‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 38 sur 59 · AA · texte numérisé non relu

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lité. S'il est quelques êtres dont la vie s’écoule sans secousses, ils ne sont qu'une exception à la règle commune. Presque tous se sont trouvés en dehors de ce qui fuit et caractérise l'homme raisonnable. Tous, sans doute, ne voient point se perpétuer ces cruels accidents ; leurs causes cessant, la vie habituelle reprend son cours. Et, cependant, on s'étonne encore des égarements d’esprit, comme s’ils n’étaient point une des conditions de notre nature. La colère, quels qu’en soient les motifs, nous halluciné et laisse en nous des haines lentes à se détruire. L’amour halluciné, sans qu'ils s’en doutent, jeunes et vieux, qui se laissent prendre à ses filets. La politique ne fait-elle pas souvent des fous dangereux ? Et l'avarice ne trouble-t-elle point également l’esprit de celui qui, plein de santé, consent à mourir auprès de son trésor, dans la crainte d’en distraire une parcelle? La religion, faite pour donner la paix à l'âme, mal comprise ou exagérée, trouble aussi la raison. L’étude, portée au delà de certaines limites, nous rend hallucinés. Newton lui-même vit son génie pâlir et disparaître. La jalousie, l'envie, ontdonné lieu aux plus grands déréglements: c'est ainsi que les artistes les plus éminents ont vu leur vie troublée et sont morts misérablement. Hélas! tout, dans cette vie, peut nous faire trébucher; et, comme des enfants, la plupart des hommes auraient besoin de lisières.

» Mais comment ce qui est faux et mensonger peut-il avoir la puissance d’altérer notre jugement, et se perpétuer de telle sorte que l’erreur finit souvent parjprendre la place occupée par les notions justes que nous avions des choses? C’est une maladie, dira-t-on. Sans doute, c’est une faiblesse de certains organes; mais commentées organes se laissentils affecter par ce qui n’est point matière? Il y a donc quelque chose ici qui s’en différencie, et qui est d’une autre nature? Je sais bien que l’on va me répondre : L'esprit. Mais, qu’est-ce qne l’esprit ? Hélas! nul ne sait daù vient le vent ni

où il va. U en est de même de l'esprit ; tout est muet, quand nous interrogeons les hommes. A cetie question, les gens d’esprit cessent d’en avoir; lorsqu’ils veulent établir une opinion sur ce sujet, ils prouvent bien tôt leur faiblesse et leur impuissance. Irai-je me perdre avec les grands hommes, moi, chétif embryon, qui n’ai fait encore qu’entrevoir la nature? Mon ignorance me sauve du péril ; cependant je dois parier sur des faits mystérieux, presque tous du domaine de l’esprit. Mais en parler n’est point les expliquer; et l’on peutexposer ses doutes avec simplicité.

» C’est une occupation grande et belle que l’étude des facultés de l’âme : longtemps elle fut stérile ; et, plongé dans un océan de merveilles, l’homine avait seulement le sentiment de leur existence. La découverte du magnétisme va donner les moyens de les voir et de les considérer; puissent les hommes conserver leur sang-froid et ne point mêler à leurs récits les produits de leur imagination ! Une vue trop rapide nous trompe , et beaucoup d’hommes ne savent pas voir! C’est ainsique la plupart des phénomènes inaccoutumés de la nature furent dénaturés. On les vit au travers du prisme des préjugés régnants. Nous rions aujourd’hui de la crédulité de nos pères, sans songer que les générations à venir se moqueront de notre ignorance : car, à force de travaux, on aura rendu clairs et sensibles les faits qui, aujourd’hui, sont ou à l’état de doute, ou présentés avec une auréole qui empêche d’eu saisir le vrai caractère.

» Cherchons donc à nous mettre en garde autant contre les erreurs de la science que contre nous-mêmes ; et, en avançant, restons pourtant dans les limites encore saisissables. Rattachons, s’il se peut, ce qui est sensible à ce qui cesse de . l’être; laissons ce dernier ordre de faits à l’examen d’un esprit plus profond. Nous admettons l'action de la pensée sans signes qui puissent la révéler ; celte action, cependant, se traduit par des actes visibles chez celui qui est l’objet de notre

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préoccupation. Il ne faut pas même cpi'il soit iloué d'une grande sensibilité magnétique. Il y aune communication réelle des pensées; et les mouvements produits en nousmêmes peuvent, avec l'agent que la nature a créé pour ceteffetjétredéterminés en autrui. Voilà donc la double propriété du fluide magnétique que nous rencontrons dans tous les phénomènes : action jihysique et morale. Par l'emploi de ce levier invisible, on peut donc concevoir l'assujettissement d'nn être par un autre être, et l'apparition de tous les faits connus sous le nom de sorcellerie, et expliquer, jusqu'à un certain point, ceux contenus dans les observations d’bal lucinatiou publiées dans une foule d'écrits. Cependant nous tenons pour certain que le magnétisme n’entre pour rien dans les faits de ces récits, y est tout il fait étranger. Ce qui parait évident est l’action de l’individu sur lui. même; la cause ne vient point du dehors, mais «lu dedans. Le cerveau n’est plus qu’un instrument dérangé; les forces mues par l’âme touchent les cordes d’un clavier rendu discordunt; et de là une série de faits bien propres à nous épouvanter, à noua faire croire que nous sommes le jouet d'un agent spirituel qui se plaît à nous tourmenter.

