pas tout à fait assez fort pour soulever ce poids d’environ deux cents livres. Et cela encore se passait en plein jour.

A New-York, chez M. Conklin, l’expérience a été d’un autre ordre. J’oi pris seize petits carrés de papier, et, sans que le médium pût voir ce que j’y écrivais, j’ai procédé ainsi :

Sur les quatre premiers, j’ai écrit respectivement : Mon père, ma mère, mon frire, ami. J’ai plié semblablement chacun de ces quatre petits carrés, je les ai mêlés, et la table (qui se lève sous les mains ou la main du médium, et de ton côté, b l’inverse de ce que nous obtenions lors de nos débuts) m’en a fait choisir un que j’ai mis de côté sans l’ouvrir. — Sur quatre autres j’ui mis respectivement les noms des quatre personnes, et l’un deux a été mis de côté comme le premier. Sur quatre autres encore, j’ai écrit l’âge de chacun à l'époque de sa mort, et l’un des papiers a été également choisi parla table. Puis enfin, sur les quatre derniers, j’ai mis les noms des lieux où les corps «le ces personnes ont été inhumés, ce qui a donné lieu à un quatrième choix. Ouvrant

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alors les quatre papiers ainsi désignés, j'ai vu que tous s'appliquaient à mon père.

M. Lannyer a pris ma place et a procédé comme moi ; seulement (comme il me l’a dit plus tard), pensant que son père aussi répondrait de préférence, il a commencé par sa mère. L’expérience a parfaitement réussi; mais c’est la mère que les quatre papiers ont désignée. M. Lannyer s'est contenté de dire froidement : Correct. ■ Attendez, on va vous écrire, » a répondu le médium qui voyuit sa main partir. L'écrit achevé était signé Mary. « C'était le nom de ma mère, > a repris M. Lannyer, qui seulement alors a dit comment il avait procédé, et a montré les petits papiers qu’il avait tenus jusque-là serrés dans sa main : ris désignaient unanimement sa mère, et l'écrit du médium commençait par mon fils, etc.

Inutile de dire que nous étions tout à fait étrangers au médium.

Nous retournâmes le lendemain chez M. Conklin avec une troisième personne qui u’avait rien vu du spiritualisme et qui même n'y portait aucun intérêt ; mais l’expérience ne réussit pas avec elle, le rapport ne pouvant s’établir encore, fut-il écrit par la main du médium... M. Lannyer, au contraire, eut un nouveau succès, et voici comment il procéda (ce que je n'appris qu'après la séance). Il désigna son frère en premier lieu, et s’abstint à dessein d’indiquer sa mère. Ce fut le frère que les papiers réservés accusèrent unanimement; mais, avant que M. Lannyer l’eùt proclamé, et sans qu'il eût même fait suvoir qu’il avait un frère, la main du médium produisit encore un écrit signé Mary comme celui de la veille, et commençant par ces mots : « Ton frère, mon fils, ne peut se servir aujourd'hui de la main de ce médium, etc. »

A mon tour j'appelai secrètement aussi deux étrangers, amis défunts, puis mon frère et ma mère en dernier lieu.

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

J’en étais au troisième choix, lorsque la main du médium se mit à écrire. Cet article, signé du nom de ma mère, commençait ainsi : « Nous nous sommes déjà rencontrés ici hier, mon fils, et je cherchai à te parler; mais je ne pus contrôler ce médium. Je suis ta mère, et je désire que tu sois seul dans ta chambre le plus tôt possible : ton père et moi communiquerons avec toi, elc. » — « Vous êtes médium, me dit M. Conklin. » Ce fut alors seulement que, dépliant les petits papiers, nous reconnûmes qu’ils désignaient aussi ma mère, que j’avais appelée la dernière.

Qu’après avoir si longtemps nié la clairvoyance des somnambules, les savants donnent enfin à la cause dont je viens de décrire les effets, le nom de clairvoyance, je ne m’y oppose point, bien qu'il s'agisse d’un médium qui reste constamment éveillé pendant les opérations; mais qu'est-ce que la clairvoyance? Si elle semble être parfois l’expression d'une fuculté humaine, n'est-elle pas, dans d'autres cas, une manifestation de l’esprit dégagé du corps terrestre?...

