DES MALADIES
Cheedam. . .
ta
7 septcm.
Hydrocèle double
Plusieurs mois.
Bissonnth. . .
Tumeur du scrotum
Nilmouey . .
Neelcbul . . .
Phimosis
Deeloo
Hydrocèle double
Trois ans.
Jahiroodeen.
Hypertrophie of colis
Deui ans.
Dohmun. . .
» du scrotum .
Plusieurs mois.
Ramchund. .
Deuj ans
Hyder-Khan.
Gangrène A la jambe
Quinae jours.
Mur.ili-Duss.
Hypertrophie du scrotum.
Sis ans.
» Les magnétiseurs employés par M. Esdaile étaient des jeunes gens de quatorze à trente ans, indous et mahomé-
tans, la plupart aides-chirurgiens et pharmaciens à l'hôpital de Hooghly.
» Un mesmériseur fut assigné à chaque malade. La chambre où ils opéraient était obscure; mais de temps en temps la commission pouvait examiner, par de petites ouvertures pratiquées à la porte, la manière dont l’opération était conduite. Le patient était couché sur le dos, nu jusqu’à la ceinture et les jambes découvertes; le magnétiseur, assis à la tête du lit, se penchait de manière à avoir la face presque en contact avec celle du malade, la main droite étant généralement placée nu creux de l’estomac, et les passes laites avec uue seule ou les deux mains devant la ligure, sur les yeux principalement. Le mesmériseur soufflait doucement et fréquemment dans le nez, entre les lèvres et sur les yeux. Le silence le plus profond était observé. L’emploi de ces procédés fut continué environ deux heures chaque jour dans tous les cas, même huit heures dans l’un et six dans un autre, sans interruption.
» Sur ces dix individus, trois : Bissonat/i , Deeloo et JYeelchul furent abandonnés sans avoir obtenu d’effets satisfaisants : Bissonaih, parce qu’il souffrait d’une petite toux à laquelle M. Esdaile attribua l’inefficacité de la mesmérisation; Deeloo , pour avoir bu des spiritueux le cinquième jour, et Neelchul , comme ayant été mesmérisé onze jours de suite sans résultat concluant.
» Les sept autres éprouvèrent, dans une période de une à sept séances, un profond sommeil à la suite des pratiques ci-dessus décrites.
Ce sommeil différait de l’ordinaire en ce que : 1° le dormeur ne pouvait être éveillé parle plus grand vacarme; 2° la pupille était insensible à la lumière la plus vive; 3° la peau et d’autres organes sensitifs étaient absolument insensibles , dans quelques cas, aux brûlures, piqûres, incisions, etc. Il différait également de celui produit par les
narcotiques, par: 1° la promptitude avec laquelle, dans huit cas sur dix, le malade fut éveillé à la suite de certaines passes transversales et ventileuses faites par le magnétiseur, qui soufflait aussi sur la face et les yeux; 2° l'état normal des prunelles et de la conjonctive, dans tous les cas, après le réveil; 3“ l'absence de respiration stertoreuse, de délire subséquent ou hallucination, et divers autres symptômes familiers à l'observation médicale, lesquels sont produits par les alcooliques, l'opium, le chanvre et autres drogues. Il est juste pourtant d ajouter que deux des patients montrèrent beaucoup de confusions et de répugnance à répondre, se plaignant d'un engourdissement qui durait quelque temps après qu’on les avait éveillés brusquement.
» Sept opérations chirurgicales furent faites à l’état du sommeil particulier que nous venons de décrite.
» Dans le cas de Nilmoney , il n’y eut pas le plus léger indice de sensation. L'opération, qui consistait dans l'ablation d'un sarcocèle, dura quatre minutes. Ni ses bras ni ses jambes n’étaient maiutenus. Il ne ht aucun mouvement, ne gémit ni ne changea de contenance, et quand il fut réveillé, il déclara n’avoir nul souvenir de ce qui s'était passé.
» Hyder-Khan, émacié, ayant la jambe gangrenée, fut amputé de la cuisse sans qu’aucun signe décelât la douleur.
» Murali-Doss (l'opération était très grave) remua le corps et les bras, respira par saccades et changea d'aspect, sons pourtant que ses traits exprimassent la souffrance : aussi, éveillé, déclara-t-il ignorer ce qui était advenu durant son sommeil.
» Lu ponction d’un côté de l’un des deux cas de l’hydrocèle double fut considérée comme insignifiante et non concluante, parce que l’autre côté ayant été ponctionné après le réveil, le malade n’en souffrit pas non plus. Cette opération, d'ailleurs, se fait journellement sans douleurs
COURS DR MAGRÈTI8MK.
matérielles sur un grand nombre de malades, dans tous les hôpitaux.
» Dans les trois autres cas, la commission observa durant les opérations divers phénomènes qui ont besoin d eu e mentionnés spécialement. Bien que les patients nourrissent point les yeux, n'articulassent aucun son et n’eussent besoin d’étre tenus, il y avait des mouvements vagues et convulsifs des membres supérieurs, contorsions du corps, distorsion des traits donnant à la face une hideuse expression de douleur comprimée; la respiration devint saccadée, longuement suspirieuse. Il y avait tous les signes d'une souffrance intense, et l'aspect que devrait présenter un muet soumis à une opération, excepté la résistance à l’opérateur.
> Mais dans tous les cas, sans exception, les patients n'avaient ni connaissance ni souvenir de l'opération, niant avoir rêvé et n’accusant aucune douleur, jusqu’à cequ'ou eût attiré leur attention sur l'endroit opéré.
» U reste à savoir si les contorsions et l’altération des traits, dans les trois cas ci-dessus mentionnés, doivent être regardées comme des preuves que les opérations occasionnaient la douleur actuelle dont ces symptômes sont l'évidence habituelle, ou si c'était simplement des mouvements
instinctifs, comme les considère M. Esdaile Mais notre
mission est de rapporter des faits et non d'empiéter sur le domaine des physiologistes et des métaphysiciens.
» Le résultat général, dans la question de l'insensibilité durant les opérations dont nous avons été témoins, est que dans trois cas il n’y a eu aucune preuve apparente de souffrance, et que, dans les trois autres, ces manifestations de douleur pendant l’opération sont annulées par l’affirmation positive des patients qu’ils n’ont rien ressenti.
- Le tableau suivant montre le fait curieux que dans les trois cas où l’on ne vit nul indice de douleur, le pouls
s'éleva notablement durant l'opération, tandis qu’il ne varia nullement dans les autres.
Etat du pouls.