» Personne n’a jamais entendu les voix que les hallucinés perçoivent distinctement. Aucun ne vit les fantômes créés par leur esprit; mais il peut arriver cependant que, par un mélange de somnambulisme ou d’extase avec cet état anormal, les objets et les personnes vus de cette manière présentent parfois uneapparenre de vérité. On voit même, dans le somnambulisme magnétique pur, se développer des phénomènes d hallucination ; des rêves sont pris pour des réalités; des apparitions qui n’ont rien de réel troublent l’âme des dormeurs, les charment ou les épouvantent : créations imaginaires de notre entendement, ressemblant aux songes et s’évanouissant comme eux.

» La nature, cependant, ne lait rien en vain; toutes ces

choses sont des indications : nous ne comprenons rien à ce langage, mai-, nous le traduisons neanmoins comme s’il nous était révélé. Toute la science divine et humaine est peut-être ici. Qui donc osera sonder celte profondeur? L’homme tient au ciel par un lien invisible. Les astres agissent sur nous comme tout ce qui de près nous entoure. Nous-mêmes, faibles créatures, nous sommes essentiels aux évolutions de la nature. Cependant notre puissance, quoique venant d’elle, semble parfois se soustraire à ses lois. T^s affinités d’un ordre divin attirent à chaque instant notre âme, et cherchent à la délier des étreintes corporelles. Il faut donc toujours en revenir à matière et esprit; et c'est justement ce qui rend plus compréhensibles les dérangements singuliers qui nous occupent eu ce moment. Mélange de deux forces, inégales en puissance et en vertu, elles ne restent unies que peu d’instants; et, dans cette éphémère durée, elles ne font que se combattre. Lorsque la force matérielle, celle due à toutes ces combinaisons et réunie dans notre organisation, prédomine sur l’intelligente, on n’aperçoit que par intervalles le jeu régulier de l’esprit. Lorsque, au contraire, la force spirituelle domine eu nous, l’organisation se dégrade ; et c'est ici surtout que se montrent les hallucinations. L’équilibre étant rompu, l’esprit ne trouve plus qu’une faible résistance des organes, il se les asservit, mais aux dépens de lu raison. Tout a donc besoin d'étre pondéré, et c’est dans cet état seulement qu’on jouit de la santé.

» Rien n’est plus facile, pour un magnétiseur, que de produire des hallucinations passagères, en portant tout on partie de ses forces sur l’organe de l’intelligence. Son esprit n’a plus qu’à se complaire alors dans les créations les plus fantastiques; le magnétisé prendra ces créations pour des réalités, car son cerveau les reflétera comme si elles venaient de lui même. Mais tout ceci n'est point durable;

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l'organe recouvre sa situation première aussitôt que le magnétiseur voit sa puissance diminuer.

» Souvent on peut refouler la force spirituelle, et s’emparer complètement des organes qui lui sont soumis; produire une sorte d’asservissement de l’être : le libre arbitre semble ne plus exister, car il ne se montre point. Le chloroforme n’est pas plus prompt dans ses effets. Dans cette situation, nous voyons une chose merveilleuse: les organes fonctionnent et sont mus par une intelligence qui leur est étrangère. Ce qui apparaît peut être dû au principe magnétique, qui a emporté bien évidemment avec lui le rudiment des connaissances du magnétiseur. Dans le somnambulisme magnétique ordinaire, déjà ces choses se remarquent. Le somnambulisme est influencé par la pensée de son magnétiseur ou de la personne mise en rapport. C’est ce qui caractérise les phénomènes de double vue. Toutes les pensées, tons les souvenirs, ainsi que tous les actes, peuvent être dévoilés ; mais aussi les erreurs se montrent-elles dès le moment où il s'agit d’obtenir du dormeur des révélations qui lui soient propres : il n’a plus de guide assuré, et il raconte souvent des histoires qui n’ont pas le moindre fondement.

» Si le magnétiseur est incertain dans ses pensées, son somnambule offre la même incertitude. Il m’est arrivé de produire des rêves chez des magnétisés, par le seul fait de distraction tout involontaire, et cependant moi seul pouvais juger de la situation de mon esprit.