Jos. Barthkt.

Nouveaux faits communiqués par M. le docteur Jos. Barthet.

Les manifestations spirituelles que l’on observe chez M. Koons et chez M. Tippie, ont été si souvent l’objet de communications dans les journaux, que je m'abstiendrais volontiers d entrer ici dans aucun détail sur ce que je viens d'y observer moi-méme, et me contenterais de donner simplement mon témoignage, s’il ne me semblait que nous n'apprécions pas tous les mêmes choses de la même manière, ou bien que certains efïets sont très variables dans leur caractère.

La chambre aux expériences mesure quinze pieds de long, dix de large, et seulement sept de haut. A l’un des

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bouts, mais laissant un passage d’environ deux pieds, en arrière et sur les côiés, se trouve ce qu'on appelle la batterie, sorte de chevalet assez bizarre, construit sous la direction des esprits. Je regrette d’avoir à dire que si l’oo a voulu faire une machine électrique , ainsi qu’on pourrait l’iuduire du fréquent usage que j’ai entendu faire en ces lieux du mot électricité, il est évident que, ui les esprits, ni les ouvriers, n’avaient même les notions les plus élémentaires de physique à cet égard ; c’est une table à deux tiroirs, mesurant six pieds sur trois, à laquelle est fixé, dessus et même dessous, un assemblage, nullement scientifique, de bois, fils de fer, barre d’acier, plaques de ferblanc, poignées de verre et petites clochettes. Une grosse caisse et une caisse roulante sont attachées, par des fils de fer, aux deux extrémités supérieures de cet appareil, à une distance entre elles de cinq pieds. Cetensetubleestd’ailleurs sans liaison métallique continue, et n’u point de communication avec le sol, les quatre pieds reposant sur le pluncher, bois sur bois.

Sur la table de cet appareil, se trouvait, mais libres, une trompette de fer-blanc longue d’un pied et demi, et fort étroite : c’est plutôt un porte-voix à très petite embouchure ; une clochette à manche, un tambour de basque, un accordéon ordinaire, un petit accordéon à bouche : joujou d'enfant que, dans certains comptes rendus, on a qualifié french harp, et que dans d'autres on a appelé harmonica. Il y a aussi du papier à écrire, ainsi qu'un crayon; et enfin, au moment de la séance, on y place deux petits morceaux de papier sablé, humectés et frottés de phosphore, mais ensuite couverts par uu livre ou autrement, pour que l'obscurité puisse être néanmoius rendue complète.

Autour de cet appareil, sont appendus aux murailles de la chambre, quelques autres instruments, dout il n'a pas été fait usage devant moi, à l'exception du violon.

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

Contre cet appareil, du côté des spectateurs, se trouve une table ordinaire, aux côtés de laquelle on place quelques chaises adossées aux grands côtés de la chambre, et enfin viennent les deux bancs pour les visiteurs; de sorte qu’il ne reste, pour ainsi dire, aucune place pour se mouvoir. Il y a même, chez M. Koons, un petit poêle qui bouche entièrement l'étroit passage entre la table et le premier banc.

Je vais dire à présent ce qui m'a paru le plus intéressant à la première séance que nous avons vue chez M. Koons, quatre ou cinq heures après notre arrivée, les séances d'ensuite n’ayant guère offert que la répétition des mêmes scènes.

M. Koonsa pris sa place habituelle, à la première chaise à gauche des spectateurs, contre la batterie et près de la caisse roulante ; son fils aîné, de dix- huit uns, et, dit-on, le principal médium ici, a pris la sienne de l'autre côté de la table, mais pas aussi près de la haiterie, car il se trouve à deux pas de la grosse caisse; toutes les autres personnes sont en arrière de ces deux extrêmes, et comme à un spectacle ordinaire. J'étais à la droite immédiate de M. Koons, et M. L., mon compagnon de voyage, était mon autre voisin. M. Koons, s'étant armé de son violon, a éteint la chandelle, et l’obscurité a été parfaite. Aussitôt, deux violents coups ont été frappés sur la table, devant nous, et, à ce qu’il m’a semblé entendre, avec le maillet de la grossecaisse ; c’était le signal du régisseur qui a, depuis longtemps, dit se nommer King, et avoir, avec lui, une bande d’autres esprits. A cet appel, M. Koons s'est mis k jouer successivement de ces airs accélérés que l’on appelle jig , horn-pifx , guick-slep, et il a été accompagné par la caisse roulante et la grosse caisse, tantôt séparémeut, et tantôt ensemble, avec un bruit étourdissant, mais avec une précision remarquable. Par moments on secouait sans doute tout l'appareil, car alors le son des clochettes se mêlait au

