APRÈS
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Amputât . de la cuisse .
Sansdoul.ap.
Murali-Do§s. Sarcocèlc
» La commission, étant convaincue, parles exemples cidessus, qu’on peut rendre le sommeil magnétique assez profond pour permettre de faire les opérations les plus graves sans douleur, selon la déclaration des malades, pensa que son premier devoir, en constatant l’efficacité des procédés de M. Esdaile, était de s'assurer de la ratio susceptibilitalis à l'influence sur un grand nombre d'individus.
» Eu conséquence, M. Esdaile fut invité à prendre au hasard cent individus de la clinique du docteur Jackson, et à les faire mesmériser devant la commission pour faire voir combien sur ce nombre pourraient être insensibilisés : M. Esdaile s’y refusa.
- Quant à l'hémorrhagie, que M. Esdaile dit être beaucoup moiudre dans les cas magnétiques que par la méthode ordinaire, trois des quatre médecins, membres de la commission, ont été d’avis qu’il n'y avait aucune différence materielle appréciable.
» Tous les dits commissaires, médecins, croient aussi que l’arrière- traitement des personnes ainsi opérées n’est
COURS DE MAGNÉTISME
nullement amélioré ou la cure accélérée, qunnd les opérations ont été faites durant le sommeil puységurique.
» A l'égard de la possibilité de faire les pansements pendant le même sommeil, sans troubler le patient, M. Esdaile y attacha beaucoup d’importance, en ce que l'absence de douleur accélérait la guérison. La commission assista au pansement de quatre larges plaies de patients endormis, qui eut lieu sans douleur; mais la douceur et le soin avec lesquels cette opération fut exécutée laissèrent supposer que les patients y avaient mis quelque complaisance.
» Dans un cas cependant, celui de Ramchutid, un examen de la plaie qui consistait en deux incisions séparées, de nature essentiellement douloureuse, ayant été nécessaire, juste comme on finissait la première (ce qui avait duré un quart de minute environ et causé des contorsions du corps et distorsions des traits), il s'éveilla, et en procédant à la seconde il jeta des cris de douleur et de terreur, et s’agita si fort que l'opérateur ne put continuer.
» L'incertitude du temps nécessaire pour produire l'état intense de sommeil puységurique,dans la majorité des cas, parait très défavorable à l'introduction générale du mesmérisme dans la pratique chirurgicale, spécialement dans les hôpitaux. Mais M. Esdaile dit positivement qu’en changeant fréquemment de magnétiseur et agissant constamment, on pourrait aisément obtenir en un jour le résultat qui, par les moyens suivis devant la commission, en a nécessité plusieurs. Dans les cas de Hyder-Khan et Murali-Doss, plusieurs mesmériseurs furent successivement employés, et le résultat nous a paru corroborer l'assertion du docteur Esdaile.
» La commission croit encore qu'un obstacle sérieux à l’application générale du procédé mesmérien existe dans la résistance au sommeil, résistance que M. Esdaile reconnaît venir de la toux, de la souffrance, de l’excitation cérébrale,
de la fièvre et de l'affaiblissement causé par une longue et douloureuse maladie.
» Tel est le cas de Bissonath, qui fut renvoyé du traitement le cinquième jour, sur la demande de M. Esdaile, parce qu il avait une petite toux habituelle que M. Esdaile déclara contrarier sa magnétisation et troubler celle des autres patients qui étaient dans la même pièce.
» Il y avait encore d'autres considérations, non moins sérieuses, auxquelles la commission crut de son devoir de faire attention. Admettant l’existence d’un moyen naturel de produire le sommeil, il y a de fortes raisons, même dans les faits présentés à la commission, de supposer que les personnes ainsi traitées deviennent successivement de plus en plus accessibles à cette influence; il parait que leur système nerveux est amené à un état d’impressionnabilité morbide. Les commissaires-médecins croient que ce point mérite une sérieuse attention. Si cette augmentation de sensibilité expose les patients à de nombreuses maladies nerveuses, trop de prudence ne peut être mise à en étendre la pratiqueaux maladies chirurgicales sans importance. Cependant ce n’est que par de longues expériences habilement pratiquées et fidèlement rapportées que l’on peut acquérir des données positives sur cette importante question.