« Il y a une foule d’inductions à Tirer de ces faits, mais nous devons seulement les rattacher aux hallucinations. On vient de voir le jeu des forces vives ou spirituelles ; supposez maintenant qu’en nous-mêmes, par une sorte de magnétisme naturel, notre volonté règle irrégulièrement la distribution de res forces, ce qui peut arriver par un travail forcé de l’intelligence ou des perceptions trop actives. Dans d’antres cas même, les forces vives s’égarent du chemin qui

leur est tracé, et vont frapper trop fortement sur quelque point du système nerveux, de manière à y produire un ébranlement trop considérable. On le voit dans les affections hystériques et l’épilepsie, comme dans la plus grande partie désaffections nerveuses :l’hypochondrie, la mélancolie, etc.

» Nul n est donc assuré de la perpétuité de sa raison. Ne vîmes-nous pas, il y a quelques années, un ministre de Louis-Philippe se jeter par une fenêtre, en proie qu’il était à de vaines terreurs? Voilà des causes de désordres qu’il faut étudier. Ceux dont nous avons rendu compte, et qui sont attribués an magnétisme, doivent être, attribués à une débilite du cerveau, à l'altération d’une ou de plusieurs de ses parties, au travail seul des forces qui sont en l’étre, et qui ont perdu leur équilibre.

■* Le magnétisme peut donc offrir artificiellement l’image de ces tristes phénomènes, mais pour quelques instants seulement; la puissance qui les produit s’affaiblit, s’use bientôt. Cela suffit cependant pour nous faire comprendre comment, en nous-mêmes, des faits d’hallucination peuvent se produire, sous l’empire de la même puissance, agissant seule, en se repliant sur elle-même. Et tout cela sans sorcellerie, sans possession, sans obsession, et sans qu’il soit besoin de causes en dehors de la nature.

• Maisparcela raétnequela nature produit seule ces phénomènes, il ne faut pas conclure encore que des forces des agents placés en dehors de nous ne puissent agir sur nos organes et déterminer l’éclosion de phénomènes qui ren ■ trent dans l’ordre surhumain. »

Extrait du Spiritual Telegraph, n" du 18 novembre 1856.

Apparition d'un esprit avant la mort du corps. — Le fan suit vant est bien attesté et peut être rangé, parmi les ptienomènes les plus difficiles à expliquer dans l’ordre du spiri-

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tualisme. Il a été public dans le manuel ( Pocket Book) à des amis de la religion, pour 1816, par Jung Stilling, auquel il a été rapporté comme une expérience personnelle, par le baron de Suiza, chambellan du roi de Suède. Ce baron raconte qu'ayant été rendre une visite à un voisin, il revint chez lui vers minuit, heure à laquelle, en été, il fait assez clair eu Suède pour qu'on puisse lire l'impression la plus fine. * Comme j'arrivais, dit-il, dans tnon domaine, mon père vint à ma rencontre devant l’entrée du parc; il était vêtu comme d’habitude, et il tenait à la inaiu une canne que mon frère avait sculptée. Je le saluai et nous conversâmes longtemps ensemble. Nous arrivâmes ainsi jusqu’à la maison et à l’entrée de sa chambre. En y entrant, je vis mon père déshabillé, couché dans son lit et profondément endormi ; au même instant, l’apparition s'était évanouie. Feu tle temps après, mon père s’éveilla et me regarda d’un air d interrogation. — Mon cher Édouard, me dit-il. Dieu soit loué de ce que je te vois encore sain et sauf, car j’ai été bien tourmenté à cause de toi dans mon rêve: il me semblait que tu étais tombé dans l’eau et que tu étais en danger de te noyer. — Or, ce jour-là, ajoute le baron, j’étais allé avec un de mes amis à la rivière pour pécher des crabes, et je faillis être entraîné par le courant. Jeracontaià tnon pèreque j’avais vu son apparition à l’entrée du domaine, et que nous avions eti ensemble une longue conversation. Il me répondit qu'il arrivait souvent des faits semblables. — De tels événements confirment ce système soutenu pur bien des personnes, que l'esprit, durant la vie du corps, peut parfois s’échapper au dehors, revêtu d’un organisme éthéré, apparaître et agir en ditférents lieux, et qu’eusuite il oublie tout quand il revient dans le corps et l’éveille. »