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bruit des deux caisses et du violon. Le chef d'orchestre invisible a fait changer d'air plusieurs fois, ce tpi'il a commandé par deux ou trois coups plus forts que les autres, et hors mesure ; puis, il a repris son accompagnement dès que le violon s’est mis à jouer un nouvel air.

J’avoue que nous étions à peine dans l'obscurité lorsque ce tapage a commencé, et je ne pourrais comprendre que le médium, et moins encore toute autre personne, eût pu, sans se trahir par quelque bruit, se transporter aussi rapidement là où il aurait fallu se trouver, si même il n'eût été nécessaire qu'il y eut deux personnes pour servir les deux caisses.

Après quelques minutes de ce bruyant concert, les caisses se taisant, nous entendons le tambour de basque, accompagnant le violon, tout en faisant des voltiges rapides uutour de la chambre, passant devant les assistants, et les touchant même quelquefois, mais sans perdre la mesure. Son ramage semble parfaitement résidter de l'action de deux mains dont l’une agite et l'autre frappe. La clochette à manche se (ait même entendre parfois avec le « tambourin, » avec lequel elle est sans doute accouplée daus cette course aérienne. Et, pour cet exercice encore, il me semble qu’un mortel serait trahi par quelque bruit particulier, et je tenais les oreilles au guet.

Au premier tour de cette voltige bruyante, le tambourin est venu s'abattre sur mon genou, qu’il a lapé légèrement de cinq ou six coups précipités, dans l’espace d’environ une seconde, et il a repris son vol. Il n'y a pas eu d’hésitation, point de tâtonnement ponr rencontrer mon genou , mais bien une précision extrême, incompatible assurément, pour notre organe visuel, avec l’obscurité parfaite dans laquelle nous étions plongés. Je tenais mes mains en vedette, et un pied en avant, en observation.

Sans rien dire, ni faire aucun bruit, j’ai abaissé les mains

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES. 521

au niveau du genou, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, à une distance d'environ huit pouces, et j'ai désiré que le tambourin vint pareillement les loucher, é|Mi'gnant cette fois le genou, ce qui a été fait a\ec une promptitude et une précision qui excluaient toute action directe d'aucun mortel. D’ailleurs, il n'y a pas lieu de supposer que le médium fût entraîné et clairvoyant; car ou l'eutenduit ('changer, de temps en temps, des mots avec ses voisins, ou bien tousser.

Alors j’ai allongé ma main jusqu’à la table, la paume en l’air, et le tambourin y est encore venu à l’instant, me laissant toucher, à loisir cette lots, la peau et le boid de l’instrument. J’ai poussé ma main plus loin, et une autre main est venue sur la mienne, la paume en bus, ce que j’ai reconnu seulement oux doigts : de très gros doigts dont les miens ont reçu des attouchements vivement répétés. Je n’ai rien senti d’étrange, quant à la température de cette main. J’ai voulu palper; mais alors tout s’est envolé — M. Koons, à ma gauche, jouait encore du violon; et, quant à son fils, le seul qui pût convenablement accuser la direction des doigts touchés, mais non leur calibre (à moins qu’ils ne fussent fortement gantés), et le seul aussi qui, en raison du manque de place pour circuler, pût, à lu rigueur, m’atteindre, s'il avait pu y voir clair, il aurait fallu que, se levant de sa chaise, il s’étendit quelque peu sur lu table, ce qui aurait très probablement occasionné du bruit, ou quelque mouvement qui ne m’uurait pas échappé.

J’ai fait d’autres essais, qui n’ont pas réussi : j’étais peutêtre trop exigeant.