» La commission croit devoir respectueusement exposer augouvernementque,fortementconvaincue de l’importance d’observer le plus scrupuleusement possible les faits qui lui seraient présentes, elle a cru nécessaire de s’assembler chaque matin de sept heures et demie à dix heures, durant quatorze jours consécutifs que dura l'observation des dix cas, dont trois furent sans' résultat. Elle soumet aussi avec respect que les fonctions publiques dont la plupart des membres sont investis durent subir une sérieuse interruption, parce que l’enquête à laquelle ils se livraient devait être suivie de près, avec une rigueur égale à l’extension
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requise pour juger les points douteux qu'ils avaient indiqués. En même temps la commission pense que le sujet exige un examen plus rigoureux et plus authentique de chaque expérience mentionnée, ('. est pourquoi elle sollicite les instructions du gouvernement, afin de savoir si l'enquête sera arrêtée à ce point, c’est-à-dire strictement limitée aux épreuves telles que les entend M. Esdaile, ou si le gouvernement désire que lu commission pousse ses investigations jusqu’où elle croira devoir le faire.
» En résumé, la commission est unanimement d’avis qu’une grande gloire revient à M. Esdaile pour son zèle, son habileté et ta hardiesse avec laquelle il a entrepris et poursuivi ses recherches. Sa sphère pourtant a été jusqu ici limitée ; mais la commission espère que désormais ses investigations s'étendront aussi bien à la pathologie interne qu’à l'externe, aux Européens qu’aux Indiens, et à l'élucidation de diverses questions qui ont été soulevées dans le cours de ce rapport. »
Hôpital magnifique de Calcutta. A MM. J. Atkinson, président, et IV. -B. OShaughnessy, secrétaire de la commission d’examen des ex/Ariences mesmériques du docteur Esdaile.
Messieurs,
Je suis chargé de vous accuser réception de votre lettre du 9 du mois dernier, parvenue avec le rapport, les minutes, procès-verbaux et divers autres documents y relatifs, que M. le gouverneur a tous lus avec beaucoup d’intérêt et d’attention.
Sa Seigneurie partage entièrement l’avis de la commission que, quoique les investigations sur lesquelles est basé le rapport soient trop restreintes pour en tirer une conclu-
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sian définitive, relativement à l’existence de l'agent mesinérien et son applicabilité chirurgicale, cependant les résultats observés sont d'une importance suffisante pour autoriser la poursuite de l'examen. Mais Sa Seigueurie sait que les moments des commissaires sont précieux, et que, comme ils l’ont fait observer, leurs devoirs publics les empêchent de suivre toutes les expériences avec une égale rigueur et l’extension requise pour décider les points douteux qu'ils ont indiqués.
C’est pourquoi Sa Seigueurie, ne voulant pas, sans nécessité, mettre à contribution le temps et la commodité de MM. les commissaires, les dispense de continuer, et ine charge de leur témoigner sa reconnaissance. M. le président du Conseil leur exprime aussi sa satisfaction pour la manièredonl ils se sont acquittés de leur mission dans cette importante question.
I.a publication du rapport a été ordonnée, et le gouverneur, s'associant pleinement aux remarques du président du Conseil, qu'il suffit que les faits soient reconnus pour que le mesmérisme se répande de lui-méme dans le public et parmi les gens de l'art, croit qu’actuellement un encouragement plus direct de la part du gouvernement à 1 introduction de la pratique magnétique serait prématuré. Mais la possibilité d'abolir la douleur des opérations a fait uue telle impression sur l’esprit de Sa Seigneurie, qu’elle croit nécessaire que le gouvernement prête à l’officier méritant et zélé par qui cet objet est venu à sa connaissance une assistance telle qu'il puisse continuer ses intéressantes recherches et expériences dans les conditions les plus favorables.
En conséquence, Sa Seigeurie a déterminé, avec la sanction du gouvernement suprême, de mettre le docteur Esdaile it la tête d’un petit hôpital expérimental, dans une situation favorable de Calcutta, avec ordre qu'il peut,
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comme le recommande la commission, étendre ses investigations touchant l'applicabilité de cet allégeant à toutes les affections, médicales ou chirurgicales, et aux individus de toutes classes, européens comme indigènes. M. Esdaile sera chargé d’encourager la fréquentation de son hôpital par toutes personnes respectables désirant se convaincre de la nature et de l'effet de ses expériences, et spécialement les médecins et savants au service de la Compagnie ou non. Sa Seigneurie nommera visiteurs des médecins de la Présidence, qui devront visiter l’hôpital de temps en temps, inspecter les procédés du docteur Esdaile, sans intervention, et à l’occasion, ou quand ils en seront chargés, en faire le rapport à l’École de médecine pour l’information du gouvernement. De ces rapports dépendront principalement l'attitude ultérieure de l’administration et les pas quelle croira opportun de faire dans cette voie.
J’ai l’honneur d’étre, Messieurs, votre très humble serviteur.
Fréd.-Jas. Halliday.