Action des invisibles. — « lin homme très recommandable, dans la parole duquel nous avons toute confiance, nous raconte qu'il se trouva dernièrement avec deux autres

personnes, dans la société d'un médium de New-York. Il évoqua sa petite fille qui était passée depuis peu de temps dans le monde des esprits; l'enfant répondit par un murmure très distinct. Il s’ensuivit entre eux une conversation intelligible pour les autres personnes présentes. L'esprit de la petite fille demanda A son père ce qu i I avait dans sa poche ; le père répondit quec’étaient des morceaux de sucre candi. L’enfant le pria de lui en donner. Le père en prit un dans sa main ; le morceau fut aussitôt enlevé, puis on entendit un bruit pareil à celui que fuit une personne qui écrase du sucre entre ses dents. Peu de temps après, l’enfant demanda un autre morceau, puis encore un autre. A chaque fois le père avait placé les morceaux de sucre duns sa main, de manière qu’aucuue des personnes de la société ne pût y loucher; et chaque fuis, le morceau lui était enlevé de la main, puis on ne le retrouvait plus. Nous apprenons qu’en présence de ce même médium des faits pareils ne sont pas rares dans l’obscurité. »

ün écrit de Philadelphie au Spiritual Telegraph ; ■ J’ai trouvé ce matin la confirmation d'un message des esprits : il est lion de publier les faits et de faire le rapprochement.

« Dans un livre intitulé Epitome o/ spirit intercourse, par Alfred Cridge, du Canada, médium écrivain, imprimé à Boston en 1854, on lit à la page 7 3 le message suivant de sir John Franklin :

« Au mois de février 1854, il Halifax, je priai quelque esprit présent de communiquer par les corps. Sir John Franklin s’annonça ; ma main fut mise en mouvement, et écrivit la communication suivante :

« La cause de notre naufrage fut le froid qui sévit avec « une rigueur excessive et insolite, et beaucoup plus tôt que a d habitude. La négligence avec laquelle nos provisions a avaient etc emmagasinées causa la détérioration d’une

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» partie, ce qui m'obligea de détacher quelques-uns de mes » gens pour empêcher les navires d'étre écrasés par les gla- » çons. Nous fûmes ainsi chassés de notre asile, et tous ceux » qui u'avaient pas été noyésou qui n’étaient pas morts de fa-

* tigue, périrent de froid et de faim. Ainsi, sans la mauvaise » qualité de nos provisions, nous n'aurions pas été aussitôt

* atteints par la disette, et nous n'aurions pas été dans la

* nécessité d'aller chasser avant de nous trouver dans une » contrée plus favorable.

» Le résultat de notre marche fut la découverte d’une « vaste étendue d'eau près le pôle nord. Après nous être » avancés davantage, nous fûmes arrêtés par une barrière » de glace large d’environ trois milles, etc. »

» Les relations qui ont été publiées récemment de la découverte de sir John Franklin concordent pour les faits principaux avec les renseignements reçus par le médium neuf mois auparavant. Voici, en effet, ce qu’on y lit :

« Au printemps de 1850, un groupe deb!ancs,au nombre » de quarante environ, fut aperçu par quelques Esquimaux, » voyageant vers le sud sur la glace et traînant des bateaux. » Ils firent comprendre par signes aux indigènes que leurs » vaisseaux avaient été brisés par la glace et qu’ils se diri- » geaient vers un endroit où ils espéraient trouver des daims » à tirer. Tous ces blancs, excepté l’officier qui les comman- » dait, étaient maigres et exténués; ils manquaient de vivres » et ils achetèrent des naturels un petit veau marin. A une » époque postérieure de la même saison, on trouva leurs » cadavres dans des circonstances indiquant qu’ils étaient » morts de faim. »

» Cette dernière relation a été publiée, pour la première fois, le ?1 octobre 1856. La coïncidence avec le message spirituel e9t frappante, et je ne vois aucun moyen de l’expliquer, si ce n’est par l’intervention des esprits.

» Signé Jon. »

Faits merveilleux de Dover. — Nous avons publié (voyez page 517), une relation des faits étrangers qui se passent chez M. Koons, à Dover, et qui excitent au plus haut degré la curiosité générale. Une foule de visiteurs y vont pour s’assurer par eux-méutes de la réalité de phénomènes tellement exiraordinaires, qu’on a delà peine à les accepter, même sur les meilleurs témoignages. Le Journal o/man de Cincinnati, recueil scientifique fort estimé, contient un nouveau récit que nous allons présenter à nos lecteurs. L’éditeur nous fait observer que l'auteur de la relation, M. Swan, est tout à In fois un médecin instruit et un ecclésiastique respectable, et qu’on peut avoir toute confiance dans sa véracité et dans sa sagacité.

« D’après votre demande, je vous adresse bien volontiers la relation de ce qui s’est passé en ma présence dans la chambre aux esprits, chez M. Koons, à Dover, comté d’Athènes (Ohio). Vous en ferez tel usage que vous jugerez convenable. Si vous la mettez sous les yeux des lecteurs du Journal of man, ils apporteront à leur examen la même liberté que je réclame pour moi-même, et ils tireront euxmêmes les conclusions, soit des faits que je leur présente, soit des soupçons ou des objections qui ne manqueront pas de leur arriver de divers côtés et qui peuvent influencer leur opinion.