En entendant le tambourin se poser sur la table, M. Koons cesse de jouer de son violon, et alors, une voix aiguë, dans la trompette de fer blunc qui a dû être prise sans bruit sur la table de la batterie, et qui maintenant s'annonce en l’air, échange quelques mots avec M. Koons qui met bientôt fin à la conversation, en disant : * King, jouez

522 COUIIS DE MAGNÉTISME.

de l'accordéon, » et aussitôt nous entendons cet instrument, qui a dû également être pris sans Inuit, mais qui en fait maintenant beaucoup, vers le plancher supérieur, entre des mains évidemment inexpérimentées. La voix se fait encore entendre dans la trompette : « Komis, cet accordéon est comme beaucoup de gens : il parait bien au dehors, mois il n’a rien de bon. » — King est jovial; mais il a raison ici, car il n'a fait sortir rien de bon de cet instrument qui est d'ailleurs fort médiocre. La voix reprend : « Komis, ditesmoi de prendre le violon. — Eh bien ! prenez-le, » répond M. Koons, et, sur-le champ, nous entendons le violon, en l’air, pincé, non joué avec l'archet. On y entend aussi l'accordéon, et l'on dirait que ces deux instruments n'en font qu'un, par la simultanéité des sons émis, mais non par un accoid qui n'existe point. Ce n'est donc pas cette « musique céleste » que d'autres ont entendue, et dont il a été parlé dans certaines descriptions comme • la meilleure que l'on eût jamais entendue. > Je n'y ai point apprécié de mélodie, ni goûté d'harmonie; mais seulement un bruit fort discordant; et il me semble que l'invisible n'est pas plus musicien qu’il ne s'est montré physicien dans le plan qu’il a donné de sa batterie, si c'est le même.

Ou euteud que le violon est posé sur la table, et maintenant c'e6t le tour du petit accordéon à bouche : il sert d’abord de porte-voix, au lieu de la trompette, et il faut de l'habitude pour comprendre ce qui se dit par l'un et i\iutre de ces deux instruments. La voix, d'ailleurs, semble naturelle, point contrefaite, quoique aigue. Après nue conversation de quelques instants, la musique reprend : nous entendons les deux accordéous à la fois, en l'air, et l’on dirait aussi qu'ils n'en forment qu'un seul, tant ils disent leurs notes avec ensemble ; mais ceci n’est pas non plus un ensemble harmonieux : c'est une cacophonie qui chatouille désagréablement le tympan. Tout à coup je sen»

MANIFESTATIONS SPIRITUELLES

que l'on me tape rinq ou six fois, mais légèrement, et en manière de caresses, immédiatement au-dessus de loreille droite, et il me semble reconnaître que c’est avec l’accordéon Arrivant ainsi, comine à point nommé, brusquement, mais doucement, ces petits coups doivent être dirigés par un être qui voit cluir au milieu de ces ténèbres, si complètes pour nous.

L'invisible, avec la trompette, demande alors un air de violon, parce qu'il veut chanter. Le violou commence, mais la voix se tait M. Ruons change d'air, et ulors la voix aiguë, sur-aiguë même, dirais-je, le suit à l'unisson, mais sans paroles : on dirait d'un gamin. Et ceci n'est pus doux à l'oreille, non plus : je n’y ai rien trouvé de < céleste, * quoique venant d'en haut. Après une minute environ, le c liant cesse, et, tout à coup, je sens la trompette qui me tapolte au-dessus de l'oreille gauche, comme l’accordéon le faisait tout à l’heure au côté opposé de la tête, et elle se retire en glissant sur mes cheveux. Cette fois doue encore, rinstriunent était bien dirigé, et il ne l’était pas moins sûrement, lorsque, une autre fois, il a frappé, presque au même instant (le son du fer-blanc se reconnaît sans peine) un plancher supérieur, à celui d'en bus, et ù lu muraille, tout contre ma tête. Et je ne pouvais me figurer que personne eut osé s’amuser à un pareil jeu, dans les conditions où nous nous trouvions, à moins d'étre doué d'une clairvoyance comme il n'y en a guère, comme il n'y en a pas, que je sache.

Nous entendons le frôlement d'un popter, vers la bat* terie,et voici que la lumière pliosplmriqiie est mise à découvert un iuslant, puis masquée de nouveau. J'entends alors que l'on pose un papier sur lu table où parait aussitôt, A deux pieds devant moi, quelque chose qui tn'a l’air d’une petite lanterne. J'avance la tète afin de mieux voir, et, au même instant, la chose elle même s’approche de moi, et s'arrête ù huit ou dix pouces de mes yeux. Je distingue A

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présent le papier surmonté il’une main tenant un crayon et prête à écrire : j’en vois les doigts en silhouette, au dedans se trouvait une jietite chiné comparable il celle que projetterait un lampyre. Je vois et j’entends cette main écrire très rapidement quelques lignes se terminant par un long paraphe sur tout ce qui reste de la page; puis je vois renverser le papier, et lu main se poser encore [tour écrire. Ç’n pu être une autre muin, comme deux ou trois personnes m’ont dit l'avoir reconnu, et comme il le semblera pur l’écriture; mais \e n'en sais rien autrement. Elle écrit donc quelques autres lignes quelle f.iit suivre également d’un barbouillage qui s'étend jusqu’au bas de lu page. Alors, sans doute, la main se sera fermée, cur la petite clarté a disparu, et je nui [ilus rien vu; mais j'ai entendu le papier glisser vers moi, et je l'ai senti arriver à ma main qui n’a en quà le saisir. Sans donc l’ufErraer, je croit, et j’en suis même convaincu, par le bruit que j’ai entendu, par le très court instuut qui s’est écoulé, et enfin par l'honnéteté des personnes chez qui je me trouvais, que le papier ainsi reçu est le même que celui sur lequel je venais de voir écrire : mes oreilles attentives, à définit de mes yeux, m’auraient averti d’une substitution. (Il faudrait, avant la séance, donner un propre papier.)

Tout de suite après, nous entendons par la trompette : « Koons, j’ai quelque chose à vous dire. — Eh bien? — Bonsoir, * et lu trompette touche avec bruit sur la table. C’est ainsi que lu scène a fini ; lu conversation avait eu lie» en anglais.

M. Koons, allumant alors la chandelle, nous examinons ce que je viens de recevoir :

Sur la première page d'une feuille de papier à lettre roye, se trouvent neuf ligues d’une fort bonne écriture, un peu renversée en arrière, plutôt que droite, et parfaitement posée sur les raies du papier. En voici la copie textuelle :

manifestations spirituelles. 525

« To the friends and visilors of tliis assembly we glod to meet you liere in this our humble reireai.

» Let (lie liglu ilumiuaie your spiritual vision and perception we liave alf rded vnu on tins occasion, ond freely as we bestow su freely couler to those who seek. »

Kl KG.

Sur la quatrième page, non rayée celle-ci, de la même feuille, se trouvent sept autres lignes, plus espacées que les précédentes, et quelque peu tortueuses. L'écriture en est différente et moins liardie : en quinte endroits on voit même que la formation des lettres u été reprise. Voici la copie textuelle de cet autre écrit :

« Friends, disregard the médisance of those who dispute stateiuenis, for tlieir manque <C expérience leads lhem to lamantable siales dereglemeuts. »

A. Friend.

Dans la première de ces deux pièces, il manque un mot à la première ligne, et il y a une faute d'orthographe a la troisième.

Dans le second morceau, quatre mots français, dont trois soulignés, sont correctement écrits, sauf les accents que l'on a omis, non l'apostrophe. Le dernier de ces mots aurait dû être pareillement souligné, et même placé entre parenthèses, s'il est donné comme l'équivalent des deux qui le précèdent, dans l’un desquels on remarque une faute d’orthographe. Cet écrit semble d’ailleurs faire allusion à certains propos que nous avions entendus en route; et j’ajouterai qu’à l'excepiiun de mon compagnon de voyage, aucune des personnes qui se trouvaient ce jour-là cher. M. Koons ne sait un mot de français , pas plus que les membres de la famille Koons.

Je n'ai rien dit de deux mains, et même de trois, rendues

COins DE MAGNÉTISME.

brillantes à In fois, sans doute par le phosphore qu'elles venaient de toucher, et qui ont fitii des voltiges tellement rapides et allongées, qu'elles ne sauraient être raisonnablement attribuées à personne de l’assemblée. Et c'étaient bien des mains, aux doigts très agiles.