» Le H mars, je me présentai à M. Koons avec une lettre de recommandation du docteur Carpenter, d’Athènes, duquel je reçus les premiers renseignements sur les manifestations remarquables qui ont été observées par des centaines d’individus de plusieurs des États de l’Union. Je demandai à M. Koons si je pourrais avoir une entrevue avec les esprits : il les consulta et me fit réponse qu’ils viendraient nous trouver dans la soirée, à une heure par eux fixée. Quelques minutes avant le moment désigné, nous entrâmes dans la chambre. Il y avait à un bout des sièges pour les

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médiums et pour les spectateurs. A l’extrémité opposée de la chambre est une table d'une construction très singulière, et un appareil dont on me dit que la construction avait été faite conformément aux prescriptions des esprits. A l’une des extrémités de la table était attaché un tambour basse et à l’autre un tambour ténor. Sur la table étaient du papier et un crayon, une feuille de papier sablé frottée de phosphore, et que recouvraient du papier ordinaire et un gros livre. Il y avait aussi sur la table une petite trompette dont avait l'habitude de se servir l'esprit présidant aux séances. Derrière lu table étaient suspendus au mur différents instruments de musique, notamment un tambourin et un triangle. M. Koons s’assit au côté sud de la chambre, ayant à sa gauche lu table aux esprits et à sa droite les sièges où se placèrent dix ou quinze personnes. Je m’assis auprès de M. Koons, à l’extrémité d'une grande table à manger qui occupait le unlieu de la chambre. Aussitôt qu’arriva le moment fixé, la lumière fut éteinte, et au même instant des coups violents furent frappés sur le tambour et sur la table qui était devant moi. M. Koons alors joua sur le violon différents airs dont toutes les notes furent répétées sur les tambours qui le suivaient dans toutes ses fioritures avec une précision rigoureuse. Un esprit fit entendre par des coups frappés sur la table qui était devant moi, qu’il désirait que je jouasse de la flûte. A1. Koons m’expliqua que cet esprit exprimait ses intentions par des coups, parce qu’il n’était pas assez avancé pour parler par la trompette. Dès que j’approchai la flûte de mes lèvres, j’entendis que quelqu’un décrochait le tambourin que j’avais vu, quelques instants auparavant, suspendu au mur, à l’extrémité de la chambre. Il fut agité sur la table devant moi. Quand je commençai à jouer, il fut transporté et promené au-dessus de nos têtes, et l’on en joua avec un degré d’habileté et d’animation vraiment étonnant, ce qui nous causa autant de plaisir que d’ad-

miration. Je me serais défié du témoignage de mes oreilles, si les célestes instrumentistes, comme pour répondre il ma pensée et dissiper mes soupçons, n’avaient déplacé l'instrument de manière à le faire glisser doucement sur mes mains, sans gêner en rien mon jeu. Par moments, l'instrument passait au-dessus de ma tète et m’effleurait les cheveux, et à l’air suivant, il se trouvait à l’oreille de quelqu’un à l’autre extrémité de la chambre. Le triangle fut aussi promené autour de la chambre, et l’on en joua de la même manière. Quelque opinion qu’on puisse avoir à ce sujet, je déclare formellement que, d’après mon intime conviction, ce n’étaient point des mains humaines qui faisaient mouvoir ces instruments et qui en |ouuient, et que ce n’étaient point des intelligences humaines qui présidaient à ces opérations.

» Nous pûmes ensuite entendre la musique des voix célestes. Je ne pus comprendre les paroles du chaut angélique* mais la musique en était divinement suave et harmonieuse. Après cet exercice, nous entendîmes le frôlement du papier qui avait été mis sur la table aux esprits. Il fut transporté et placé sur la table devant moi. Le papier sablé et le morceau de phosphore furent enlevés de dessous le livre; nous vîmes la lueur du phosphore, et nous entendîmes un bruit pareil à celui qu’on ferait en le frottant entre ses mains, et c’est sans doute ce qui eut lieu ; car une main éclairée par la lumière phosphorique apparut sur le papier qui avait été placé près de moi, et au moyen d’un crayon écrivit avec une extrême rapidité une brève communication qui m’était adressée.

» Après l’écriture, à la demande de M. Koons, les esprits nous donnèrent une brillante illumination de phosphore, sous la forme de magnifiques cercles qui paraissaient se mouvoir eu mesure suivant les airs que jouait M. Koons sur son violoo. Je fus admis aussi à sentir la main qui écrivait, et qui, à ma demande, se plaça dans la mienne. Son contact

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me fit la même impression que celui des sujets à disséquer, si ce n'est que je ressentis distinctement une pression, et je suis certain, autant que de chose au monde, que ce n’était pas main d’une personne vivante.