Chez M. Tippie, où tout se passe a peu près comme chez M. Koons, saul que M. Tippie ne joue pas du violon (et je dirai ici que lu famille Tippie n'est parvenue à obtenir chez elle ces manifestations qu’a près avoir assisté très assidûment, l'espace d'une année, oti plus, aux séances de M. Koons : distance, trois milles; chemin mauvais, surtout la nuit: Avis nnx impatients I). Chez M. Tippie, dis-je, je me trouvai place à la droite du chef de la famille, comme chez M. Koons, et mon genou toucha le sien tant que dura la séance ; de sorte que je puis alfirmer que ce brave homme resta toujours presque immobile, et que ce ne lut pas lui qui desservit la caisse roulante dont il était le seul voisin; pas plus que M. Koons, chez lui, assez occupé qu'il y était de son violon. Le fils de M. Tippie, de l'âge du jeune Koons, et médium ici, comme l'autre là-bas (nous dit-on, car cela ne parait point), était aussi vis-à-vis de moi, de l’autre côté de la table. Je fus, encore ici, touché par les gros doigts mystérieux ; et lorsque, tout de suite après la séance, je leur comparai les doigts du jeune Tippie, comme je lui avau déjà comparé ceux du jeune Koons, et autres, je trouvai, ici également, une différence considérable. — King a souvent dit que, lorsqu'il vivait sur terre, il avait une taille de sept pieds; mais, «pie cela soit vrai, ou non, je n'admets pas que l’on songe à tromper à l’aide de gants. Au reste, ni l'un ni l'autre des médiums n'a été entraîné, ni même agité dans le cours de ces expériences : ils n’ont rien ressenti, excepté l'un d eux qui s’est plaint une fois de lassitude.

A une séance privée, chez M. Koons, j’étais placé, su*"

MANIFESTATIONS SMIUTUEtLES. 527

vaut mon désir, à côié du médium, et mon compagnon à côté du père: nous formions ainsi un petit carré, et, très certainement, il n’v avait personne autre duns lu chambre. A peine la lumière fut-elle éteinte, qu’un good evening, dans la trompette, se fit entendre vers le milieu du carré, et d'un ton fort naturel. Je venais de voir la trompette à deux pas de nous, sur la batterie, et le médium était tourné de mon côté, et même il crachait, presque à me toucher, au moment où nous fûmes salués de la sorte. Je conversai quelque temps avec l'invisible: je lui demandai surtout de me laisser vérifier deux points capitaux à la séance publique qui allait avoir lieu tout à l’heure, et pour laquelle le monde attendait au dehors : il me répondit « qu’il tâcherait. » La séance eut lieu ; il y avait beaucoup de momie, il faisait très chaud, le temps était à la pluie, et les manifestations furent moins satisfaisantes que précédemment. Plusieurs personnes demandèrent à être touchées ; mais les gros doigts ne prirent que ma main, ou plutôt mes doigts qu’ils pressèrent et secouèrent un petit instant, comme un signe amical, puis ma main fut entraînée à une hauteur d’un pied et demi, et lâchée. Mes doigts restèrent un peu lumineux par le contact de cette main phosphorée : j'aurais dû dire qu’elle venait de faire ses voltiges brillantes, en compagnie d’une, et même de deux autres mains, ce soir là encore. J’éprouve donc le regret de n’avoir pu m'assurer si la main mystérieuse est isolée, sons bras, comme divers observateurs assurent l’avoir reconnu ; et je ne puis pas davantage vérifier si cette main, pressée dans les nôtres, peut s’y évaporer, et s’y reformer à volonté.

On peut trouver étrange que l’invisible retire sa main, lorsqu’on veut la palper; qu’il ne soit pas musicien, et même qu'il ne parle que l’anglais. On peut douter qu'il ait quitté la terre depuis environ quatorze mille ans, comme il l'a souvent dit, et l’on peut croire qu'il est plutôt un aimable

COURS DE MAGNÉTISME

farceur de noire temps, qui a su danser le jig, et qui le témoigne par ses accouq ngneinents précis de tambours; mais on ne doit pas conclure «pie l'on soit mystifié par des mortels : parmi les faits dont j'ai été témoin, un grand nombre ne peuvent être l'oeuvre que d’une intelligence audessus de l'organisme humain, ce me semble. Je suis d’ailleurs très persuadé que les familles Konns et Tippie sont parfaitement honnêtes, et il me semble que, loin de retirer quelque avantage matériel des phénomènes que l'on va observer chez elles, elles doivent au contraire en être fort ennuyées, si même elles n'en éprouvent des pertes réelles. Si, dans nos investigations, là comme ailleurs, tout ne réussit pas au gré de nos désirs, mieux vaut en accuser notre ignorance des lois sous l'empire desquelles les phénomènes peuvent avoir à se produire. El, après tout, le fait que d'autres observateurs déclarent avoir constaté, n'est peut être jms aussi inexplicable qu’on serait tenté de le croire au premier abord, ainsi que pourraient le montrer les progrès ultérieurs île la science, et comme on peut l’entrevoir peut-être, d’après les quelques considérations que j’exposerai tout à l'heure. Reconnaissons d'abord que nous ne savons presque rien encore, mais que l'esprit humain se développe et que la science se fait, quoique lentement.

Sans doute, avec les idées que l'on s’est trop généralement faiiesd'espritsabsolument immatériels et omniscients, il peut répugner d'admettre que ces êtres qui seraient alors si supérieurs à nous (et il doit y en avoir une infinité de cette sorte, mais qui ne nous approchent ou qui ne nous approcheraient qu’à des conditions rarement satisfaites), consentent à venir faire du bruit, remuer des tables, etc.; et cependant il n’y a rien laque d'analogue à ce que nous voyous parmi nous, où l'homme le plus grand ne dédaigne pas, à certains moments, de se mêler avec les enfants, soit pour les instruire, soit même pour les amuser. Ne sommes-

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nous pas aussi des enfants, du moins relativement au monde d'en haut?

Mais cette idée d'esprits tout à fuit immatériels est-elle soutenable? Pouvons-nous rien concevoir d'absolument immatériel?... Et s'il est plutôt vrai que l'homme ait deux corps, comme l’a dit saint Paul, et que la mort ne soit que notre passage à un état gazéiforme, conservant notre intelligence et la faculté de l’agrandir, comme nous ‘l’étendrions ici-bas dans le cours d’une plus longue vie, qui pourrait dire si bien des lois naturelles, dont on croit l'action bornée au monde visible, ne s’étendent pas également à l’autre monde qui est naturel comme celui-ci, et non surnaturel, comme la surperstition l'a qualifié? Savonsnous si les esprits ont ou n’ont pas le pouvoir, dans certaines circonstances au moins, de se former des inains et même des corps entiers visibles et tangibles, des mains ou seulement des doigts, et peut-être des bouts de doigts, de simples points, lorsqu’ils ne veulent que frapper des coups ou remuer des objets matériels ; des corps entiers, lorsqu’ils veulent se faire reconnaître? N’a-t-on pas recueilli en tout temps, et dans tous les pays, des faits d’apparitions dont quelques-uns au moins, il finit en convenir, sont attestés par des hommes très honnêtes et très capables de bien observer? Ces faits sont nécessairement soumis à des lois que les hommes découvriront peut-être avec le temps, si du moins ils cherchent autrement que les matérialistes ne l’ont fait jusqu’ici.

Nos chimistes modernes savent solidifier des gaz! Pourquoi des physiciens plus éclairés, dece monde ou de lautre, ne solidifieraient-ils pas la matière impondérable qui forme notre atmosphère individuelle, et dont il est évident que nous laissons la trace partout où nous passons, insaisissable ordinairement à nos sens émoussés, mais qui permit

COURS DF. MAGN&TISMË

à Jacques Aymar de suivre des criminels en fuite, comme elle permet au chien de retrouver sou maître?...

Au moyen d’un couraut électrique, nos artistes fixent sur ud métal un uutre métal dissous dans un liquide qui le baigne ! Pourquoi des artistes encore plus experts, comme il peut s’en trouver dans le monde supérieur, ne fixeraientils pas sur des mains spirituelles, ou sur des corps entiers, une matière humanisée, analogue et peut-être identique avec celle dont ils ont été déjà revêtus, qui est en suspension dans l’air qui nous environne; et même pourquoi n'en puiseraient-ils pas les élémeuts dans les liquides, sinon les solides de notre corps, quitte à nous affaiblir un peu, momentanément, et à nous laisser des lassitudes?...