• Une voix se fit alors entendre par la trompette; elle nous souhaita bonne nuit, et congédia la compagnie. J’assistai ultérieurement à d’autres séances avec M. Koons et d'autres personnes, je conversai avec l’esprit en pur anglais, et il s’exprima pendant fort longtemps au moyen de la trompette.

• A la soirée suivante, je fus témoin chez M. Tipper, dans le voisinage, de manifestations également satisfaisantes. En vous certifiant ces choses, je ne m’attends pas quelles seront crues sur mon témoignage ou sur tout autre, car il a fallu davantage pour me convaincre. Mon seul désir est d'amener les gens de bonne foi à chercher.

> Cincinnati, 5 avril 1854.

» Signé G. Swan, M. D. •

Un journal de Cleveland contient une relation fort détaillée de séances chez M. Koons. Nous en extrayons les traits suivants :

« La chambre étant dans l’obscurité, le violon, qui avait été placé sur la table, fut mis en mouvement et promené de tous côtés par des mains invisibles, et fit entendre différents airs, comme si quelqu’un en eût joué. Il passait tout p^ès de nos têtes et se transportait dans toutes les directions avec une grande vitesse ; il fut mis sur les genoux de plusieurs de nous et tourné de manière que les cordes fussent en dessous : nous passions les mains tout autour de l’instrument pour empêcher toute communication, et dans ces circonstances il continua de jouer. — Les observateurs virent distinctement une main lumineuse qui n’était point attachée à

un corps; elle parcourut les murs et le plafond de la salle, et passa lentement près des personnes de la société; elle prit un crayon et écrivit une communication ; elle se laissa palper par tous les assistants, qui tous s’assurèrent que ce n’était pas une main humaine.

» Enfin, M. Barthet, de la Nouvelle-Orléans, nous écrit que M. Adam, dentiste, son ami, homme d’honneur et d'une véracité incontestable, est allé aussi à Dover tout exprès pour être témoin de ces étranges phénomènes. M. Adam confirme de tous points les récits publiés par les journaux dont nous avons donné des extraits, et il a vu les faits se reproduire ; il a vu et touché la main mystérieuse qui, devant lui et en présence de vingt-cinq personnes, a écrit une communication; l'origine en a été certifiée parles spectateurs, et l’écrit a été publié dans divers journaux. »

Extraits du Spiritual Telegraph, n° du 23 septembre 1856.

Double apparition d’individus vivants. — « Ce phénomène, des plus extraordinaires, s’est reproduit à différentes époques ; il y en a des exemples authentiquement constatés.

» M. Crow rapporte ce qui est arrivé à M. H..., artiste de beaucoup de mérite. Il passa la soirée du 12 mars 1792 à lire les Transactions philosophiques ; quand la nuit vint, il se disposait à se coucher en méditant un problème de mathématiques, quand son oncle, M. K..., lui apparut tout à coup, vêtu d'une jaquette étroite. Quelque temps après, il apprit que dans le même moment cet oncle avait tenté de se suicider, et qu’il portait alors ce même vêtement qu’il lui avait vu.

» M. Becker, professeur à Rostock, s’étant engagé avec quelques amis dans une discussion théologique, alla à une bibliothèque pour demander nn livre qui traitait de la question controversée. En y entrant, il se vit lui-même assis dans

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la chaise qu'il avait l’Habitude d’occuper. Le fantôme lisait dans un livre, et Becker, en approchant, le vit marquer d'un doigt de la main droite ces mots : Mettez votre maison en ordre, car vous allez mourir. Il prit congé de ses amis et expira le même jour à six heures du soir.

» Stilling rapporte un fait semblable d’après F..., shériff de Francfort. Celui-ci envoya son secrétaire en ville pour une commission. Mais le secrétaire revint bientôt après dans son cabinet pour prendre un volume de Linné. Le maître, surpris de ce retour inattendu, lui en demanda la cause : tout à coup le livre tomba à terre et l'apparition s’évanouit. Quand le secrétaire revint le soir, il assura qu'il avait eu une discussion très chaude sur une question de botanique, avec un ami qu'il avait rencontré, et qu’il avait eu besoin de recourir à Linné.

» Le même Stilling donne des détails intéressants sur un homme qui vivait eu 17 AO, qui menait une vie très retirée, avait des habitudes étranges et demeurait dans le voisinage de Philadelphie, aux États-Unis. Cet homme passait pour posséder des secrets extraordinaires et pour être capable de découvrir les choses les plus cachées. Parmi les preuves les plus remarquables qu'il a donuées de son pouvoir, celle qui suit est regardée par Stilling comme bien constatée :

» Un capitaine de navire étant parti pour un long voyage en Europe et en Afrique, sa femme, qui n’avait pas reçu de ses nouvelles depuis longtemps, étant très inquiète de son sort, reçut le conseil de s'adresser à ce devin. Quand il eut écouté sa demande, il la pria de l’excuser pendant qu’il allait chercher les renseignements qu’elle désirait. Il passa dans une chambre voisine, et elle s'assit en l’attendant. Comme son absence se prolongeait, elle s’impatienta et crut qu'il l’avait oubliée; elle s'approcha doucemeut de la porte, regarda à travers une fente, et fut étouné de le voir couché sur un soplia, sans aucun mouvement, comme s'il eût été

mort. Elle ne crut pas devoir le troubler, mais elle attendit son retour. Il lui dit que son mari avait été dans l’impossibilité d’écrire pour telles et telles raisons, qu’il était en ce moment dans un café de Londres, et qu’il serait bientôt de retour chez. lui. Le retour du mari eut lieu conformément à ce qui avait été ainsi annoncé, et sa femme lui ayant demandé les motifs de son silence si longtemps prolongé, il allégua précisément les raisons qu’avait données le devin. La femme eut un vif désir de vérifier le surplus de ses indications. Elle eut pleine satisfaction à cet égard ; car son mari n’eut pas plutôt jeté les yeux sur le magicien, qu’il le reconnut pour l’avoir vu un certain jour dans un café de Londres où cet homme lui avait dit que sa femme était très inquiète de lui, à quoi le capitaine avait répondu en expliquant pourquoi il avait été empêché d’écrire, et avait ajouté qu’il était à la veille de s’embarquer pour l’Amérique; le capitaine avait ensuite perdu de vue cet étranger qui s’était confondu dans la foule, et n’en avait plus entendu parler.

» M. Stewart, médium, qui passe la majeure partie de son temps à New-York, assure qu'il a été vu plusieurs fois dans cette ville par quelques-uns de ses amis, pendant qu’il était réellement A Philadelphie, Baltimore ou à Washington. Dans une circonstance particulièrement remarquable, il a passé toute sa soirée à New-York, et plusieurs hommes très recommandables l’ont vu en même temps à Washington.

» Un des rédacteurs du Télégraphe éprouvé par lui-inème ce singulier phénomène. Il avait passé un jour ou deux à Ausonia, village manufacturier situé dans la vallée de Naîtgatuck, à environ quinze milles de Bridgeport. C’était un matin, raconte l’auteur, j’étais logé chez M. W.-S. Creamer; le soleil venait de se lever, et je me disposais à quitter ma chambre à coucher. J’avais fixé quelques instants mes regards dans une certaine direction ; puis, me tournant à l’opposé, du côté de la porte, je la vis s’ouvrir, et à ma grande

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surprise, j’aperçus Joseph T. Bailey, de Philadelphie. Il se tenait debout à environ trois pieds de la porte, il me regarda fixement en fuce, et le dialogue suivant s’établit entre nous:

» (M. Bailey.) Je viens vous réclamer pour demain.

» — Qu’y aura-t-il donc à faire demain?

» (M. Bailey s’exprimant avec une emphase croissante.) Souvenez-vous! Je vous réclame pour demain.

» — Voulez-vous, mon ami, expliquer l’objet de cette étrange visite, et dites-moi ce qui aura lieu demain.

» Ici l'apparition fit un mouvement comme pour s’éloigner. — Arrêtez, lui dis-je, veuillez m’expliquer le but de votre visite.

» Mon ami ne fit pas de réponse directe, mais il commença à parler à voix basse. J écoutai et je l’entendis s’exprimer sur notre ami commun M... Je ne pus saisir tout ce qu’il dit, mais je distinguai ses dernières paroles qui furent celles . ci : « Un nuage épais a été répandu sur la destinée terrestre » de l’homme. »

» L’apparition s’évanouit à ces derniers mots, et je restai seul à rêver sur cette étrange aventure. Par un étrange concours de circonstances, je rencontrai le lendemain M. Bailey en wagon, sur le chemin de fer de New-Haven. Il avait été à Boston les deux jours précédents, et il y était quand son image m’apparut à Ausonia. M. Bailey s’exprima avec beaucoup de tristesse sur l’ami dont j'ai parlé plus haut; et ce qu’il y a de plus étrange, c’est que ses derniers mots en me quittant furent ceux-ci : « Un nuage épais a été répandu sur * la destinée terrestre de l'homme. »

» Ce ne sont pas là des illusions, mais des faits réels. Nous allons encore y ajouter l’exemple raconté dans la lettre suivante qui nous est adressée par M. E.-V. Wilson, deTo routo, à la date du 26 août 1 8 5 A :