Enfin, si l’on objectait que le phénomène devrait se produire au grand jour aussi bien que dans l'obscurité, et que si les sorciers d’autrefois n’allaient au sabbat que la nuit, c’est parce qu’ils craiguaient d’être surpris et ensuite brûlés vifs, tandis qu aujourd’hui nous n'avons rien à craindre de l'inquisition, ni même de la simple police, on pourrait répondre par ce que nous apprend le daguerréotype : qu'un phénomène incompris, que nous appelons vaguement un effet de la lumière, produit une image dans une chambre obscure , et que cette image disparait aussitôt qu’on l'expose à la lumière, à moins que par une opération subséquente, pratiquée nécessairement dans l'obscurité, on n’ait fixé l’image sur l’objet qui l’a reçu, eu l’y incorporant dans une couche appropriée La loi qui gouverne la formation decette image serait-elle sans analogie pour la formation des mains et des corps en question ?

J’aime à espérer que la science, en se faisant, éclaircira bien des mystères, comme elle a déjà acquis bien des faits qui avaient été déclarés impossibles. Aussi, de ce qu’il en est encore taut d'inexpliqués ou d’incroyables, ne nous

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hâtons pus de les rejeter comme des erreurs, surtout lorsqu’il y a quelques moyens d’en constater la brutale réalité...

Mon cher Collègue,

Je viens d’envoyer à mes amis de la Nouvelle-Orléans, qui m’en avaient prié, une note dont vous avez ci-dessus la copie. Je serais resté plus longtemps chez les Koons, si ce que l’on y mange avait été supportable et pas de nature à rendre malade, comme nous l'avons été un peu tous les deux, mon compagnon et moi : irritation intestinale. Ceux qui voudront pousser l’examen plus loin, le peuvent. Koons est sur un point terrestre, à 5° 05' ouest du méridien de Washington, et par latitude 39° 25' N. On y arrive sans trop de peine, du nord, par le chemin de fer jusqu’à Columbus, capitale de l’Ohio, et de là par la voiture des ports, 70 milles par Lancaster, Logan et Chancey; du sud, par le chemin de fer jusqu’à Lancaster, et de là par la même voiture : 60 milles. Le séjour y est plus pénible que tout le reste, quoiqu’au milieu d’excellentes gens. Koons etTippie sont perchés sur des collines et fort isolés; et s’il n’était démontré que les mêmes phénomènes ne peuveut pas s’obtenir dans les plaines, je croirais que Mawell a dit un mot bien plus profond qu’on ne l’a imaginé jusqu’ici. Nous verrons.

Je vais vous adresser un numéro du Spiritual Uni verse-, vous y verrez la fin d’une singulière lutte. Un éditeur, un Californien, voulant se moquer du spiritualisme et des spiritualistes, écrivit un conte de sa façon et le publia dans sa revue. Le personnage défunt, l’esprit qu’il mettait en scène, avait nom John F. Lane. Son conte, lu à New-York, occupa le juge Edmonds qui, après avoir communiqué avec les invisibles, fut convaincu de la réalité du récit californien, et écrivit tout de suite à l’éditeur de Bed Bay.

COURS DE MAGNÉTISME

Celui-ci, sans pudeur, dévoila alors, dans sa revue, sa manœuvre, publia la lettre du juge, et se moqua de ce qu’il appela son étrange crédulité... Il écrivit une longue lettre au Herald de New-York, qui se bâta de la publier. Les étourdis et les esprits forts se moquaient déjà du juge; mais les cartes ont changé : il se trouve que le pauvre éditeur californien est médecin, et il avoue ingénument que sa main parfois écrit « sans que sa volonté y soit pour rien. » Le fait est que le nom qu’il a cru inventer est celui d’un ancien colonel du 2' régiment de dragons, qui se suicida aux Florides, en 18S6. Lisez dans YUniverse les révélations qui sont venues de différents côtés aux mains du juge Edmonds.

Sans nouvelles de vous depuis un siècle.

Mille amitiés à tous ces messieurs.

Jos. Bahthbt.

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