« Le 19 mai dernier, j étais à écrire à mon bureau. Tout à » coup je m’endormis et je restai trois quarts d’heure en ce1

Plat. Je rêvai que j'étais dans la ville de Hamiiton, quarante milles à l’ouest de Toronto, et que je parcourais différentes parties de cette ville pour y faire des recouvrements. Quand j’eus terminé mes affaires, je m'informai d’une dame qui prend un vif intérêt aux manifestations spirituelles. Je me présentai chez elle et je sonnai : un des domestiques vint et me répondit que sa maltresse, mistress D..., était sortie et ne rentrerait pas avant une heure. Je lui demandai un verre d’eau, qu’il me servit ; je le chargeai de mes compliments pour sa maîtresse, puis je repartis pour Toronto. Mon rêve finit là. Quelques jours après, une dame qui demeure en cette ville dans la même maison que moi, reçut une communication de M. D..., de Ilamilton.

» Dites à M. Wilson que la première fois qu’il viendra chez moi, il veuille bien laisser son adresse, et qu’il ne m'expose pas de nouveau à courir à tous les hôtels de la ville, sans pouvoir le rencontrer. Il est venu chez moi vendredi dernier (19 mai), a demandé un verre d’eau et s’est borné à laisser son nom et ses compliments. Il aurait bien dû rester un jour entier, sachant l’intérêt que je porte aux manifestations spirituelles. Je le gronderai bien In première fois que je le verrai. Tous nos amis ont éprouvé les mêmes regrets que moi de ce qu’il ne soit pas resté au moins une nuit avec nous.

» Quand la correspondante de mistress D... me lut cette lettre, je ne pus pas m’empêcher de rire, je lui fis observer que mistress D... et ses amis avaient sans doute été hallucinés, que je n’avnis pas été à Hamiiton depuis un mois, et qu’au moment où l’on prétendait m’y avoir vu, j’étais endormi sur mon bureau. La dame répliqua qu’il devait y avoir quelque malentendu, que mistress D... était une personne sur la parole de laquelle on pouvuit compter. Je dis en riant que c’était sans doute mon esprit qui avait voyagé. Je priai cette dame d’écrire à mistress D... que

COURS DE MAGNÉTISME

j’irais à Hauiiltou dans quelques jours, que quelques personnes m’y accompagneraient, que j’irais chez elle, et que je désirais qu elle ne prévint pas ses domestiques de mon arrivée ni de celle d'aucune autre personne de Toronto, de manière que quand je nie présenterais, ils puissent distinguer quel est celui auquel ils ont parlé le 19.

» Le 29 mai, j’allai à Hamilton en compagnie de quelques amis. Nous nous rendîmes tout de suite chez mistress IJ..., que nous trouvâmes à la porte et qui nous fit entrer. Je la priai d’appeler ses domestiques, afin de vérifier s'ils pourraient me reconnaître. La maîtresse de maison les fit venir et leur demanda s'ds reconnaissaient une personne qui était déjà venue et s’était annoncée comme venant de Toronto. Deux des domestiques me reconnurent parfaitement pour la personne qui était venue le 19, et me donnèrent le nom de M. Wilson. Je ne les avais jamais vus auparavant.

» Tout ce que je viens de raconter est parfaitement exact et peut être certifié par les témoins les plus honorables. >

Expériences du processeur llare sur les mouvements des corps. — Ce savant, qui avait commencé par être sceptique sur tout ce qui concerne le spiritualisme et le mouvement des tables, s'est livré consciencieusement à des expériences qui ont déterminé sa conversion. Parmi les faits dont il rend compte, nous avons remarqué les suivants :

« Une table a été placée sur un levier, de manière que le bras opposé accusait la plus légère pression. Un médium, âgé de moins de douze ans, posa ses m.iins sur la table, de façon qu'il n'aurait pu appuyer sans faire lever le bras opposé. Il arriva néanmoins, sur notre demande, que ce bras s’abaissa d'une quantité correspondant à la pression de plusieurs livres.

» IJans une autre occasion, on mit un bassin d’eau sur la table, le médium y plongea ses mains sans toucher les pa-

rois du vase. La table se mut comme elle avait fait quand il avait pose ses mains sur la surface solide.

» Une succession de nombres fut écrite par le mouvement involontaire de la inain du médium Personne n'en comprenait la signification, jusqu à ce qu’une communication en ait donné la clef en établissant un rapport entre ces nombres et les lettres de l'alphabet. On en fit alors l'application, et l’on eut un discours intelligible. Ce même médium traduisit du latin en nuglais, quoiqu’il ignorât complètement la première de ces langues. »

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